MM Play With Fire

Marie HJ · Chapitre 46 sur 58

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MM Play With Fire

Chapitre 45

 

 

Corey

Deux heures auparavant

– Il faut que je te parle, Corey.

– Vas-y.

Josh jette un œil autour de lui.

– Je peux entrer ?

– Josh, c’est ma chambre. Celle que je partage avec Nicolas, enfin Jared. Alors je veux bien faire copain-copain, mais pas à ce point. S’il revient, ou autre, même si tout est très clair maintenant, je ne veux pas lui causer le moindre trouble. Désolé.

Il soupire.

– Je sais, mais là, c’est important. Je ne te le demanderais pas sinon.

Il a l’air sérieux.

– Et c’est justement à propos de Jared, ajoute-t-il. Je t’en prie, Corey, on n’a pas la journée non plus, je dois partir pour la salle dans deux heures.

– OK, entre. Tu as dix minutes.

J’ai confiance en Josh, mais jusqu’à une certaine limite. Il reste le frère de Derek, un mec pourri jusqu’à l’os, et seule notre enfance joue en sa faveur et lui permet de rester dans la case « pote ». J’ouvre la porte, il entre et se plante au milieu de la chambre.

Je m’adosse au mur en croisant les bras.

– Je t’écoute ?

Il sort de sa poche son téléphone portable.

– Il faut que tu voies ça. C’était dans le téléphone de Derek. Je me le suis transféré. Je précise que je viens d’en prendre connaissance. Je n’y suis pour rien.

Il me tend l’appareil sur lequel est affichée une vidéo. Je la mets en route. Et je me liquéfie. On y voit, relativement clairement, Nicolas et moi dans une douche. Nicolas est à genoux devant moi et me suce comme un affamé. Je prononce même son nom. La paroi embuée de la cabine rend le tout assez flou, mais il n’y a pas de doute à avoir, n’importe qui pourrait nous reconnaître, je m’agrippe à la paroi, et du coup l’essuie au passage avec ma paume, ce qui rend le tout très très explicite. Je ne regarde pas jusqu’à la fin. J’essaye de garder mon calme. Mais c’est la catastrophe en réalité. Surtout si cette vidéo est entre les mains des Pussy.

– Putain, bandes d’enfoirés. Pourquoi vous faites un truc pareil, bande de connards ?

Josh lève les mains en signe de paix.

– Je n’y suis pour rien, Corey, je te l’ai dit, je viens de la découvrir. Derek trouvait que je te parlais trop, alors il a voulu me faire mal, il me l’a montrée.

– Putain !

Je balance le téléphone sur le lit en me retenant d’exploser un mur ou deux.

– Mais s’il n’y avait que ça, je ne t’en aurais pas parlé. Il y a plus grave, Corey.

– Qu’est-ce qui pourrait être plus grave, bordel ?

– Derek est de mèche avec Marcus. Ils vont la publier sur les réseaux sociaux. Avec l’interview que fait Jared en ce moment même, ils veulent attendre quelques heures et lancer cette merde derrière.

La rage s’empare de moi.

– QUOI ?

– Tu as bien entendu ! La tournée perd de la vitesse, et Marcus remue ciel et terre pour la relancer. Et Derek lui a filé ce truc ce matin.

– Mais pourquoi il ferait ça ? Derek déteste les Dolls ! Pourquoi il attirerait le buzz ?

– Parce qu’il est convaincu que Marcus se trompe, et que ça dégoûtera les gens ! Que ça enterrera les Dolls. Tu le connais, il est certain que le monde entier est comme lui, réfractaire à la communauté homo. Et Marcus, lui, pense que le buzz, qu’il soit négatif ou pas, fera vendre.

– Mais ils pensent deux minutes à Nicolas ? Tu as vu la position qu’il a ? Un truc pareil va le tuer, bordel ! Moi, je m’en fous, c’est passé, et même les photos de la ruelle ne me montraient pas à quatre pattes le cul à l’air avec une bite dans la bouche ! Bordel de merde !

Il soupire.

– Corey, merde, ne me dis pas que tu es aussi naïf… Ils s’en foutent. Ils manipulent, c’est tout ! Marcus prend le risque parce que les Pussy sont ses potes depuis toujours, et Derek joue de ça aussi. Ce sont des potes !

Je m’assieds sur le lit.

– Il faut arrêter ce truc. Je vais aller voir Marcus.

– Derek la postera quand même ! J’ai essayé de le dissuader, mais il n’a pas fléchi. Il le fera, Corey.

Tout se mélange dans ma tête. Je sais que son frère est un connard haineux, jaloux et malsain. Je sais qu’il a raison.

