MM Play With Fire
Chapitre 34
Corey
Marcus appelle Jared depuis au moins dix minutes à travers la salle. Mais le couillon ne se montre pas. Je termine les balances avec Lewis lorsque j’entends le promoteur pousser un juron digne de ce nom.
– Putain de rock star de merde !
Il s’avance vers moi, au bord de la crise de nerfs.
– Jared s’est barré !
Je manque de lâcher la guitare que j’étais en train de placer sur son stand.
– Comment ça, Jared s’est barré ?
– Le conducteur du car vient de me prévenir qu’il était allé à l’hôtel. Déjà, il ne s’est pas évanoui dans la nature ! Putain, mais tu lui as dit quoi, Corey ?
– Quoi ? Pourquoi je lui aurais dit un truc ?
– Le chauffeur m’a dit qu’il vous avait vus discuter ensemble avant qu’il aille se planquer dans le bus ! Qu’est-ce qui se passe, putain, Corey ? Au début vous n’arrêtiez pas de vous sauter à la gorge, ensuite au retour d’Aix, c’était royal, ambiance parfaite. Puis plus aucun contact depuis une bonne semaine. Et l’autre jour il te pelote au milieu de la scène et aujourd’hui vous discutez et il se barre. Alors je te demande, c’est quoi ce bordel ? Tu ne peux pas t’empêcher de foutre ta merde partout où tu passes, hein ?
Merde, Jared est vraiment en train de péter un câble. Je n’aurais pas dû y aller si fort. Après tout, il se cherche, la situation n’est facile pour personne. Je n’arrive pas à lui en vouloir d’être aussi con.
– File-moi l’adresse de l’hôtel et de la thune.
Le promoteur se renfrogne.
– Quoi ? Pourquoi du fric ?
– Tu veux ton chanteur ou pas ?
– Oui !
– Alors je dois aller le chercher.
– Pourquoi toi ? Je ne vais pas me retrouver sans chanteur ni guitariste pour le concert, c’est du grand n’importe quoi !
– Si on te demande tu diras que tu sais pas. Quand à ton concert, je m’en branle. De toute manière, sans Jared, tu peux annuler, on va pas faire un instrumental de deux heures !
Il hausse les épaules et me file son AMEX. Je sors dans la rue, passe la zone des fans, fais un détour par le car pour prendre mon sac où se trouvent mes papiers, et saute dans un taxi.
***
– Je suis désolé, monsieur, mais je n’ai pas d’arrivée au nom de Vauchel pour le moment.
La réceptionniste pose la souris de son ordinateur et m’adresse un regard faussement désolé. Merde, le chauffeur a dit qu’il était venu ici… Qu’est-ce qu’il a foutu ? À moins que…
– Pouvez-vous regarder au nom de Corey Kingstone ?
Un homme arrive derrière la jeune réceptionniste
– Je suis désolée monsieur mais ces chambres sont en réservations VIP, nous ne pouvons pas vous donner ces renseignements, les personnes ont demandé la discrétion à leur sujet. Ma collègue n’est qu’en formation ici, elle ne maîtrise pas toutes les règles de discrétion de notre établissement.
Il l’invective en allemand, pas content du tout. La jeune femme rougit, les larmes aux yeux, et disparaît dans l’arrière-salle de la réception. Je sors ma carte d’identité de mon portefeuille en essayant de garder mon calme.
– Très bien, mais j’ai une chambre à mon nom dans cet hôtel et je voudrais en prendre possession. Pourriez-vous, s’il vous plaît, me donner mes clés ?
Il consulte ma carte, vérifie sur son ordinateur puis pince les lèvres.
– Il semblerait que nous vous ayons déjà donné vos clés il y a un petit quart d’heure, monsieur. Ma collègue a dû se tromper de chambre ou…
– Non, c’est normal, ne vous en faites pas. Donnez-moi juste un double et je verrai avec la personne qui m’y attend.
– Très bien monsieur. Avec toutes nos excuses pour le dérangement occasionné, cet établissement…
Il me tend la clé. Je m’en saisis sans l’écouter davantage et me dirige vers les ascenseurs.
***
La chambre est plongée dans le noir. J’allume une lampe d’appoint à côté de la porte.
– Jared ?
