MM Play With Fire

Marie HJ · Chapitre 37 sur 58

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MM Play With Fire

Chapitre 36

 

Corey

J’embrasse le dos de Nicolas allongé sur notre lit dans un hôtel tout proche de notre salle de concert en plein centre de Paris. Nous y avons posé nos sacs pour trois jours ce matin, après nos dates à Francfort, Amsterdam, Rotterdam, et Bruxelles qui ont suivi Copenhague. Autant dire que retrouver un vrai lit, et une bonne dose d’intimité, fait du bien. Les jours passent et notre connexion est de plus en plus présente. Notre association sur scène est puissante, et notre complicité le reste du temps devient presque flippante. Déjà, nous sommes autant assoiffés de sexe l’un que l’autre. Ensuite, nous nous apportons énormément de choses dans nos travers. Il gagne de la confiance en lui, juste parce que je lui montre qu’il n’a aucune raison de douter sur les points qui l’inquiètent. Et moi ? Je ne me suis jamais senti autant aimé. Il est aux petits soins, tout le temps. Habituellement, dans mes couples précédents, ce genre de rapports n’existait pas vraiment. Parce que je ne sais pas réellement m’occuper des gens. Je suis nul en relations amoureuses. Mais Nicolas, lui, n’attend pas après moi pour donner. Il le fait, c’est tout. Il demande des pizzas sans anchois quand Chica commande le dîner. S’occupe de mes fringues de scène parce que je me fous royalement de ce genre de détails et pourrais largement monter sur scène en jean T-shirt classique. Donc il gère et joue à la Barbie comme il dit. Et ça, même si ce sont des détails, c’est important pour moi. Je le réalise tous les jours.

La tête tranquillement posée sur ses mains, sur l’oreiller, en attente, il trémousse ses fesses contre ma queue. Je me décale en laissant mon majeur enduit de lubrifiant suivre sa raie et s’enfoncer doucement dans son antre. Il gémit en se contractant.

J’embrasse son cou.

– Détends-toi.

Il soupire en relâchant les muscles autour de mon doigt. Je le pousse un peu plus profondément mais il se tend à nouveau. Je retire tout.

– C’est bien ce que je pensais. On va attendre encore un peu.

Je passe mon bras autour de sa hanche alors qu’il soulève le bassin pour laisser passer ma main. Je me saisis de son érection bien prononcée et la chatouille quelques instants alors qu’il se rebelle, comme d’habitude.

– Mais, vas-y une bonne fois pour toutes, bordel de merde ! T’y vas trop lentement, là !

– C’est ça, apprends-moi, cher Nicolas, je suis déjà épaté par ta science.

– C’est pas ça, mais…

– Mais je ne veux pas que tu te pointes sur scène avec une démarche canard, tu vois !

– Trop aimable ! C’est surtout que ça t’éclate de me faire languir !

Je m’esclaffe.

– Moi ? Mais pas du tout !

– Ouais, eh bien tu sais quoi, si tu ne veux pas y mettre du tien, je vais me démerder tout seul. Dégage !

Il se retourne et m’envoie valser sur le lit. Il dépose un baiser sur mes lèvres et se lève prestement. Il attrape son sweat et le passe rapidement, puis son jean tandis que je le regarde s’énerver tout seul.

– Tu t’amènes feignasse ?

J’enfonce ma tête dans l’oreiller.

– Dans tes rêves ! Je suis bien là !

– Bouge ton cul, Kingstone !

– Pour aller où ?

– Régler mon prétendu « problème ».

Je lève un sourcil, inquiet, tout à coup.

– C’est-à-dire ?

– C’est-à-dire nous sommes à deux pas de Pigalle. La capitale des sex-shops. Je vais aller effectuer quelques achats.

