Trafic (Tome3) (French Edition)
Chapitre 20
Décision fatale
[Danilo]
Impossible de trouver le sommeil, la savoir enceinte de lui, me fout les nerfs. Le visage de cet enfoiré ne me lâche plus. D’ailleurs la naissance est prévue pour juin, ce qui arrange bien mon oncle car les élections ont lieu en mai. Tout est organisé, c’est affligeant. Le mariage de Malia et du Premier Ministre était prévu pour juin, mais comme l’arrivée du bébé est prioritaire, l’union de ma cousine est reportée à juillet, ce qui crée une ambiance tendue entre les deux filles. J’enfile un survêtement et me dirige vers la salle de sport. J’hésite, puis décide de faire quelques tractions, des pompes et je finis par taper dans mon sac de frappe.
— T’es prêt pour un combat ? me propose Adil qui vient de débarquer.
— Toujours.
Une fois sur le tatami, il m’envoie un coup de pied retourné que j’évite de justesse. Suite à une prise de M.M.A, je me retrouve au sol, ce qui le fait ricaner.
— Va falloir être plus réactif que ça, m’engueule t-il.
— Ouais bah ce n’est pas mon truc le sport de combat.
— En cas de besoin, ce n’est pas ton ballon de basket qui va te sauver la vie.
— Arrête on dirait mon oncle là.
— Il n’a pas toujours tort, je dois le reconnaître. Ta garde !
Je souffle, soupire mais j’écoute ses conseils et je finis par le coincer.
— Voilà, ça c’est bien ! Allez on y retourne.
— Et toi, où en es-tu avec Dayana ? Ça traîne, là.
— Les Italiens me suivent. Dani, je ne peux pas cramer Luïs, il faut que les ritals se tirent pour l’emmener là-bas. Ça ne devrait plus tarder vu que… tu vis ça comment toi ?
— Je n’ai pas envie d’en parler.
On fait encore quelques échanges puis je file me doucher. Je passe par le balcon pour rejoindre la chambre d’Espe qui dort à poings fermés. Je mate au-dessus de la rambarde et Lorenzo discute avec mon oncle en bas près de la piscine. Je me faufile dans la pièce et ferme le verrou ainsi que la fenêtre. Je la couvre de baisers pendant que mon érection grandit. Cette fille est reliée à ma libido, c’est dingue. Elle sursaute et je la rassure immédiatement. On s’embrasse, je remonte sa nuisette et elle m’arrête.
— Dani, il pourrait arriver.
— C’est excitant, je trouve.
— Si mon père ou… oh Dani !
Mes doigts stimulent son clitoris, elle se colle contre moi, finit par baisser mon pantalon puis me branle pour enfin me chevaucher.
— Ouais, bébé, vas-y, baise-moi, chuchoté-je tandis que ses mains prennent appui sur mon torse et que ses hanches ondulent à la perfection.
Tout en bougeant mon bassin, je l’accompagne dans le plaisir au point de couvrir ses cris en posant ma paume sur sa bouche. Elle pâlit et s’arrache de moi pour aller vomir. Voilà comment casser un moment génial. D’un coup, elle se met à pleurer et je viens la prendre dans mes bras.
— Je n’en veux pas de cette chose.
— Je sais.
Je me rhabille et vais trouver Alana. On s’enferme dans ma chambre pour discuter calmement.
— Fais-la avorter, tía, elle ne désire pas cet enfant.
— Il recommencera, Emilio a exigé la congélation du sperme de Lorenzo dans le cas où ça finirait en fausse couche.
— Tu te rends compte jusqu’où ça va ! C’est ta fille !
— Ne me juge pas ! Je ne peux rien faire, Dani, je n’ai pas de pouvoir là-dessus.
— T’en aurais peut-être eu si t’avais signé tes papiers de divorce plutôt que d’écarter tes cuisses.
Mes mots sortent sans réfléchir et elle me gifle.
— Si j’avais commis cette connerie, j’aurais tout perdu, mes enfants y compris. Tu penses vraiment qu’Emilio aurait cassé le mariage de Lorenzo et Esperanza ? T’es si naïf que ça ? Sais-tu pourquoi il ne parle plus de ton union ?
— Ouais parce qu’il peut se la foutre où je pense.
Elle a un rire nerveux.
