L'année du certif
Chapitre 10
Mais alors, voilà les petites viole es qui se haussent vers lui sur le bout de leurs tiges et qui
lui disent doucement :
« Monsieur le sous-préfet, sentez-vous comme nous sentons bon ? » Et les sources lui font sous la mousse une musique divine ; et dans les branches, au-dessus de
sa tête, des tas de fauve es viennent lui chanter leurs plus jolis airs ; et tout le petit bois conspire pour l’empêcher de composer son discours… M. le sous-préfet, grisé de parfums, ivre de musique, essaye vainement de résister au nouveau charme qui l’envahit. Il s’accoude sur l’herbe, dégrafe son bel habit, balbutie encore deux ou trois fois.
« Messieurs et chers administrés… Messieurs et chers admi… Messieurs et chers… » Puis il envoie les administrés au diable.
Lorsque, au bout d’une heure, les gens de la sous-préfecture, inquiets de leur maître, sont
entrés dans le petit bois, ils ont vu un spectacle qui les a fait reculer d’horreur… M. le sous-préfet était couché sur le ventre dans l’herbe… Il avait mis son habit bas… et, tout en mâchonnant des viole es, M. le sous-préfet faisait des vers.
Alphonse Daudet, in Choix de lectures, cours moyen (certi cat d’études),
par A. Mironneau.
Le troisième jour, la èvre est tombée, et Suzon installe Niniko dans le
petit salon du rez-de-chaussée. Un peu plus tard, elle lui remet un paquet
de livres de bibliothèque, choisis par grand-père l’inspecteur dans ses
rayons.
— Tiens, dit-elle, des histoires de chien, ça t’intéressera sûrement.
Niniko choisit un livre de Jack London. Il préférerait une histoire sur
la vie et les atroces baisers. Mais sans doute est-il trop jeune pour comprendre ces choses qui lui font peur.
Il est guéri pour de bon.
Il gue e grand-père l’inspecteur qui marche dans le jardin à petits pas,
les mains derrière le dos, la tête penchée, les lèvres pincées. Suzon le
montre à Niniko , d’un signe de tête, discrètement.
— Tu vois, quand il marche dans le jardin avec cet air-là, c’est qu’il
cherche un méchant problème pour le certi cat !
Puis grand-père entre dans la salle à manger, l’observe en silence, avec
son regard spécial, lui caresse la tête et soupire. Niniko fait semblant de
somnoler, mais guigne sous ses paupières mi-closes. Il en est sûr,
maintenant, grand-père a quatre regards, les trois ordinaires et le spécial.
Niniko connaît bien le « sévère pour rire » qui sert surtout pour Suzon. Il
pré ère le « brillant-pétillant », qui se cache derrière les lune es et montre
que grand-père est content en lui-même : on dirait presque qu’il va faire
une blague. Le « regard à tout faire » est a entif, las, sincère et bon.
Grand-père le lance quelquefois par-dessus ses lune es qu’il baisse sur le
bout de son nez… Le regard spécial, ma foi, Niniko ne l’a pas vu souvent,
mais c’est bien le cas aujourd’hui. Il se pose en douceur, il a end, caresse,
il a l’air de voir en dedans. Il écoute, il pardonne…
« Est-ce que Suzon lui a répété tout ce que j’ai dit quand j’avais la
èvre ? se demande Niniko . Sûrement, elle ne lui cache rien, mais je
m’en che. Il ne m’en veut pas et il ne dira rien à papa. Et il est fâché
contre Davy, à cause du cahier volé… »
— Je te propose un tour en auto, Niniko . Un tour en auto !
Il tire ses lune es sur le bout de son nez et allume son regard numéro
deux.
— Tu permets que je t’appelle Niniko ? C’était une histoire de Guignol,
n’est-ce pas ? Ce nom me plaît bien.
