MM Play With Fire

Marie HJ · Chapitre 25 sur 58

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MM Play With Fire

Chapitre 23

 

Jared

Je suis fan du corps tout musclé de Monsieur Kingstone. Et hypnotisé par sa queue. Je suis un enfoiré d’obsédé lubrique. Mais franchement, ça dérange qui ? Pas moi en tout cas. Quand je sors de la salle de bains, je le retrouve allongé sur le lit, un bras replié derrière la tête, une serviette autour de la taille, en train de s’allumer une clope, le cendrier posé sur son torse. Il a refusé que je le touche sous la douche, alors j’ai boudé, je me suis assis sur les chiottes pendant qu’il se lavait, et j’ai pris ma douche après.

Mais je ne m’avoue pas vaincu. Jamais. Je saute sur le lit, me colle à lui et pose ma tête sur son épaule alors qu’il semble perdu dans ses pensées. Je profite de son moment d’absence pour parcourir sa peau de mes doigts. Je trace chaque contour de son ventre, chaque abdo, et il me laisse faire. Je dénoue la serviette sur sa taille. Il soupire mais ne dit rien. Je libère son sexe, déjà durci, qui me prouve que je ne suis pas du tout le malvenu dans les parages. J’observe mes doigts l’effleurer, passer sur son prépuce, puis descendre sur ses boules. Il continue de grossir dans ma main, et c’est fou comme ça m’excite. Qui aurait cru un truc pareil ? Je suis vraiment, mais vraiment séduit par tout ça.

Ses baisers virils, sa main rugueuse, sa queue contre la mienne tout à l’heure… Je n’ai jamais pris un tel pied. Mais il n’y a pas que le physique dans cette alchimie. Il y a nos deux âmes. Si j’avais peur que nos corps ne s’emboîtent pas au début, je peux affirmer sans peur de me tromper que nous, nos deux personnalités, nos esprits, nos cœurs, tout en nous s’emboîte parfaitement.

Il soupire en balançant langoureusement son bassin contre ma main et me sort de ma rêverie.

– Jared, qu’est-ce que tu fais ?

– J’apprends. Je me suis fixé un objectif, tout à l’heure, assis sur les chiottes.

Je presse un peu plus mes doigts sur son sexe. Il ferme discrètement les yeux en se mordant la lèvre avant de demander :

– Quel objectif ?

– Je veux te branler tellement bien que tu ne voudras plus jamais le faire tout seul. Fini la branlette en solitaire, Jared le merveilleux est arrivé dans ta vie !

Il éclate de rire.

– T’as vraiment un pète au casque !

– Possible. Mais je ne veux pas que tu puisses te passer de moi. J’ai envie de te rendre le plaisir que tu m’as donné tout à l’heure. Parce que moi, après ça, j’aurais du mal à retourner à la branlette en solitaire !

Il secoue la tête en riant avant de tirer sur sa clope.

– Complètement allumé !

Nous discutons tranquillement pendant mon expérience hautement instructive à laquelle il se prête sans broncher. Je trouve ça sensuel et très excitant… Je commence à me déhancher contre sa cuisse, l’air de rien. Il fume une taffe.

– J’ai pas compris ton histoire de taxi, au fait. La voiture de Julia n’est pas garée au pub ?

– Si, mais j’avais mis les clés dans le sac de Mélanie. Je dois aller les récupérer.

– Ah OK…

J’embrasse sa joue puis pose ma tête sur sa poitrine, à côté du cendrier en me concentrant sur ma main qui l’enveloppe toujours. Je regroupe mes efforts sur son gland, son ventre se contracte. Je note. Il est comme moi là-dessus.

– Je peux te poser une question ?

Il hoche la tête.

– Vas-y.

– Tu as toujours été gay ? Tu t’es déjà tapé une nana ?

Je referme ma poigne plus solidement et augmente l’amplitude de mes gestes. Il gémit le plus discrètement possible. Je note aussi.

– Non, jamais de nana.

– Pourquoi ?

Il me jette un regard surpris en faisant tomber sa cendre dans le cendrier.

– Parce que je suis gay !

Je m’esclaffe.

– Oui, mais avant de savoir que tu étais gay ?

J’accélère mes mouvements. Il écarte légèrement les cuisses en se déhanchant.

– J’ai toujours su que j’étais homo.

– Ah oui ? Ton premier mec, c’était à quel âge ?

Je change de position, me redresse légèrement, pour libérer ma seconde main qui va presser ses bourses pendant que mes doigts harcèlent toujours son membre. Il hoquette de surprise en se cambrant.

– Bordel, Jared !

– Quoi ?

Il souffle en essayant de rester stoïque.

– Je sais pas, moi… 15 ans ?

– C’était qui ? Tu te souviens de son prénom ?

J’accélère mes mouvements, resserre encore l’étau de mes doigts. Je suis hypnotisé par sa bite, douce et dure, plus épaisse que la mienne, qui réagit magnifiquement à mes attentions. Un râle lui échappe alors qu’il écrase sa clope.