— Non, chéri, parce qu’il va se marier avec Dayana. Dès que les présidentielles seront passées, une loi sur la polygamie sera voté et il la forcera à l’épouser. Il lui fera des niños et deviendra le chef de cartel le plus puissant de l’Amérique latine. Emilio les tient tous.
— Pas moi, je ne serai pas un pion dans ces conneries.
— C’est bien ce qui me fait peur. Après les élections, je crains le pire pour toi mon ange.
— Crains plutôt pour lui.
— Fais pas ça, ne le défie pas, j’ai perdu deux enfants, je refuse d’en perdre un troisième.
— Je ne suis pas ton fils Alana, je ne suis même pas ton neveu.
Mes mots la blessent et sa colère explose contre moi, cette fois-ci je me prends un revers et ses bagues m’ouvrent la joue.
— Ne nous renie pas, t’es un Sanchez que tu le veuilles ou non !
— Non Alana, je suis un Florès, que tu le veuilles ou non, m’écrié-je en reprenant ses termes.
Je détourne les talons et me tire dans ma chambre. Adil me regarde bizarrement quand il voit l’entaille sur ma joue.
— Je reconnais là le savoir-faire de ma femme.
— Cette connasse refuse d’aider sa fille.
Il m’attrape par le col et me plaque contre le mur.
— Je t’interdis de parler d’elle ainsi !
— Depuis quand mon sbire a l’autorisation de m’interdire quoi que ce soit ! Lâche-moi Adil.
Il desserre son emprise et je vois bien qu’il est touché.
— Tu déconnes plein tube là… majesté, me lance-t-il hargneux.
— Ouais, faute à qui ! Qui m’a dit de baiser avec Esperanza ? Qui me donne tous ces conseils à la con !
— Je n’ai pas mis ta bite de force dans sa chatte ! T’en crevais d’envie, car tu l’aimes ! Mais t’assumes pas qu’elle porte l’enfant d’un autre et putain je te comprends ! Le nombre de fois où j’ai eu peur qu’Alana puisse être de nouveau enceinte de son taré de mari, je ne les compte même plus.
— Tu ne sais pas ce que c’est.
— Effectivement. Viens-là. Il m’attrape la nuque et me serre contre lui de manière paternelle.
Je ne peux plus retenir mes larmes et je m’effondre.
— Pardonne-moi Adil.
— Je ne t’en veux pas, t’as besoin de craquer c’est normal.
— Je jure sur mon père que je vais les tuer ces deux enfoirés.
Après avoir chialé comme un gosse, on discute de comment il gère son couple malgré mon oncle.
Alors chaque seconde que nous pouvons voler, nous les prenons. J’attire Esperanza dans un coin tranquille, je pose mes lèvres rapidement sur les siennes et notre baiser prend fin. Heureusement ma tante et Adil me sont d’une aide précieuse et tentent d’éloigner Emilio et Lorenzo pour que je puisse profiter d’un peu de temps avec elle. On a tenté de se tirer à la planque, mais les Italiens sont pires que des clebs et ne nous lâchent pas. Le seul moyen de se voir, c’est de passer par le balcon et se rejoindre dans ma chambre ou d’aller dans ma cabane.
— La nuit est pour nous, bébé.
— Tu penses tenir toute la nuit, baby boy ?
Ma joueuse est de retour. Elle se met à quatre pattes sur le matelas et je deviens fou, tout en veillant à ne pas lui faire de mal. Instinctivement, le monstre se met en veille et me laisse nous offrir ce moment de répit.
— Va plus fort Dani. Plus profond !
Sans un mot, on sait ce qu’elle tente de faire, mais l’embryon semble plutôt bien attaché, car même après l’avoir baisé durement, aucune trace de sang n’apparaît. Et étrangement je me sens soulagé. Elle soupire et ses larmes roulent le long de sa joue.
— Il ne partira jamais.
Je l’attire contre moi et attend qu’elle s’endorme pour poser ma main sur son ventre.
— Elle finira par t’aimer j’en suis sûr mini truc.
Dans la nuit, Esperanza se lève et descend avec l’échelle en bois. Je la suis et elle se tient au tronc en frappant son ventre. On dirait que la folie s’empare de sa raison.
— Arrête !
— Non ! faut qu’il parte.
— Déconne pas, je n’ai pas envie qu’il t’arrive quoi que ce soit. S’il te plaît Espe.