Niniko se rengorge. René ne compte pas, n’existe pas, alors vive
Niniko . Grand-père sort de son garage, au fond du jardin, la grosse
Renault Vivasix gris-vert qui est son bonheur, sa erté, le signe de sa
réussite. Une auto qui a coûté bonbon et des cents et des mille… Mais un
inspecteur, ça gagne bien, comme dit Suzon. « Conduite intérieure cinq
places, seize chevaux-vapeur, cent deux kilomètres à l’heure… mais je n’ai jamais dépassé quatre-vingt-dix-neuf kilomètres à l’heure, c’est un
principe. Tiens, si tu veux, on inventera un problème sur une auto qui
roule à telle vitesse, etc. » Niniko veut bien : inventer des problèmes,
c’est plus drôle que les chercher. Les inspecteurs ont bien de la chance.
— Et comment la trouves-tu, ma bagnole ?
Niniko se sent rougir. Papa ne perme rait pas qu’on dise « bagnole »
pour automobile, mais un inspecteur a tous les droits, puisqu’il est le chef
des maîtres d’école. Niniko considère la Vivasix. Elle fait quand même
vieux. Les Renault anciennes ont toutes les fentes du radiateur sur le côté
et en arrière du capot. On dirait des narines. Ça leur donne l’air d’une
espèce de grosse bête en colère. Les nouvelles autos ont le radiateur tout à
fait devant. C’est plus moderne.
— Elle est assez drôle, votre auto, grand-père. Elle fait penser à Jules
Verne !
— À Jules Verne ? Ah, hum, tu as raison, à Jules Verne, bien sûr.
Nous vous aimons tant, monsieur Jules Verne
Envoyez les goélands et les sternes !
Ils roulent vers la plaine, au sud d’Alès. Grand-père déclare qu’il en a
plein les bo es des routes de montagne.
— Toute l’année scolaire, il me faut aller visiter mes maîtres et mes
maîtresses sur leurs corniches et leurs pitons. Passe encore pour les
maîtresses… En vacances, vive la plaine !
Il se met à chanter :
Montés sur leur automobile
La colonelle et pis l’ colon
S’en allaient s’ promener à Joinville…
Il enchaîne aussitôt sur Nuits de Chine, nuits câlines.
Puis :
Paris
Reine du monde
Paris
C’est une blonde…
Niniko l’écoute, bouche bée, au bord de l’étourdissement de famille.
Puis il se détend et rit. Grand-père lâche le volant et se prend la tête à deux mains.
— Ah, on peut dire que les blondes m’ont fait rêver. Pourtant, j’ai aimé
une brune à la folie et j’en ai épousé une autre… que j’aimais un peu
moins, je l’avoue. Paix à son âme. Tes parents t’ont déjà mené au cinéma,
Niniko ?
Davy et Fofe e sont déjà allés au cinéma, à Sète, avec maman ; mais
papa ne veut pas qu’on aille au cinéma avant d’avoir le certi cat. Niniko ,
tête basse, doit convenir qu’il n’a jamais vu aucun lm. Grand-père
l’inspecteur le xe un instant de son regard spécial.
— Tu as un père têtu comme un âne rouge ! Je t’emmènerai voir David
Copper eld dès qu’il sera projeté à Alès. Pour Madame Bovary, tu es sans
doute un peu jeune. Bien que… à mon avis, garçons et lles, je le dis sans
ambages, doivent découvrir très tôt les réalités de la vie.
Madame Bovary doit être un lm sur la vie des hommes et des femmes.
Niniko voudrait demander à son grand-père si on y voit un atroce baiser,
mais il n’ose pas. D’ailleurs, l’inspecteur a déjà enfourché un autre dada.
— Je dois avouer que ton idée de faire carrière à l’armée coloniale ne
m’emballe pas outre mesure. Je ne souhaite pas que tu deviennes
instituteur, mais je crois que les colonies, c’est ni – pour parler sans
détour. L’avenir est à l’aviation. Hélène Boucher, quelle aviatrice ! Et
quelle femme, d’une rare beauté ! Et le nouvel hydravion Blériot, quelle
pureté de ligne ! Et le Couzinet Arc-en-Ciel de Mermoz, une machine du
futur ! Ah, si ma vie était à refaire, je serais pilote d’avion et j’épouserais
une rousse aux yeux verts !
