L'année du certif
Chapitre 11
Rédaction. 1. Vous regardez passer le facteur (ou la bergère et son troupeau) sous la pluie.
Décrivez-les.
Impressions.
2. Il pleut. Un enfant ne peut aller se promener comme il l’avait projeté. « Comme la pluie
est ennuyeuse ! » dit-il. Une gou e de pluie lui répond : « Je suis ennuyeuse, c’est vrai… » Continuez en imaginant le reste de la réponse (les jardins et les champs… la fraîcheur… les
eurs… les herbes… la source… le ruisseau).
A. Souché, La Lecture expressive et le français, op. cit.
3. Voici qu’il pleut ! Jean, Pierre et Luce e proposent chacun un jeu di érent, dont ils
vantent les agréments. On décide… Petite scène avec dialogue.
A. Souché, La Lecture nouvelle et le français, au certi cat d’études primaires,
Librairie Fernand Nathan.
Il pleut, il vente, ce méchant jeudi de janvier. Papa, maman et Davy sont
allés à Nîmes. Niniko a reçu pour mission de garder Fofe e à la maison,
sans sortir sous aucun prétexte. La petite sœur est enrhumée, elle pourrait
prendre froid… Davy a bien de la chance. Il a droit au voyage, lui, pour le
récompenser de ses bonnes notes aux exercices du certi cat. Marcher dans
les rues d’une grande ville sous la pluie, ça doit être follement amusant !
Mais maman va se mouiller les pieds, pourvu qu’elle ne tombe pas malade
de la poitrine, en plus !
Heureusement, Junie Bezon, la femme de charge, va venir l’après-midi
préparer une bonne soupe de couenne pour ce soir. Fofe e et Niniko
garderont le feu sous la marmite et au foyer de la cuisinière. Maman aura
peut-être retrouvé l’appétit, si le médecin lui a bien soigné les nerfs.
Fofe e a réuni les deux boîtes de peinture, la sienne et celle de son
frère, puis a commencé un immense tableau sur l’envers d’un morceau de
papier tapisserie qu’elle a trouvé au grenier. Niniko se fro e les mains :
elle en a pour toute la journée ; il va feuilleter son Petit Larousse et peut-
être se plonger dans un livre de Gustave Aimard.
Il a tout le temps, il décide de relire d’abord la réponse de grand-père
l’inspecteur à sa le re de la semaine dernière, avec toutes les explications
qu’il a demandées.
Après un petit quart d’heure, Fofe e déclare qu’elle a ni de peindre.
Elle a badigeonné son papier de longues traînées de couleur, formant une
sorte d’arc-en-ciel plié, d’un bout à l’autre de la feuille de papier.
— C’est une robe de fée. C’est bien ?
Niniko répond que c’est bien, qu’il faut continuer. Elle tord le nez avec
une grimace de dégoût.
— J’ai plus envie. J’aime pas la peinture.
Elle décide de « faire de la dentelle ». Maman essaie de lui apprendre le
crochet. Niniko replonge dans le chapitre XXI des Francs-tireurs, de
Gustave Aimard : « Une légende fantastique » (suite). Il saute un chapitre
de temps en temps pour arriver plus vite aux événements palpitants. Les
descriptions sont longues et compliquées, il y a beaucoup de mots
étrangers, et les héros parlent à n’en plus nir. Décidément, il n’aime pas
trop Gustave Aimard.
Et puis voilà que Fofe e se fatigue tout de suite du crochet.
— and est-ce qu’on mange, monsieur Gédéon ?
Niniko est outré. Dix heures à peine, Fofe e a déjà faim.
— C’est pas l’heure, dit-il sur un ton grognon.
— Fais-moi l’école de Jules Verne !
Allons, bon. L’école de Jules Verne, Niniko n’en sait pas le premier
mot. Pour la faire, Davy lui-même a besoin du cahier de grand-père
l’inspecteur. Il essaie de trouver une objection.