Pas de réponse. Pourtant son sac trône au milieu du lit. Je pose le mien à côté. Je jette un œil dans la pénombre, vérifie la salle de bains. Personne. Je reviens dans la chambre, fais le tour du lit, qui est presque collé au mur, et trouve Jared, coincé entre l’angle du mur et le lit. Les genoux relevés sous le menton, la tête posée dessus. Je m’assieds sur les draps, à côté de lui.
– Jared, qu’est-ce que tu fais là ?
Pas de réponse. Je caresse ses cheveux, mais il secoue la tête pour échapper à mes doigts.
– Jared.
Il reste muet. Je tire sur ses pieds pour qu’il allonge les jambes. Il résiste au début puis abandonne la partie devant mon insistance. Je glisse du matelas et m’assieds à califourchon sur ses cuisses. Démuni de son repose-tête, il la pose contre le mur sans me regarder pour autant. J’attrape son menton et le force à tourner la tête vers moi.
– Regarde-moi.
Il résiste, puis encore une fois, finit par obéir. Ses yeux se posent dans les miens, humides, fatigués, désabusés.
– Qu’est-ce qui se passe ?
Il secoue la tête.
– Je ne suis qu’un connard.
– Et donc ? Genre c’est uniquement maintenant que tu réalises ? Fallait me demander, je te l’aurais dit…
Il sourit tristement.
– Je suis désolé, Corey, si je t’ai blessé. Je n’ai rien fait avec Ludmilla.
– Avec qui ?
– La muette.
Je me retiens de rire.
– Je sais. Tu n’étais même pas décoiffé, et elle non plus.
Je l’attrape et le force à venir contre mon torse.
– C’est pas grave, Jared.
Il essaye de s’échapper de mes bras, mais je le retiens fermement.
– Non, Jared, tu restes là.
Il passe ses bras autour de moi et me serre de toutes ses forces. Je le berce avec douceur. C’est incroyable comme ce mec manque d’affection. Je caresse sa joue qui devient humide. Merde, je ne sais pas comment gérer ces moments, je ne suis pas un exemple de réconfort habituellement.
Laisse parler ton cœur, Corey. Il est temps que toute cette histoire prenne un vrai départ. Il s’effondre devant toi, alors toi aussi, laisse-toi aller…
Oui, pas con.
Évidemment !
– Raconte-moi, Nicolas.
Il secoue la tête.
– La maison Nicolas vient de s’effondrer. Les trois murs viennent de se barrer.
– Euh… Tu te lances dans la maçonnerie maintenant ?
– Non.
Mais il s’arrête là. Je prends ses joues et le force à redresser la tête vers moi. Le menton appuyé sur ma poitrine, il me lance un regard désespéré, qui a perdu toute flamme. J’essuie ses larmes de mes pouces, mon propre cœur ne supportant pas la souffrance du sien.
– J’aimerais pourtant que tu me racontes. Ton histoire de maison…
Il hausse les épaules.
– J’avais trois murs porteurs. Mélanie. Plus là. Julia. Elle n’a plus le temps d’être là. Parce que Mélanie ne va pas bien. Et la musique. Je ne m’amuse plus sur scène. Je n’ai donc plus de base. Je n’ai plus rien.
J’embrasse son front. Il ferme les yeux.
– Tu m’as moi. Je ne ferais pas un excellent mur ?
Il sourit.
– Je t’ai traité comme de la merde…
– Certes. Mais je suis encore assez con pour être là. Je pense qu’on peut donc facilement considérer que je suis effectivement une merde pour venir en chercher un peu plus… Donc, au point où j’en suis, je peux servir de mur, c’est un peu plus glorieux.
Je caresse ses joues.
– La musique, c’est normal que parfois, cela te saoule. Mais tu l’as dans la peau, dès que tu te sentiras mieux, elle reviendra. Et Julia… elle t’adore. Elle s’occupe juste de sa fille. Ce n’est pas pour ça qu’elle te tournera le dos.
– Je sais. Mais simplement, je voudrais passer en priorité pour une fois, tu vois. Je n’ai jamais été la priorité de personne. Jamais.
– Je vois. Mais ce qui m’impressionne c’est l’amplitude de ton aveuglement.
– Comment ça ?
– Nicolas… Tu es ma priorité à moi… Il n’y a que toi qui ne le vois pas.