— Frappe-moi ! Tabasse-moi ! Tiens…. prends ce bâton et enfonce-le. Je t’en supplie ne le laisse pas grandir. Si tu m’aimes Dani, retire-le.
Son désespoir me ravage.
— Ton père a congelé le sperme de ton mari. Même si tu le perdais, tu serais inséminée. Et va savoir ce que cet enfoiré serait capable de te faire s’il apprenait que t’as mis un terme à cette grossesse.
— Quoi ? Non !
— Je suis désolé, baby girl.
— J’en veux pas… Dani, je refuse d’être mère dans ce monde.
La panique la saisit, mais j’arrive à la calmer en fredonnant une chanson comme quand elle était petite. Elle s’endort contre moi et je la porte jusqu’à sa chambre.
— Reste, chuchote-t-elle.
— Je suis là.
Je me couche à ses côtés et finis par m’endormir jusqu’à ce qu’Adil me sorte de mon sommeil.
— Ils viennent de rentrer, bouge vite de là.
Un dernier baiser à ma douce et je me tire comme un voleur. Le lendemain matin, elle est accompagnée de cette ordure qui ne cesse de caresser son ventre pour lui rappeler sa victoire.
— Vos vitamines, señora.
— Je n’en veux pas.
Elle semble si livide que ça me colle la chair de poule.
— Ne commence pas, Esperanza. Avale tes cachets, lui ordonne son mari.
— Non !
Elle se lève et je ne sais pas si ce sont ses hormones, mais pour la première fois elle se rebelle. Debout face à lui, elle ne baisse pas les yeux.
— Tu vas me faire quoi, Lorenzo !
Il est coincé, la frapper reviendrait à prendre le risque de mettre fin à la grossesse. Le rital serre les dents et Espe renvoie les médicaments qu’on lui impose. Merde, énervée, elle est grave canon. On dirait tellement Alana que je comprends pourquoi Emilio est incapable de quitter sa femme, supportant même un amant. Jusqu’où serais-je capable d’aller ?
— Qu’est-ce qui se passe ici ? Rosa, donnez les gélules à ma fille.
El dragón vient d’arriver et forcément, il a rattrapé notre gouvernante.
— Patrigno, elle refuse de les avaler, annonce Lorenzo.
— Si tu ne sais pas gérer ta femme, il te sera difficile de maîtriser une mère.
Un lourd silence s’impose et Emilio ne lâche pas Esperanza du regard, tout en s’approchant d’elle.
— Tu sais chérie, en vieillissant je perds patience. Tu penses vraiment que de porter la vie va te donner tous les droits ?
— Papá...
Elle le redoute et se met à trembler. Il l’enlace et elle éclate en sanglots.
— Pardon.
— Chaque erreur a ses conséquences Esperanza. Emmenez Alana au sous-sol, ordonne-t-il d’un coup à ses hommes.
— Non ! pitié, ne t’en prends pas à mamá !
— Alors ouvre ta bouche et arrête tes caprices d’enfant. Tu vas être mère, bon sang !
Elle les gobe et se rassoit en même temps que ma tante qui est relâchée. Adil respire de nouveau et retire la main de son arme. Le petit déjeuner d’Espe, composé par une diététicienne, lui est imposé pour que le bébé grandisse bien. Désormais elle n’est plus juste la fille aînée du chef des Los Verdugos, mais celle qui donnera un héritier. Je suis spectateur de ça et ne sais comment mettre un terme à cette mascarade. À la fin du repas, je m’éloigne de cette merde et vais dans la chapelle.
— Mamá, papá, guidez-moi, je suis perdu.
J’entends des pas craquer sur le sol et la porte s’ouvre. Esperanza me sourit et je remercie intérieurement mes parents de me l’avoir amenée ici, car personne ne viendra nous chercher à cet endroit. Elle dépose un bouquet de fleurs des champs et fait un signe de croix. Je la laisse se recueillir et elle attrape ma main. Nos regards se croisent puis nos lèvres se rejoignent tendrement.
— Tu me manques, j’ai besoin de toi, chuchote-t-elle.
Comment résister à cet appel de l’âme. Je la pousse doucement contre le mur de la chapelle et dévie mes baisers vers son cou, pendant que mes mains lui retirent sa culotte en dentelle.
— Dani… tu crains, cet endroit est sacré.
— Tout comme nous baby girl. Mes parents nous pardonneront.