— Pourquoi une rousse aux yeux verts, grand-père ?
— Parce que les rousses aux yeux verts n’ont pas peur de l’aventure,
souviens-t’en le moment venu, ston !
Grand-père l’inspecteur se trémousse derrière son volant, qu’il martèle
parfois à coups de poing, gloussant et s’escla ant, comme si des pensées
drôles, plaisantes, surprenantes lui passaient par la tête à une vitesse folle.
Niniko a l’impression que son regard rase tout juste le pare-brise et qu’il
doit à peine voir la route, ce qui ne l’empêche pas de rouler à plus de
quatre-vingts kilomètres à l’heure sur les routes blanches…
Après avoir traversé plusieurs villages en semant l’e roi parmi les
volailles ou, à l’occasion, dans un troupeau de chèvres mené par une très
petite lle et un très vieux chien, la Vivasix s’arrête assez brusquement à
l’entrée d’un bourg.
— Et voilà, dit grand-père l’inspecteur d’une voix grave, un lieu où j’ai
déclamé bien des vers quand j’étais un jeune maître, où mon cœur est
resté cloué au fronton de l’école comme une choue e sur une porte de
grange… Descendons.
Grand-père l’inspecteur entraîne son petit- ls dans une ruelle ombragée
et fraîche.
— Tu m’as gentiment souhaité mon anniversaire l’autre jour. J’aimerais
te faire toucher du doigt que je n’ai pas toujours été un vieil homme un
peu fou. Il y a… bien longtemps de ça, j’étais un jeune homme très fou. Ah
oui, je voulais te dire aussi : la seule chose importante dans la vie, c’est
l’amour. Alors, n’écoute ton cher papa que d’une oreille, ne te fais pas trop
de mauvais sang pour l’école, le certi cat, les études, ta carrière et toutes
ces choses.
« Ne t’impatiente pas. Je reviens à mon histoire. Dans ce village
exerçait, il y a bientôt quarante ans, une jeune maîtresse brune aux yeux
bleus… Je place les brunes aux yeux bleus juste après les rousses aux yeux
verts. Mais ce e brune-là était spéciale : je la me ais au-dessus de toutes
les autres. J’étais amoureux, Niniko . Tu sauras un jour ce que je veux
dire. Tu perdras la tête, tu seras heureux à en crier, tu sou riras comme un
damné. Je te conduis à mon rosier. Il est toujours là, au coin d’un pré, à
l’abri d’un mur abandonné. Il donne toujours, toute l’année, de petites
roses rouges, minuscules et très parfumées. Il est immortel. Avant de
rendre visite à Mlle Rachel, je venais cueillir quelques roses que je lui
o rais. Je faisais exprès de me piquer et, quand nos doigts se joignaient, je
tachais les siens de mon sang.
« Nous avions beaucoup d’a nités et d’idées communes, nous étions
pour l’émancipation des femmes et pour la création d’un syndicat
d’instituteurs. Mais il y avait surtout une grande a irance qui nous liait.
