… Et avec votre esprit

Alexis Laipsker · Chapitre 51 sur 57

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… Et avec votre esprit

Chapitre 52

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Maintenant que le tumulte de cette enquête était derrière eux, Simon se sentait à la fois libre et soulagé. Mais ce qui le frappait le plus, c’était ce calme si soudain. Demain, enfin, ne serait plus cadencé par les investigations. La sensation qu’il éprouvait était semblable à celle d’un naufragé, délivré des flots, qui retrouve la terre ferme et se sent pourtant toujours ballotté par le tangage. Il ne prenait que lentement conscience que tout était fini et qu’il pouvait désormais penser à lui. À eux, peut-être.

En proposant à Marion de terminer la soirée chez lui, Simon savait quel jeu il s’apprêtait à jouer. Un jeu aussi dangereux que délectable. Elle lui plaisait, éperdument, déraisonnablement. Elle lui avait plu dès le chaos de leur première rencontre. Il avait alors découvert une âme indomptable, tout en paradoxes, une force qui menaçait de rompre, une assurance qui cachait de la timidité, l’énergie d’un volcan qui pouvait s’éteindre d’un souffle.

Marion, elle aussi, savait ce qu’elle faisait en le suivant sur son bateau. Elle venait de vivre un rêve qu’elle tentait de prolonger. Elle, la provinciale mal désirée, mal aimée, mal comprise et sous-estimée, avait été séduite, comprise, respectée tout au long de cette enquête. Et aimée, sans doute aussi.

Encore sous l’effet des bulles de champagne qui avaient suivi le dîner, ils furent pris d’un fou rire dont ils avaient oublié la cause. Simon, que l’alcool rendait joyeux, eut toutes les peines du monde à ouvrir la grille de la passerelle. Son trousseau tomba à ses pieds, à quelques centimètres du vide et de la Seine.

Ce qui provoqua un nouvel éclat de rire.

Une fois dans la péniche, dès que la porte fut refermée, l’euphorie cessa. Ils échangèrent un regard pendant de longues secondes, en silence, avec ces yeux qui ne savaient plus mentir. Simon approcha doucement son visage de celui de Marion. Ils se frôlèrent avec une infinie douceur et, au moment où leurs lèvres allaient enfin se toucher, elle le repoussa. Le mouvement fut si brutal que Simon bascula en arrière et tomba assis dans le canapé.

Elle s’approcha alors en le dévisageant, s’assit sur lui à califourchon, et ce fut elle qui l’embrassa. Cette fougue, ce caractère imprévisible, c’était elle, c’était ce qu’il aimait en elle. Elle lui ôta son blouson d’un geste, puis son pull et, comme par enchantement, le déshabilla en même temps qu’elle se retrouva nue.

Sans un mot, tout en s’embrassant, ils se levèrent et marchèrent jusqu’au lit où ils se laissèrent tomber. L’un contre l’autre, leurs corps dansaient au rythme de leurs caresses. Ne tenant plus, Simon glissa sur elle, mais elle le repoussa encore, d’un geste sensuel, mais si ferme qu’il se retrouva sur le dos. Elle bascula alors sur lui, le chevaucha puis se pencha pour l’embrasser tandis qu’elle le laissait entrer en elle. Elle posa doucement ses mains sur la poitrine de Simon et cadença le rythme de ses mouvements de reins aux battements de cœur de son amant. Ils jouirent ensemble, sans que leurs lèvres se soient quittées.

Simon s’éveilla le premier. En ouvrant les yeux, il découvrit le corps à demi nu de celle qui était encore une étrangère et que, pourtant, il connaissait si bien. Un sourire se dessina sur son visage. Simon était heureux pour la première fois depuis bien longtemps. Lui, l’enfant délaissé, l’insatiable, l’hyperactif, le turbulent avait soudain le sentiment d’avoir atteint un but. Il n’avait besoin de rien d’autre. Comme il continuait de l’observer, la tentation fut trop forte, il lui embrassa tendrement l’épaule. Elle poussa un petit gémissement puis, alors qu’elle semblait encore endormie, se tourna pour se coller à lui.

– Vous ne dormez plus, Simon Vairne ? demanda-t-elle d’une voix légèrement éraillée, les yeux toujours clos.

– Je te regardais.

– Je te plais ?

– J’ai l’impression de rêver encore.

Elle sourit. Ses paupières se plissèrent.

– C’était une belle soirée, Simon Vairne. Et une nuit délicieuse.

Elle se redressa doucement, révélant un sein, puis ouvrit les yeux et le regarda longuement. Son sourire se dissipa peu à peu et fit place à un visage grave, interrogateur. Comme si le plaisir éprouvé cette nuit, tel un délicieux prélude, ouvrait de nouveaux horizons.

– Je crois que cette enquête n’est pas terminée, Marion.

– Ah bon ?

– Nous avons encore tellement de points à éclaircir que tu vas être obligée de rester ici un moment, j’en ai peur !

Elle lui sourit.

– Ah ? Oui, il y a tous ces détails à régler… ça va prendre des semaines…

– Au moins ! Des mois peut-être, dit-il en la faisant basculer vers lui.

Cette fois, ce fut lui qui lui fit l’amour.

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