L'année du certif
Chapitre 5
Rédaction. 1. Les nuages au crépuscule. Un soir, à la tombée de la nuit, vous avez admiré le
ciel où o aient des nuages. Décrivez le spectacle et donnez vos impressions.
E. Pérochon,
Les Yeux clairs, Librairie Delagrave.
2. Un hymne à la lune, à la lune compagne des belles nuits, à la lune qui se promène par les
chemins creux, sommeille sur la mousse, donne aux choses un aspect fantastique, semble une amie nous invitant à la rêverie.
A. Souché,
La Lecture li éraire et le français…, op. cit.
Papa a lu la le re de grand-père l’inspecteur, debout à la porte de la
cuisine. Longuement, les sourcils hérissés, deux fois, presque trois. Il a
pincé les lèvres, sans un mot, il a tendu la le re à maman, qui s’est assise,
a chaussé ses lune es et lu à son tour, une fois, vite. Elle a souri, s’est
exclamée, surprise :
— Mais c’est pour René !
Elle lui a donné la le re. Niniko essaie de lire, mais les lignes dansent
devant ses yeux. Papa gronde :
— Mon père, je le savais, hélas, a perdu la tête. Épouser sa bonne à
soixante ans passés !
Niniko se tait de toutes ses forces, le nez au ras de l’assie e. Il trouve
que grand-père l’inspecteur a bien raison d’épouser Suzon, qui, entre parenthèses, n’est pas sa bonne. Mais le certi cat, il n’a pas envie de le
passer ce e année, il n’est pas capable. Sans compter que papa le je erait
à la risée et que rien ne lui serait pardonné !
Il prend son courage à bras-le-corps.
— Papa, je veux pas passer le certi cat ce e année, dit-il d’une toute
petite voix.
Papa s’adresse à la Junie Bezon, la femme de charge qui sert le repas à
midi, les jours de classe.
— Dites-moi, Junie, avez-vous déjà entendu quelque chose de plus
drôle ? Il ne veut pas passer le certi cat !
La Junie Bezon commente en hochant la tête :
— Oh, daquel couquinas !
Maman observe son ls cadet avec un sourire tendre et complice.
— Tu resteras un an de plus à la maison. Ce sera très bien.
Papa rompt son pain d’un geste sauvage. Puis, sur un ton d’indicible
mépris :
— Niniko …
En sortant de table, Davy envoie un coup de pied dans la cheville de son
frère.
— Ce soir, bivouac des stratèges. Il y aura du linge, mon vieux, juré.
Tâche d’amener la le re !
Niniko répond « oka ». Il rumine tout l’après-midi. Jamais il ne pourra
passer son certi cat avec papa. S’il demandait à grand-père l’inspecteur de
le prendre à l’école d’ Alès l’an prochain ? Non, impossible, maman serait
trop malheureuse…
Bivouac ce soir, après souper, à la cabane des vignes noires. Davy a dit
qu’il y aurait du linge… Une lle au bivouac des stratèges ! Il sent son
cœur qui bat trop vite, à ce e idée. Les lles ne le regardent pas, ou
seulement pour se moquer de lui, mais elles lui font ba re le cœur, Dieu
sait pourquoi !
La nuit tombée, ils sont cinq à se retrouver à la cabane, Davy et lui,
Tavou Maucloux, l’âme damnée de Davy, Jeannot Constant et la
Favantine e. Niniko avait rêvé que la lle serait peut-être Marie Jau ret.
La Favantine e est, de toutes les grandes, celle qui se moque le plus cruellement de lui. Toutes ou presque apprécient la liberté de traiter le ls
du maître comme un chien boiteux. Et la Favantine e lui pèle le nez
chaque fois qu’elle peut. Il déballe du sac bleu les quelques pommes, le
demi-pélardon – le fromage de chèvre de chez la Junie Bezon – et la petite
ole d’huile d’olive qu’il s’est procurés pour le bivouac. Il a aussi récupéré
la le re de grand-père. Il la tend à son frère, les larmes aux yeux. Il a honte
de la tête aux pieds.
