Le rêve de Castro
Chapitre 30
Astrid ne redevint consciente de son environnement qu’après avoir franchi la barrière et descendu la colline jusqu’au terrain de pelote basque. Autour d’elle, le matin déployait sa splendeur. Les cris de joie des enfants, la luminosité de la montagne, la brise fraîche composaient un décor à travers lequel elle s’avançait telle une machiniste égarée. Astrid se savait ridicule ; réellement punie, pour une fois. Sa gorge desséchée avait soif de larmes.
Au lieu de larmes, le calme vint. Après tous les tourments, après la révolte de son corps et de son esprit en anticipation de ce moment, Astrid se sentait apaisée. La souffrance la rattraperait plus tard, elle ne l’ignorait pas, lorsque la nostalgie du lien se ferait sentir. Pour l’instant, elle flottait entre deux phases d’angoisse.
Alors qu’elle marchait sur le trottoir, elle aperçut Txema qui traversait la rue, un peu plus loin. La peur cloua Astrid sur place, envahissant même le haut de son corps. Txema venait de la repérer et il s’approchait d’elle à grandes enjambées, en regardant autour de lui comme certains matons qu’elle avait connus, qui se croyaient toujours obligés d’affirmer leur pouvoir. La mâchoire pendante, il lui souriait. Quand il fut tout près, Astrid, en remarquant son regard embué par l’alcool, eut la présence d’esprit de songer que si on lui avait apporté le foie de ce type lorsqu’elle était de garde pour les prélèvements d’organes, elle n’en aurait pas voulu même si son plus proche parent l’avait suppliée de l’accepter.
Elle le salua en basque.
Astrid ! Quel plaisir de te voir.
Même son plus proche parent, pensa-t-elle encore.
Comment va ta mère, Txema ?
C’est gentil de demander. Elle a quatre-vingt-sept ans, répondit-il en fermant puis en rouvrant lentement les yeux, comme si cette information devait suffire.
Elle va bien ?
Oui. Elle dort beaucoup. Mais elle est en bonne santé.
Et toi ?
Il sourit.
Je vais bien, tant que la médecine ne s’occupe pas de mon cas.
Il y a des gens pour qui ça marche. Mais tu devrais faire attention à toi, tu as l’air fatigué. C’est bon de te voir, Txema, commenta Astrid tout en reculant, impatiente de s’éloigner.
Je ne dors pas beaucoup. Ce n’est pas nouveau. Txema regarda autour de lui. J’ai rencontré ta charmante sœur, on a pris un verre ensemble. Elle s’inquiétait pour Mikel, parce qu’il ne l’avait pas appelée. Je lui ai dit d’essayer d’être patiente, ajouta-t-il en fermant les yeux. Astrid se rappela le ton supérieur qu’il adoptait autrefois, au comité exécutif.
Est-ce qu’il t’a appelé ? lui demanda-t-elle.
Txema hésita.
Oui, finit-il par admettre, en guettant l’effet que cette réponse allait avoir sur Astrid. Elle lui rendit son regard sans ciller. Tu veux qu’on prenne un café ? proposa Txema.
Le vieux démon d’Astrid, le besoin de savoir, d’entrer en possession du maximum d’éléments d’information, l’incita à suivre Txema à l’intérieur de son bistrot, dont il grimpait déjà les marches.
Il l’invita du geste à passer devant lui pour pénétrer dans rétablissement. Txema cultivait la galanterie d’un ancien commando.
Pendant qu’il saluait le barman, Astrid alla s’asseoir à une table. Elle le regarda qui assenait une grande claque sur la main du type avant de la serrer chaleureusement, en se penchant par-dessus le bar pour lui parler. N’échappèrent à Astrid ni l’admiration qui faisait luire les yeux du barman, ni sa promptitude à rire. Txema Egibar était un héros local. Aux yeux de la plupart des gens, il demeurait auréolé de son prestige de combattant de la liberté. Ça les faisait se sentir vertueux, de le connaître. Ils se disaient que Txema était un vétéran historique de la lutte armée. Tout le monde avait beau savoir que la lutte armée avait perdu de son lustre, personne ne se serait avisé de la condamner. Pas dans ce village.
