MM Play With Fire

Marie HJ · Chapitre 16 sur 58

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MM Play With Fire

Chapitre 14

 

Corey

Je ne sais pas à quoi il joue. Mais ça marche très bien. Il titille mes nerfs dans tous les sens. Depuis Nashville, il se fringue comme une salope, il n’y a pas d’autres mots, des trucs moulants, des marcels dans la même lignée, il me réclame pour tout et n’importe quoi, et souvent le n’importe quoi nécessite un rapprochement physique. Il y a bien sûr eu l’épisode du froc en cuir beaucoup trop serré et ces foutus lacets. Puis le lendemain, à Pittsburgh, c’était une chaîne qu’il n’arrivait pas à attacher, fermoir super compliqué et tout le bordel qu’il voulait absolument porter parce qu’elle était son porte-bonheur soi-disant, sauf que depuis le début de la tournée, il ne l’a portée que ce soir-là. Ensuite, à Colombus, il voulait tester un micro-casque, et il n’arrivait pas à accrocher le récepteur à son jean. Et ce jour-là, il ne portait pas de caleçon. À Cincinnati, c’était le pompon. Il m’a appelé sur mon portable depuis la salle de bains de la loge, alors que tout le groupe était dans la même loge à discuter, pour que je lui apporte sa serviette de toilette. Donc, évidemment il était à poil derrière la porte en plexiglas de la douche, et en est carrément sorti pour m’accueillir.

À cela j’ajoute d’autres exigences absolument improbables, qui font qu’il ne se passe pas une heure sans que nous soyons en contact. Il joue sur son statut de rock star pour m’attirer à lui. Je sais qu’il force le trait, parce qu’il n’essaye même pas de le cacher. J’ai du mal à garder mon sérieux, c’est drôle et surtout mignon. Oui, très mignon. Jared a rempli ma vie depuis Nashville, il faut voir avec quelle facilité. Et j’aime bien ça. Si j’avais l’esprit léger, je sourirais comme un con. Ça fait du bien de lâcher la bride et de jouer à ce jeu avec lui. Je suis le connard froid et distant, il est le clown chaleureux qui veut arriver jusqu’à moi. Chacun son rôle.

Sauf que ce jeu ne sera pas éternel. Il ne peut pas l’être. Et de toute manière cela n’en est pas vraiment un. Je suis distant parce que c’est mon seul choix, et que tout mignon qu’il est, aussi attirant qu’il se montre, il n’est définitivement pas pour moi. Le chanteur adulé, j’ai déjà testé. Son but, à lui, c’est de rester sur le devant de la scène. Briller, chanter, et briller encore. Au détriment de tout le reste. Et le reste, je suis susceptible d’en faire partie si je le laisse m’approcher de trop près. Oui, pour le moment, il est certainement sincère. Je n’en doute pas une seconde. Je pense qu’une expérience homo avec moi l’intrigue et attise son goût de l’aventure. Le côté sex, drugs & rock’n’roll dans toute sa splendeur. Sauf que lui ne se drogue pas, contrairement à son pote Hugh. Mais sinon, Jared a besoin de pousser ses limites, et j’en suis une dans son esprit. Un sexe d’homme qui bande pour lui, quoi de plus… exotique ? Une nouvelle expérience de plus à s’offrir.

Oui, à la limite, je pourrais me contenter de le laisser m’atteindre physiquement pour en finir et passer à autre chose. Sauf que j’ai deux problèmes avec cette solution. Déjà, je ne fricote pas avec des musiciens. C’est ma règle absolue. Que ce soit pour une nuit ou trois ans, je ne veux plus jamais avoir affaire à ce genre de personnes intimement. Je ne leur fais plus confiance, ce sont tous des gens faux, d’une manière ou d’une autre. Des personnes toxiques, même si parfois, ils ne le réalisent même pas eux-mêmes. Et je ne suis pas la pute du show-biz non plus. Le show-biz m’a jeté, il ne me baisera pas deux fois. Basta. Et je n’oublie pas non plus que Jared est chanteur… Et justement ceux que j’estime être les plus faux sont les chanteurs. Je voue une rancœur démesurée pour cette catégorie de musiciens. Les derniers des derniers que j’irais chercher pour aller partager quelque chose. Donc un très mauvais point pour lui. Même si, en même temps, c’est vraiment eux qui m’attirent le plus. Oui, je sais c’est tordu. Mais je me comprends.