La Favantine e arrive, échevelée, en jupon ou en chemise de nuit sous
son manteau : c’est di cile à voir dans le petit clair de lune brumeux.
Jeannot Constant a allumé le four, pierre et glaise, où il met à cuire des
pommes, des pommes de terre et une cuisse de lapin fournie par Tavou
Maucloux. Le four est dissimulé de façon que personne ne puisse voir sa
lueur depuis le village, en bas. La Favantine e a apporté des bougies,
dispose l’éclairage et le camou e habilement.
Davy lit à haute voix la le re de grand-père. La Favantine e glousse :
« Niniko , ha ! ha ! ha ! » Niniko serre les dents. Il décide d’être Niniko
pour la vie. Il sera le colonel Niniko , qui donnera une nouvelle colonie à
la France, l’ingénieur Niniko , qui inventera le plus grand sous-marin du
monde, l’aviateur Niniko , avec son hydravion géant…
— Pour Nini, t’es Nini. Mais je vois pas où t’a pris le Ko !
— Fiche-lui la paix, irza, dit Tavou Maucloux. C’est qu’un pauvre
merdouset !
Et irza se tait. Si quelqu’un doit être un jour colonel, c’est Gustave
Maucloux, pas René Fontanes. Tavou a une longue tête osseuse, des bosses
au front et aux pomme es, le menton en galoche, une tignasse châtain
foncé, qui fait comme des tou es d’herbe sur son crâne. Il est plutôt petit,
maigrichon, les épaules étroites, mais tout de nerfs et de muscles, d’une
force bien au-dessus de sa corpulence. Sa famille est venue du causse de
Lozère, à soixante-dix kilomètres d’ici, elle a été longtemps rebutée par les
vrais Cévenols. Mais Tavou n’est pas du genre à se laisser manger la laine
sur le dos. Il a vite appris à rendre les coups, et Davy l’a adopté, en a fait
son lieutenant. « Hé, caussenard, ça va bien, t’as une tête de Cévenol pur
chèvre ! »
Jeannot Constant a chau é le four avec du bois mort, il met à cuire tout
ce qui a été apporté pour le bivouac. Davy marche devant la cabane, le
front baissé, les mains dans les poches.
— J’ai un plan !
Tavou Maucloux rit pointu, comme un chat-huant qui appelle.
— Un plan pour empêcher ton grand-père de se marier ?
— Il a quel âge, l’inspecteur ?
— L’inspecteur à vapeur, quand il pète il nous fait peur, récite la
Favantine e sur un ton sentencieux.
— Il dit dans la le re qu’il a soixante ans, dit Davy, il en a un ou deux de
plus, d’après mon père. Mais je m’en fous.
— Les veufs ou les vieux jeunes hommes aiment bien prendre une
femme de l’âge de leur lle. Ça s’appelle le démon de midi, cousin Martin,
de Saint-Jean, y m’ l’a esspliqué. Y m’a aussi prévenu que ça va chau er
pour vous autres du certi cat. M’sieu Laporte, l’ directeur de l’école des
garçons, y pousse ses gonzes comme jamais. Y en a un, Jouanen, y
s’appelle, qu’a une grosse tête. Y va même aller à l’école polyclinique pour
être angénieur. Cousin Martin m’a dit : « J’ te fous mon billet qu’y sera
premier du canton, çui-là ! » Comment que tu feras pour le ba re ?
Davy ré échit calmement, tout en léchant une pomme cuite que vient
de lui tendre la Favantine e.
— Je trouverai un moyen, dit-il d’une voix ferme, assurée.
Tavou Maucloux baisse les yeux et grommelle, puis s’occupe de mâcher
un morceau de lapin, à moitié cru, trempé dans l’huile d’olive en guise de
jus. Niniko a con ance : Davy est très fort, il ba ra ce Jouanen au
certi cat et l’empêchera de devenir ingénieur de la polyclinique.
Davy s’assoit à côté de son copain pour manger sa viande. Il crache un
morceau, se rince la bouche à la ole d’eau rougie qui passe à la ronde.