Il sort de son sac une poignée de casquettes et les essaye toutes devant un miroir. L’idée me plaît. Je n’ai plus de lubrifiant, ni de capotes de toute manière, je n’avais pas prévu cette activité sexuelle plus que soutenue en préparant mon sac au départ de San Diego. Je saute du lit et attrape mon jean, et un sweat à lui, trop grand, mais celui-ci, je le kiffe. Il enfonce une casquette sur ma tête alors que je chausse mes Docs. J’enroule un keffieh à mon cou et il pose ses lunettes de soleil sur son nez. Voilà où nous en sommes. Si nous voulons nous balader sans être reconnus, ni attirer l’attention, c’est camouflage obligatoire. Surtout pour aller dans un sex-shop.

Nous prenons une précaution supplémentaire pour entrer dans la boutique que Nicolas choisit. Je fume une clope à plusieurs dizaines de mètres de l’entrée pendant qu’il y pénètre déjà.

Mon chanteur de mec est déjà en pleine conversation avec le vendeur lorsque je le rejoins. Ils sont pliés de rire tous les deux.

– BOB ? Non, mais sérieux, les mecs donnent des noms à leurs bordels en plastique ? Et Bob, quoi ! Je ne pourrai jamais m’enfoncer un Bob dans le cul, c’est pas possible !

Je ne comprends rien à la conversation. Le vendeur tente de garder son sérieux.

– Alors peut-être Jonas ?

Il montre un fist en plastique noir. Nicolas lève un sourcil d’un air sérieux.

– Non, mais tu m’as bien regardé ? J’ai une gueule à me foutre Jonas dans le trou ? T’as pas plutôt un Corey ? Un truc sympa, quoi !

– Ah non, désolé ! Après vous pouvez peut-être lui donner le nom que vous voulez…

– Mouais. Bon, vous, vous me conseillez quoi ?

– Euh, ça dépend l’utilité finale…

– Vous vous foutez de moi ? Vous croyez que j’ai envie d’aller refaire le crépi de ma baraque avec ou quoi ?

Le gars éclate de rire cette fois.

– Non, mais je veux dire, pour porter longtemps, ou pas, avec ou sans stimulation de prostate, à pile ou manuel, pour porteur expérimenté ou non, la matière, les allergies, il y a aussi les combinés, avec cockring, certaines personnes sont à cheval sur la couleur… Vous, qu’est-ce que vous désirez en définitive ?

Nicolas reste immobile, comme momifié, son regard désabusé scotché sur le vendeur. Puis il répond.

– Je veux juste… un plug. C’est tout.

Puis il se retourne vers moi, l’air suppliant :

– Bébé, le mec, là, il est flippant ! Il me propose un Jonas…

Il me montre le fist. J’éclate de rire. Je jette un œil au rayon.

– Tu veux un plug ? T’es sûr de toi ?

– Ben oui ! Un petit machin tout mimi avec qui je pourrais vivre une véritable histoire d’amour… Vu que toi, tu fais ton difficile !

Je secoue la tête et attrapant le « Bob ».

– Prends ça.

Il regarde le plug d’un air rebuté.

– Il s’appelle Bob !

– Et alors ?

– Je voulais un Corey…

J’éclate de rire.

– Il te manque vraiment des fusibles, à toi ! Appelle-le Corey si tu veux !

– Mouais… Bon, OK pour Bob. Corey, tu veux que je t’offre un Jonas ? Ou deux ? J’avais vu ça une fois, un mec le cul en l’air, et il y avait ces deux mecs, avec leurs bras, ils…

– Stop, Nicolas ! Je ne veux même pas savoir ! Et oublie Jonas, par pitié !

– Ah oui ? T’es pas intéressé ?

– Et pourquoi je le serais ?

Il hausse les épaules.

– Je ne sais pas… Je me renseigne.

– Bon, alors pour ton information et ta culture personnelle, je ne suis pas un adepte des sex-shops, je ne me fous pas de poings en plastique dans le cul, ni deux, ni un, non, ce n’est pas mon délire. D’autres questions ?

– Oui.

Je lève les yeux au ciel pendant qu’il m’entraîne vers l’étalage à notre gauche.

– Tu t’es déjà servi d’un truc comme ça ?