– Mais putain, comment il a fait pour avoir cette vidéo ?

Josh baisse les yeux.

– Quoi ?

– M’en veux pas, j’avais la possibilité de l’arrêter, mais Jared t’a appelé bébé, et j’ai vu rouge. Alors j’ai laissé faire. Parce que je vous haïssais tous les deux. Il vivait avec toi ce que moi, je voulais vivre. Encore maintenant.

– Bon, abrège !

– Le jour de notre arrivée à Paris, tu étais sous la douche, et Jared a forcé le verrou avec un canif. Et il est entré. Et resté longtemps. Derek a écouté votre conversation, l’oreille collée à la porte. Puis il a chopé un couteau, et il a ouvert la porte. Vous n’avez rien entendu à première vue.

Je ferme les yeux.

– Putain ! Mais quelle espèce de sale enculé !

– C’est clair. J’ai honte, Corey.

– Il faut qu’on trouve une solution. Je ne peux pas laisser cette vidéo sortir ! C’est impossible.

Il baisse la tête.

– J’ai la solution.

– Je t’écoute ?

Il essuie ses mains sur son jean.

– Le seul moyen de pression que tu peux avoir sur Derek, c’est moi. Il faut le faire chanter. On n’a pas le choix. Lorsqu’il m’a reconnu sur ces photos dans la ruelle, il était comme fou. Je pense qu’il aurait même pu tuer si ça pouvait sauver l’honneur de la famille. Il réagira de la même manière aujourd’hui.

– Et donc ?

Il soupire.

– Et donc, on va faire une fausse vidéo. Qui me montre en train de te sucer, ou que tu fasses semblant de me prendre, peu importe, un truc visuellement fort, et tu vas le menacer de rendre la vidéo publique si l’autre l’est. Et tu envoies aussi à Marcus.

Je l’observe. Confiance ? Pas confiance ? Il pourrait se servir d’une telle vidéo pour me faire chanter moi, vis-à-vis de Nicolas.

– Et pourquoi tu ferais un truc pareil ? Je ne vois pas trop ton intérêt dans cette histoire.

Il s’allonge sur le matelas derrière lui.

– Parce que je n’en peux plus, Corey. Pour pleins de raisons, en fait. Déjà parce que je te le dois. Je t’ai laissé te démerder pour un truc que nous avions fait tous les deux. J’ai besoin de me soulager la conscience. Et comme je ne peux rien effacer de ce que j’ai fait, alors je peux peut-être faire autre chose. Et tu as l’air heureux avec ce type. Ça me tue, mais j’ai suffisamment été égoïste en ce qui te concerne. Et puis aussi… J’en ai marre des Pussy. Mais je suis une lavette. Une tarlouze comme m’appelle Derek. Je n’ai pas les couilles de partir, parce que je ne sais pas quoi faire d’autre. Mais je sais que Derek, et les deux autres glands, me tuent à petit feu. Ils sont tellement cons, si tu savais. Le succès a accentué par mille leur côté intolérant. Ils se prennent pour des dieux, traitent les gens de couleurs de bougnoules ouvertement parfois, sont odieux avec les fans. J’ai de plus en plus honte d’être assimilé à ces types. Alors avec un peu de chance, une vidéo bien porno de leur chanteur les poussera peut-être à me virer. Et aussi, j’en ai marre de jouer au parfait hétéro juste pour leurs sales gueules. J’ai envie de vivre pour moi. Enfin, voilà, pour les grandes lignes.

Je l’observe.

– Et qui me dit que ce n’est pas pour pousser Nicolas loin de moi ? Que tu ne vas pas aller lui montrer cette vidéo ?

Il hausse les épaules.

– Eh bien ne me la donne pas. Je m’en tape. Tu la fais sur ton téléphone, tu l’envoies à Derek et Marcus, et basta. Derek ne me la donnera certainement pas et Marcus n’aurait aucun intérêt à faire un truc pareil non plus. Et puis, tu peux le prévenir, aussi. Il peut être là, même prendre la vidéo si tu veux. Je ne te demande pas de baiser avec toi, Corey. Même si, si d’aventure tu changeais d’avis sur nous, je réviserais sans doute cette affirmation. Mais pour le moment, le but est autrement plus important il me semble.

Je réfléchis. Il ne semble pas y avoir de piège. Attendre que Nicolas rentre, lui expliquer. Mais non, il ira casser la gueule à tout le monde. Et surtout, attendre qu’il rentre signifie diminuer notre champ de manœuvre au niveau du temps. Et enfin, même avec un caleçon, il n’acceptera jamais ce cinéma. Jamais.

– Qui pourrait prendre la vidéo ?

– Tu connais quelqu’un de confiance ?

