T'atteindre
17 - Wall Fuck - Flume
17
Wall Fuck - Flume
- AIDAN -
J’attendais depuis toujours de pouvoir la toucher de cette façon. Mes rêves sont en train de se réaliser. D’abord le spectacle ensemble, puis nos baisers dans les rues de New York en rentrant chez elle. Maya a été hésitante au début, ses lèvres se sont montrées dures. Et puis je ne lui ai pas laissé le choix, comme dans la salle de danse. J’ai pris sa bouche en plein milieu de la rue, je l’ai serrée contre moi, je lui ai dit que je voulais être avec elle.
Elle m’emmène pour la première fois dans son appartement. Un loft qu’elle a d’abord loué sur ses économies, et qu’elle peut maintenant se permettre d’habiter grâce au salaire versé par Marco. Elle m’a proposé d’y manger un morceau, mais on sait tous les deux comment ça risque de finir. Une part de mon cerveau me chuchote que ça ne fait qu’un jour que j’ai rompu avec Zoey, que je vais trop vite et que je risque de le regretter, mais l’autre me répète de foncer.
– Est-ce que quelque chose en particulier te tente ?
– Je te fais confiance.
Nous avons décidé de nous faire livrer. Pendant qu’elle disparaît dans sa cuisine, chercher le numéro me précise-t-elle, je me mets à l’aise et observe les lieux. C’est un grand duplex, son lit se trouve au premier ; en bas, il n’y a qu’un canapé et une commode. Dans le reste de l’espace, elle a installé un immense miroir contre un mur et sa barre de son sur le sol. Sa caméra est encore en place sur son trépied. Elle ne l’a pas utilisée depuis son arrivée dans le crew. MasterMax a disparu.
– C’est ici que tu filmais tes vidéos ? questionné-je en m’approchant de son matériel.
Je prends sa caméra numérique dans les mains, l’allume et parcours les premières images.
– J’ai regardé chacune de tes vidéos.
– Je sais, répond-elle en revenant dans le salon après avoir passé commande.
Je pose son appareil en l’interrogeant du regard.
– Quand tu as rendu ton compte public, explique-t-elle, j’ai vu que c’était toi le garçon avec qui j’avais discuté. Ensuite, tu t’es abonné à MasterMax et j’ai pensé…
Elle hausse les épaules avant de continuer :
– …qu’on avait toujours un lien, finalement.
– Je ne savais pas que c’était toi.
– C’était le but.
– De disparaître ?
– Disparaître. Ne rendre de comptes à personne. Être libre et danser ce qui me plaisait.
– Et aujourd’hui ? interrogé-je, inquiet. Tu ressens toujours ce besoin ? Tu es heureuse ?
Elle acquiesce.
– Je me sens moins seule.
Sa réponse nous plonge dans un silence chargé d’espoir. Pour la suite de cette soirée, pour la suite de nos vies. Je ne sais pas comment Maya voit les choses entre nous.
J’examine son équipement et soudain une idée qui m’aiderait à me rapprocher d’elle me traverse.
– Je peux danser avec Master ?
– Tu veux que je… ?
– Ouais.
Sans hésiter – comme si elle l’avait envisagé –, elle s’en va vers la commode installée dos au canapé, l’ouvre, en sort un sweat, un masque, hésite et revient tout en s’habillant. Elle prépare la caméra, l’enclenche, se rapproche de moi.
Elle lance un morceau que je ne connais pas. L’intro passe, c’est électro, les basses pulsent comme j’aime. Comme un jeu de mime, nos mouvements se répondent. Si elle lève la main, déroule son bras, plie la jambe, j’anticipe et je fais pareil. On tourne sur nous-mêmes, moi autour d’elle. On revient face à l’autre, puis on se place dos à dos. Nos bras s’entremêlent, se démêlent. La musique n’a pas toujours le même rythme. Je ne sais comment, Maya finit par faire des pointes, tendre la jambe jusqu’à sa tête, complètement portée par la musique. Comme si la voix robotique qui s’élève lui chantait d’être plus douce. Quand elle s’éteint, la danseuse reprend des mouvements de break. Elle isole chaque partie de son corps, l’une après l’autre. Et moi, observateur, je deviens son exact reflet. Lorsque le morceau s’achève, elle se blottit contre mon torse, son masque touchant mes lèvres. Elle est sur la pointe des pieds, et je devine que ses yeux cherchent une réponse dans les miens, alors je lui retire le masque, passe les mains sous son sweat, puis les remonte le long de son dos musclé, tendu, frissonnant à mon passage. Maya s’appuie de plus en plus sur moi, m’ouvre ses jambes, me tend sa gorge abîmée, ferme les yeux, gémit quand je lèche sa cicatrice. Sa bouche revient vers la mienne. Ses lèvres exigent que je m’ouvre sous la pression. Je l’accepte. J’accepte qu’elle soit fougueuse, obsédée par mon corps, submergée par son propre désir.