Il désigne un « masturbateur électrique » en forme de fesses. Et il éclate de rire en voyant ma tête. Un vrai gosse. Mais pour sa défense, ce truc est vraiment ridicule. Je ne vois pas comment on peut bander en ayant un truc pareil autour de la queue. Nicolas ne s’en remet pas.

– Non, mais sérieux, Nicolas, c’est la première fois que tu viens dans un sex-shop ?

Il essuie de petites larmes sur le bord de ses yeux.

– Pour acheter un truc, oui en fait. J’ai jamais eu de relation sérieuse et soutenue avant. Enfin aucune avec qui je me sentais assez à l’aise pour jouer avec ces conneries.

Je le regarde fixement. Il reprend son sérieux.

– Quoi ? Qu’est-ce que j’ai dit ?

– Tu veux dire que c’est sérieux entre nous, pour toi ?

Il hoche la tête, l’air timide tout à coup.

– Possible.

– Et tu dis aussi que tu es plus à l’aise avec moi qu’avec Mélanie ?

Il enfonce les mains dans ses poches, l’air penaud.

– Possible aussi.

Il me fout un uppercut direct dans le cœur. Ce mec est réellement attaché à moi. Cela me réchauffe le cœur, me transporte au paradis, me donne envie de tout pour lui. Alors que le silence s’étend entre nous, il se racle la gorge en regardant autour de nous.

– C’est possible que tu m’embrasses, là, maintenant tout de suite, Corey ? Parce que quand on fait comprendre à quelqu’un pour la première fois qu’on l’aime, ça le fait assez de se rouler une putain de pelle, non ? Une sorte de tradition, en quelque sorte…

Je reste immobile.

– Tu m’aimes ?

– Plus que possible, oui…

Je lui saute dessus, le pousse dans le rayon des masturbateurs électriques pour m’emparer de ses lèvres, aller chercher sa langue qui m’accueille avec désir et passion. Ses mains se posent sur mes fesses et me pressent contre lui. J’agrippe sa nuque pour l’attirer encore plus dans notre baiser. Puis il écarte son visage du mien, haletant.

– Je t’aime Corey. Tu es le meilleur des putains de virages que je n’aie jamais pris. Je ne suis pas doué en trucs profonds et tout le bordel. Alors imagine que j’ai inventé une chanson entière pour faire cette déclaration, que je viens de te décrire mes sentiments sur une lettre de quinze pages, que j’ai loué un avion pour tirer une banderole ridicule au-dessus d’une plage bondée de touristes, que je compte passer ma prochaine année à sauter sur le haut des immeubles de cette ville pour le crier sur tous les toits, bref, prends l’image qui te convient, et considère-la comme tienne, parce que je te la donne. Tout ce que tu veux, pour te prouver mon amour. Et bien plus encore. Parce que nous sommes au-dessus. Bien au-dessus de toutes ces conneries.

Je reste bouche bée. Incrédule. Surpris. En plein rêve. Muet. Amoureux comme jamais. Je déglutis alors qu’il m’observe attentivement en se mordant la joue.

– Tu penses vraiment ce que tu viens de dire ?

Il réfléchit puis prend l’air inspiré.

– En fait, j’y pense depuis Berlin. J’avais prévu de te le dire dans les chiottes des coulisses, mais après réflexion, je trouve que l’avouer au milieu de culs en plastiques ça donne une autre dimension à l’histoire. Tu ne trouves pas ?

Il passe un bras autour de mes épaules et prend la direction de la caisse d’un air détaché.

– Allez, « bébé », à toi de faire mieux que moi quand l’envie te prendra. Je suis content, parce que franchement, niveau décor, j’ai tapé fort ! Bon, allons payer ce cher Bob et allons bosser, l’heure tourne, mine de rien !

Je suis encore sous le choc. Heureusement qu’il n’est pas « doué en déclaration » comme il dit, sinon je crois que je lui faisais une attaque au milieu du sex-shop. Il ne lésine pas sur les émotions le petit Français.