Ensuite, admettons que j’écarte Jared de cette image plus que négative que j’ai des mecs du milieu. Donc, voilà, je m’autorise Jared. Pour une fois. Exceptionnellement. Partons de ce postulat. Pour une ou deux nuits. Même une semaine de baise. OK. Il partira, forcément. La découverte sera passée. Et les choses importantes pour lui reviendront sur le devant de la scène. L’image, les nanas, la presse, enfin bref, le package superstar dans son ensemble. Et est-ce que quelqu’un serait assez fou pour imaginer un mec comme Jared tout lâcher pour rester ? Non. C’est stupide, ne serait-ce que de se poser la question. Bien sûr que non. Mais moi, après, je fais quoi ? Je reste sur la tournée et je contemple le défilé des nanas ? Je panse encore une fois mon cœur et je regarde avec impuissance le bonheur me passer à côté ? Je supporte l’indifférence qui suit la passion ?

Je suis un cœur d’artichaut. Cette fameuse nuit à Nashville est encore dans ma tête. J’ai aimé sentir la peau de ses bras contre mon ventre. Ses doigts entre les miens. Sa paume sur mon torse. Et je ne parle même pas de ses lèvres dans mon cou, ni de sa queue qui battait contre mes fesses. J’en ai tellement pris plein le cœur que le lendemain soir le vide a été trop dur à supporter. Je me suis rendu dans un bar gay pour passer la nuit avec un autre. Juste pour ne pas être seul. Et c’est ce mec que Jared a clairement assassiné du regard lorsque je suis arrivé à la salle de spectacle. Et c’est ce même mec que j’ai embrassé ouvertement et sans retenue devant mon chanteur pour lui faire passer le message. Tu. Ne. Seras. Jamais. Dans. Mon. Lit ! Et encore moins sur ma queue. Il l’a bien compris je crois. Mais au lieu de passer à autre chose, Jared a fait du Jared. Il a décidé de contrer ma décision et depuis me fait du rentre-dedans de malade. Jared, quoi !

Je me doutais un peu de cette réaction, mais il fallait que je mette cette barrière. Je me fais trop peur face à lui. Cette nuit-là, j’ai eu envie de lui, mais plus que mon corps, c’était mon cœur qui éprouvait ce besoin. Il m’a ému avec ses gestes tendres, et Dieu sait combien j’en ai besoin… Un peu d’attention. Juste un peu. Mais le gouffre est tellement énorme en moi que rien ne sera jamais suffisant. Surtout pas un chanteur en pleine montée pour la gloire. Jared me ferait souffrir comme personne. C’est écrit. Je ne dois pas écouter ce qui bat en moi quand il est près de moi. Ni quand il tente de m’attirer à lui. Ni quand il m’amuse. Ni quand il m’émeut. Ni quand nous sommes en désaccord, c’est-à-dire quasiment tout le temps. Je ne dois pas succomber à cette tentation, aussi forte soit-elle. Il faut réellement que je me protège.

Heureusement, nous arrivons à notre dernière date avant la pause. Ce soir, Indianapolis, et ensuite, San Diego pour moi, j’essaye de retrouver Randy, et surtout cette voiture que j’ai payée malgré moi, je rembourse les dettes qu’il a contractées, au moins en partie, qui me font courber le dos et rester sur cette tournée, et je ne reviens pas. Je reste chez moi, je retrouve un job normal et j’oublie tout ça. En Californie, loin de mon frère, des Metal Dolls, de Marcus et de la presse. Le seul souci dans ce plan parfait, c’est Randy. Mais je garde espoir. Je connais ses lieux de sortie habituels, je vais m’acharner jusqu’à le retrouver.