Je dépose un baiser sur ses lèvres. Il ferme les yeux. Je l’embrasse encore. Juste un effleurement. Ses doigts agrippent mon T-shirt dans mon dos.
– Corey… je n’y arriverai pas… Être si bien avec toi et tout oublier devant les gens, je ne peux pas… Vraiment, c’est trop compliqué pour moi.
Je l’embrasse encore.
– Je sais. On va trouver une solution.
Il ouvre les yeux.
– C’est vrai ? Tu ferais ça pour moi ?
– Oui. Parce que je ne veux pas te sentir aussi mal. J’en crève de te voir à ce point perdu sans pouvoir t’aider.
Il m’enlace en posant son oreille contre mon cœur.
Je caresse ses cheveux.
– On va t’aider à retrouver ta confiance. Tous les deux. D’accord ?
Il redresse la tête.
– D’accord. Embrasse-moi.
Je m’esclaffe.
– Tu vois, elle revient déjà !
Je penche la tête vers lui. Ses lèvres s’emparent des miennes, ses mains se posent sur mes joues. Sa langue vient trouver la mienne. J’adore ses baisers, toujours au bord du désespoir. Tellement porteurs d’émotions. Ce ne sont pas de simples baisers. Nicolas y met tout son cœur. Toujours.
Il s’écarte légèrement.
– Aime-moi, Corey. Je t’en supplie, aime-moi… Je te promets de ne plus déconner, je…
Je l’embrasse. Il me pousse dans mes retranchements. Me donne des envies de déclarations enflammées, bien sûr que je l’aime mais…
Dis-lui que tu l’aimes, qu’on en finisse.
Qu’est-ce que tu fous là ? Dégage ! C’est privé !
Mouais… Si on peut plus se rincer l’œil maintenant…
– Je suis là Nicolas. N’en doute pas, je suis là…
P.E.T.I.T J.O.U.E.U.R !
Ta gueule !
J’embrasse encore mon merveilleux amant perdu et à fleur de peau. Il s’accroche à mon dos.
– Dis-le-moi encore. Appelle-moi Nicolas.
– Nicolas.
Il fond sur mes lèvres et ne les quitte plus. Je le laisse puiser le réconfort au fond de moi. Peut-être le regretterai-je très vite. Peut-être suis-je trop faible face à lui. Mais je ne peux me soustraire à mon besoin de prendre soin de lui, de me fondre en lui, à ce désir qu’il fait naître dès qu’il me touche comme il le fait à présent. Tout se mélange. Le besoin de l’esprit, le désir physique, tout devient indispensable, aussi important que les battements de son cœur qui font battre le mien, que l’appel de son âme qui a ramené la mienne à la vie. Je ne peux pas passer à côté de Nicolas, il est devenu mon monde. Avec un enfer et un paradis. À moi de prendre garde où je pose les pieds.
Je me redresse en l’emmenant et me laisse tomber sur le lit. Il me recouvre de tout son corps sans quitter mes lèvres. Nous devenons empressés, nos mains en veulent plus. Mon T-shirt disparaît, comme le sien, nos jeans et nos caleçons suivent le même chemin. Ses mains s’aventurent sur ma peau, frôlent mon torse, descendent sur mes hanches, alors que je caresse ses fesses, les presse pour attirer son bassin plus près, nos queues se retrouvent, glissent l’une contre l’autre, se dressent l’une pour l’autre. Je relève les cuisses pour emprisonner ses hanches qui se déchaînent déjà contre moi.
Il empoigne nos deux sexes, comme je l’avais fait la première fois et nous caresse avec rage. Il ne m’en faut pas davantage pour avoir envie de le sentir plus. Beaucoup plus. Mais je ne veux pas précipiter quoi que ce soit pour lui. Il ne me reste qu’un seul choix, qui devrait me rebuter, mais qui étrangement, m’attire. Férocement. J’attrape ses joues et l’embrasse encore. Il accélère en haletant les mouvements de ses mains sur nous. Il va me faire mourir. Je pose ma main sur son poignet.
– Attends.
Il ne m’écoute pas, emporté dans son plaisir. Je resserre ma poigne.
– Nicolas.
Il s’arrête subitement, haletant, attendant la suite. Je tends le bras jusqu’à mon sac au bout du lit et trouve rapidement ce qu’il nous faut : une capote et du lubrifiant. Il y jette un œil peu assuré.