Et toi ? Tu ne dis rien ?

Et tu veux que je dise quoi ?

J’sais pas, la météo ? Pauvre mec, dis-lui la même chose !

Non. Je préfère lui en parler quand je sentirai le moment. Pas juste parce que lui m’a déclaré sa flamme. Chacun son moment.

Ben voyons… Trouillard !

Bon, alors, j’avais dit des capotes, et du lubrifiant…

Ah ouais, OK, mais vas-y dis-le, que je te fais chier…

Tu fais chier…

Je me tire !

Très bonne idée ! Ciao.

***

Jared est totalement déchaîné ce soir. Son premier concert dans son pays, c’est quelque chose d’important pour lui, et il le fait savoir à son public. Il parle beaucoup entre les morceaux, il raconte sa vie en français, nous, derrière lui, ne comprenons rien, mais les réactions du public suffisent à nous faire comprendre qu’il fait le con et raconte n’importe quoi. Il a vraiment l’air heureux…

Notre bulle est toujours là, mais pour une fois, j’ai l’impression qu’il y a invité la totalité du public. Ce n’est absolument pas un problème pour moi. S’il est heureux, ça me va. Et il garde une belle partie de lui à mes côtés dans tous les cas. Dès qu’il termine ses petits speechs, il revient à moi, se place non loin et revient se lover dans les bras de notre univers. Il me confirme que je n’ai pas été éjecté une seule seconde de ses pensées pendant le solo batterie de Todd. Nous descendons de scène et il m’attrape le bras en urgence.

– J’ai besoin de toi, dépêche-toi, on a juste trois minutes.

Je le suis dans la loge, il attrape une pochette dans son sac à dos et me pousse dans la salle de bains avant de nous y enfermer. Il me lance la pochette et déboutonne sa braguette. Je m’insurge.

– Attends, Jared, je ne baise pas en trois minutes, là !

– Je sais, je sais, avec toi ce serait plutôt trois heures, et on n’a pas le temps. Ouvre la pochette et prépare au lieu de me dire n’importe quoi !

Je vide le contenu du petit sac sur le rebord du lavabo. Je découvre son nouveau jouet, Bob, et le lubrifiant que j’ai acheté dans la boutique tout à l’heure. J’éclate de rire.

– Jared, tu veux que je fasse quoi de ça ?

Il baisse son froc.

– D’après toi, crétin ! Allez fais pas ton timide !

– Tu ne vas pas te foutre un plug pendant le concert quand même !

– Non, pas moi, c’est toi qui vas me le mettre ! Allez, grouille-toi !

– Mais Jared, ce n’est pas un objet que tu peux porter des heures, surtout sans expérience et…

– Il ne reste que trois morceaux, ça fait pas trois heures ! Allez, Corey… T’es vachement old school, en fait ! C’est la différence de génération ça !

– Pauvre con, j’ai 27 ans, toi 25 ! Tu parles d’une différence de génération !

– Bon, alors parfait, alors te fais pas prier et enfonce-moi ce truc dans le cul !

Il m’embrasse langoureusement en se penchant en avant sur la table. Je ne peux absolument rien lui refuser quand il m’emmène dans des baisers pareils. D’autant plus qu’au-delà d’être drôle, son idée m’excite. Je recouvre mes doigts de lubrifiant et passe ma main entre ses jambes pour en enduire son ravissant postérieur. Je ne lésine pas, j’ai peur qu’il ait mal. Et j’y vais doucement, déjà, avec mes doigts. Mais il s’impatiente.

– Bon, Corey, je sais que tu ne veux pas me faire de mal, mais je t’assure que ça va. Arrête avec tes peurs irraisonnées, je le veux, moi, OK ? Je n’aurai pas mal, en tout cas rien de bien méchant.

