MM Play With Fire

Marie HJ · Chapitre 36 sur 58

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MM Play With Fire

Chapitre 35

 

Nicolas

Je souris comme un benêt lorsque le taxi nous dépose devant la salle. Les doigts enlacés à ceux de Corey, je lui jette un regard heureux. Il dégage sa main de la mienne.

– Nous avons dit juste devant l’équipe, Jared. Nous sommes bien d’accord ?

Je hoche la tête.

– Mm Mm.

Il fronce les sourcils d’un air amusé.

– Pourquoi est-ce que j’ai cette sensation que je suis en train de faire la plus grosse connerie de ma vie ?

Je retiens un rire.

– Et on y va en douceur, OK ? ajoute-t-il.

– Mm Mm.

En douceur, en mode hard, je m’en fous, je vais enfin l’avoir pour moi. J’ai l’impression que Corey s’offre enfin à moi officiellement et ça, ça n’a pas de prix. Je suis fan de lui. Sa première groupie. Tout ce qu’il voudra du moment qu’il se donne à moi.

Il lève les yeux au ciel en sortant du véhicule. Je le rejoins dans l’allée bordée par les fans, plus nombreux que cet après-midi. Je le suis, n’ayant d’yeux que pour son cul. Son cul dans lequel j’étais si bien il n’y a pas une heure. Plus ça va, plus je me dis qu’être gay c’est vachement plus torride qu’être hétéro. En tout cas moi, le cul de Corey m’inspire et me fait bander. Maintenant que j’ai vu ce que ça lui faisait à lui, ce visage abandonné au plaisir, cette voix rauque et éperdue, cette érection magnifique qui n’en finissait plus de grossir entre ses doigts, je suis totalement convaincu, Corey, si on veut se baser sur l’aspect purement sexuel, est le plus beau coup de ma vie, et de loin. Et j’ai quelques heures de route au compteur, je sais de quoi je parle.

Marcus nous attend derrière la porte, rouge de fureur, les bras croisés, le pied tapant nerveusement le sol.

– Ah, merci de bien vouloir passer nous rendre une petite visite ! Jared ! Qu’est-ce que tu foutais, bordel ? T’es au courant qu’on a deux ou trois spectateurs qui sont venus te voir ?

Je me fous de son speech, comme de ma première branlette. Je suis archi zen, et ça faisait une éternité que ça ne m’était pas arrivé. Je m’étire puis me gratte le torse.

– Ouais… Paraîtrait que c’est par là que ça se passe. Je discuterais bien le bout de gras avec toi Marcus, mais je dois aller manger. Je passe sur scène dans moins de deux heures, j’ai un boulot, moi.

John et Todd arrivent dans le même temps.

– Putain, mec, t’étais où ?

– C’est bon, je suis là, maintenant… Détendez-vous… Tout va bien.

Je passe la main autour de la taille de Corey, l’attire vers moi alors qu’il ne s’y attendait pas et lui roule une pelle monumentale. Puis je le relâche, l’air de rien. Voilà ma douceur à moi ! Corey me lance un regard exaspéré et amusé en même temps. Je lui souris, mes yeux à moi doivent refléter un amour sans borne, une admiration proche de la vénération. Une expression bien niaise pour résumer. Mais je ne m’en remets pas ! Cet orgasme que je me suis pété, putain, ce mec est un dieu ! Je penche la tête dans une expression enamourée.

– Ça te dit un kebab, bébé ? J’en ai marre des traiteurs à la con que nous impose Chica !

Marcus reste bouche bée, John et Todd se contentent de hausser un sourcil. Je les toise.

– Quoi ? Vous voulez un kebab aussi ? Bon, elle est où Chica ?

– C’est quoi encore que ce bordel ! rétorque Marcus. Putain de merde, Corey, qu’est-ce que t’as fait ?

Je me retourne vers lui, ma bonne humeur m’ayant totalement quitté, juste avec sa dernière phrase.

– Corey n’a rien fait de spécial à part être Corey ! Je suis assez grand pour décider de mes relations sans être influencé ou manipulé par qui que ce soit !