Il vint s’asseoir en face d’elle. À la manière dont il s’agitait nerveusement sur son siège, elle comprit qu’il n’aimait pas tourner le dos à la porte d’entrée ; néanmoins, elle ne lui suggéra pas d’échanger leurs places.
Elle est patiente, Lola, lui dit Astrid. C’est la personne la plus patiente que je connaisse. Attendre quelqu’un pendant vingt ans, il faut le faire.
Je suppose que ça dépend de ce qu’on entend par attendre, répliqua-t-il.
Astrid plongea son regard dans les yeux noirs et ternes de Txema.
Et par ce que tu viens de dire, qu’est-ce qu’il faut entendre ? demanda-t-elle d’un ton délibérément léger.
Allons, Astrid. Lola a eu des petits amis. Des tas, à ce que je crois savoir.
Ça, ça ne regarde personne. À part Lola et Mikel.
Et toi.
Astrid, le rouge aux joues, ouvrait la bouche pour répondre, mais il fut plus rapide.
Qu’est-ce que tu veux boire ?
Un café.
Encore secouée, Astrid le regarda lever le bras pour attirer l’attention du barman. Et, quand Txema eut fini de commander, elle se rendit compte qu’elle n’avait pas entendu un traître mot des paroles que les deux hommes venaient d’échanger. Le barman s’éloigna et Txema reporta vers Astrid un regard parfaitement calme.
Elle avait de nouveau envie de s’en aller.
Txema posa les mains sur la table. Astrid observa qu’elles étaient constellées de taches brunes.
Je crois que Mikel est terrifié, disait Txema.
Par quoi ?
Par le monde extérieur. Txema se carra dans son siège. Ça arrive.
Astrid se pencha en avant. Elle se sentait piégée, sachant qu’il ne lui voulait que du mal.
Qu’est-ce que tu en sais ? l’interrogea-t-elle doucement. Tu n’as passé que neuf mois en prison.
Le barman arrivait à leur table ; Txema leva les yeux vers lui et ne le quitta pas du regard tandis qu’il leur servait un café et une bière blonde. Astrid se rendit compte que Txema était heureux de cette interruption. Il attendit que le barman soit reparti avant de prendre une première gorgée. Lorsqu’il tourna son regard vers elle, ses lèvres étaient luisantes d’humidité. C’est le dégoût qui incita Astrid à poursuivre.
Tu as dû être bouleversé, quand on a refusé l’amnistie à Mikel.
Est-ce que quelque chose m’aurait échappé ? demanda-t-il. Est-ce que par hasard tu connaîtrais Mikel ?
Il est sorti avec ma sœur pendant quatre ans, avant d’aller en prison.
Txema sourit. Ses dents étaient grises.
Où avais-je la tête ?
Une fois encore, Astrid se sentit rougir du cou jusqu’au front. Elle avala sa salive. Ce type lui voulait du mal, et il était au courant, pour les lettres. Incapable d’affronter son regard, elle but une gorgée de café. Qu’est-ce qu’elle pouvait encore redouter, maintenant qu’elle avait perdu ce qui comptait pour elle ? Astrid posa sa tasse sur la table et regarda son interlocuteur dans les yeux.
Je vais être franche avec toi, Txema. Non seulement je ne t’ai jamais aimé, mais surtout, je n’ai pas confiance en toi. Et je ne pense pas non plus que Mikel devrait te faire confiance.
Les paupières de Txema semblèrent s’affaisser un peu, et une expression de lassitude se peignit sur son visage.
Tu as toujours été très douée, Astrid. Mais pas en politique.
Il reprit une gorgée de bière.
