Trafic (Tome3) (French Edition)
Chapitre 15
C’est une certitude
[Danilo]
Je suis sous le charme de ce petit morceau de femme. Mon père la protégeait comme si c’était sa propre fille. En grandissant à ses côtés, je me suis promis de toujours être le pilier sur lequel elle pourra s’appuyer. Nous nous rendons dans les hauteurs de Caracas afin de monter à bord d’un téléphérique.
— Non, non Dani, je ne monte pas là-dedans ! bafouille-t-elle pétrifiée.
Je plaque mes mains sur ses hanches et accroche son regard.
— Hey, baby girl, je suis là, calme-toi.
Elle soupire contrariée, mais franchit le seuil de la cabine. Assise en face de moi, je la scrute tandis que la machine se met en route. Nous amorçons notre longue descente vers la station balnéaire de Macuto où nous séjournerons.
— Profite de la vue, lui indiqué-je.
— Il n’y a que le vide, les immeubles et la route. Si ça lâche, je ne donne pas cher de notre peau.
Elle est touchante. J’aime sa fragilité, rien à voir avec les femmes du cartel. Parfois, je peine à croire que c’est la fille d’Alana et Emilio. J’emploie l’humour pour la rassurer comme le faisait mon père avec ma mère.
— Vois ça du bon côté, au moins on partira ensemble, balancé-je avec un sourire scotché.
— De toute façon, je préférerais mourir que de rentrer en Italie.
— Esperanza, jamais ! Tu m’entends ! En aucun cas je ne te laisserais repartir là-bas.
— Et comment comptes-tu t’opposer à cela ?
— Je ne sais pas encore, mais je te promets que ça n’arrivera pas.
Elle ne cesse de toucher un bracelet étoilé à son poignet, et de lever les yeux vers le ciel. Je lui parle, mais elle n’entend pas, concentrée dans sa contemplation des nuages. Je bouge ma main devant son visage et elle recule vivement apeurée.
— Qu’est-ce qu’il t’a fait, ton enfoiré de rital ?
— Il a… Il…
Puis elle fond en larmes en essayant de se confier. C’en est trop pour moi, la voir ainsi en pleine crise me brise le cœur. Je m’installe à ses côtés et la serre fort dans mes bras.
— Chut… Ce n’est rien, lorsque tu seras prête à me parler, je t’écouterai.
Nous restons l’un contre l’autre jusqu’à notre destination finale. Lorsque l’on débarque de la cabine, une voiture privée nous attend.
— Et bien, tu n’as pas lésiné sur les moyens, s’offusque-t-elle devant le luxe.
— Tu as besoin d’oublier tout ce périple.
Elle acquiesce et grimpe à bord du SUV. Dix minutes plus tard, nous faisons face à un grand hôtel cinq étoiles. La couleur jaune de l’immense bâtiment se marie parfaitement avec la vingtaine de palmiers qui l’entourent. Des enfants s’amusent dans la piscine extérieure. Il suffit de traverser un ponton pour se retrouver sur le sable chaud. Des bains de soleil sont disposés un peu partout afin de bronzer et de respirer l’air tropical. Nous nous rendons à la réception où j’exige la clé de notre suite. L’odeur du parquet ciré me chatouille les narines. Des canapés en cuir beige trônent fièrement au milieu de la pièce. Les drapeaux de tous les pays d’Amérique latine sont placés contre les murs écrus. La secrétaire de direction, me donne la carte électromagnétique de notre chambre en effleurant mes doigts. J’indique à ma cousine d’avancer d’un signe de tête. Nous empruntons l’ascenseur jusqu’au dernier étage et je déverrouille la porte de la suite.
— Après toi, déclaré-je en la laissant passer.
— Quelle galanterie, répond-elle ironiquement.
Elle avance et reste stoïque.
— Dios mio, c’est merveilleux, s’extasie Esperanza stupéfaite.
