MM Play With Fire

Marie HJ · Chapitre 7 sur 58

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MM Play With Fire

Chapitre 5

 

Corey

Je décharge violemment mon plaisir au fond de la capote, au fond de ce mec, au fond de cette chambre, au fond de cet hôtel perdu au milieu d’Atlanta. Un moment de volupté perdu au milieu de l’immensité. Je me sens petit, et en même temps le roi du monde. Mon petit plaisir au centre du bordel de l’univers. Qu’est-ce que ça changera à la face du monde ? Rien. Mais qu’est-ce que ça fait du bien ! Et si l’existence ne se résumait qu’à l’accumulation de petits plaisirs cachés derrière une porte de chambre d’hôtel ?

Ça y est, tu débloques complètement. Tu viens de jouir, pas besoin d’en faire une thèse, Platon !

Un peu de hauteur ne fait jamais de mal, pauvre type ! Je m’essaye à la grandeur d’âme !

Mouais. C’est ridicule, mais si ça te soulage, alors je te laisse dans ton délire. Salut !

Ouais, c’est ça, salut !

Je m’affale sur le dos de Kevin – oui, je lui ai quand même demandé son nom, c’est plus correct ! J’embrasse sa peau blanche, presque virginale avant de glisser sur le matelas à côté de lui, reprenant doucement mon souffle. Il me retire ma capote, s’échappe du lit et revient rapidement contre moi, une serviette humide et bouillante dans les mains. Et il prend soin de moi. Je me laisse aller entre ses doigts et cette serviette qui parcourt mon corps dans son intégralité. Il me sourit :

– Je suis masseur dans la vraie vie. Et je te sens tendu de partout… On va remédier à ça…

Il y a un Dieu sur cette terre ! À n’en pas douter !

Ses gestes sont tendres, attentionnés, tellement que je me demande si ce n’est pas ce moment-là le plus agréable en définitive. Se laisser entourer de douceur sans se poser de questions… Juste un peu d’affection. Si j’étais une nana, je pense que je me laisserais aller à faire tomber les barrières qui retiennent mes émotions, ne serait-ce qu’un moment. Ce petit laps de temps avec cet inconnu qui repartira avec de simples souvenirs de cette nuit, sans me poser plus de questions.

Le retour dans l’univers du show-biz a été violent en définitive. Depuis que je suis monté dans ce car, je n’ai pas eu le temps de m’extraire un seul moment pour y réfléchir et faire le point, mais après quelques heures seulement de vie privée, je me rends compte que je suis beaucoup plus impliqué que je ne le voudrais. Le tourbillon des tournées est terrible pour ça. Il vous emporte, vous bouscule, et sans même avoir le temps de comprendre, c’est tout votre monde qui change, qui prend une autre dimension. Plus petite, parce que le quotidien se résume au groupe avec lequel vous partagez tout alors que deux semaines avant, nous étions tous des inconnus les uns pour les autres. Et en même temps, plus grand, parce qu’il n’y a plus de frontière. Hier à San Diego, aujourd’hui à Atlanta, et bientôt en Europe… Le monde s’ouvre devant nous, l’aventure extraordinaire continue, le tout sur un fond musical décapant, au milieu des angoisses de chacun, des démons, des troubles, des éclats de voix…

Bon, je vais arrêter la philo, ça devient déprimant et pas très drôle. D’autant plus que des mains me massent avec ferveur et douceur, qu’un corps plus qu’attrayant se colle contre moi, et que des lèvres butinent mon épaule avec légèreté. Je profite et j’arrête de penser. C’était ça le but à la base. Kevin s’assied en tailleur sur le lit et attrape ma main. Ses doigts parcourent ma paume, en suivant les lignes et les courbes naturelles, s’attardant sur certains points plus sensibles, me procurant une sensation de bien-être insoupçonné. Quel pied franchement ! Il a l’air radieux, ravi de me voir me détendre. Il déclare, plus pour lui que pour moi :

– Stixx. Je suis à poil sur un lit, en train de masser Stixx… Si mon père me voyait !

Il s’esclaffe en secouant la tête, imaginant probablement le tableau.

– J’ai grandi avec les Pink Pussy. C’est mon père qui était fan au départ. J’avais 13 ans quand votre premier album est sorti. Et 15 quand tu as disparu. J’ai pleuré toutes les larmes de mon corps, tu peux me croire. Alors quand j’ai vu que tu étais en tournée avec ce groupe, j’ai pris ma voiture et réservé la dernière chambre disponible de la ville. En tout cas la dernière dans mon budget. Et, surprise, je te retrouve au bar ! Je n’ai même pas cherché à comprendre.

Puis il éclate de rire.

– J’ai dû te sortir la drague la plus nulle de l’univers ! Pardon… Je n’avais absolument rien prévu, alors bon… Je suis un peu gauche parfois, et surtout très impulsif… Mais je suis fier de moi, tu es venu quand même !

Il s’allonge à nouveau à mes côtés et susurre près de mon oreille.

– Tu sais que TU es la cause de mon homosexualité ? Selon mon père… Après qu’il a vu des posters de toi partout dans ma chambre, et que je lui ai avoué que tu me faisais bander, il a foutu tous ses disques des Pussy à la poubelle, et maintenant il écoute de la country !

J’éclate de rire en même temps que lui.

– Il y a des chanteurs de country tout à fait acceptables niveau sex-appeal !

Il secoue catégoriquement la tête.

– Je peux t’assurer que non, et tu peux me faire confiance, j’en ai fait le tour… Je suis définitivement refroidi par le style santiags, chemises à carreaux… Et le chapeau de cow-boy, on en parle ? Sérieusement ? Non, Rien à voir avec un Stixx, de près ou de loin !