Le spectacle de cette bouche humide raviva la répulsion d’Astrid, et elle décida de ne pas en rester là.
Tu es si mal informé que ça à mon sujet, pour ne pas savoir que je déteste la politique ?
J’en sais plus sur ton compte que tu ne l’imagines, répliqua-t-il en posant son verre.
De quoi parles-tu ?
Toute information a son prix, Astrid.
Elle pouffa de rire, vida sa tasse d’un trait, se leva. Merci pour le café, Txema.
Quand elle recula sa chaise, Txema, sans lever la tête, continua de dessiner des cercles avec son verre, en élargissant la tache d’humidité qui marquait le dessus de la table. Astrid, sur ses gardes, prête à en découdre, l’observait. Il avait les épaules parsemées de pellicules. En le voyant là, assis à cette table du bistrot qu’il possédait dans le village qu’il administrait, elle se sentit gagnée par l’indignation. Pourquoi avait-il échappé au châtiment, lui ?
Astrid décida de se rasseoir.
Il y a une question que j’ai souvent eu envie de te poser, Txema. Qu’est-ce qui s’est passé, le soir où tu as été arrêté ?
Quel soir ? J’ai été arrêté plus d’une fois.
Avec Mikel, répondit Astrid.
Alors qu’elle l’examinait attentivement pour jauger sa réaction, elle nota une crispation autour de sa bouche.
Eh bien ? fit-il.
Astrid attendit quelques instants. Son cœur battait à grands coups, mais elle se sentait remontée plutôt qu’effrayée.
Tu as été arrêté par les Français, non ? Comment se fait-il que vous n’ayez pas été ensemble, tous les deux ?
Les yeux de Txema semblèrent devenir encore plus noirs. Astrid se dit que c’était là le voile qui devait lui avoir permis de se livrer à des actes de violence.
Je suis parti dans une direction, expliqua-t-il en écartant les mains. Et Mikel est parti dans l’autre.
Astrid hocha la tête.
Ç’a dû être affreux pour toi. Mikel a sans doute été torturé, en détention. Tu ne crois pas ?
Txema baissa les yeux vers son verre.
Je serais toi, je ferais attention avant d’aborder ce genre de sujet. Tu as été longtemps absente, Astrid. Tu as oublié comment les choses se passent, par ici.
Prise de fureur, elle se pencha vers lui.
Moi qui n’étais accusée que de soutien logistique, on m’a fait asseoir à poil pendant toute une nuit sur une chaise, dans le sous-sol de la Guardia Civil. Txema avait l’air absent, et même ouvertement ennuyé, mais Astrid était déterminée à poursuivre. Ç’a été la plus longue nuit de ma vie. J’avais trop peur pour pouvoir dormir. Chaque fois que j’entendais un bruit de pas près de la porte, je me disais que c’était mon tour. Je tremblais de tout mon corps, sans pouvoir m’arrêter. J’avais mal aux muscles, partout. Et puis, je crois que j’ai commencé à avoir des hallucinations. J’ai vu cette femme en uniforme kaki, elle lavait au jet les murs carrelés couverts de sang et j’ai cru que ce sang, c’était le mien. Quand ils sont venus me chercher, le lendemain matin, je suis tombée dans les pommes. On ne m’avait pas touchée une seule fois, mais la peur avait suffi. Je ne peux pas imaginer ce que Mikel a dû subir. Et toi ?
Txema ne répondit pas, se contentant d’esquisser des formes dans la bière renversée, du bout du doigt. Son attitude était déconcertante. Il leva les yeux vers Astrid et lui sourit. Soudain, il était devenu dangereux. Assis là, le doigt maintenant immobile dans la bière, on aurait dit qu’un ultime scrupule l’empêchait de révéler le fond de sa pensée.
Je dois y aller, maintenant, fit Astrid.
Il demeura immobile.
Toi, Astrid, tu n’as rien à cacher, bien sûr.
Je suppose qu’on a tous quelque chose à cacher.