Il est effectivement possible que j’interpose certaines de mes expériences passées à son dépucelage. J’y ai déjà pensé, et même si je ne comprends pas pourquoi j’associe ces deux points bien différents, je pense que ma réticence vient de là. Le cerveau assimile parfois les faits d’une matière étrange. Je prends donc sur moi et m’empare du Bob avant de me placer derrière Jared. Il pose ses mains sur la table et j’enfonce une nouvelle fois mes doigts en lui, rapidement. Le gémissement qu’il laisse échapper me fait bander aussitôt. Il sait m’allumer cet enfoiré ! J’ajoute un second doigt en lui sans me soucier de ses muscles qui se contractent à mon passage. Je vais et viens entre ses fesses alors qu’il se tortille.

– Putain, Corey, pourquoi tu ne veux pas m’offrir ça, bordel de merde !

Je tente un troisième doigt. Il râle bruyamment.

– Merde ! La vache !

– Patience chéri… Si tu t’occupes bien de Bob, il est fort possible que je te récompense comme il se doit plus tard.

– Des promesses !

– Une prémonition plutôt !

J’accélère l’allure de mes doigts en le retenant contre moi en branlant sa queue dure comme du bois.

– Merde, Corey, je suis déjà à deux doigts de…

– Trois, pour être exact, mon cher !

Je retire tout, provoquant un soupir désespéré au fond de sa gorge. J’enduis Bob de lubrifiant, et en m’interdisant de prendre plus de précautions que nécessaire, le place dans son intimité d’un geste rapide et net. Il pousse un « han » de surprise, et fait doubler mon érection de volume juste avec ce cri sensuel. Putain, ce mec va me tuer avec ses conneries. Je dépose une multitude de baisers sur ses fesses en attrapant son jean au bas de ses jambes et l’aide à se rhabiller. Il m’embrasse fiévreusement et je profite de son abandon pour passer mes mains sur ses fesses et appuyer sur son jouet, en le faisant bouger légèrement en lui. Il ferme les yeux en ronronnant de plaisir.

– Putain, je crois que, sans trop m’avancer, je vais passer une excellente fin de concert.

Nous traversons les coulisses pour rejoindre la scène. En retard. La démarche qu’il adopte est franchement hilarante.

– Jared, referme les cuisses, tu vas te faire griller par le public si tu marches comme ça !

– J’aimerais bien t’y voir !

– Ça n’arrivera jamais, parce que moi, je réfléchis avant de faire n’importe quoi !

– Mouais ! Tu ne sais pas ce que tu perds !

Je passe une main sur ses fesses et appuie sur Bob. Il se tend quelques secondes, m’embrasse furtivement puis se redresse en s’efforçant d’adopter une démarche normale.

John et Todd sont déjà sur scène. Le public est en train de frapper dans ses mains en nous attendant. Marcus est rouge de colère.

– C’est bon les deux reines de la branlette là ? Est-ce que ça vous dérangerait beaucoup d’aller me terminer ce putain de concert ?

Jared rétorque.

– Ta gueule !

Et nous montons sur scène en levant les bras pour saluer la patience du public. Nous sommes ovationnés pendant que nous reprenons nos places. Jared prend le micro.

– Pardon d’avoir été si longs, Stixx m’aidait à installer un accessoire. Toujours prêt à donner un coup de main, ce mec, que ferais-je sans lui !

J’entends mon nom, mais je ne comprends pas, évidemment. Le public crie après sa phrase. Remarque ils crient à chaque fois qu’il parle, donc ça n’aide pas beaucoup pour comprendre. Il s’approche de moi.

– Je leur disais juste que tu m’as installé un plug dans le cul, t’inquiète !

– Ah OK !

Putain de bordel ! Je sais qu’il en serait capable, en plus. Le public prendrait ça pour une blague. Mais bon, je préférerais qu’il s’abstienne quand même.