Je pose un doigt sur son menton pour le recentrer sur moi. Il semble un peu perdu entre l’appréhension et l’envie… Je ne veux rien lui imposer, c’est à lui de me dire.
– Tu… c’est trop tôt ?
Seigneur, dis-moi que c’est bon pour toi, j’en crève… Il déglutit et secoue la tête. Je me rue sur ses lèvres et mes mains reprennent leur place sur ses fesses. Puis l’une d’entre elle vient emprisonner son érection, lui caresser les bourses alors qu’il grogne au fond de ma gorge. J’attrape la capote, déchire l’étui avec mes dents puis reprends mon baiser, toujours en le branlant. Il est en nage, et je suis complètement emporté par l’idée de le sentir enfin. Je n’en peux plus, depuis que je le connais j’ai l’impression d’être un putain de moine. J’enfile la capote sur le membre en attente. Le sien. Il marque un temps d’incompréhension.
– Mais… Corey, tu m’as dit que…
Je le caresse avidement.
– Je sais ce que je t’ai dit. Mais j’en ai envie. Et moi, j’ai confiance en toi. Alors fais-moi l’amour Nicolas.
Il m’embrasse urgemment.
– Tu es sûr ?
– Certain. Prends-moi, Nicolas. Juste, je ne me retourne pas. C’est ma seule demande.
Il hoche la tête en embrassant mon cou.
– D’accord.
Sa main attrape le lubrifiant sans qu’il n’arrête de m’embrasser. Et moi, je plane. Cinq ans que je n’ai laissé personne prendre possession de moi. Et à lui, j’accorde le plus que je peux offrir. Et rien que l’idée me met dans un état second. Sa main gauche se referme sur mon sexe pendant que la droite glisse jusqu’à mon anus. Il y glisse un doigt enduit de lubrifiant, timidement au début, mais cette sensation de se faire posséder, bien au-delà de mon expérience malheureuse, me rappelle certains moments d’extase absolue, bien avant toute cette merde. Je range au fond de moi les mauvais souvenirs, j’estime que cinq ans est un chemin de croix suffisant. Il est temps de passer à autre chose. Et cette autre chose, c’est Nicolas.
Son doigt va et vient en moi, avant d’être rejoint par un second. Je me cambre d’extase. J’avais oublié que c’était si bon. Je m’agrippe déjà aux draps sous moi. Sa seconde main est toujours autour de ma bite, il accorde les mouvements de ses mains sur et en moi. Je vais mourir.
Il entre un troisième doigt en haletant, totalement emporté par ce qu’il découvre. Ce que je lui laisse tout le loisir d’expérimenter à sa guise. Je le masturbe de plus en plus urgemment. J’ai besoin qu’il vienne. J’ai la tête dans tous les sens, je veux qu’il me donne cet orgasme, j’ai envie qu’il jouisse en moi. J’ai envie de découvrir Nicolas l’amant. De m’offrir.
Il ajoute un quatrième doigt. Je hurle de plaisir. J’en tremble. Il me possède complètement. Je me redresse vers lui, pour découvrir ses yeux brûlants d’envie, emportés par le désir. Je me saisis du tube de lubrifiant et enduis la capote en urgence, alors que ses doigts entrent et sortent de moi de plus en plus vite. Je le branle comme un dingue, il soupire lourdement en jetant la tête en arrière. Puis il retire sa main et se positionne.
– Corey, tu es certain ?
Je hoche la tête en attrapant ma queue.
– Vas-y Nicolas. Prends-moi.
Son gland se positionne devant mon antre. Il le pousse doucement, les yeux rivés aux miens.
– Vas-y ! Nicolas !
Je ne peux plus attendre. C’est viscéral, je veux qu’il entre en moi. Cela fait peut-être de moi la bête abjecte que mon frère a voulu réduire à néant, mais ce n’est pas grave. Ce n’est que de l’amour. Il pousse encore en gémissant. Puis encore, jusqu’à la garde.
– Ça va ?
Je hoche la tête, enseveli par le plaisir, l’émotion, le désir. Cette sensation si particulière qui m’avait manqué. Je tremble autour de lui, à sa merci, en attente… Il jette la tête vers le ciel en ondulant contre moi.
– Putain, Corey, je suis trop bien. Bordel…
Je resserre les muscles autour de lui.