— Mon plan, c’est pour toi, caussenard. Pour que tu prennes la place de
Niniko dans la travée du milieu et que mon père te présente au
certi cat !
Niniko en a le sou e coupé. Les autres se taisent un moment. Puis la
Favantine e s’exclame :
— Vaï bé !
« Ça c’est bien. » Tavou Maucloux, plus qu’à moitié incrédule :
— Tan bé ?
Ah, tiens donc ? Davy s’explique, à voix basse, sur un ton grave.
Niniko se réjouit en douce. Tout ce qu’il voit de l’a aire, c’est qu’il n’ira
pas au certi cat ce e année. L’année prochaine, c’est si loin… Il a eu une
peur terrible. Maintenant, il a envie de courir, de sauter, il chanterait s’il
savait. Sauvé ! Sauvé, grâce au plan de Davy. Oh, il regre era sa place,
derrière la Daudine e et Marie Jau ret, mais où qu’on le me e, il ne sera
pas loin d’une lle. Et puis il ne regre era pas le gros César Rouvière, qui
sent le suint de mouton, le bouc et le pet de chemise… Il baisse la tête,
soupire si fort qu’il sou e une bougie de la Favantine e. Tous les autres le
regardent. Davy lui tape sur l’épaule gentiment.
— Faut que Niniko soye d’accord pour faire ce qu’on dira. ’est-ce
que tu veux en échange, frérot ?
Niniko se tait, les autres a endent sa réponse. Il se sent le maître du
monde, pas tout à fait Robur mais presque. Il n’est plus, pour un moment,
le petit merdouset qui ne compte pas. Il lève la tête. Le plaisir de jouer au
grand seigneur le porte au-dessus de lui-même.
— Je veux rien en échange, mais j’ai pas encore décidé.
Davy hoche la tête avec juste le même geste que papa.
— Faut pas le bousculer. Il est comme ça, mon petit frère.
Niniko fait mine de ré échir profondément. Il est assis les jambes
croisées, en face de la Favantine e, accroupie, qui montre ses cuisses sous
les pans de son manteau écartés. Les bougies, des queues de chandelle
récupérées, ont brûlé presque toute leur cire et balancent de hautes
ammes tordues et pâles. Des ombres dansent sur les quatre visages
graves, tournés vers Niniko . La lune veille au plafond du ciel. L’air sent
la fumée, la graisse brûlée. On se croirait à un bivouac d’indiens, comme
dans les histoires de Gustave Aimard. Niniko voudrait bien être Cœur
loyal, mais il ne se sent pas à la hauteur.
Il se met à genoux, les mains sur les hanches, regarde son frère, la
Favantine e, Tavou Maucloux. Il jouit d’un instant de toute-puissance. Il
se tourne vers son frère.
— Je ferai comme tu diras, Davy. Mais je voudrais que Tavou jure de
plus dire des blagues sur papa !
Tavou Maucloux lâche un cri si perçant que Jeannot Constant lève les
yeux, d’instinct, cherchant la chevêche posée dans les vieux mûriers. Davy
répond à la place de son copain.
— Oka, il dira plus de blagues sur mon père. Surtout qu’on va avoir un
remplaçant. Il dira des blagues sur le remplaçant !
Alors, c’est décidé, songe Niniko . La tête lui tourne. Voilà un bivouac
des stratèges comme il n’y en a pas souvent.
À ce moment, un autre cri de choue e répond à l’éclat de voix de Tavou
Maucloux. irza se lève d’un bond.
— C’est pas une choue e, c’est quelqu’un !
Une demi-minute plus tard, une silhoue e ronde et large se dessine
dans le clair de lune.
— Tiens, v’là Pénéquet ! sou e Tavou Maucloux avec une vilaine
grimace.
Le visiteur ôte sa casque e et la brandit en guise de salut.
— Y a pas de pet dans le bal, les stratèges. C’est moi, Télémaque
Farinier !
Niniko s’interroge une seconde. « Comment sait-il qu’on est au
bivouac des stratèges ? » Bah, Télémaque Farinier sait tout.