Je reprends le fil du concert en entame l’intro de Blue Blue things, le dernier single du groupe. Jared me donne un spectacle d’anthologie. Avec son plug coincé contre le tissu moulant de son froc, il dandine son cul beaucoup plus que d’habitude, se meut le long de l’avant-scène en se déhanchant érotiquement, danse en se caressant le corps, il est mortellement torride. Il respire la sensualité puissance dix mille. Le public en a pour son argent, et les petites minettes collées aux barrières à ses pieds sont comme possédées. Ça ne m’étonnerait pas que plusieurs d’entre elles se tapent un orgasme en bouffant des yeux ce mec dont le sex-appeal dépasse toute raison. Moi-même, je ne résiste pas à l’envie d’aller le rejoindre au bout de son podium.

Il est en train de retirer son marcel lorsque je me colle dos à lui avant d’entamer le solo hyper sensuel du morceau phare des Dolls. Il lance le truc dans la foule en se trémoussant sensuellement, fesses contre fesses, dos contre dos. Discret mais efficace pour augmenter le pouvoir du Bob sur mon amant. Il rejette la tête en arrière et la frotte contre ma tempe, passe son bras en l’air pour le poser sur ma poitrine en ondulant, en pliant de plus en plus les genoux pour monter et descendre contre moi. Il est le danseur et je suis sa barre de pole dance. Une barre de pole dance qui a du mal avec son solo tellement il bande. Puis Jared reprend le chant, nous restons collés l’un à l’autre, dans cette sorte de préliminaire public qui pourtant passe pour un simple spectacle.

Lorsque Todd frappe le dernier coup de caisse, la foule autour de nous rugit de plaisir. Je me retourne et me place aux côtés de Jared qui lève ma main au ciel, comme un héros. Je salue, puis reprends ma main, et, juste pour le plaisir, lui assène une claque au cul qui fait rire le public. Lui par contre, retient un râle assez puissant à première vue. Puis nous retournons sur scène et il me glisse à l’oreille :

– Il va falloir que je jouisse, là ! Je jure j’éjacule pendant le dernier morceau.

– Tu rêves ! Tu ne te tapes pas d’orgasme en public ! Ça va pas, non !

– Ben quoi ?

– Non, Jared, non, ça ne se fait pas ce genre de choses. On ne jouit pas en public, ça fait mauvais genre !

– Mais j’en peux plus, là ! Bob est mortel !

– Fallait y réfléchir avant, tête de nœud ! En attendant, je te jure que si tu jouis au prochain morceau, je ne te touche pas ce soir.

– Mais pourquoi ?

– Tu crois que tu vas filer ton premier orgasme de sodomie à la moitié de la ville comme ça ? Non, celui-là il est pour moi, et c’est tout ! Alors retiens-toi !

– OK, OK, c’était juste une idée ! Putain, t’as vraiment le caractère court parfois !

Puis il reprend sa place au centre de la scène alors que John entame le dernier morceau. Puis nous faisons les rappels. Deux fois, comme d’habitude. Jared monte à chaque fois sur scène avec impatience, pressé de voir le bout de ce concert à mon avis. De mon côté, je suis partagé entre une furieuse envie d’aller plonger entre ses fesses et une irrésistible envie de rire. Il faut voir sa tête, ses gestes d’impatience nerveuse, et les traits de son visage lorsqu’il a la bonne, ou mauvaise, idée de poser ses fesses contre le rebord d’une caisse d’ampli en attendant de monter sur scène pour le second rappel. Il se fige, les yeux dans le flou, la bouche entre-ouverte, à deux doigts de se laisser prendre par un orgasme qui le cherche depuis une bonne demi-heure. Il frotte discrètement son cul contre l’arête de la caisse en fermant les yeux, se mordant la lèvre inférieure. Il va craquer ! Devant John et Todd ! Je l’attrape par le bras pour l’obliger à se relever. Son regard est lointain, presque douloureusement emporté. Mais il déglutit, respire et se reprend.

– Bon ! Finissons-en une bonne fois pour toutes. On y retourne !

Je le suis, précédé par les membres du groupe. Oui, finissons-en. Ou plutôt, commençons rapidement les choses sérieuses. J’imagine tellement bien ce désir qui le possède que j’en jouirais presque autant que lui.

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