– Putain, j’attendais tellement…
Ses jambes s’enroulent sur mes hanches, sa chatte frotte sur ma queue, ses fesses se calent sur mes paumes. J’emprunte les escaliers d’un œil puisqu’elle s’évertue à me compliquer la tâche par des baisers et des doigts aventureux qui me font bander un peu plus fort. Je l’étends sur son lit, elle ne peut plus s’échapper où que ce soit.
– Combien de temps on a avant la livraison ?
– Plus d’une demi-heure.
– Ce ne sera pas suffisant.
– Tu recommenceras. Je t’en prie, Aidan.
Tout en disant ça, Maya se déshabille. Sweat, débardeur, legging, chaussettes, soutien-gorge. Tout y passe, sauf sa petite culotte. Je l’arrête avant qu’elle s’en défasse.
– Garde-la.
Je me dessape à mon tour. À genoux face à elle, ma nudité ne peut rien lui cacher : je meurs d’envie de m’enfoncer en elle. Mais je n’ai pas prévu de le faire tout de suite. Mes mains remontent le long de ses cuisses, en massent l’intérieur. Je trouve ses lèvres chaudes derrière le coton du seul vêtement qui la couvre encore. Mes deux pouces se faufilent en dessous, l’écartent, la touchent. L’un monte, l’autre redescend. L’un caresse, l’autre s’enfonce.
– Oh ! Mon Dieu !
La danseuse tend son corps vers l’arrière, ses genoux se plient et s’écartent pour me laisser la place. Mes mains la quittent pour me caresser.
– Aidan…
– Oui ? Tu veux quelque chose ?
Comme la dernière fois, je décale sa culotte et m’enfonce d’un coup en elle. La musique tourne en boucle en bas. Sans le vouloir, je suis le rythme, reprenant notre danse là où elle s’est arrêtée, mais cette fois, je mène. C’est moi qui impose les à-coups, les ondulations, les rotations. Je veux la rendre folle.
Le livreur est passé trop tôt, je n’avais pas du tout l’intention de décoller de Maya, mais elle m’y a obligé. J’ai remballé le matos, remis mon jogging et récupéré la bouffe chinoise en coup de vent. Mais, en revenant, j’ai laissé les plats au pied du lit. On bouffera plus tard. J’ai mieux à faire.
Les boîtes ont fini par s’empiler les unes sur les autres. On a découvert qu’on avait un appétit d’ogre. Maya m’a expliqué qu’elle ne fait pas attention à sa ligne, elle danse suffisamment pour éliminer.
On s’endort, menton contre tête, poitrine contre ventre.
À notre réveil, Maya a roulé sur le dos, sa cicatrice est donc exposée à mon regard. Mes doigts s’y perdent un instant. Sa poitrine se creuse comme si elle redoutait que je la touche.
– Qu’est-ce qui t’est arrivé ?
– Un accident.
– Tu aurais pu te faire tellement plus de mal.
– Mais je me suis battue pour que ce ne soit pas le cas.
Elle lève la tête vers moi.
– Ma cicatrice ne te plaît pas ?
Je caresse sa hanche, sa poitrine, la base de son cou où sa peau est fripée.
– Mon comportement te laisse penser ça ?
Je suis subjuguée par sa silhouette. J’ai espéré pendant des années pouvoir la tenir dans mes bras. Mon corps, mon cerveau et mon cœur sont déjà fous de devoir partir au petit matin.
– Aidan, je ne suis pas…
Son hésitation m’interpelle. Ma main s’arrête en suspens au-dessus de sa taille.
– Quoi ?
– Je ne suis pas douée pour ce genre de trucs.
Elle n’a pas le courage de me le dire en me regardant.
– Pourquoi tu m’as fait venir, alors ?
– Parce que… je n’ai pas pu m’en empêcher. J’avais envie de t’avoir pour moi, mais je me rends compte que je ne sais pas sortir avec un mec. Tout ce que je sais…
– Ne finis pas cette phrase.
– Qu’est-ce que tu veux, toi ?
Qu’est-ce que je veux ? Tout. Mais je crois qu’elle construirait une forteresse autour d’elle si je lui faisais peur avec une telle déclaration.
– Ce que tu es capable de me donner ! biaisé-je.
– Tu ne peux pas dire ça, proteste-t-elle en se redressant.
– Pourquoi ?
– Parce que ça veut dire que tu es prêt à sacrifier tes attentes et à ne prendre que des miettes.
– Non. Je veux prendre ce que tu es capable de me donner, et te faire découvrir comment c’est d’être avec quelqu’un. Une fois que tu y auras goûté, tu ne me diras plus que ce genre de truc n’est pas pour toi.
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