J’insère mon index dans la chaleur de son corps. Elle halète de plaisir et je me raidis un peu plus à chacun de ses gémissements. Elle me masse à travers mon pantalon que j’ouvre pour libérer mon érection qu’elle branle à merveille. Elle la regarde et s’accroupit devant moi.
— Oh bébé !
Je la redresse et relève sa robe pour enfin obtenir le Graal. Elle s’agrippe à moi et je m’enfonce toujours plus loin. Espe alterne entre mon nom et les supplications de continuer. Trempée, elle me fout dans tous mes états. J’attrape son menton pour lui dévorer la bouche et lui donne des coups secs qui la font geindre plus fort. Ses parois se contractent et je tente de résister encore un peu puis sa jouissance provoque la mienne.
— Ça va, je n’ai pas été trop brutal ?
— Non, c’était parfait et de toute façon…
— Chut, baby girl, répliqué-je en posant mon doigt sur sa bouche.
On se rhabille et on retourne dans notre enfer.
— T’étais où ? lui balance Lorenzo l’œil mauvais quand on arrive.
— Je suis partie me recueillir sur la tombe de mon oncle et ma tante, ça te pose un problème ?
— Je te cherchais et je vois que tu n’étais pas toute seule.
Il m’envoie un regard machiavélique cependant je ne baisse pas les yeux. Esperanza soupire en s’éloignant de nous.
— Un conseil gamin, garde ta bite rangée, je n’aime pas que tu traines avec ma femme, me balance-t-il haineux.
— Tu t’y feras.
Il me pousse et ça me met les nerfs directs.
— Tu veux quoi, Lorenzo ? Qu’on se batte ?
— T’aurais aucune chance, je suis bien plus entraîné que toi.
— Et moi je suis bien plus fou.
Les hommes de mon oncle ont dû l’avertir, car il débarque avec cette autorité qu’on ne saurait lui enlever.
— Je te déconseille de te frotter à mon neveu, il est préparé depuis petit.
— Il tourne trop autour d’Esperanza.
— Ils ont toujours été proches, Espe recherche l’amour d’un frère depuis la disparition de son jumeau et Danilo recherche la sœur qu’il n’a pas pu avoir. Il serait inconvenant qu’ils aient plus que ce genre de relation, n’est-ce-pas, cher neveu ?
Je sais qu’il sait décrypter les menteurs, mais nous sommes entraînés aussi à en être des très bons.
— Ça va de soi. Il faut être tordu pour avoir ce genre de pensées, tío.
— On est donc tous d’accord ?
Il chope notre nuque entre ses mains. La pression est assez forte pour comprendre le message.
— Oui.
— Oui, patrigno.
— Parfait. J’ai besoin d’un avis ! Lorenzo, viens avec moi. Dani, envoie-moi Dayana, je dois lui parler.
Et merde. Je vais à la piscine où elle s’amuse avec les jumelles au volley dans l’eau.
— Puce, Emilio t’appelle.
— Dani…
— Je sais, ça va aller. Dis-lui que j’ai changé d’avis, qu’on se mariera comme il le désire.
— Ça ne sert à rien, notre rupture s’est sue, il n’est pas idiot. J’ai plus qu’à attendre qu’il décide de mon sort.
— Merde.
— Merci encore de m’avoir condamnée.
— Fais-moi confiance putain !
Elle ricane d’un air mauvais accompagné d’un regard noir et entre dans le bureau quand Lorenzo en sort. Je m’allonge au bord de l’eau pendant que les jumelles s’amusent comme deux gamines à m’éclabousser.
— Allez viens, Dani.
— Non j’ai autre chose à foutre.
— Tu parles, ricanent-elles.
Je guette la sortie de Dayana mais ça tarde à venir et je redoute le pire. Quand elle en ressort, elle a perdu ce sourire qu’elle avait dans la piscine. Elle monte se réfugier dans sa chambre et je vais la rejoindre.
— Eh, je suis là.
Elle se jette dans mes bras et éclate en sanglots.
— Est-ce qu’il t’a…
— Non pas encore, mon éducation commence seulement. Fais-moi partir Dani.
— C’est prévu, mais pas maintenant, faut attendre que Lorenzo bouge, ça ne devrait plus tarder.