— Et aux frais de ton père, ricané-je fièrement.
Les murs clairs contrastent avec les baguettes couleur bois qui sont placées en haut des cloisons. Le carrelage marron clair brille tellement que l’on pourrait s’y refléter. Le salon est gigantesque avec un canapé d’angle en cuir blanc disposé sur notre gauche ainsi qu’un écran plat accroché qui doit mesurer facilement deux mètres. À droite se trouve une cuisine équipée, dotée d’un bar et d’un frigo américain. Nous avons largement de la place pour deux. Esperanza ouvre l’immense baie vitrée, je la rejoins et le panorama sur la mer des Caraïbes nous éblouit.
— C’est majestueux.
— Rien n’est trop beau pour toi, chuchoté-je dans son dos.
— Pourquoi Dani, tu es si…
— Je ne sais pas, la coupé-je mal à l’aise d’éprouver une sorte d’attirance pour ma cousine.
Elle reste muette à scruter l’horizon tandis que je décide d’aller choisir ma piaule. La décoration reste la même que dans les autres pièces. Il n’y a que le lit king size et la salle de bain attenante qui diffèrent. Une climatisation tourne pour rafraîchir la pièce, alors qu’à l’extérieur, les températures frôlent les trente-cinq degrés. Après une bonne observation, Esperanza doit faire un petit trente-six. J’ordonne qu’on m’apporte plusieurs vêtements de baignade à sa taille afin de lui offrir le choix. Dix minutes plus tard, on frappe à la porte et je récupère le tout. Je cherche Espe dans la suite et pénètre dans sa chambre. Elle est sous la douche alors j’entrepose les divers maillots de bain sur la commode. J’esquisse un pas en arrière, mais pris d’une pulsion incontrôlable, j’avance jusqu’à la pièce d’eau. J’entrouvre discrètement la porte et observe son corps nu sous le jet. Sa poitrine rebondie, sa peau lisse, sa petite touffe de poils sur son sexe m’excitent à un tel point que je me masturbe. Putain, mais qu’est-ce-qui m’arrive de fantasmer sur ma cousine ?! On a toujours été plus ou moins proches, mais là, c’est pire qu’une obsession, elle me possède. Elle se tourne et ses longs cheveux cuivrés lui tombent sur les hanches, je m’imagine branler ma queue entre ses fesses bombées, la baiser en levrette. J’accélère le rythme sur ma hampe. Je referme le battant, m’adosse contre le mur et ferme les yeux. Des images d’Esperanza à genoux m’engloutissant dans sa bouche me submergent, c’est trop pour moi, tel un puceau, je jouis dans mon boxer.
— Merde ! Qu’est-ce que je fous putain ! me dis-je à moi-même comme un avertissement.
Je quitte son antre, et repars dans le mien afin de me laver et me changer. Quand je suis prêt, je retourne dans le salon, où ma cousine m’attend, portant un bikini orangé qui s’arrime à sa peau couleur miel. Enveloppée d’un paréo sur ses épaules, elle est merveilleuse. Hypnotisé et subjugué par sa beauté, les mots ont du mal à sortir de mes lèvres.
— J’ai enlevé mes lentilles bleues, bafouille-t-elle, gênée que je la mate comme un crevard.
— Tu es la plus belle de toutes les femmes du monde, peu importe la couleur de tes yeux ou de tes cheveux, ajouté-je en m’approchant d’elle.
Délicatement, la paume de ma main se plaque sur son visage et elle vient se réfugier contre celle-ci. Nos regards se percutent et j’ai du mal à me contenir. Elle me transcende le cœur, m’enivre telle une dose de cocaïne. Ma respiration s’accélère, et je pose mon front contre le sien. Elle recule vivement sentant mon érection grandissante contre son bassin.
— Dani… ce n’est pas convenable, arrête, susurre-t-elle fébrile.
— Je… je ne peux pas lutter, tu m’attires tellement.