– Oh, putain, continue.

– Alors, Corey ? Son nom ?

Ses mains agrippent ma tête en urgence.

– Je… je ne sais plus. Bordel !

Ma queue, à moi, bande contre sa jambe. Mais ce n’est pas important. Je me fous de moi et de mes besoins. De toute manière, j’ai pris un tel pied tout à l’heure que j’ai de la réserve. Et je veux voir son plaisir à lui.

Il pose son cendrier sur le chevet en tremblant et se cambre à nouveau. Ma main le caresse fermement, l’autre presse ses boules de plus en plus fort, comme je le ferais pour moi.

Cette fois, il râle sans discontinuer. Son corps se tord de plaisir, il pose son bras sur ses yeux, son autre main tire mes cheveux dans des gestes désordonnés.

– Bordel de putain de merde ! Jared ! Arrête pas surtout…

J’accélère et titille son prépuce. Son corps se met à trembler, son bras quitte ses yeux pour se propulser violemment contre le matelas.

Il explose en criant :

– Ouiii ! Nicolas !

Il relève le buste d’extase et éjacule avec puissance dans ma main. Puis se laisse choir sur le matelas, sans vie. Il m’attire contre lui et m’embrasse voracement. J’adore ses baisers, j’adore sa barbe qui frotte ma peau et mes lèvres, j’adore tout ce qui fait sa différence par rapport aux autres. Il est mon unique.

Je m’écarte doucement.

– Alors, tu te branleras en solo, après ça ?

Il sourit en caressant ma joue.

– Je sais pas…

Sa main descend sur mon ventre.

– J’ai besoin de ton avis… Est-ce que je devrais mettre une croix sur ça, d’après toi ?

Ses doigts entourent ma bite et il m’offre un bon aperçu du plaisir qu’il sait se donner en solo… Tout ce que je peux dire c’est que :

1° Il s’éclate bien tout seul, l’enfoiré ! Je suis jaloux !

2° Nous devons reprendre une douche.

3° Je suis à la bourre pour le déjeuner chez Julia, auquel il ne veut pas participer, et je comprends tout à fait.

***

C’est l’esprit totalement embrumé que je me rends chez Julia, récupère les clés de sa voiture, reprends mon taxi, récupère le véhicule et retourne chez Julia. Ou, comment perdre une heure pour rien.

Tout le monde est à table quand j’arrive enfin pour déjeuner. Je n’arrive pas à suivre les conversations. Les enfants me parlent, mais je réponds à côté, voir, je ne réponds même pas, je n’entends pas. Je suis tellement loin dans mon petit paradis personnel que j’oublie de manger. Je parle anglais aux enfants, aussi. Je sers même un verre de vin à Timothée, 5 ans. Complètement à l’ouest. En tout cas, tout le monde se fout de moi, ça anime le repas.

Tout le monde, sauf Mélanie. J’aide Julia à nettoyer la cuisine après le déjeuner puis pars retrouver ma douce Mélanie, qui m’attend, assise sur son lit, les genoux sous le menton. Elle me sourit tristement lorsque je m’installe en face d’elle, au pied du matelas, adossé au cadre de lit. Elle ne passe pas par quatre chemins.

– Tu étais avec lui, cette nuit ?

Je pince les lèvres et hoche la tête. Elle pose sa joue sur ses genoux.

– Alors ça y est ? Le beau Nicolas Vauchel s’envole loin de moi cette fois ?

Je redescends de mon nuage à une vitesse fracassante. Dans mon petit paradis personnel, je n’avais pas anticipé ce qui, pourtant était d’une évidence presque aveuglante. Je tends une main vers elle.

– Mélanie…

Elle secoue la tête.

– Non, Nic, c’est bon. Tu n’as pas à t’en vouloir.

– Je suis un connard. Je m’en veux, tu sais, mais Corey…

– Corey, ou un autre, Nic, c’est pareil.

– Justement non…

Elle redresse la tête. Et sourit.

– Je suis contente pour toi, Nicolas.

– Arrête.

– Si, vraiment… Pour tout te dire, cela fait quelques années que je me demande si tu ne me mens pas et que tu n’as pas de relation sérieuse cachée. Parce que quatre ans loin l’un de l’autre, Nic, c’est presque surhumain, quand on sait dans quel milieu tu évolues. Mais non, tu n’as rien fait de tel. Je le sais maintenant. Parce que comme je te vois là, et hier, je sais que tu n’aurais jamais pu me cacher un truc pareil.

Je hausse les épaules.

– Je n’ai jamais cherché à le faire.

– Je sais. Mais tu sais… Enfin, Corey est un homme et…

– Pas vraiment…

Elle écarquille les yeux…

– Comment ça ? Il est trans ?

J’éclate de rire.