***

À ma grande surprise, Marcus nous attend à la sortie du car à Indianapolis. Il ne devait pas réapparaître avant la pause. Ce qui fait que je ne devais jamais le revoir et ça m’allait très bien parce que je considère qu’il est tout à fait comme les mecs qu’il gère, c’est-à-dire la dernière des enflures. Il m’a foutu dans une belle merde pour attirer l’attention sur la tournée, et s’est barré pour me laisser gérer les dégâts collatéraux. Et pas de petits dégâts. Je lui dois quand même cette soirée à Nashville avec Bryan. Je n’arrive toujours pas à m’endormir la nuit depuis ce soir-là, ma seule nuit à peu près correcte ayant été celle que j’ai passée avec Jared. Et je ne suis pas près de retrouver le sommeil, je me connais assez pour le savoir. Donc, je ne suis pas ravi de retrouver Marcus. Si j’avais su je serais parti dès ce matin plutôt que de faire cette dernière escale.

Il m’interpelle aussitôt alors que je décharge un ampli, sans considération aucune pour le travail que je suis censé réaliser. Puis il m’entraîne vers Jared et Hugh, aussi surpris que moi, je pense, et nous guide jusqu’à un petit bureau dans les coulisses de la salle de spectacle. Comme à son habitude, il n’y va pas par quatre chemins. Il s’assied en face de moi en s’allumant une clope, m’en propose une, je lui pique le paquet, comme à chaque fois, juste pour l’emmerder. Le faire chier a toujours été une tradition chez moi. Depuis mes 16 ans. Alors pourquoi m’arrêter là. Il commence son monologue alors que j’allume ma clope.

– Bon, les gars, on va aller droit au but. Nous avons un souci. Un énorme souci.

Je hausse un sourcil. Des soucis, cette tournée les collectionne depuis le début et il n’en a toujours eu rien à foutre jusqu’à présent. Donc pour qu’il se déplace, c’est que ça risque de secouer. Mais je m’en fous, je ne reviens pas. Par contre il faut que je fasse au moins semblant d’être un minimum concerné. Il continue :

– Pour t’expliquer en deux mots, Corey, Jared et Hugh m’ont appelé il y a quelques jours. Hugh a un souci. Il consomme trop de coke et veut se faire soigner.

Je jette un œil au guitariste qui baisse la tête, honteux. J’ai un peu pitié de ce mec, je l’ai pris pour un arriviste imbu de sa personne, mais de tous les membres du groupe, c’est lui qui est le plus humble. Mais son addiction, je l’avais vue. Simplement, dans ce milieu, tout le monde a son petit remontant face à la célébrité qui bouscule tout en un claquement de doigts. Ça fait partie du folklore. Et tout le monde ferme les yeux. Pour faire le show. C’est comme ça. Essayez de sauver ces mecs et vous passerez pour l’imbécile heureux qui croit toujours au père Noël. Vous y perdrez votre énergie, votre temps et votre foi. Et peut-être même votre boulot. Pour un mec qui ne se rappellera même plus de votre nom dès que vous aurez quitté l’équipe.

Marcus pince les lèvres puis reprend :

– J’ai, de mon côté, consulté toutes sortes de cliniques et associations discrètes pour trouver une solution. Et je n’en ai trouvé qu’une. Il faut décider d’un internement en urgence.

Hugh redresse la tête, détruit par la nouvelle.

– Quoi ? Mais Marcus !

Le promoteur lève les mains en signe de patience.

– Oui, Hugh, je sais, je sais. Ce n’est pas de gaieté de cœur que je vous annonce ça, mais tu n’as pas le choix.

Le musicien peste en s’agitant sur sa chaise.

– Eh bien j’attendrai la fin de la tournée c’est tout ! De toute manière, j’ai réfléchi et je crois que j’ai paniqué. Je peux largement me démerder tout seul.

Marcus secoue la tête.

– Non, Hugh, ça ne se passera pas comme ça. Tu vas faire cette cure ! Et sans attendre.

– Tu me vires de la tournée c’est ça ?