— Tu vas te marier avec Daya, je refuse d’être celle qui brisera vos espoirs, me recadre-t-elle froidement.
— Je ne l’aime pas putain !
— Nos situations sont trop compliquées, je suis désolée, m’achève-t-elle.
Elle sort de notre suite sans un mot. À la fois paumé et énervé qu’elle me foute sur le banc de touche, j’inspire et expire pour contrôler cette chose en moi qui gronde. Une fois ma rage canalisée, je descends et tente de la retrouver sur la plage. Allongée sur un transat, elle est sublime. Je vais nager pensant qu’elle va me rejoindre, mais force est de constater qu’une demi-heure plus tard elle m’ignore encore. Démoralisé et à cran, je retourne dans notre chambre d’hôtel, en proposant à la réceptionniste de monter avec moi. Elle mime un oui discret, demande à son collègue de la remplacer une petite heure et me suit dans l’ascenseur. À peine les portes refermées, je me jette sur ses lèvres charnues. J’arrache la chemise blanche de la belle brune et sa poitrine opulente me durcit un peu plus. Je remonte sa jupe noire et fourre mes doigts dans sa fente trempée. Elle gémit en me tirant les cheveux. Arrivé à mon étage, on court jusqu’à ma porte que je déverrouille. Je balance mon haut tandis qu’elle descend mon short de bain. Un “oh” de surprise sort de sa bouche lorsque ma queue se dresse sous ses yeux. J’attrape l’arrière de ses cheveux et approche ses lèvres de ma hampe. Merde je vrille complètement là ! Mais comme si une force démoniaque m’embarquait, je ne desserre pas mon emprise. Elle a du mal à me gober entièrement, j’en veux plus, ma haine me submerge quand je repense à Esperanza. Je la relève et la porte jusqu’à ma chambre. Je la jette sur le lit et me rue sur son intimité que je lape avec frénésie. Elle halète de plaisir et son orgasme la chamboule. J’enfile un préservatif et l’empale sans précaution. Elle crie de douleur, mais je n’en ai rien à foutre. Mierda, j’ai le besoin de la détruire, mon sang ne fait qu’un tour alors je l’étrangle pendant que je lui montre qui est le maître. Putain c’est génial de se lâcher, de ne plus penser et de ne ressentir plus aucun sentiment. Des larmes perlent sur ses joues. Ouais, putain que c’est bon, j’aime ça la voir souffrir, je me déchaîne comme un hystérique, sa poitrine rebondit à chacun de mes coups de rein, percutant le lit contre le mur. Je ferme les yeux et les images du cul de ma cousine surgissent d’un coup. Bordel, je retourne la fille, réhausse ses hanches pour que ma verge force son petit étau. Elle gueule d’arrêter, mais je lui fous la tête dans le matelas, et l’encule vigoureusement.
— Je suis désolé, pardonne-moi, je n’ai plus envie de me retenir. Faut que je te détruise, avoué-je entre désespoir et excitation.
À l’étroit, il ne me faut pas longtemps pour libérer mon sperme. C’est quand je redescends de mon orgasme et en contemplant cette nana que je me rends compte à quel point j’ai merdé. Le monstre a pris possession de mon corps. Je tente de la rattraper quand elle sort de ma chambre en pleurant et tombe sur Esperanza, le regard stupéfait.
— T’es qu’un monstre, je vais te dénoncer, hurle l’hôtesse d’accueil.
Putain, je me suis encore mis dans de beaux draps. Je sais que mon oncle va arranger ça, mais je hais cette deuxième personnalité qui s’empare doucement de moi.
— Da… ni ? Mais qu’est-ce qu’il se passe ? Qu’as-tu fait à cette fille ?
— Je… rien d’important.
Ma pauvre victime se sauve en m’insultant de tous les noms.
— Depuis quand tu ne te confies plus à moi ?
— Depuis que tu mets les distances entre nous parce que tu n’assumes pas notre attirance.
