MM Play With Fire

Marie HJ · Chapitre 42 sur 58

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MM Play With Fire

Chapitre 41

 

Corey

Nicolas s’étire en bâillant.

– Tu viens avec moi ?

Je lève un sourcil, blotti sous la couette.

– Tu m’as bien regardé ? Je ne bouge pas une seule oreille avant midi.

– T’as pas besoin de bouger les oreilles ! Ton cul suffira !

– Mon cul et mes oreilles restent dans ce lit.

Ses mains se faufilent sous la couette et viennent peloter mes fesses.

– Ah oui ? C’est une invitation ?

Je me tortille pour lui échapper.

– Nicolas, tu as rendez-vous dans moins de trente minutes. Si tu arrives en retard à cause de moi, je m’en voudrais. J’aime bien Mélanie, malgré tout. Et j’adore Julia.

Mélanie l’a appelé hier pour lui demander s’ils pouvaient se voir avec sa mère qui a pris quelques jours pour venir s’occuper d’elle à Paris. Il leur a offert des places pour le concert de ce soir, et elles ont dit qu’elles viendraient. Il le cache un peu, mais je sais qu’il est content comme tout. Mais moi, je ne me vois pas encore débarquer en face de Mélanie. Ce n’est pas ma place. Quand il m’assurera que tout est cool, alors, j’y repenserai. Mais pour l’instant, je n’ai pas l’énergie, ni l’envie, pour affronter tout ça. Donc, il a la permission de dix-neuf heures aujourd’hui.

Il se décide à se lever, et après m’avoir piqué, comme tous les jours, dans l’ordre, mon gel douche, déo, parfum, un caleçon, des chaussettes, mon keffieh et mes lunettes de soleil, il m’embrasse et disparaît. Je me rendors, comme annoncé, jusqu’à midi. Une grasse matinée, c’est loin d’être courant quand Nicolas Vauchel squatte mon lit.

Après avoir mangé rapidement, je me rends à la salle pour gratter un peu et vérifier l’installation de la scène. Je suis toujours plus ou moins en charge du staff, même si Lee a pris du galon depuis mon entrée chez les Dolls. Les Pussy répètent encore, depuis le matin, sûrement, comme hier. Lewis avait raison, ils sont en fin de vie. Ça me fait mal. Parce que je suis l’un des fondateurs de ce groupe malgré tout. Mais en deux jours j’ai vu ce qu’ils sont devenus. Des enfoirés condescendants, traitant mal les roadies, buvant bières sur bières, se traitant comme de la merde, même entre eux. Leur déclin est visible au premier coup d’œil. Tant pis pour eux. Ils ne méritent pas mieux, de toute manière. Sauf peut-être Josh. Enfin, je ne sais pas. Il reste en retrait par rapport à eux. J’ai l’impression qu’il se fait chier. Mais il l’a choisi. Faites semblant d’être un autre, et votre vie ne vous comblera pas. C’est évident. Bref, depuis leur arrivée, j’évite le sujet Josh. Parce que je ne sais pas quoi penser. Et je n’ai pas envie d’y penser non plus. Nicolas est tellement… tout. Dès qu’il apparaît, plu personne n’existe. Le problème, c’est quand il n’est pas là.

Comme tout de suite. Alors que je me suis prostré dans la loge avec ma gratte acoustique et que je rejoue certains morceaux des Dolls en essayant de les adapter au son unplugged, la porte s’ouvre sur Josh. Puis se referme. Il s’y adosse.

– Salut.

Je me fends d’un signe de tête en rejouant un accord une tonalité au-dessous pour voir comment il sonne. Il s’approche de moi.

– On peut parler maintenant ?

Je daigne lever les yeux vers lui. Ses cheveux blonds en vrac, un jean déchiré ultra moulant, un marcel à la Jared sur le dos, il est mortel. Comme d’habitude. Certaines choses ne changent pas. Je grimace.

– T’as adopté le marcel coupé dans les T-shirt ?

Il hausse les épaules.

– Ça à l’air de te plaire, alors pourquoi pas.

Je lève les yeux au ciel.

– Ça me plaît, oui. Sur Jared. Parce que lui, il est vrai. Donc il porte pour lui. Pas pour plaire. Contrairement à certains qui se sont oubliés en route.

Il baisse les yeux.

– Ouille ! Je suppose que je le mérite…

Je hausse les épaules en replongeant sur mes accords. Il soupire.

– Corey ! J’ai besoin de te parler. Est-ce qu’on ne pourrait pas… enterrer la hache de guerre ?

– Pour quoi faire ? Qu’est-ce que ça m’apporterait, exactement ? Va plutôt retrouver ton abruti de frère homophobe, raciste et j’en passe. C’est bien avec lui que tu voulais être, non ?