Le mec a les larmes aux yeux. Son visage tourne rouge, et il me fait mal au cœur. Mais pour une fois, je suis d’accord avec Marcus, il n’a pas le choix. Comme quoi mon ancien copain a peut-être un restant de cœur finalement. J’écrase ma clope en jetant un coup d’œil à Jared, et je surprends au passage son regard sur moi. Il le détourne prestement. Avachi sur sa chaise, les bras croisés, il écoute ce qui se passe, son regard noir enregistrant les échanges entre Marcus et Hugh, l’air un peu absent. Il est quand même super canon. J’adore son visage. Ses yeux sombres, son nez droit en parfaite harmonie avec le reste de ses traits, sa fossette qui apparaît quand il se mord l’intérieur de la joue quand il s’énerve, enfin, quand je l’énerve surtout. Et cette manchette… La rose sur sa main, les carpes qui nagent sur son poignet jusqu’au coude. Il porte son T-shirt, là, donc avec des manches, mais je sais qu’un phénix s’envole juste après le coude, multicolore, que des empreintes de chats, comme celles de Vince Neil, le chanteur de son groupe favoris Mötley Crüe, remontent à l’intérieur de son bras, juste sous l’aisselle. Il y a aussi, au-dessus du phénix, un soleil recouvert d’un pentagramme, puis encore des roses jusqu’à la base de son cou, entremêlées à un gun pour les Guns N’Roses au niveau de la clavicule. Je les ai tous en tête, et tous fantasmés, un à un. L’envie de passer ma langue sur chaque ligne, chaque courbe m’a souvent traversé l’esprit et obsédé à en devenir cinglé. D’où la nécessité de fuir vite. Vite et loin.

J’ai perdu le fil de la conversation, alors je m’allume une clope. Histoire de m’occuper. Marcus se lève et vient nous faire face.

– Donc, pour résumer, il n’y a pas trente-six solutions. Pour être exact, il n’y en a que deux. La première, nous annulons la tournée. Sans guitariste, ce n’est plus possible. La seconde, Corey, tu fais le job jusqu’au retour de Hugh.

Je m’étouffe avec ma fumée.

– Pardon ? Tu peux répéter ?

– Il faut que tu remplaces Hugh, Corey. Ce ne sera que quelques mois, la clinique que j’ai retenue pour la cure promet quatre mois et ensuite reprise sans problème avec une petite surveillance. Mais je ne peux pas annuler quatre mois de dates. Qu’est-ce que t’en dis ?

– J’en dis que t’es dans la merde. Mais que je n’ai rien à voir avec ça. Désolé.

– Corey.

Je m’esclaffe en agitant ma main devant moi de gauche à droite.

– Ah mais non, Marcus ! C’est absolument hors de question que je fasse un truc pareil ! Tu ne me renverras jamais sur scène, c’est mort ! Non, mais t’es complètement malade, franchement, c’est affligeant !

– Corey ! Quatre mois, et la plupart des dates seront en Europe et en Russie. Même pas ici… Tu ne risques rien là-bas ! Les Pussy n’étaient pas connus de l’autre côté de l’Atlantique à l’époque. Personne, ou presque, ne connaît Stixx là-bas.

– Eh bien c’est parfait comme ça, je ne compte absolument pas changer la donne à ce niveau. Et de toute manière je ne connais pas les morceaux.

– Bien sûr que si tu les connais ! Je t’ai vu les jouer au pied levé avec Hugh à Atlanta.

Merci Jared de ton soutien… Remarque il prêche pour sa paroisse. Mais pas moi.

– Non, je ne les connais pas. Je ne vais pas servir de la soupe à des gens qui auront payé une place pour écouter du travail de pro. Désolé. C’est non.

Hugh me regarde avec des yeux suppliants.

– Corey, ce serait un honneur pour moi. Et si je sais que tu fais l’intérim, je me sentirai moins coupable de lâcher. Tu feras mieux que moi.

Je secoue la tête en écrasant ma clope.

– Vous êtes tous des grands malades. Je vous dis, ça se bosse un concert, et ça fait des années que je n’ai pas vraiment touché une gratte, et en plus je ne veux plus aller sur scène.