— Arrête, c’est malsain et tu le sais, rétorque-t-elle sèchement.
Elle avance alors que la porte de ma chambre est grande ouverte sur les draps ensanglantés. J’ai vraiment massacrée cette fille.
— Tu… tu es comme les autres en fait, s’indigne-t-elle les larmes aux yeux.
Le regard qu’elle me lance me fait réaliser à quel point je dégringole dans son estime. Ça me fout en l’air de savoir que je l’ai meurtrie.
— Merde, écoute-moi, je ne voulais pas ça !
— Je m’en fous de tes excuses Danilo !
— Il y a ce monstre en moi que je ne contrôle pas quand je m’énerve et…
— Ne m’adresse plus la parole ! me coupe-t-elle en s’enfermant dans sa piaule.
Je tape comme un fou contre sa porte en l’appelant, mais elle ne répond pas. Ces vacances commencent mal et c’est de ma faute. Les cinq jours suivants, elle m’ignore constamment, et j’en crève. Je m’enferme dans mon antre, me défonce entre alcool et coke. La douleur est si intense que j’ai l’impression qu’on me poignarde le cœur à de multiples reprises. Pris dans mes tourments, je ne vois pas le temps défiler. Mon téléphone sonne et je ne prête pas attention au nom qui s’affiche.
— Ouais, décroché-je.
— Tu comptes rentrer bientôt avec ma fille ?!
— Tío, oui, c’est bon, on va revenir ! Pas la peine de hurler ! déblatéré-je lassé.
— Si tu n’es pas là dans deux jours, c’est moi qui viens vous chercher ! Suis-je bien clair ?!
— Oui boss ! Compris sergent-chef !
— Ne te fous pas de moi, Dani !
— Oh la la, qu’est-ce que t’es susceptible ! Pète un coup.
Je raccroche, vais me doucher et regarde sur Google où je pourrais emmener Esperanza pour apaiser les tensions. Lorsque je suis prêt, je sors de ma tanière et cherche ma cousine dans la suite. Assise au fond de son lit, plongée dans un roman, elle lève ses magnifiques prunelles et me scrute intensément. Je m’assois à ses côtés, sur le bord du lit et oriente son visage vers le mien. Des cernes ont rongé le contour de son regard, comme si elle ne dormait pas la nuit.
— Tu me manques, baby girl.
— Tu… tu n’es pas comme ça. Dis-moi que tu n’es pas comme ça, répète-t-elle.
— Je vais combattre mes démons et être celui que tu voudras que je sois.
Elle ravale les larmes qui menacent de tomber.
— Pardonne-moi Esperanza, je suis désolé. J’ai mal agi et je t’ai blessée.
— Tu m’as fait peur. Je sais que tu n’es pas comme lui, mais j’ai cru revoir mon quotidien.
— Ton mari ? la questionné-je.
Elle acquiesce et je comprends que c’est le moment de la rassurer en lui avouant ce que je ressens réellement pour elle. Peut-être qu’elle se livrera plus facilement.
— Parle-moi, je serai continuellement là pour toi. Je t’assure que tu bénéficieras de ma protection quoi qu’il m’en coûte. Je mourrais pour toi. Je ne sais pas pourquoi je ressens autant d’amour. La seule chose dont je suis persuadé, c’est qu’il m’est impensable de vivre sans toi. Je sais que c’est mal parce qu’on a grandi ensemble, que tu es ma cousine. Même si nous ne possédons aucun lien de sang. Il y a cette putain d’attraction entre nous, tu ne peux pas le nier, on a toujours été attirés l’un vers l’autre.
— Et ton mariage ?
— Cela ne se produira jamais, je ne l’aime pas, assuré-je avec force.
— Et moi, Dani ? Lorenzo va certainement débarquer et nous sommes mariés.
— Peu importe, je m’en tape de lui, il ne te touchera plus, c’est une certitude.