— En plein jour ?
— Il fait très sombre quand on éteint la lumière. Écoute, je vais réciter
« bonjour ».
Niniko approuve d’un signe de tête. Fofe e récite, avec beaucoup de
ton, en sautillant et en tirant sur ses na es :
Hé, bonjour, monsieur Jules Verne
Vite, une rime à votre nom
Rime en « ule » ou bien rime en « erne »
Pour saluer un gros canon !
Elle regarde gravement son frère puis éclate de rire.
— Je sais où Davy a caché le cahier. Je peux aller le chercher ?
Le cahier de grand-père ! Niniko acquiesce, rouge de honte et brûlant
de curiosité. Fofe e disparaît à l’étage, revient vite, brandit le gros cahier
aux coins gris et usés. Le cahier que Davy a volé à grand-père… Il tend la
main, Fofe e recule, le cahier serré dans son poing. Elle l’ouvre, se met à
lire :
Tu danses, lle folle, ta robe s’envole
Et que vois-je, que vois-je, ancée frivole ?
Je vois tes mollets, tes genoux, tes cuisses blanches
Et plus haut, bien plus haut, la rondeur de tes hanches…
Niniko comprend tout de suite : ça, ce n’est pas l’école de Jules Verne,
c’est des vers que grand-père écrivait pour sa ancée, Mlle Rachel. Il se
précipite sur sa petite sœur, la bouscule et lui arrache le cahier.
— Il faut le reme re à sa place tout de suite !
Fofe e grogne mais obéit. Ils vont glisser le cahier sous une pile de
vieux journaux, dans l’armoire au fond du couloir : la cache e de Davy.
Fofe e décide alors de monter au grenier de l’école pour chercher des
dentelles : c’est plus facile que de les tricoter. Niniko , impuissant à
retenir la furie de sa petite sœur, soupire et la laisse aller.
Elle a son idée. On garde dans une panière en osier des vieux vêtements
pour se déguiser le jour de la fête. Elle revient un moment plus tard avec
un jupon de mémé, tout moussant de dentelles. Elle l’a en lé pour s’en
faire une robe de mariée, elle se l’est entortillé autour du corps et jusque
sur la tête. Niniko la regarde, un peu ahuri, elle lui tire la langue et éclate
de rire.
Il n’a pas le courage de continuer le Gustave Aimard, il va prendre au
fond de son cartable un roman sur la vie, prêté par Pénéquet : Rose-Mai (le
roman d’amour illustré, 30 c). Pendant que Fofe e s’occupe à ses dentelles,
il relit, pour la quatrième ou cinquième fois, les dernières lignes du roman
qui le laissent désespérément incertain.
Puis, se penchant vers elle, il ajouta : – Alors, tu croyais qu’il su t d’un
baiser pour avoir un amant ? – Oui, Paul, et, sans toi, je n’aurais jamais
connu l’amour réel et son mystère.
L’amour réel et son mystère… Tout s’arrête là, aucune explication. Bien
sûr, les romans sur la vie ne sont pas écrits pour les enfants, mais pour des
adultes qui connaissent déjà le mystère de l’amour. Il enfourne Rose-Mai
au fond de son cartable et décide de s’a aquer à la carte de France. Il serait
assez bon en géographie, mais il ne sait pas dessiner les cartes.
Il s’installe, dispose son livre ouvert, son cahier du soir, ses crayons…
Tout à coup, il entend cliqueter des lames de ciseaux. Fofe e se prépare à
tailler la dentelle du jupon. Il se précipite.
— Non, non, ne le coupe pas, ça appartient à l’école !
Fofe e s’échappe en riant, avec le jupon et les ciseaux. Niniko la
poursuit dans toute la maison et jusque dans la classe. Il la ra rape en n,
essaie de lui prendre les ciseaux. Elle le pique à la main avec la pointe
d’une des lames.