Elle se leva et lui tendit une main que Txema examina sans la prendre.
On ne serre pas la main aux femmes, par ici, expliqua-t-il en se levant à son tour. Et, après lui avoir agrippé solidement les épaules, il l’embrassa sur les deux joues. Elle respira l’odeur rance de son cuir chevelu.
Une fois dehors, à l’air libre, Astrid se sentit comme salie. Ramenée à ses anciennes réactions, humiliée, elle n’avait plus qu’un désir, fuir la magnificence de cette journée. Il lui fallait un bain, une chambre sombre. Elle repartit à pied vers le haut de la colline, où l’attendait sa voiture.
Heureusement, le réceptionniste du Lagunekin, un des hôtels du village, ne la reconnut pas. C’était le neveu de Gachucha ; la dernière fois qu’Astrid l’avait vu, c’était encore un gosse, qui jouait aux billes sur les marches de la cave, dans la maison de Margot et de Josu. Elle réclama une chambre tranquille et il lui remit une clé portant le numéro dix-neuf. Après être montée au premier étage par l’escalier de derrière, elle s’avança dans un couloir sans fenêtres, dont le tapis de couleur bordeaux était maculé de taches. À la lumière vacillante de l’ampoule d’une applique murale, elle trouva sa chambre, coincée derrière une simple cloison. À l’intérieur, il y avait des lits jumeaux, un lit de bébé, un lavabo surmonté d’une glace ; la fenêtre donnait sur une cour en béton, juste assez grande pour accueillir une poubelle municipale et une voiture recouverte d’une bâche d’un bleu électrique. Le poster accroché au-dessus des lits était une reproduction de tableau : une nature morte aux fruits, avec une cruche au bec de laquelle pendait une gouttelette de vin, peinte avec un réalisme obscène. Astrid ouvrit la fenêtre. On n’entendait pas de cris d’enfants ; en revanche, une odeur de friture commença à se répandre dans la pièce. Après avoir refermé la fenêtre et tiré les rideaux, décorés de canards sauvages et doublés de plastique pour plus d’opacité, elle se dirigea vers le lit le plus proche de la porte.
Une fois allongée, Astrid joignit les mains sur son ventre, croisa les chevilles et ferma les yeux. Txema avait été informé des lettres que Mikel lui avait envoyées. Mais comment ? Et pourquoi avait-il voulu l’être ? Elle se dit que Txema n’aurait jamais connu une telle ascension si Mikel ne s’était pas retrouvé derrière les barreaux. Mikel l’avait toujours éclipsé. Il lui était moralement supérieur, et il l’avait toujours fait apparaître sous son vrai jour, au sein de l’organisation mais également en dehors. Astrid était certaine que Txema avait trahi Mikel ; ce qu’elle ignorait, c’était la manière dont il s’y était pris.
Étendue sur le dos, les yeux grands ouverts, elle entendait le sang battre à ses oreilles. On aurait dit un bruit de pas sur du gravier ; ça couvrait le bruissement du ventilateur d’extraction placé sous sa fenêtre. Il ne faut pas que je cherche à savoir, songea-t-elle. Elle pensa à Kader, à son innocence. Voilà où il doit être possible de trouver la paix : dans une nature comme la sienne. Elle devait se tenir à l’écart de la vie d’autrui. Ne pas chercher de réponses au-delà de son domaine de recherche.