Je pose ma paume sur son visage et essuie la larme qui perle sur sa joue.
— Quelque chose se passe en moi, je le sens ici, susurré-je en plaquant une de ses mains contre mon cœur.
Elle est touchée par mes mots et mon front vient contre le sien.
— Je te promets de prendre soin de toi pour l’éternité.
Mon palpitant est au bord de l’implosion tandis que nos respirations saccadées se mélangent l’une à l’autre. Mes lèvres proches des siennes attendent son approbation.
— Il n’y aura pas de toi sans moi baby girl, j’en fais le serment. Laisse-moi t’aimer.
Et tel un miracle, elle vient sceller sa bouche à la mienne. D’abord hésitant, puis assuré, notre baiser est doux. Lentement, j’aspire ses lippes, puis elle m’autorise l’accès total. Nos langues se caressent, s’apprivoisent, s’enroulent, dansent ensemble telle une passion dévorante. Son souffle erratique est comme une douce mélodie qui m’emporte au paradis. Notre désir est plus pressant, enivrant, il embrase mes veines et je sens que le monstre se réveille. À bout de souffle, je m’écarte. Esperanza effleure ses lèvres souriantes.
— Tu es exquise, chuchoté-je à son oreille.
Je me relève et replace mon service trois pièces malmené par cet instant magique.
— J’ai prévu une balade, tu viens ?
Elle valide, descend de son lit, et va enfiler ses chaussures. Avant de sortir de la pièce, je happe une nouvelle fois ses lèvres que je savoure.
— On ne doit pas se montrer, mentionné-je avec regret.
— On n’aurait pas dû, c’est interdit.
— C’est trop tard, baby girl.
J’entrelace nos doigts, et nous partons en direction du téléphérique. Quand elle lorgne vers la cabine, elle peste et j’en rigole.
— Où m’emmènes-tu Dani ?
— Tu verras bien chère cousine.
Je la tire brusquement contre moi et elle me tombe dessus tandis que la cabine bouge. Affolée, elle s’accroche à ma nuque. Je me moque d’elle, elle est tellement froussarde ! L’appareil s’arrête au parc national El aviva. C’est le poumon de la ville, une montagne qui s’étend sur Caracas tel un immense labyrinthe. Nous suivons le sentier principal où la végétation subtropicale est dense. Esperanza court en criant alors qu’une abeille se met à tourner autour d’elle, ce qui me fait éclater de rire. Je fais fuir la bête alors qu’elle a trouvé refuge dans mes bras puis nous reprenons notre balade qui est de plus en plus merveilleuse. Les couleurs de la flore naturelle sont éblouissantes. Des fleurs jaunes, roses, violettes, rouges et bleues sont mélangées à la verdure. Nous continuons l’ascension de cette colline. Après deux heures de marche, nous atteignons le sommet. Le panorama entre ciel et terre est exceptionnel. D’un côté, la mer des Caraïbes et de l’autre, la ville de Caracas. Je sors mon portable et prends quelques clichés de nous deux. Nos premières photos sont à jamais immortalisées. En redescendant, nous empruntons un nouveau chemin balisé. On s’arrête devant une magnifique cascade. La chute d’eau est spectaculaire. Des gouttelettes atterrissent sur nos visages. Espe balance son haut et son bas en me défiant du regard, se retrouvant en sous-vêtements sous mon nez. Sans qu’elle s’en rende compte, je flashe son petit cul dans mon cellulaire. Puis elle se jette à l’eau. Je retire mon pantalon, mon t-shirt et fous un pied dans la flotte. Puta, elle est froide.
— Elle est glaciale ! m’écrié-je surpris.
— Mais quelle chochotte ! Lance-toi, elle est bonne une fois dedans, déclare-t-elle en se dirigeant vers la cascade.
Je nage jusqu’à la retrouver et je l’aperçois dans le renfoncement du mur d’eau. Elle est debout adossée contre la paroi. Ses sous-vêtements rose bonbon sont alléchants.