J’avais présenté ma demande en mariage, Mlle Rachel ne m’avait pas
encore répondu, disant qu’elle voulait me connaître mieux et me re mes sentiments à l’épreuve. Je négligeais les devoirs sacrés de ma charge pour
lui écrire des poèmes en vers de dix pieds, que je pissais à grands jets. Au
début, elle était émerveillée. Plus tard, elle me disait : « Oh, mon Georges,
je ne suis pas une bergère de roman. Tu ferais mieux de passer moins de
temps à tes vers et un peu plus à ta classe et à tes études… » Oui, car
j’avais repris mes études pour devenir inspecteur primaire. En e et, je
négligeais ma classe et mes études, pas tant à cause des poèmes, que j’étais
capable d’écrire à toute vitesse, mais plutôt en raison du temps que je
perdais à rêver aux appas de ma belle. Ah, je te jure qu’elle était jolie, ma
Rachel, de la tête aux pieds, elle me rendait fou. Je me ais donc en vers
mon adulation, ma ferveur, mon désir… Ha ! ha ! ha ! elle ne savait pas
tout. J’écrivais deux sortes de poèmes : les uns sentimentaux, honnêtes et
bienséants que je reme ais ou envoyais à ma ancée. Les autres…, les
autres, galants et licencieux, étaient pour moi seul. J’y racontais, pour
calmer mon ardeur, mes rêves et désirs les plus secrets. Ma foi, dans les
premiers je faisais rimer « iris » et « myosotis ». Dans les seconds, c’était
plutôt « cuisses » et « délices ». Je te l’ai dit, j’étais un jeune homme très
fou. Mais tu verras, tu verras… Je me souviens de quelques vers de l’école
de Jules Verne que j’avais transformés pour elle.
Envoyez vite votre sous-marin
Il est rose, joli, tout en airain
Le voyage chasse tous les chagrins…
« Ce poème gure d’ailleurs dans le cahier que ton frère m’a chipé.
Honte soit sur moi d’en avoir tiré ceci :
Mordre à ta bouche le fruit purpurin
Mûri en secret dans son doux écrin
Et l’amour chassera tous les chagrins !
« Tu ne peux pas comprendre, mon pauvre Niniko , mais ça viendra, tu
verras, tu verras. J’ai été bien puni. En fait, nous avons été bien punis tous
les deux. Le diable s’est mêlé de l’a aire, et un beau soir je me suis
trompé : j’ai remis le mauvais poème à Mlle Rachel. Comme l’impatience
me gagnait, il était assez cru, je pense. Tu es trop jeune pour comprendre,
Niniko , mais tu verras, tu verras… Mlle Rachel était féministe, « su rage e », comme on dit de nos jours. Elle a pris mes pauvres vers,
plus naïfs que méchants, pour une insulte à sa dignité.
Mûri en secret… L’amour chassera les chagrins… Niniko ne voit pas là
de quoi foue er un chat. Mais il y a le fruit purpurin. C’est un mot de
poésie, qui veut dire « très rouge ». Mlle Rachel a dû confondre avec le
purin, qui est le liquide du fumier : de la pisse de bête. Pour une maîtresse
d’école, ce n’est pas malin ! Et les histoires des grandes personnes sont
bien compliquées. En outre, celle-ci n’a pas l’air de s’arranger à la n
comme dans Le Piège d’or, de James Oliver Curwood. Niniko est très er
de recevoir les con dences de grand-père l’inspecteur, car Davy ne les
aura jamais. En même temps, il se sent très malheureux. Il soupçonne la
vie d’être un engrenage de tribulations sans n. À se demander si ça vaut
la peine de passer son certi cat !
Bien sûr, il est trop jeune pour comprendre. Alors, il essaie de tout se
rappeler pour plus tard, quand il sera sergent à la coloniale ou pilote d’un
Couzinet Arc-en-Ciel.
Grand-père poursuit son récit, d’une voix tantôt véhémente, tantôt
retenue, réduite à un sou e.
— Mlle Rachel n’a pas voulu me revoir, elle m’a renvoyé mes le res, elle
n’a accepté aucune excuse. Tu dis : bien fait pour moi ? and même
dommage… L’époque voulait ça. Six mois après, Mlle Rachel m’a écrit un
mot d’adieu, en me disant qu’elle ne se marierait jamais. Jolie comme elle
était, les propositions ne lui ont pas manqué, jusqu’à trente ans et plus.
Mais elle a tenu parole. Je crois qu’elle m’aimait.