– Eh bien bosse-le, ce putain de concert ! Tu as dix jours !

Jared, encore. Ses yeux noirs essayant de percer les miens. Je soutiens son attaque sans ciller.

– J’ai dit non.

– T’as peur de pas assurer c’est ça ?

– Ça n’a rien à voir. C’est juste pas mon truc.

Il mord l’intérieur de sa joue. Fossette. Aïe.

– Écoute Corey, je n’aime pas me mettre à genoux, mais là tu ne me laisses pas le choix. Je t’explique mes raisons pour que tu ne te méprennes pas sur mes motivations. Déjà, les Dolls c’est ma vie. J’ai tout abandonné, même mon pays, pour ce groupe. Et cette tournée, c’est un rêve qui devient réalité. Donc méga importance pour moi. Et ensuite, ce que j’aurais dû énoncer en premier, la santé de Hugh prévaut sur tout le reste. S’il garde à l’esprit que c’est lui qui tue le rêve de tout le monde, il n’y arrivera pas. Il faut qu’il ait l’esprit tranquille. Donc si tu as besoin de bosser les morceaux, je me propose de les bosser avec toi, si ça peut t’aider. Mais, en fait, tu n’as pas le choix. Tu vas venir jouer sur scène. Parce que tu es fait pour ça, parce que tu vas assurer les doigts dans le nez, et parce qu’en plus j’ai un concert au profit d’orphelins de ma région prévu juste avant la tournée. Nous devions le faire avec Hugh, toutes les places sont déjà vendues, donc je ne peux pas annuler. Et de toute manière, je n’annulerai en aucun cas. Quitte à reprendre la guitare et à la faire tout seul cette putain de représentation.

Ses yeux me défient. Ses raisons, enfin certaines, me parlent. Hugh, ce truc d’orphelins…

Et le fait de bosser avec lui, juste lui, pendant plusieurs jours, bien entendu !

Pas du tout !

Et retrouver la scène ? Allez, avoue un peu que ça te grise ?

Non, putain, non…

Mouais ! Allez, vas-y, dis oui…

Non !

– Et on répéterait quand ?

Il hausse les épaules.

– Pendant la semaine de pause…

– Impossible, je dois aller à San Diego.

Marcus se frotte déjà les mains.

– Tu iras plus tard. Bon, donc, j’organise ça. Jared, ton avion part quand ?

– Demain après-midi.

– OK, alors tu me donneras les horaires, que je réserve pour Corey. Et trouve-moi l’adresse d’un bon hôtel, c’est Marcus qui régale !

– Hein ? Quoi ? Mais attendez, j’ai pas dit oui, déjà, et ensuite, je ne pars pas en France demain, ça va pas !

Jared semble amusé, un sourire discret ne quitte plus son visage. Putain ce qu’il m’agace quand il fait des trucs comme ça…

– Arrête ton cinéma, Corey, répond-il, nous savons tous que tu vas nous dire oui… Et j’ai un pote là-bas qui nous prête un studio pour répéter. À moins que le problème ne soit ailleurs… T’as peur de quoi, bébé ?

Je grogne d’agacement.

– Certainement pas de toi, chéri.

Il croise les chevilles devant lui, nonchalamment.

– Tout va bien alors. Aix-en-Provence nous voilà… non ?

Je viens de me faire avoir en beauté n’est-ce pas ?

Maaaiiisss non ! Rock on baby !

M’appelle pas baby, y en a assez d’un !

J’émets quand même une condition.

– OK, mais je joue avec mes grattes. Sur la tournée tout au moins.

Marcus a une banane sur le visage à la place de la bouche.

– Tout ce que tu veux ! Elles sont où ?

– À San Diego.

– Parfait, file-moi tes clés, j’envoie des gars les prendre, tu les auras pour Rome, sans faute. Veux-tu que je les fasse passer chez le luthier pendant qu’on y est ?

– Non, je suis le seul à les nettoyer. Personne n’y touche. Pas même les roadies. On est bien d’accord ?

– Pas de soucis. Alors bienvenue chez les Metal Dolls, Corey !

Eh merde !

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