– Non ! Enfin oui. Mais je me suis trompé.

– Dommage pour toi.

Il s’énerve.

– Pourquoi tu es agressif, putain ! Je viens pour arranger les choses et…

Je saute sur mes pieds et avance vers lui, la guitare à la main, pendant qu’il recule.

– Agressif ? Tu me trouves agressif ? Mais je devrais t’emplafonner la tronche espèce de connard ! Qu’est-ce que tu crois ? Que tu vas revenir là avec ta belle gueule, en t’habillant comme mon mec et que je vais t’ouvrir les bras, la bite en fleur, en oubliant tout le reste ? Cinq ans ! Cinq ans que je me dis que je te déteste, que je ressasse dans tous les sens la manière dont tu m’as trahi, envoyé à la benne sans même un remords, rien ! Tu les as laissés croire que j’étais le seul du groupe dans cette putain de ruelle ! Jamais tu n’as levé un petit doigt pour prendre ma défense, pour annoncer à ton frère et aux autres que tu m’aimais ! Que je ne t’avais pas forcé à quoi que ce soit ! Tu te rends compte comment ça fait mal, ça ? Tu imagines ce qui s’est cassé en moi, quand l’homme à qui j’avais tout donné a pris mon putain de cœur et l’a balancé aux ordures sans se retourner ? Tu crois quoi, putain, Josh !

Je l’ai maintenant acculé dans l’angle de la pièce. Ses yeux verts magnifiques brillent, m’envoient une supplique que je ne peux ignorer. Parce que déjà, je ne l’ai pas frappé comme j’aurais dû le faire, parce que j’en suis incapable. Et parce qu’il représente tellement pour moi. On peut détester quelqu’un, mais les bons souvenirs ne s’effacent pas pour autant. Sa voix tremble lorsqu’il me répond.

– J’ai voulu t’appeler, Corey. Mon frère m’en a empêché. J’ai tenu une semaine. Puis je suis allé chez toi. Mais tu étais parti. Sans laisser d’adresse. Téléphone coupé. Comment voulais-tu que je fasse ? Je t’aimais, putain ! J’ai failli en crever de t’avoir perdu. Corey !

Il pose ses mains sur mes joues.

– Dis-moi que tu comprends. Dis-moi que peut-être le destin a bien fait les choses en nous regroupant sur cette tournée.

Je n’arrive pas à lui échapper. Les souvenirs qu’il fait rejaillir avec ses yeux ensorcelants, ses mains plus douces que les miennes, je… je sais que la haine est trop proche de l’amour, et qu’en ce moment, tout se touche, les frontières s’effacent, se déplacent de minutes en minutes. Je ne pensais même pas à lui ce matin, alors que Nicolas balançait mes caleçons à travers la chambre pour en trouver un assorti à son T-shirt. Et maintenant je laisse ses mains me caresser les joues. Il a toujours eu cet effet sur moi. Mais je ne sais pas. Putain, je ne sais plus rien ! Avait-il le choix à cette époque ? J’en ai fait un différent du sien et ça m’a donné quoi ? Rien de bon. Et il n’est pas responsable de ce que Bryan a fait. Il n’est certainement même pas au courant. Comme à la grande époque, il lit au fond de moi.

– Pourquoi es-tu parti, Corey ? Je ne peux pas croire que tu te sois isolé de tous juste à cause de moi. Bryan n’a rien voulu me dire, et ta mère non plus. Vous vous êtes fâchés ?

Je ferme les yeux. Il arrive trop tard. À l’époque, je priais tous les soirs pour retrouver ses bras, pour qu’il me console. Je l’aimais comme un fou, il m’avait brisé le cœur, mais ce couillon d’organe arrivait encore à battre pour lui. Et même si je m’étais isolé, sans laisser d’adresse, je l’imaginais frappant à ma porte, je lui en voulais d’être absent, alors que peut-être, il me cherchait au même moment. Quand plus personne ne s’inquiète de vous, quand la tristesse ou la mort vous paraissent les seules alternatives à la souffrance atroce d’une âme violée dans tous les sens, alors l’absence des bras tant attendus devient insupportable.

Il se rapproche de moi. Celui qui a été mon âme sœur, celui qui connaît tout de moi. Même ma tronche avec un appareil dentaire. Et aujourd’hui, alors que je l’ai pleuré tant de fois, il se tient là, à m’offrir tout ce qui m’a manqué pendant des années. Ses mains passent dans ma nuque.

– C’est réellement moi que tu as fui ?

Je secoue la tête.

– Non.

– Qu’est-ce qui s’est passé ?

Il ramène à moi tellement de maux que je m’efforce d’oublier. Mes larmes montent sans que je n’arrive à endiguer quoi que ce soit. Il fronce les sourcils.