« Je l’ai revue vingt ans après, au cours d’une inspection que je ne
pouvais plus di érer. Elle avait à peine changé, toujours aussi ravissante,
piquante, adorable. Ç’a été terrible, je n’ai pas pu nir mon inspection. J’ai
pris la fuite pour ne pas me ridiculiser devant les enfants. Et, Dieu me
pardonne, Mlle Rachel m’a regardé partir avec un sourire de triomphe !
Niniko résiste à la montée des larmes. Il ne sait pas trop s’il a envie de
pleurer sur les malheurs du jeune homme qu’était grand-père, il y a
quarante ans, pour ainsi dire l’éternité, ou sur sa solitude à lui,
aujourd’hui, son inquiétude, sa peur devant les mystères de la vie qui le
cernent comme des ombres ennemies, la nuit au fond du bois.
Ils arrivent en n au rosier de grand-père. Hélas, le pauvre arbuste est
quasi recouvert par les pierres du mur qui l’abritait autrefois. La seule tige
qui sort encore de terre est aux trois quarts brûlée par la canicule. Il n’a
plus de roses, rien que des épines. À vrai dire, ce n’est pas trop la saison
des roses, et grand-père n’y a pas songé. Il secoue la tête, pose la main sur
l’épaule de Niniko .
— Bien, bien. Ma foi, hum, hum… e dirais-tu d’aller boire une
limonade fraîche au café du village, Niniko ?
Sur le chemin du retour, grand-père, qui a bu deux verres de blanc,
conduit en s’amusant, avec de grands gestes, des grimaces, des coups de
klaxon répétés pour e rayer les animaux. Il rit, s’exclame pour un rien.
Niniko s’est retiré en son for intérieur et laisse couler ses larmes.
— Tu pleures, ston ? dit grand-père. C’est d’un bon naturel. Les
femmes, vois-tu, nous sont supérieures par la grâce des larmes. J’espère
pour toi que tu garderas ton cœur d’enfant en grandissant. Si j’avais su
pleurer autrefois, je crois que Mlle Rachel aurait été bouleversée et qu’elle
m’aurait pardonné.
Il se tait, vise le milieu de la route, les mains serrées sur le volant.
Niniko ose en n poser la question qui le tourmentait depuis un moment.
— Grand-père, Mlle Rachel, c’est elle la maîtresse de Saint-Pierre-du-
Mont ?
— Ma foi, c’est elle, dit grand-père. Elle ne vit que pour son métier. C’est
une très bonne institutrice, la meilleure peut-être de l’arrondissement. Elle
ne se contente pas d’enseigner avec passion, d’apprendre aux élèves
l’orthographe, le calcul, la lecture, la rédaction et toutes les matières du
programme. Elle leur ouvre les yeux sur le monde, elle s’a ache à
développer chez tous les dons du cœur, en respectant la personnalité de
chacun. Elle prépare les enfants à la vie en même temps qu’au certi cat.
Mais nul n’est parfait et elle a gardé ses maro es d’autrefois, qui se sont
même aggravées avec l’âge. Elle est une laïque forcenée et le nom du bon
Dieu lui écorche les oreilles. Elle ne veut plus l’entendre dans sa classe. Et
puis elle est plus que jamais persuadée que les femmes sont asservies,
exploitées et persécutées par les hommes. Elle jure qu’elle méprise les
honneurs, mais elle a une terrible faiblesse. Ah, sais-tu, sais-tu ? Elle se désespère de prendre bientôt sa retraite sans avoir jamais décroché de prix
cantonal au certi cat. elle bêtise ! Ça me consolerait presque de ne pas
l’avoir épousée !
Niniko n’écoute plus son grand-père que d’une oreille. Il tripote ses
doigts pour compter, en douce, à gauche, au bord de son siège. Il a
entrepris d’inventer des vers de dix pieds. Au moins deux, un tout seul,
sans la rime, ça ne veut rien dire. Il a déjà trouvé :
La petite lle en robe d’été
Danse pieds nus dans le pré…
Il n’est pas sûr que la rime soit bonne. Et puis, à propos de pieds, il en
manque trois au second vers !
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