E rayée par son geste, elle s’enfuit, elle abandonne le jupon, mais pas
les ciseaux, et elle le au grenier de l’école, une petite pièce basse, sous les
combles, où elle veut sans doute se barricader. Niniko la ra rape, entre
derrière elle. Alors, elle brandit les ciseaux d’un air de menace.
— Va-t’en ! Si tu avances, je coupe mon tablier !
Niniko reste sur le pas de la porte et tente de la calmer.
— Reviens, Fofe e, je t’en prie. Je te promets qu’on s’amusera bien à
l’école de Jules Verne.
Elle se met à taper du pied.
— Non, non. Va-t’en, j’aime plus l’école de Jules Verne !
Elle arrache avec les ciseaux un bouton de son tablier et le prend dans la
bouche.
— Si tu t’en vas pas, monsieur Gédéon, je l’avale !
Niniko continue de la supplier.
— Crache le bouton, Fofe e, tu peux te faire très mal.
Et Fofe e de jeter un grand rire.
— Tant mieux, si je me fais très mal !
Elle le dé e du regard et tourne, tourne le bouton sur sa langue.
— Je l’avale ? Je l’avale ?
Elle l’avale. Elle pousse un cri et lâche les ciseaux. Elle se précipite dans
les bras de son frère.
— Je l’ai avalé ! Je l’ai avalé ! J’ai peur !
Niniko l’aide à descendre. Elle tremble, elle gémit, il doit la porter à
moitié. Elle s’accroche à son cou.
— Tu crois que je vais mourir ?
Niniko n’en sait rien. Il a vu des bêtes, les chiens, les volailles, les
chèvres, les cochons, engloutir les choses les plus extraordinaires sans en
être incommodées. Une gamine de neuf ans, ça doit tenir le milieu entre
un gros chien et une chèvre de bonne venue… Il secoue la tête.
— Non, c’est pas très grave. Il faut te reposer, plus bouger.
Il l’installe sur le fauteuil de leur mère, à la cuisine. Il songe à courir
demander du secours. Mais qui appeler ? Une voisine ? Tout le monde
connaîtra bientôt la nouvelle bêtise de Fofe e. Et le temps est toujours
aussi mauvais. Il va gue er à la vitre, en écartant le rideau de la fenêtre. Il
entrouvre la porte.
La pluie cingle, dure et froide. Elle doit se changer en verglas dans les
rues en pente du village. Le vent court au travers de la cour, si e et
pousse les gou es. Il porte l’averse en vagues blanches, l’émie e, la je e
avec force sur les murs, les volets et les fenêtres, les arbres nus, les cirés
des passants… On ne voit plus la rivière, en bas, ni le temple, en haut, à
peine la route, à vingt mètres. Niniko referme la porte, rejoint Fofe e qui
s’accroche à son cou.
— Le dis pas, le dis à personne que j’ai avalé un bouton !
Niniko hésite. Il songe à s’habiller pour monter au café Amat, qui tient
la cabine téléphonique. Mais il ne sait pas téléphoner, il lui faudrait
demander, s’expliquer devant tout le monde. Et le docteur de Saint-Jean
voudrait-il se déranger ? Fofe e insiste, le caresse.
— Le dis pas, ça sera un secret entre nous, mon René !
Il prend sa petite sœur dans ses bras, la berce doucement. Il se sent bien
seul pour décider. La Junie Bezon va passer à midi, mais midi est encore
loin : Fofe e pourrait mourir entre-temps.
— Tant mieux si je meurs ! dit-elle, la tête contre son épaule.
Elle lâche à petits coups le secret de son chagrin.
— Je suis juste le contraire de Marie Jau ret. Marie a son papa qui est
malade et sa maman qui l’aime pas. Moi, c’est ma maman qui est malade
et mon papa qui m’aime pas !
Niniko se récrie sans conviction :
— Maman va guérir vite et papa t’aime bien. Seulement…
Une grosse larme coule en n, elle fro e sa joue très fort.