Les deux seules personnes que je vois, sont Lewis et Chica. Ils nous ont soutenus la dernière fois contre Marcus. Lewis devant déjà être à la salle, le choix est rapide. Je lui envoie un message.

– Tu me confirmes qu’il n’y a pas de plan tordu, Josh ?

– Je te promets, Corey. Au nom de tout ce que nous avons connu. Toutes nos années. Je ne te ferai plus jamais de mal, Corey. Je me sens déjà coupable pour tant de choses. Si je t’avais soutenu, Bryan n’aurait pas…

Je ferme les yeux.

– Ce n’est pas ta faute si mon frère est un con. Oublie ça !

Chica me répond qu’elle arrive. J’appelle Nicolas. Messagerie.

– Hello. Peux-tu me rappeler, c’est urgent… Il se passe un truc… Je n’ai pas le temps de trop t’expliquer sur une boîte vocale, mais je voudrais ton accord. Rappelle-moi.

Chica arrive dans la chambre. Josh lui explique la situation. Elle est outrée.

– Clair que je vous aide à contrer ce fils de pute ! Et permets-moi de te dire, Josh, que ton frère est une pourriture !

Josh lui répond. J’appelle une nouvelle fois Nicolas.

– Hello ? Merde, je voulais te dire, Nicolas. Je ne peux pas attendre trop longtemps, Réponds s’il te plaît.

Nous mettons en place le plan. Si nous simulons une pénétration, je devrais virer mon caleçon et celui de Josh devra disparaître également. Donc contact. Donc non. Pour la pipe, C’est sans doute plus jouable. Chica se prend au jeu.

– Alors, regarde, si on froisse les draps, juste là, on voit que ton jean est baissé, mais on ne voit pas ton caleçon. On n’a peut-être pas besoin de faire un gros plan sur la pipe du siècle non plus !

Je m’esclaffe.

– Non, c’est clair !

– OK, alors…

Elle repart dans ses explications. J’appelle une nouvelle fois et laisse un autre message à mon homme, me sentant minable.

– Nicolas, je sais que tu dois être en interview, alors voilà. Derek et Marcus veulent faire un buzz sur une vidéo de nous, très compromettante. Et ça, juste après la diffusion de ton interview sur le Net. Je n’ai pas le temps de t’attendre. Je sais que tu serais très réticent, mais je n’ai pas vraiment le temps de trouver autre chose pour nous défendre. Ce ne sera que du factice. Et Chica est là, enfin voilà… Je considère que tu me fais confiance. Je le fais pour nous. Et pour toi. Je t’expliquerai.

Je raccroche.

Chica me tire sur le lit.

– Bon alors, toi, ici, et pose un oreiller sur ta tête, le but c’est de montrer Josh si on peut éviter de te mettre encore une fois au premier plan, ce serait intéressant, non ?

– Effectivement.

– Nous sommes bien d’accord. Toi, Josh, en position. Voilà, comme ça. Corey, n’oublie pas de dire le nom de Josh bien distinctement. Attendez… je me place… Voilà… C’est parti…

Je ne vois rien. Je sens juste la chaleur de Josh entre mes jambes. Je préfère avoir cet oreiller sur la tête. Ce que nous faisons est ridicule et avilissant. Voilà où la haine de Derek et l’appât du gain de Marcus nous amènent. Mais si c’est pour leur faire fermer leurs gueules une bonne fois pour toutes, ça vaut le coup. Chica grogne.

– Bon, Corey, je sais que c’est pas l’extase, mais tu pourrais pas paraître, je sais pas, un minimum concerné ?

– Comment ça ?

– Je sais pas, bouge un peu comme tu fais quand on te suce… Et attrape-lui la tête, enfin un truc quoi ! Vous êtes aussi sensuels que des loutres sur une banquise !

Josh rajoute.

– Et tu voudrais pas bander un peu ?

Je vire l’oreiller de mes yeux pour le toiser.

– Pourquoi je banderais ?

– Pour mon ego. Simplement pour mon ego.

Il me sourit malicieusement. Je me rallonge.

– OK pour bouger, gémir et t’attraper les tifs. Pour la gaule, désolé, mais c’est elle qui décide, je ne vais pas te l’apprendre. Et à première vue, elle n’en a pas envie.

– Sympa !

Je me retiens de rire alors que je tends la main dans le vide pour attraper ses cheveux. Si Nicolas voyait que même avec la tête contre ma bite, mon ex ne me fait même pas bander… Je crois qu’il serait trop content.

Cette fois, nous réussissons la prise. Chica fait durer. Jusqu’à ce qu’une voix bien connue vienne me ramener à la réalité et me tétanise d’effroi.

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