Je ne réponds rien… Il m’amuse, voilà tout ! Ses mains parcourent mon torse. Et il parle.

– Et donc, maintenant, doit-on s’attendre au grand retour de Stixx sur scène ? Dis-moi oui, je t’en prie…

Je secoue la tête.

– Non. Stixx a eu sa chance, mais il a échoué. Je l’ai enterré depuis longtemps. Il ne reste que Corey. Un pauvre type qui a du mal à joindre les deux bouts en accumulant les petits boulots.

Il paraît déçu.

– Mais tu vas me laisser une nouvelle fois orphelin ? Tu es un atroce sadique, caché sous une enveloppe divine. Tu sais que je devrais porter plainte pour ce genre de chose ?

Il s’enroule autour de moi, ses longues jambes emprisonnant mes cuisses, ses bras mon torse, sa queue pressée contre mon flanc. Ses lèvres se posent sur mon épaule, ses dents me mordent doucement. Ses doigts glissent jusqu’à ma bite et s’en emparent, la serrent brusquement, passent sur mon gland puis redescendent, pressent mes couilles presque douloureusement. Le désir réapparaît au creux de mon ventre. Je ferme les yeux et le laisse une nouvelle fois s’emparer de moi. Kevin est un expert, il n’y a pas à dire. Je bande en quelques minutes, agite le bassin contre sa poigne qui s’affermit et accélère sur moi, alors que ses dents mordillent mon téton sans douceur. Il frotte son membre contre ma cuisse tranquillement, pendant que le feu gagne du terrain en moi. Qu’est-ce que j’aime baiser, putain ! Je suis aussi dur qu’un bout de bois entre ses doigts et j’ai envie de le prendre à nouveau, de me déchaîner en lui, de le sentir s’empaler sur moi et sentir sa virilité se battre contre la mienne. De la pure baise.

Visiblement, on est sur la même longueur d’onde. Il s’écarte quelques secondes, attrape une capote qui traîne sur le bord du lit, déchire l’emballage et l’enfile sur ma queue, en boudant :

– Je te déteste en fait…

– Mais non, tu m’adores !

Il sourit en me branlant encore.

– C’est rien de le dire. Il faut juste que je me fasse une raison, Stixx est mort… Stixx ne sera jamais l’homme de ma vie. Enfer et damnation ! Apocalypse et décadence ! Enfonce-moi un pieu dans le cœur tout de suite qu’on en finisse !

J’attrape ses hanches et l’attire à califourchon sur moi.

– Stixx ne sera peut-être pas l’homme de ta vie, mais celui de ta nuit, ça, je peux te le garantir.

J’attrape le lubrifiant qui traîne au milieu des capotes et m’en enduis les deux mains. La droite passe sous sa queue, sur ses bourses, et mes doigts trouvent son antre pour s’y enfiler pendant que la gauche enduit ma capote de lubrifiant. À genoux au-dessus de moi, il grogne, les yeux levés vers le ciel. Mes doigts le visitent, comme plus tôt dans la soirée, son bassin commence à danser langoureusement… Puis il baisse son regard bleu ciel dans le mien, d’un air déterminé, emporté.

– J’ai changé d’avis. Le pieu, ne l’enfonce pas dans le cœur… J’ai un bien meilleur endroit à te proposer !

J’éclate de rire alors qu’il n’attend pas mon approbation et s’empale sur moi. Encore une fois, il gère tout. Une main sur mon torse, l’autre sur sa queue, il se branle et se déhanche sur moi, entame des va-et-vient déchaînés. J’agrippe ses hanches et accentue le mouvement, intensifie la cadence. Ses doigts se crispent sur mon torse, alors que nous luttons ensemble contre l’extase, repoussant le moment fatidique, cherchant à ressentir plutôt qu’à partir, juste parce que c’est bon, pour des raisons différentes, nous cherchons l’éternité du moment ensemble. Je représente son fantasme, il est mon échappatoire. Nous arrivons en sueur à ce moment, celui où nos bourses se contractent de plaisir, nos queues gonflées et au bord de l’explosion, la corde raide nous retient au-dessus du vide. Je contracte les muscles de mon ventre, de mes cuisses, retiens ma respiration, repousse mes pensées encore une fois, mais me laisse malgré tout accaparer par ce putain de volcan qui ne demande qu’à exploser. Plus rien d’autre n’existe. Le sang qui bout dans mes veines, les frissons sur ma peau, son fourreau qui m’emprisonne et ne cesse de faire monter l’extase, sa main qui m’hypnotise sur sa queue, juste devant moi… Je ne peux plus. Je jette ma tête en arrière, il éructe :

– Oh, putain Stixx !

J’explose, mes doigts s’enfonçant dans la peau de ses hanches, pendant qu’il grogne de plaisir, emporté par des spasmes de jouissance, se déversant sur moi, alors que je ne retrouve ni mon nord ni mon sud, perdu dans mon propre paradis. Ce mec est un coup d’enfer !

Il retombe, inerte, en sueur, sur mon torse, nous enduisant au passage encore un peu plus de son sperme, mais c’est un détail. J’embrasse sa tempe alors qu’il tente une phrase cohérente :

– Tu as dit la nuit, ça signifie que tu dors là ?

J’ai envie de profiter encore un peu de sa douceur. Et je crois qu’il n’est pas contre.

– Disons que je n’ai rien de prévu pour les trois ou quatre prochaines heures.

– Alors je prends !

Il se blottit contre moi, sur moi, et j’attrape la couette pour nous recouvrir. Je ne veux pas que ce moment se termine. Ce petit mec, cet inconnu dans la nuit, a chassé mes démons pour quelques heures, par sa fraîcheur et sa légèreté. Je compte bien en profiter pour dormir un peu, avant que le réveil ne me rappelle au quotidien. Je m’endors aussitôt.

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