– Corey ! Il t’a fait du mal ? C’est ton frère ? Il avait l’air tellement haineux quand il m’a parlé de toi ce jour-là. Dis-moi qu’il ne t’a rien fait.

Je hausse les épaules.

– Lui, non. Mais ses potes.

Je lève les yeux vers le plafond pour empêcher les larmes de couler.

– Quoi ses potes ? Corey, dis-moi !

Il est sincèrement affolé. Je secoue la tête.

– Ils ont voulu me faire passer l’envie de prendre des bites dans le cul, pour résumer.

Il reste interdit.

– Ils ne t’ont pas…

Je baisse les yeux.

– Oh, putain ! Bébé !

Oui, Jared m’appelle comme Josh m’appelait. Drôlement ironique ce putain de destin, non ? Un chanteur qui m’appelle bébé… Les bras de Josh m’entourent sans que je ne puisse les repousser. Il me serre fort.

– Je suis désolé, Corey, tellement désolé ! Je n’aurais jamais dû douter, j’aurais dû être là, partir avec toi ! Je t’ai laissé seul, alors que tu étais ma vie, mon bébé. Tu l’es toujours, si tu savais comme je ne pense qu’à toi. Au moins une fois par jour, dans les meilleurs des cas. Putain Corey, je suis tellement, tellement désolé. Si tu me le demandes aujourd’hui, je quitte tout, je te promets.

Il embrasse ma joue, ma tempe, sa main caresse mon dos.

– Reviens-moi, bébé. Demande-moi de tout plaquer. Demande, je t’en prie. Dis-moi que je ne t’ai pas aimé en vain durant toutes ces années.

Je ferme les yeux et me laisse envelopper. Par ces bras que j’attends depuis tant d’années. Je sens ses doigts presser les points de mon dos douloureux, comme s’ils m’avaient fait eux-mêmes, sans aucune hésitation. J’entends cette voix prononcer les mots que j’ai fantasmés tant de fois, seul, dans mon studio miteux à San Diego, enseveli dans le silence qui me matraquait le cœur sans cesse. Je pose mes lèvres sur les siennes. Je les effleure juste. Il se fige, en attente. Son cœur contre mon torse bat à s’en décrocher. Ses yeux me supplient. Je presse mes lèvres un peu plus. Mais il n’aura pas plus. Aucun frisson. Rien. Aucun réconfort. Toute ma peine, tous mes maux ont déjà été effacés. Mon cœur a déjà été reconstruit. Il arrive trop tard. Je comprends qu’il n’ait pas pu arriver avant. C’est en partie ma faute. Mais de toutes les manières, il n’est plus celui que j’attends.

Je m’extirpe de ses bras, le cœur lourd. Je caresse sa joue, pour en garder le souvenir précis. De celui qui m’a aimé alors que je le pensais perdu. De celui qui m’a aidé à grandir, m’a brisé, et qui n’était pas au rendez-vous pour me construire. Mais de celui que j’aime aussi. D’un amour de pote. De cet amour que créaient les bons souvenirs et l’intimité. Mais pas de l’amour qui fracasse le cœur. Pas de l’amour qui fait planer. Pas de l’amour que je porte à Jared.

– Je suis désolé, Josh. Je ne t’en veux de rien. Mais je ne t’aime pas comme ça.

Il baisse les yeux en s’affalant contre le mur derrière lui. Je le laisse et vais retrouver ma guitare. Je joue un des airs que nous adorions jouer avant. Une vieille ballade que j’avais écrite dans les champs autour de chez moi alors que nous rêvions de gloire. Il écoute un long moment, puis prend une chaise, s’assied en face de moi et chante ces vieilles paroles qui étaient les nôtres. Et j’ai la confirmation. Pas de bulle. Pas de frisson. Rien. Juste un élan nostalgique. Rien de plus. Nous enchaînons, les morceaux. Rien. Juste un mec qui chante sur ma musique. Merveilleusement, certes, mais ça s’arrête là. Et ça s’arrête là, d’ailleurs.

Jared ouvre la porte de la loge avec fracas, avec deux heures d’avance. Il plisse les yeux en nous toisant d’un air suspicieux.

– Il se passe quoi ?

Je retiens un rire.

– Un cours de ju-jitsu. Tu participes ?

Josh se lève.

– Bon, j’y vais, les Pussy doivent avoir fini de s’engueuler sur qui joue trop dur ou qui joue faux, ou je ne sais trop quoi…

Jared hausse les épaules.

– C’est Derek la grosse merde du groupe. Il n’y a aucune fibre émotive dans ses notes. C’est un bourrin. Virez-le !

Josh éclate d’un rire triste.

– J’en prends bonne note. Tout le monde n’a pas la chance d’avoir un Stixx dans son groupe non plus.

Mon homme croise les bras sur son torse.