Âgé de seize ans, il vient d’une petite ville, entre Alès et Nîmes. Ses
parents l’ont envoyé à la montagne pour sa santé, mais il jure que sa vie
est pleine de mystères. En tout cas, il mange plus qu’une truie en lait, il
s’en vante, il est énorme.
— Me faut mon kilo de patates tous les jours, une demi-miche de pain,
deux assie ées d’haricots à la couenne et un bol de lait aux châtaignes
matin et soir ! Et je me sens juste cou e !
On raconte que sa famille l’a envoyé en Cévennes pour qu’il maigrisse.
C’était une bonne idée. Mais elle lui expédie toutes les semaines, par le
train, une panière de nourriture et une dame-jeanne de pique e. Alors,
personne n’y comprend plus rien… Niniko , lui, connaît la vérité :
Télémaque lui a tout raconté. C’est un secret entre eux, un secret terrible.
L’estomac plein, Télémaque se met à discourir des heures entières, pour
peu qu’il ait une oreille à portée. Celles de Niniko sont souvent
disponibles, et mille questions lui courent sur la langue.
— Alors, tu as beaucoup voyagé ?
Télémaque hoche sa tête ronde comme un melon.
— Tu sais que l’aubergiste Farinier n’est pas mon vrai père, c’est juste
un prête-nom. Mon vrai père habitait la ville de Constantinople, avant
qu’on l’appelle Stamboul. Comme aide de camp du sultan Abdülaziz, il
visitait souvent l’Empire o oman et il m’emmenait quelquefois avec lui.
Blague à part, on a même poussé jusqu’en Inde…
Il pose son gros derrière sur le bord d’un mur, sou e comme une vache
qui vêle.
— Blague à part, les amis, je passais dans le coin, j’ai vu vos
illuminations. Me suis pensé : « Tiens… »
Il sort de la poche de sa blouse un paquet de gâteaux secs.
— Je me suis pensé : « Je vas partager mon dessert ! » Hé là, je veux pas
savoir de quoi que vous déba ez. Secret militaire, ha ! ha ! Chacun les
siens, pas ? Moi, je passais…
and il chuchote, il prend une voix pointue de petite lle.
— Je passais par là, quoi. En n, je peux causer, vous êtes plus des gosses.
Je fais de temps en temps une virée par clair de lune, voir s’il y a pas des
amants qui cherchent les femmes et les lles. On est à la n du premier
quartier, ils sont mauvais en ce e saison. Pas tant qu’au mois de juin mais
quand même… Blague à part, c’est des choses qu’on vous apprend pas à
l’école. Y en a deux espèces : ceux qui sucent le sang des femmes et ceux
qui les enlèvent pour les emmener chez les Turcs. Ils ont les cheveux
courts, rasés presque, et ils portent des casque es. Pis y a surtout de ceux
qui sucent le sang des femmes pendant qu’elles dorment. Ils le font la nuit,
c’est des vampires, mais ils repèrent les lieux de plein jour, il faut se
mé er.
irza glousse. Tavou Maucloux secoue la tête et grogne.
— Et d’où que tu sais tout ça ?
— Ben, je lis des romans sur la vie. Voilà d’où je le sais.
— Ça c’est vrai qu’il en lit, dit Davy en se trémoussant sur la pierre où il
est assis.
— Moi, j’y crois pas bien à ces trucs d’amants, dit Tavou. Mais j’en
causerai à cousin Martin. Y m’ dira.
Niniko je e un regard furtif sur la nuit baignée de lune. Il croit aux
amants, lui. Il sait qu’un amant peut donner à une femme un atroce baiser
pour lui sucer le sang. Et s’il revient souvent l’embrasser pendant son
sommeil, elle maigrit, maigrit… comme maman ! Les autres regardent
Télémaque d’un air soupçonneux. Tavou Maucloux, on voit bien qu’il ne
croit pas aux amants, il ne croit qu’aux boniments de cousin Martin !