Il déglutit.

– Oui, bien entendu, ce n’est pas ce que je voulais dire… Et… et c’est nouveau ou… ?

Corey prend la parole.

– Écoute, tout ce que tu as besoin de savoir, c’est que Jared et moi sommes ensemble. Si ça n’avait tenu qu’à moi, je ne t’en aurais même pas fait part, mais nous n’avons pas trouvé d’autre solution. Donc la situation est simple. Nous ne comptons pas faire de déclaration publique ou autre. Si jamais l’info devient publique, Marcus, je t’en tiendrai personnellement pour responsable, et je quitte le groupe sur-le-champ ! Et tu auras beau dire ce que tu veux, en cas d’abus du promoteur, j’en ai le droit. Donc n’y pense même pas une demi-seconde. Et pendant qu’on y est, fais ton boulot et ressors les contrats de confidentialité de tous les membres de l’équipe, et mets-les à jour, fais-leur peur, ce que tu veux. L’info ne doit pas fuiter, en aucune manière, parce que je te promets, que, responsable ou pas, c’est toi qui payeras les pots cassés ! Et oui, Jared, pour une fois j’ai la dalle, donc ce sera un complet fromage mayo avec supplément frites.

Puis il se barre vers la scène. J’éclate de rire et pars à la recherche de Chica pour combler l’estomac de Monsieur Corey. J’adore la vie !

J’adore aussi la scène. Avec Corey. John et Todd qui sont des mecs adorables et très ouverts n’ont pas bronché en apprenant la nouvelle. Je suis allé m’assurer dans la loge qu’il n’y avait pas de malaise, et il n’y en a pas. Todd était simplement intrigué par le fait que Corey n’a pas de poitrine, et que donc, il avait du mal à envisager la chose. Mais John a souligné que l’avantage certain était l’absence de périodes de zone rouge et que cela constituait un atout indéniable. Voilà la profondeur de mes potes de scène… Tout va bien. Sinon, rien à signaler. Aucune gêne, aucun regard suspicieux ou méfiant, rien. Donc c’est parfait.

Nous débutons avec notre traditionnelle reprise choisie par Corey… Et il

a choisi un Mötley Crüe ! 20 Kickstart my heart ! Un truc qui défouraille sa mère ! Je suis comme un dingue. Parce que Vince Neil le chanteur a une voix aiguë, et je n’ai jamais osé le reprendre sur scène. Mais Corey, lui, m’y pousse. Alors je suis… Nous nous installons dans l’obscurité, la foule en attente devant nous. Puis Corey lance les hostilités. La guitare enflamme la nuit et mon cerveau. Une intro de dingue… Je ne le vois même pas, mais notre bulle nous emprisonne déjà. La folie… Todd tape comme un tordu sur ses peaux et la basse résonne dans les cœurs… Je cours au bout de l’avancée de scène, en hurlant le cri porcin mythique de mon chanteur vénéré… Les lights font exploser la lumière autour de nous dès mes premières paroles… La foule à mes pieds est déjà en délire, saute partout, se jette dans tous les sens… Je ne sais plus qui je suis… Je suis l’outil de la félicité glam rock ! Stixx avance jusqu’à moi, appuyant les notes, nous marquons chaque accord avec des coups de hanches absolument indécents, à la manière Mötley, emportant avec nous toutes les personnes qui nous entourent…

« Yeah, are you ready now ? (Es-tu prêt maintenant ?)

Oh, yeah

Kick start my heart Give it a start (Coup d’envoi de mon cœur, fais-le

démarrer)

Oh, yeah, baby Ooh, yeah (Yeah Bébé !)

Kick start my heart Hope it never stops (Coup d’envoi de mon cœur,

j’espère que ça n’arrêtera jamais)

Oh, yeah, baby »

OH YEEEAAAAHHH ! Putain Bébé ! Quel pied bordel de merde ! Corey saute partout, allumant presque plus le public que moi, il est déchaîné, et c’est du bonheur en barre ! Putain, mais on attendait quoi pour faire exploser la musique comme ça ? Nous nous tapons dans la main à la fin du morceau, parce que c’est la seule chose qui nous est autorisée, mais nos doigts restent enlacés, serrés au maximum, et nos yeux disent le reste. Un nouveau lien, encore plus fort et surnaturel que le précédent vient de se créer. L’apothéose sur notre terrain de jeu… Plus rien ne pourra venir nous faire chier maintenant ! C’est évident… Et JE L’AIME !