– Non ! Mais non… je veux dire que ce n’est pas parce que c’est un homme qu’il m’attire. Il y a une connexion entre nous… Quand nous jouons c’est…

– J’ai vu au concert. C’est là que j’ai compris. Il y avait comme… Je ne sais pas comment te dire, mais vraiment vous étiez unis sur scène. Vous étiez tellement profonds que je me suis sentie de trop.

Je baisse la tête.

– Désolé.

– Non… Je ne veux pas me battre contre ça. Et je ne veux même pas essayer de le détruire. Tu étais tellement perdu avant. Tu m’appelais à toute heure, tu avais besoin que je te réconforte. Et je le faisais parce que je t’aime. Et je me disais que tu irais mieux quand je serais à tes côtés enfin je l’espérais, avec pas mal d’appréhension. Mais là, Nicolas, tu as l’air tellement… heureux… tes yeux brillent, tu es léger, tu n’attends pas de recevoir notre assentiment pour tout et n’importe quoi… Je ne suis là que depuis hier, et déjà, ça crève les yeux… Et tu sais quoi ? Tu veux savoir ce que je ressens par rapport à tout ça ?

– Oui.

– Je suis soulagée. Parce que plus ça allait, plus j’avais peur de ne pas avoir les épaules assez larges pour cette responsabilité. Alors que lui… Il t’envoie chier à longueur de temps, et ça te convient. Ça te rebooste. Et je ne suis pas la seule à l’avoir vu, Paul m’en a parlé, lui aussi.

– Paul ?

– Oui. Il te connaît presque autant que moi, tu sais bien. Et il m’a dit que cette semaine, tu étais réellement épanoui, que tu passais pourtant ton temps uniquement à jouer ou à t’engueuler avec Corey, et qu’il ne te reconnaissait pas.

– Mouais. Il a quand même essayé de se taper Corey ! Tu parles d’un ami !

Elle éclate de rire.

– Il voulait juste te faire flipper ! Il a bien été intéressé par Corey, oui, mais à peine une journée ! Quand il a vu votre relation, il a laissé tomber direct ! Mais pour le fun, il a continué à te faire enrager…

– L’immonde connard !

– Oui… mais avoue que c’est drôle !

– Oui. Pas faux. Alors, tu ne m’en veux pas ? Tu m’aimes toujours ?

Elle déplie ses genoux et tapote sur ses cuisses. Je m’allonge sur le lit et pose ma tête à l’endroit qui est mien depuis toujours. Elle passe ses doigts dans mes cheveux.

– Oui je t’en veux. Parce que je t’aime toujours. Et c’est aussi parce que je t’aime, justement, que je ne peux pas t’en vouloir. Parce que, depuis que je t’ai rencontré, avec ta morve au nez et tes ongles sales, depuis ce jour, Nicolas, tu as toujours été adorable. Mais tu étais aussi haineux contre la terre entière, contre ta mère et les femmes, et tu avais peur de tout, surtout de toi, tu recherchais la force chez les autres pour tenir debout. Tes yeux noirs étaient juste noirs. Aujourd’hui, ils sont lumineux, vivants… Et tu n’as plus peur. Comment pourrais-je t’en vouloir d’avoir choisi celui qui te rend encore plus beau ? Même si je t’avoue que mon cœur est brisé. Mais soyons honnête… Comment aurais-je pu supplanter une queue, montée sur un aussi beau mec ? Je n’ai pas les atouts nécessaires pour ça…

– Je suis désolé.

– Ne le sois pas… Sois heureux, c’est tout… Je tâcherai de faire de même… loin de toi. C’est moi qui suis désolée de ne pas avoir pu être celle pour qui ces yeux étincellent autant…

Elle se met à sangloter. Je me redresse.

– Mélanie…

Elle secoue la tête en repoussant ma main qui essuie sa joue.

– Non, Nic, s’il te plaît. Pars. J’ai besoin d’être seule. Va le retrouver… Tu as mon consentement. Ne me demande pas plus.

– Tu es sûre ?

– Oui… Allez, dégage ! Va mettre le monde à tes pieds, Jared le magnifique ! Fais ça pour moi…

J’embrasse sa joue, récupère mes affaires qui traînent et disparais de sa chambre. De son cœur. De sa vie. Putain. Ma vie sans Mélanie. Ma maison n’a plus que deux murs. Je retiens tout ce qui naît en moi pour aller embrasser Julia et les enfants. Je laisse un chèque sur la table de la cuisine, une grosse partie de mon cachet reçu pour la tournée des Dolls. Mais comme d’habitude, je m’attends à ce qu’il ne soit jamais débité. Julia n’accepte jamais mon aide financière. Alors maintenant que je ne suis plus le fiancé de sa fille… Aucune chance !

Je m’attends, sans trop m’avancer je pense, à ce qu’un second mur de la maison Nicolas s’effondre très bientôt. Mais pour le moment, je ne m’attarde pas sur le sujet avec elle. Je ne pourrais pas l’endurer. Je préfère échelonner les catastrophes.

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