Jeannot Constant tord la lippe, étou e un rire sale. C’est juste une pauvre
bête de paysan. La Favantine e continue de glousser derrière sa main, elle
a quand même un peu la trouille. Ha ! ha ! les amants a aquent les
femmes, jamais les petites lles, elles n’ont pas le sang qu’il faut !
Davy, qui a lu L’Atroce Baiser et d’autres romans sur la vie, doit
connaître tous ces mystères comme sa poche, mais il fait semblant de
balancer, à cause de Tavou Maucloux :
— Ouais, ouais…
Il se gra e la tête et le nez, se cure l’oreille.
— Ben, c’est pas dit comme ça, dans les romans. Mais y a des trucs qu’on
devine où qu’y a anguille sous roche.
— oi comme anguille ? demande Tavou Maucloux.
Télémaque hausse les épaules, se lève en s’appuyant des deux mains sur
le mur et salue la compagnie.
— Je vous laisse, les drôles. Faut que je gue e aussi les sbires : y me
suivent à la trace depuis Stamboul. J’ crois pas qu’y m’ont retrouvé ici,
mais vaut mieux s’ mé er !
elques jours plus tard, pendant la classe, sur un signe de Davy,
Niniko exécute le plan des stratèges, en pro tant de ce que Marie Jau ret
gémit, les larmes aux yeux, et se tord les mains.
— Jamais je pourrai avoir mon certi cat, je suis trop mauvaise, hi, hi,
hi !
Pauvre Marie, Niniko la plaint de tout son cœur, mais il est obligé
d’obéir à la stratégie. Il a préparé son billet : « Tu es assez bonne, tu auras
le certi cat. Signé : Niniko . » Il se couche à moitié sur son bureau, en se
cachant derrière la Daudine e, mais pas trop, il tient le billet au bout des
doigts de la main gauche. Il touche le coude de Marie.
Elle se retourne, saisit le billet. La division et la moitié de la classe ont
les yeux braqués sur Niniko . Lui sent son cœur rouler et tanguer dans sa
poitrine, et jeter des éclairs comme le fer ba u. Un doigt le montre, le
menace, puis un autre.
— C’est Niniko ! s’écrie Davy.
Et Tavou Maucloux :
— Y a Niniko qu’a fait passer un billet doux à Marie !
Marie lâche le billet qui tombe à ses pieds. Davy, assis devant elle, se
baisse pour le ramasser. Le maître s’avance, une main serrant sa règle,
l’autre à la ceinture de sa blouse. Sarah Javols, au premier rang à droite, se
dresse devant lui.
— Monsieur, il nous embête !
— Il fait que nous embêter, avec ses billets.
— Il écrit tout le temps des saletés aux lles !
— Faut le me re avec les petits.
Davy tend le billet à papa. « Y a pas de saletés… »
Niniko se cache la tête dans les mains. Papa s’approche, lui fauche les
coudes, son menton vient cogner sur le bois. Il se tait, il a bien joué son
rôle. Un jour, il sera le colonel Niniko . Papa le soulève par le col.
— Prends tes a aires et va tout de suite au fond de la classe !
Marie Jau ret pro te de la sortie de midi pour lui ajuster une belle
ba e. Tavou Maucloux le console d’un clin d’œil. Niniko se che de
Marie. Il songe à Pascaline. Jamais elle ne lui aurait donné une gi e et,
même si elle l’avait fait, ç’aurait été une caresse. Elle est si jolie, la rousse,
elle a les plus beaux pieds nus du monde. Elle danse si bien les saisons…
Un coquelicot dans tes doigts,
Tourne la belle quatre fois.
and il sera grand, il lui dira qu’il l’aime. Il l’emmènera aux colonies et
achètera un lion dressé pour la défendre contre les amants de la nuit (ceux du jour, il s’en chargera).
Toute la division du certi cat demande que Tavou Maucloux prenne sa
place. Papa a senti le complot. Il gronde :
— Hum, hum. Bien, bien, on verra. Tous ici jeudi matin, les
« certi cat », plus René Fontanes et Tavou Maucloux. Cinq problèmes de
robinet avant midi !
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