Je la console un peu jusqu’à ce qu’elle s’endorme. Après l’avoir couché, je tombe sur Esperanza qui rebrousse chemin au bord des larmes. Elle doit s’imaginer que j’ai renoué avec Dayana. Je lui fais non de la tête, mais c’est trop tard elle est partie dans sa chambre. Je dois attendre le lendemain pour enfin l’approcher. J’attrape sa main, et l’attire dans le placard où elle se cachait petite.
— Lâche-moi Danilo ! crache-t-elle hargneuse.
— J’ai juste été la soutenir.
— Oui j’imagine bien.
Je l’observe en me retenant de rire, car sa mine boudeuse est adorable.
— T’es belle, Baby girl quand t’es jalouse.
— Ce n’est pas le cas, t’es que mon cousin de toute façon.
Je pose ma main sur le mur de derrière et me comprime contre elle.
— Vraiment ?
— C’est ce que t’as dit à mon père.
Je caresse sa cuisse et remonte doucement.
— Tu préférerais que je lui dise que j’adore glisser mes doigts entre les cuisses de sa fille ?
Je la caresse à travers sa culotte qui devient très vite chaude et humide.
— Tu veux que je lui dise que je suis dingue de toi ?
Je m’accroupis et emmène avec moi le tissu fin.
— Que j’adore te lécher ?
Je place sa jambe sur mon épaule et me délecte de son intimité.
— Ne suis-je que ton cousin, Esperanza ?
— Non !!! pitié, continue.
Elle agrippe mes cheveux et j’aspire son bourgeon. Elle pose la main sur sa bouche pour étouffer ses propres gémissements. Je pose quelques baisers sur son ventre encore plat puis je viens jusqu’à ses lèvres pendant que ses cuisses s’ouvrent à moi. Je suis obligé de contenir mes mouvements pour qu’on ne nous capte pas, tandis que je la bourrine contre le mur.
— Et Dayana, il se passe quoi avec elle ? J’ai besoin de savoir, Dani, me lance-t-elle pendant notre redescente.
— Rien, je veux la mettre en sécurité, mais faut que ton mari se tire avec ses clebs.
— Je… je crois que je suis jalouse.
Je ricane silencieusement.
— J’avais cru comprendre, mais t’as pas à avoir de doute, je t’aime Espe.
Elle me serre dans ses bras, puis part pour éviter d’être vus ensemble. J’observe la vie autour de moi, les discussions entre Lorenzo et mon oncle, cachés dans son bureau pour sûrement préparer des opérations qui tueront et bousilleront des gens. Les gouvernantes qui sont traitées parfois durement et se forcent à sourire. Le regard dévasté d’Esperanza qui monte dans sa chambre. Je passe par le balcon et vais la rejoindre. La pièce est vide mais j’entends pleurer dans la salle de bain. Je n’hésite pas et fonce. Je la vois sanglotante avec une tige de fer dans les mains, prête à commettre l’irréparable.
— Non !
Je lui arrache, elle recule et mes mains frappent le mur derrière elle.
— Ça suffit maintenant ! Tu es enceinte et que tu le veuilles ou non ce bébé va naître. Désormais, je refuse que tu te fasses du mal, que tu te mettes en danger alors arrête de vouloir interrompre cette grossesse. C’est compris ?!
Elle me regarde, la lèvre tremblante. Ma colère et ma peur m’ont rendu autoritaire et froid. Cependant elle acquiesce de la tête pendant que ses larmes roulent sur sa joue.
— Et je veux que tu ailles faire tes examens.
Je pars en la laissant sur ces derniers mots. Je déteste cette situation, je hais ce monde. Je retourne dans ma chambre et me prépare une ligne, mais l’acide de mon estomac me brûle la gorge. Merde ! Je tourne en rond, réfléchis et je finis par appeler Adil. Il regarde le plateau de came par terre puis me scrute.
— Un problème ?
— Ça me fout la gerbe.
— Tu veux un truc plus fort ?
— Non. Je veux que ça s’arrête.
Il fronce des sourcils sans comprendre.
— Recrute des hommes.
— T’as quoi encore en tête ?
— Des mecs entraînés, solides.
Il commence à comprendre.
— Dani …
— Et Lorenzo doit disparaître.
— Tu veux dire que…
— Arrange-toi comme tu veux, mais tu le rayes définitivement de la carte. C’est un ordre !
Son corps se raidit, il n’a pas l’habitude que je lui parle de cette façon. Si Esperanza ne veut pas donner naissance à son enfant dans ce monde-ci, alors qu’il en soit ainsi.
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