Note pour moi-même, lui faire une putain de déclaration dès que possible. Pendant la pause chiottes par exemple… Peut-être pas le meilleur moment remarque…

***

Et la magie continue. Nous partageons la chambre de Corey les deux nuits à Berlin. Le soir, concert, et le reste du temps, marathon du sexe. Je le prends à n’en plus pouvoir, il me suce, nous nous branlons sans vergogne et pour le moment c’est tout ce qu’il m’autorise. Il est assez autoritaire, et complètement dépravé. Je suis fan, parce que je suis au moins aussi pervers que lui sur le sujet. Et c’est d’ailleurs pour cette raison qu’il ouvre les portes de ce que je ne connais pas au compte-gouttes. Il adore me voir le supplier et surtout jouer au parfait connard. En attendant, j’ai bien assez à découvrir, donc je ne me plains pas. Loin de là. La dimension rock’n’roll de la tournée prend enfin son sens avec lui.

À Copenhague, après avoir supporté la promiscuité et nos nuits avec les membres des groupes dans le car pendant les voyages entre Hambourg, Kiel et Odense, je décide de m’octroyer certains droits sans lui demander son avis. Alors qu’il prend sa douche, un peu à la bourre, pendant la première partie des Iguana, je déverrouille la porte de la salle de bains de la loge, à l’aide d’un canif. Il est en train d’enfiler son froc, dos à moi. Je lui signifie ma présence d’un raclement de gorge. Signe tacite entre nous qui le rassure et m’évite un coup de tête ou je ne sais quoi d’autre. Il se fige, j’attrape son bras, le retourne et le plaque contre le mur derrière lui. Puis je m’agenouille devant lui. Sans attendre un mouvement de rébellion éventuel, j’attrape sa queue déjà en train de durcir entre mes lèvres. Mes doigts entourent sa base étroitement et ma langue part à la découverte de son membre. Il gémit en se tapant l’arrière de la tête contre le mur.

Je goûte le liquide qui s’échappe de son méat, puis le titille quelques secondes, avant de mordiller sa veine dorsale sur toute sa longueur. C’est étrange, mais en même temps, j’ai tellement branlé cette queue depuis quelques jours qu’elle est comme une copine pour moi. Une amie très, très proche. Et j’en ai envie, dans tous mes orifices possibles. Il me rend dingue avec ses interdictions. Si au début j’avais quelques appréhensions légitimes, à présent, elles sont oubliées, noyées dans mon désir de lui. Je veux tout prendre.

Il passe une main dans mes cheveux pendant que ma langue s’enroule à son membre et que je le prends en bouche. J’adore cette sensation, me faire étouffer par son désir, quoi de plus beau ? Le sentir grossir pour moi sous ma langue qui s’active, l’enfoncer au fond de ma gorge, presser ses boules et le sentir défaillir et pousser son bassin furieusement contre mes lèvres, c’est affreusement sexy. Il écarte ses pieds pour me laisser un accès plus évident à son entrejambe dans son ensemble en râlant de plaisir. J’accélère mes va-et-vient sur son membre, puis crache sur mes doigts avant de le reprendre au fond de ma gorge. Mes doigts suivent le sillon de ses fesses et s’y enfoncent d’un coup, deux pour commencer.

– Merde ! Nicolas !