– Merde, Corey !
Il attrape ma cuisse et sa relève contre son torse, concentré, recule puis pousse à nouveau. Plus fort. Il entame une série de va-et-vient, de plus en plus forts, de plus en plus profonds. Jusqu’à…
– Oh, Nicolas ! Oui ! Continue !
Il vient de trouver ma prostate… et s’adonne à cogner dedans avec empressement. Mes doigts ne trouvent plus de rythme assez rapide pour ma bite, je suis en transe, alors que Nicolas accélère toujours plus loin avec force. Je défaille complètement, luttant contre le plaisir qui devient insupportablement dévastateur. Je devrais avoir honte d’aimer autant, je devrais détester être envahi de nouveau, mais Nicolas et l’intensité de tout ce qui nous lie m’électrisent. Me savoir à lui, pour lui, sentir sa possession au plus profond de moi, cette présence tellement masculine et revendicatrice, être à lui… juste à lui… m’offrir. J’aime ce putain d’enfoiré, et j’adore lui offrir cette part de moi… Il me bourrine, me porte au bord de l'extase à coups de bassins furieux, et j’en veux encore, plus, toujours plus, jusqu’à ce qu’il m’emporte si haut que…
— Oui, Nicolas, je ne peux plus, je vais…
J’agrippe son poignet posé sur le matelas. Chacun de ses muscles roule puissamment sous sa peau, son souffle devient erratique, il est là, autant emporté que moi, touchant du doigt le divin dans lequel il m'envoie…
– Corey, bordel ! Parle-moi encore.
Je suis tendu comme un arc.
– Nicolas !
Ma voix n’est plus qu’une supplique douloureuse lui demandant la délivrance. Il soupire lourdement.
– Oui…
J’éclate dans tous les sens. L’orgasme me fracasse la tête. Putain, on ne m’a jamais baisé comme ça ! Mon sperme atteint presque ma poitrine, je resserre mon étau autour de sa queue sur laquelle je suis empalé. Il se fige au fond de moi en tremblant.
– Corey ! Bordel de merde ! Exceptionnel…
Il tombe sur moi encore secoué de spasmes. Je n’ai plus de forme. Il m’a anéanti. Il tremble contre moi et je concentre toutes mes forces dans mes bras pour l’enlacer. Il embrasse mon cou, hors d’haleine.
– C’était mortel, Corey. Merci de m’avoir fait confiance.
– Pas de quoi… je te jure, il n’y a vraiment pas de quoi !
Il blottit son visage dans mon cou et se retire avec application puis se laisse à nouveau choir sur moi. Nous restons enlacés plusieurs minutes. Puis je me souviens de ma mission « importante », même si pour moi, j’ai déjà atteint mon véritable but : retrouver Nicolas. Dans tous les sens du terme.
Je regarde ma montre.
– Merde, Nicolas, il est déjà dix-huit heures Il va falloir que nous activions si nous voulons faire un concert ce soir…
Il secoue la tête.
– Non. Plus de force.
– Eh bien tu vas en trouver, parce que j’ai beau détester ce connard de promoteur, il n’empêche qu’un contrat est un contrat. Et tu vas voir, ça va bien se passer…
– Mouais… Et au fait, tu m’as parlé d’une « solution », tout à l’heure ?
Je resserre mes bras autour de lui.
– Oui.
– Et donc ?
Je réfléchis, mais ma décision est déjà prise. Vaille que vaille, nous trouverons le juste milieu pour que tout le monde s’y retrouve. Enfin surtout nous deux.
– Nous allons en parler à l’équipe. Déjà, tu pourras m’avoir dans le bus, dans les coulisses, et à l’hôtel… Qu’en penses-tu ?
– Si l’on ajoute à cela le fait que pendant les concerts, je t’ai déjà pour moi, ça signifie que l’on ne se lâche plus ? Comme à Aix ?
– C’est ça… à part qu’à Aix, on ne dormait pas ensemble.
– Cool !
J’ai le droit au plus beau sourire de l’univers. Franc, radieux, éclatant de bonheur. Il ne reste plus qu’à espérer que les personnes qui nous entourent ne soient pas aussi sectaires que celles qui m’entouraient à l’époque. On verra bien. De toute manière, il n’y a pas dix mille solutions…
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