— Si je tire plus la langue, papa m’aimera mieux ?
Niniko s’empresse de répondre que papa sera très content et qu’il
aimera beaucoup sa Fofe e, sa Marianne, sa Marie-Josèphe. Mais Fofe e
se débat, serre les poings, crie.
— Je peux pas ! Je peux pas m’en empêcher !
Niniko essaie en vain de la calmer. Des sanglots nerveux secouent son
corps menu.
— Y a ma langue qui sort toute seule. C’est plus fort que moi !
Pourvu qu’elle n’ait pas une crise… Le genre que les bonnes femmes
appellent « crise de vers ». Ou de « nerfs », il ne sait plus.
Une minute plus tard, on cogne à la vitre. Fofe e se cache la gure dans
les mains. Niniko retient son sou e, pendant que son cœur bat la
chamade. Fofe e gémit : « Le docteur, le docteur, j’ai peur ! » On cogne
encore, plus fort. Niniko se précipite pour ouvrir la porte.
Un homme se tient sur le seuil, ruisselant, sous une cape en ciré noir. Il
vient de poser sa bicycle e contre le mur. Il s’essuie les yeux, tape du pied
contre la première des trois marches d’escalier.
— S’il te plaît, René. Je suis trempé.
Niniko recule, l’homme entre dans le vestibule, repousse la porte,
relève son capuchon. Niniko reconnaît M. Boisseron Victor, le
remplaçant. Et, le voyant tout ahuri, M. Victor éclate de rire.
— Tes parents sont là ?
Niniko , interdit, secoue la tête.
— On est tout seuls, Fofe e et moi, pour la journée.
Victor ôte son ciré dégoulinant, l’accroche à une patère, se débarrasse
de ses souliers et se précipite à la cuisine pour se sécher devant le feu. Le
voilà à moitié nu face à la amme qu’il a ravivée. Il demande un torchon,
s’essuie la barbe, se bouchonne le torse et prie Niniko de lui fro er le
dos.
— Je veux le faire, moi, dit Fofe e.
— Alors, vas-y, ma jolie, et pense que je suis un cheval !
Il s’assoit à califourchon sur une chaise, et Fofe e s’escrime de toutes
ses forces. M. Victor frissonne sous la rude caresse du torchon, roule les
muscles de ses épaules et de ses bras. Il est grand et vigoureux, en pleine
santé. On voit bien qu’il vient des pays d’aventures, qu’il s’est colleté avec
les fauves, les éléphants, les crocodiles et les indigènes… Pas la peine de
lui proposer des vêtements de papa, il ne rentrerait pas dedans. Niniko
met à sécher sa chemise, son pantalon, son tricot de dessus ;
heureusement, son tricot de dessous n’est presque pas mouillé.
M. Victor pousse soudain un hennissement joyeux, si bien imité que
Fofe e éclate de rire. Il se lève, s’ébroue.
— Alors, dites-moi un peu ce qui se passe, les enfants. Où sont donc
allés vos parents par ce temps de chien ?
Fofe e et Niniko racontent à tour de rôle les derniers événements et le
voyage à Nîmes pour voir un grand docteur. M. Victor se rembrunit à ce e
nouvelle.
— Votre mère allait bien, il me semble, quand je suis parti ?
— C’est vrai, avoue Niniko . Tout le temps, quand vous mangiez avec
nous, elle avait son appétit. Et puis elle a recommencé à rien manger, il y a
un mois…, deux mois, je ne sais pas bien. Elle est redevenue aussi maigre
qu’avant.
M. Victor marche devant le feu, en caleçon, l’air pensif.
— J’aurais dû donner de mes nouvelles plus tôt. Mais on m’a d’abord
expédié à l’autre bout du département, j’ai fait des pieds et des mains pour
revenir dans les environs. Et voilà !
Il frappe à coups de poing sa large poitrine, couverte de poils dorés. Il
sourit, lance un clin d’œil à Fofe e puis à Niniko .