En attendant que vienne le sommeil, elle essaya de se rappeler son premier prélèvement d’organes, qui remontait à plus de quinze ans. Une fois ouvert ce corps de femme de plus de cent kilos, Astrid avait été frappée par l’éclat des couleurs déclinées selon une tapageuse palette automnale : l’orange de la graisse, le marron opulent des intestins, et le rouge, bien sûr, la pourpre cardinalice. Bien qu’il se soit agi d’un prélèvement multiple : cœur, foie et reins, Astrid ne s’était pas attendue à ce qu’il y ait autant de monde. Douze personnes, autant que de disciples, penchées sur la carcasse palpitante de la femme. Dans le cadre de cette mise en scène complexe, Astrid avait été critiquée pour avoir joué son rôle à voix trop basse, derrière son masque chirurgical. En outre, à cause de son accent, l’infirmière avait eu du mal à reconnaître les termes, et à réagir assez rapidement. La quantité de graisse avait rendu Astrid nerveuse, et elle avait mis près de trois heures à prélever le foie. Les chirurgiens urologues, qui attendaient de pouvoir accéder aux reins, avaient eu du mal à dissimuler leur impatience. Mais Astrid était la protégée de Chastel, et ils avaient cousu et coupé dans un silence tendu.
La méfiance qu’elle éprouvait à l’égard des chirurgiens du cœur remontait à cette première expérience. Elle se rappelait avoir entendu la voix de ténor tonitruante de ce type qui marchait de long en large dans la salle de réveil attenante à la salle d’opération, en attendant de pouvoir prélever un organe tout frais. Il faisait le malin devant les infirmières. Astrid n’avait jamais rencontré de chirurgien cardiaque qui n’ait pas une voix de stentor et un comportement de chanteur d’opéra. Même à quatre heures du matin dans un couloir d’hôpital, alors qu’ils étaient visiblement épuisés, il fallait encore qu’ils assurent le spectacle. Ils donnaient l’impression d’accomplir leurs destinées grandioses, sans s’encombrer de scrupules d’aucune sorte. Elle se demandait ce qui pouvait bien conduire ces individus suffisants à s’intéresser au cœur. Y voyaient-ils vraiment le siège de l’âme ? Il ne s’agissait que d’une pompe. Le foie était un organe d’une intelligence bien supérieure, s’acquittant de plus de sept mille fonctions, dont la plupart n’étaient encore que partiellement comprises. Si le cerveau faisait penser à un circuit électrique, le foie, lui, tenait plutôt de l’usine, une usine incroyablement complexe. Et Astrid se sentait plus attirée par les usines que par les ordinateurs.
Pourtant, après que le cœur avait été arrêté, irrigué par une solution hypothermique, soulevé de sa cavité nacrée et placé dans un bocal en plastique, et après que le couvercle de ce bocal avait été bien revissé, et le bocal lui-même dûment glissé à l’intérieur d’un sac plastique fermé par un ruban vert, l’excitation retombait indéniablement dès que les membres de l’équipe cardiaque quittaient la pièce en emportant leur trophée. Lors de cette première intervention, Astrid se rappelait avoir été frappée par leur façon de crier, en partant, Salut !
Et les autres avaient répondu, sans lever le nez de leur travail, Merci !
Même maintenant, une fois que l’équipe cardiaque était sortie, ceux qui restaient pour prélever les autres organes avaient toujours l’impression que la magie s’était envolée, cette impression que l’on ressent lors d’un dîner après le départ de l’invité le plus intéressant ou le plus séduisant.
Astrid avait continué à travailler pendant encore une heure auprès de l’équipe rénale, tandis que son assistant, un jeune interne vietnamien, retenait les intestins au moyen de bandes de mousseline que le sang teignait de rose. Jamais, depuis, l’étrangeté de ce monde dans lequel elle avait choisi de vivre ne lui était apparue avec autant de force : l’odeur des chairs cautérisées, suave ; celle des désinfectants, qui piquait la gorge ; le bruissement de l’appareil respiratoire, qui donnait l’impression que quelqu’un était en train de nager la brasse dans la lumière bleue de cette pièce souterraine ; le bruit strident de métronome émis par l’électroencéphalogramme… Ensuite, la profondeur du silence après que le respirateur avait été débranché, et que les anesthésistes, tels trois marionnettistes boudant derrière leur rideau vert, avaient retiré les sondes du cadavre, et que les écrans s’étaient éteints.
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