– Vous l’aviez. Tant pis pour vous si vous l’avez laissé partir. Ou plutôt tant mieux. Pour les Dolls. Et plus particulièrement, si je puis me permettre une envolée sincère et totalement dégueulasse pour toi, tant pis pour toi. Et tant mieux pour moi. Maintenant, tu nous excuses…

Il ouvre la porte à un Josh qui lui adresse un très joli doigt d’honneur, ma foi. Pour le coup, je crois que je lui donne raison. Enfin, je comprends. Je pose ma guitare, me lève alors que Jared arrive sur moi. J’attrape son col.

– Tu rentres bien tôt, dis-moi…

Il lève les yeux au ciel.

– M’en parle pas. Déjà, je ne pensais qu’à toi. Je ne suis plus habitué à te laisser plus d’un quart d’heure. Ensuite, Mélanie m’a présenté à son Mathieu. Le mec qu’elle fréquentait plus ou moins avant… Enfin, tu vois…

– Et alors ? Jaloux ?

– Ha ha ha ! La bonne blague ! Le type est un poète à pétard ! Ridicule.

– Un quoi ?

– Un poète à pétard. Il fume des joints, bon, ça, pourquoi pas, je ne suis pas contre. Mais en fait il se croit super spirituel ! Il nous a écrit quatre poèmes nuls à chier à propos de la condition des porcs dans les fermes du Sud-Ouest, sur le set de table en papier de la brasserie, pendant qu’il mangeait une salade du chef bio, sans lardons, sans fromage et sans vinaigrette. En gros il aurait commandé une salade verte, ça aurait été plus simple. Et attends, le pire, le mec se balade en sandalettes ! Des vieux machins. Au mois de mars ! Il fait sept degrés ! Non, mais c’est ça le type de mec qui plaît à Mélanie ! Bref…

Il se laisse tomber sur le canapé en m’attirant vers lui.

– Et toi ? Retour aux sources avec Monsieur « Je suis pas à la hauteur de Corey Kingstone » ?

Je m’installe sur ses genoux.

– En quelque sorte.

Il fronce les sourcils.

– C’est-à-dire ? Corey, je voudrais que tu me dises franchement les choses. Je prends sur moi depuis deux jours pour ne pas me trouver un coin perdu entre deux murs et un meuble quelconque. Ça me demande beaucoup de volonté. D’autant plus que j’en ai repéré quelques-uns qui feraient vraiment bien l’affaire à l’hôtel ! Alors, s’il te plaît. Dis-moi si je dois me mettre finalement en quête de cette cachette magique parfaite ou si je fais bien d’ignorer ma petite voix sur mon épaule…

J’attrape ses doigts entre les miens.

– Ah toi aussi tu l’as ?

– J’ai quoi ?

– J’ai un ange sur l’épaule droite, et un démon sur la gauche. L’ange s’est fait la malle depuis le début de la tournée, mais le diable, lui, me fait chier à longueur de temps.

Comment ça je fais chier ?

– Ta gueule !

– Pardon ?

Nicolas m’examine comme si j’étais fou. Toute vérité n’est pas bonne à dire, apparemment.

– Euh… laisse tomber. Donc tu disais ?

Il se redresse et me roule une pelle vertigineuse.

– Je disais. Est-ce que je dois continuer à t’aimer, Monsieur Kingstone ?

Je tire ses cheveux vers l’arrière et approche ma bouche de la sienne en plongeant dans ses yeux.

– Encore plus qu’avant.

Il sourit contre mes lèvres puis râpe sa peau contre ma barbe.

– Je vais faire mon possible. Vous êtes bien exigeant mon cher.

Je passe une main entre nous et lui caresse la queue.

– Et si je te dis que j’ai envie de te prendre, là, tout de suite, ce serait une exigence de trop ?

– Absolument pas ! Je classerais plutôt cette demande dans les besoins vitaux, au contraire.

– Alors c’est parfait.

Il m’enlace subitement et plonge son visage dans mon cou.

– Merci, Corey. Je t’aime tellement.

Il tremble et me fend le cœur. Je lui ai fait du mal. Sans le vouloir. Il est tellement proche de moi, qu’il a ressenti que mon cœur a hésité, un très court moment, s’il devait battre pour lui ou pour un autre. Mais s’il savait combien tout mon monde tourne pour lui. S’il savait combien je l’aime…

Ben dis-lui !

Non ! Je ne veux pas qu’il ait la primeur de l’endroit le plus saugrenu. Je veux le coiffer au poteau des déclarations improbables. Il a lancé le défi lui-même. Je veux que ce soit inoubliable.

Ben à force tu risques d’oublier, tout simplement.

Mais non !

Je berce Jared contre moi. En fait, ce soir, ce sera câlin avant la scène. Il n’a pas besoin d’autre chose.

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