— Je crois que je suis à Saint-Jean-de-Combas pour un bout de temps,
peut-être jusqu’à la n de l’année scolaire !
Niniko voudrait dire toute sa reconnaissance à M. Victor.
— Je suis sûr que maman sera très contente.
Papa sera-t-il aussi content ? Avec papa, on ne sait jamais. Il a soudain
l’idée d’aller chercher une couverture dans sa chambre pour envelopper
M. Victor pendant que ses vêtements sèchent. and il revient, Fofe e
annonce qu’elle a avalé un bouton. M. Victor demande des explications
tout en se fro ant la poitrine, un sourire moqueur sur les lèvres.
— el genre de bouton ? Gros comment ?
Fofe e va chercher la boîte à boutons de maman.
— Un bouton comme ça…, gros comme ça…, non, plus gros…, plus
petit… Comme ça !
M. Victor hausse les épaules, regarde Niniko , les lèvres pincées pour
ne pas rire.
— Une petite lle, c’est comme l’autruche de Jules Verne, dans L’Étoile
du Sud, ça engloutit tout. Si tu veux cacher un gros diamant, tu n’as qu’à
lui me re dans l’estomac !
Il caresse la tête de Fofe e, ébouri e ses cheveux.
— Rassure-toi, ma jolie. Tu n’auras même pas mal au ventre. Ça sera
juste un bouton perdu. Tiens, quand je reviendrai, je t’en apporterai un
encore plus beau !
Fofe e rit derrière sa main, les yeux brillants d’admiration.
— Vous reviendrez bientôt voir maman ?
Il lui prend les deux mains.
— Je te le promets.
— Comment ! s’écrie papa. Tu l’as laissé pendant deux heures dans une
couverture ? Tu es trop bête, mon pauvre Niniko !
— Mais, papa…
Niniko avale sa salive, regarde son père de la tête aux pieds.
— Papa, il…, j’ai…, je…
— and il était si simple de lui prêter mes habits. e l’hospitalité
cévenole ne soit pas un vain mot !
— Mais papa, il est…, tes habits…
— Tais-toi, tu n’es qu’un âne, un minus habens !
Maman s’avance entre eux, regarde son mari dans les yeux.
— Paul, tu ne sais pas ce que tu dis !
Niniko se sent soutenu et ose en n dire la vérité.
— Papa, il est plus grand que toi, plus costaud. Tes habits, j’y ai pensé.
Mais ils auraient été trop petits, même la chemise !
— Voilà, dit maman. Il te l’a dit.
— Plus grand que moi, Boisseron ? Plus costaud ? C’est faux !
— Tu devrais mesurer tes paroles. Ce n’est pas la peine d’enseigner la
morale tous les matins pour…
— Pour quoi donc, s’il te plaît ? demande froidement papa.
— Pour piétiner tes grands principes à la première occasion !
Paul xe sa femme dans les yeux. Elle soutient son regard, le sien brille
si fort que lui se détourne, sort en claquant la porte.
Le soir, papa et maman jouent à la fâcherie. Ils sont assis chacun à un
bout de la cuisine, elle devant sa Vie des saints, lui, sa Bible sur les genoux.
Ils font semblant de lire et échangent des coups d’œil féroces. Ils sont
laïques tous les deux, la religion ne leur sert qu’à se quereller. Ces livres,
ils les ouvrent seulement quand ils sont en colère l’un contre l’autre.
Niniko sait bien qu’ils ne les lisent pas pour de bon. Le livre de maman
est beaucoup plus gros que celui de papa.
En les gue ant depuis le seuil de la pièce, Niniko s’imagine tout à
coup voir maman à l’échelle de son livre, papa à la mesure du sien.
Maman, toute menue et maigrichonne, lui semble une géante de conte,
invincible derrière ses lune es. En face, papa est petit, a aissé, décon t et
malheureux.
Il n’y aura pas de chemin de Saint-Jacques, ce soir.
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