Sa voix est pétrie de tension sexuelle, rauque et étourdissante. Mon nom, sur sa langue américaine, sonne comme une mélodie qui fait durcir ma bite davantage. Mais ce soir, ce n’est pas elle la star, c’est la sienne. La queue de Corey occupe le devant de la scène. J’enfonce mes doigts plus profondément dans son intimité en refoulant mon envie personnelle. Il lâche un cri lorsque j’en rajoute un troisième. Il ondule sous mes lèvres, s’enfonce encore plus au fond de ma bouche. J’avoue, je ne suis pas un expert comme lui, j’ai du mal à accepter toute sa longueur sans tirer au cœur. Il me jette un regard et décale sa bite contre ma joue. Puis pose une main sur cette joue en agrippant des mèches de mes cheveux. J’enfonce encore mes doigts davantage. Son corps tout entier se met à trembler.

– Oh, putain !

Il retient mon visage avec mes cheveux et envoie des coups de bassins urgents et rapides contre moi. Sa queue tapant contre la paroi de ma joue, sa main sentant chaque mouvement de l’autre côté. Une rage sexuelle l’envahit, en même temps que la mienne. J’ajoute un quatrième doigt en lui alors qu’il prend définitivement la direction de l’opération et accélère ses coups de queue en grognant.

– Tu voulais me sucer, hein ! T’as pas voulu attendre, espèce de pervers lubrique !

Il replace sa bite dans l’axe de ma gorge.

– Et t’as eu trop raison, putain ! J’adore ta bouche, bordel de merde ! Continue Nicolas.

Je suis en nage, à deux doigts de jouir moi-même. Ma langue se plaque sous son sexe pendant que ses mains dans mes cheveux rythment ma pipe. Son corps se tend tout à coup.

– Dedans ou dehors !

Je mets un temps à comprendre la question. Il répète, haletant, au bord du précipice.

– Nicolas ! Dedans ou dehors ?

Quelle question débile ! J’enfonce sa bite au plus profond de ma bouche pour toute réponse. Je ne perds pas une seule goutte de Corey, ce n’est même pas envisageable ! Il soupire de soulagement et donne une nouvelle série de coups de reins affamés. Ses mains resserrent l’emprise sur mes mèches, son ventre se tend, des tremblements agitent ses cuisses et son sperme se répand directement au fond de ma gorge. Putain, je vais jouir ! Je retiens mon propre orgasme en ressentant le sien glisser le long de ma gorge, au fond de moi. Chaud, sensuel, le goût de ma passion.

Ses jambes flageolent, je me redresse précipitamment pour le prendre dans mes bras. Il se laisse aller contre mon épaule alors que je lui embrasse le cou. Ses mains se posent sur mes biceps.

– Putain, Nicolas ! Je dois prendre une guitare dans quelques minutes, bordel de merde ! Tu m’as sucé toute mon énergie, là !

J’éclate de rire…

– Ah, tu l’appelles comme ça, toi ? La mienne, c’est Bertha… Rapport

au canon allemand bien connu 21 ! Allez fais pas la gueule, on va faire une reprise de Lorie en intro du concert, ça te laissera le temps de reprendre vie.

Il se redresse.

– C’est qui « Lorie » ?

– Un truc bien français et absolument atroce ! Avec une boîte à rythme en orchestration. La nana a quand même chanté un truc qui s’appelait « Ta meilleure amie ».

Il éclate de rire.

– Putain, super grunge 22 ta Lorie !

– T’imagine même pas !

Nous sommes interrompus dans ce rappel primordial des grands classiques rocks par Marcus frappant à la porte.

– Eh, les serials fucker, en scène dans cinq minutes ! Je ne sais pas qui doit enlever sa queue de l’autre, mais ça serait sympa de le faire maintenant !

Corey retient un rire.

– Je crois que nous lui tapons sur le système.

Je me baisse pour remonter son jean sur ses cuisses qui était resté à ses pieds.

– C’est bien possible. Et c’est encore plus jouissif comme ça.

Je referme sa braguette en l’embrassant une dernière fois.

 

20 Kickstart My Heart, Mötley Crüe, crédits : Nikki Sixx.

21 La Grosse Bertha (en allemand : Dicke Bertha) est une très grosse pièce d'artillerie de siège utilisée par l'armée allemande lors de la Première Guerre mondiale.

22 Grunge : Se dit d'un style musical issu du hard rock et du punk.

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