— À quoi tu joues là ? demandé-je agacé mais sous le charme.
— Je ne sais pas, avoue-t-elle confuse.
— Va falloir te décider, Esperanza.
— Fais-le pour moi.
— Attention, il n’y aura plus de retour en arrière possible, l’informé-je.
— Baby boy, aide-moi s’il te plaît, je suis perdue.
Je colle nos peaux l’une à l’autre, et l’embrasse jusqu’à en perdre haleine. Le temps est comme suspendu. Je descends jusqu’à sa poitrine en la léchant, elle gémit et me réclame davantage. Je frotte mon érection contre elle, je n’ai qu’une envie, c’est de lui faire l’amour, mais pas ici, pas comme ça. Pour freiner nos ardeurs, je me force à reculer et à repartir en sens inverse. Je l’entends appeler mon prénom en râlant, puis elle me rejoint. Nous nous rhabillons en silence, car madame boude. Je lui colle un petit baiser avant de poursuivre notre descente. Nous avons repoussé nos limites ensemble. Cette rando nous a terrassés. En rentrant à l’hôtel, on se douche et on se couche tous les deux bien sagement.
Au petit matin, alors que le soleil se lève, elle caresse mes abdominaux et la crampe dans mon pantalon est douloureuse.
— Bonjour baby boy, chuchote-t-elle en me scrutant.
Nos lèvres se retrouvent et elle monte sur moi sans réfléchir, j’adore ça. Instinctivement, elle se frotte et putain, je me retiens pour ne pas lui sauter dessus.
— Arrête bébé…
Elle vient m’embrasser dans le cou, et pose sa paume sur mon boxer. Choquée par la taille de l’engin, elle la retire aussitôt.
— On ira en douceur, je te le promets, susurré-je contre ses lèvres que je m’empare.
— Faut pas, c’est interdit, gémit-elle, impatiente.
— Si tu savais comme j’en n’ai rien à foutre.
— Tu n’es pas possible. Tu imagines ce que mon père dirait si…
— Stop ! c’est pas lui qui dirige ma vie, Esperanza. J’ai envie de toi, je crève de ne pas pouvoir te prendre dans ce foutu lit. Je sais que c’est pareil de ton côté, mais tant que tu ne seras pas sûre de toi, il se passera rien de plus. Hors de question que tu t’en veuilles par la suite. Et puis j’ai besoin de savoir ce qu’il s’est passé en Italie, la coupé-je, inquisiteur.
Il est difficile de résister à une telle beauté. Mais je souhaite avant tout qu’elle se confie à moi. Alors même si elle désire oublier, je l’emmène sur une pente glissante.
— Explique-moi Esperanza, parle-moi. Qu’est-ce qui s’est passé ?
Elle me jette un regard glaçant, puis ses larmes coulent et enfin, elle se livre. Elle me raconte tout : les humiliations, les coups, la torture, le forcing pour avoir un enfant, la pilule qu’elle prenait en cachette, la rage de Lorenzo lorsqu’il l’a découvert et les viols qu’elle a subi à de nombreuses reprises. Apprendre qu’il l’a attachée sur son lit plusieurs jours, qu’il a abusé de son corps me rend fou. Je ne peux pas en entendre davantage, et sors de notre lit en projetant mon poing dans le mur.
— Dani, arrête ! Je me suis enfuie, je suis là. Pitié calme-toi, tu me fais peur.
J’ai besoin de bouger alors je tente de quitter les lieux tandis qu’elle me supplie de rester. C’est intolérable, pas ça, pas sur elle, pas sur son corps. Je vais le buter, c’est une certitude. La voir à genoux par terre en pleine crise d’angoisse me ramène à la réalité. Je reviens près de celle pour qui mon cœur bat. Je l’enlace en accueillant sa peine et me promet de la venger quoi qu’il m’en coûte.
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