T'atteindre

ELLE SEVENO · Chapitre 43 sur 52

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T'atteindre

24 - Iron - Woodkid

24

 

Iron - Woodkid

 

- AIDAN -

– Qu’est-ce qui t’arrive, mon pote ? On dirait que t’es carrément stressé.

– Parce que je le suis.

À ce stade, ce n’est plus stressé que je suis, c’est carrément à bout de nerfs. J’ai vu chaque minute de la semaine passer et maintenant que je sais que Maya va bientôt arriver, c’est encore pire !

– De quoi t’as peur ? Elle a répondu à tes textos, non ?

Ouais, mais ce n’est pas suffisant. Elle me manque. Après deux semaines sans elle chez mes parents, j’ai cru que mon cœur allait s’effriter dans ma poitrine, alors après trois… Ajouter à ça son refus de venir avec moi, les mots de ma mère, sa présence à la SMB, j’ai le cerveau en proie au doute comme jamais. J’ai peur qu’elle ne veuille plus de moi, qu’elle veuille retourner au classique et abandonner le crew…

– Heureusement que c’est pour ma sœur, sinon jamais j’aurais laissé les manettes à Eduardo, balance Marco.

Il s’allume une clope puis nous la passe, respectivement à mon meilleur pote et moi. On a tous fait un effort vestimentaire. Nos tenues décontractées et nos casquettes ont disparu. Ce soir, c’est jean près du corps, chemise et basket classes.

Nous ne savons pas où nous allons, Maya a tenu à ne rien dire pour ne pas qu’on commette de bourde. Tout ce qu’elle nous a transmis, c’est l’horaire de notre rendez-vous : 19 h 30. La version officielle servie à Gabriella, c’est un repas dans l’un des meilleurs restos de burger de la ville.

– Maya arrive quand ? demande le chorégraphe après avoir récupéré son dû.

– Je suis là !

Je suis le plus vif à me retourner vers sa silhouette qui avance dans l’air frais du mois janvier. Les réverbères éclairent son visage. Son teint est lumineux, son air plus serein que la dernière fois que je l’ai vue.

Je me retrouve comme un abruti, immobile et muet face à ma petite amie. Elle ne m’a pas embrassé, je ne sais même pas si elle en a envie.

– Salut, me lance-t-elle alors que je crois déceler une certaine attente dans ses yeux.

– Salut.

Putain, même un simple petit mot se révèle compliqué à sortir ! J’ai envie de la prendre dans mes bras, mais je suis tétanisé. Maya finit par faire un pas dans ma direction. Aussi minime soit-il, il me redonne espoir. Je m’apprête à lui prendre la main, mais le destin a envie de jouer avec notre maladresse : la porte du studio s’ouvre sur Gaby.

– Désolée, j’ai été longue.

Contrairement à moi, l’adolescente n’hésite pas une seconde à rouler jusqu’à son amie et à la prendre dans ses bras.

– Tu m’as manqué.

Pourquoi est-on incapable de se dire ça ?

– Ton caractère grognon m’a manqué aussi, répond Maya avec un joli sourire.

Gabriella ne semble pas avoir remarqué qu’on était mieux sapé que la plupart du temps. Elle se laisse conduire au travers de la ville. Dans le bus, je me pose contre Maya, près de la zone pour les handicapés. Tout le monde est étrangement silencieux, ce soir. Elliott s’est installé aux côtés de Marco, comme à son habitude, mais ne le taquine pas, Maya tient le fauteuil de Gaby dans un mutisme presque religieux et je les observe, en lui jetant des coups d’œil chaque fois que son visage est éclairé par les lumières de la ville. Je profite qu’on ait quelques minutes pour me poser près de ma petite amie et coller ma cuisse contre la sienne. Je la sens se caler elle aussi. Je glisse ma main dans la sienne.

– Tu ne veux pas me dire où nous allons ? lui murmurai-je à l’oreille.

– Tu le découvriras bien assez tôt.

– Vu que Mia ne nous a pas rejoints, je suppose que ce n’est pas loin de la SMB.

– Bonne déduction.

Encore un sourire que je peux graver dans ma mémoire.

– Tes parents vont bien ? me demande-t-elle après quelques secondes de silence.

– Ouais. Un peu déçus de ne pas t’avoir rencontrée.

– Je suis désolée.

– Pas grave. Tu avais mieux à faire.

Je regrette mes paroles à l’instant où je les balance. Mais je me sens amer. Maya ne relève pas.

Lorsque nous descendons du véhicule, le quartier m’est si familier que j’ai l’impression de ne l’avoir jamais quitté. J’avais beau avoir deviné où nous allions, je ne peux pas m’empêcher de vouloir repartir. Nous sommes devant la SMB. Je suis passé devant quelques fois au cours de ces deux dernières années, et j’ai tout de suite eu envie de fuir. Ce soir, je prends sur moi.

Quelques pas suffisent à rejoindre une silhouette solitaire un peu plus loin, près du bâtiment administratif. Elle accueille sa sœur avec joie, celle-ci se lit sur son visage. Ont-elles passé ces trois semaines complètes ensemble ? On ne peut pas en douter. L’adolescente paraît bien moins hautaine que dans mon souvenir. Plus souriante. Maya lui chuchote un truc, sûrement quelque chose pour que l’ado nous salue sans crainte.

– Je vous présente Mia.

Les présentations sont rapides. Maya se penche vers Gabriella, restée en retrait, comme sur la défensive.

– Gabriella, voici ma sœur, Mia. J’avais envie qu’elle sorte avec nous ce soir.

– Pourquoi ?

– Parce qu’on ne va pas manger un morceau.

L’annonce a l’air de mal passer.

– Ne fais pas la gueule, Gaby, la taquine aussitôt Elliott. T’es tellement plus mignonne quand tu souris !

– Rappelle-moi, c’était quand la dernière fois ? s’amuse Marco.

– Ha ha ha ! Très drôle ! Je ne fais pas la gueule, je me demande juste où nous allons. Et surtout ce qu’on pourrait bien faire avec ce truc.

Elle désigne le bas de son corps d’un geste désabusé. J’ai déjà remarqué à quel point l’existence de ce fauteuil lui pèse. Maya se place derrière elle malgré son refus de se faire pousser et se penche vers son oreille. Marchant à ses côtés – maintenant que je lui ai pris la main, il n’y a pas moyen que je la lâche –, j’entends leur conversation.

– On peut faire plein de choses avec ce fauteuil !

– Comme quoi ? demande-t-elle la mine renfrognée.

– C’est une surprise.

– Je n’aime pas les surprises. La dernière fois ça m’a coûté mes jambes.

– Gab… S’il te plaît.

– Pfff.

Quand elle n’a plus de repartie comme ça, on sait qu’on a gagné.

En nous arrêtant dans l’entrée majestueuse du Manhattan Center Ballet, le plus prestigieux de New York, directement accolé à la SMB, dont les danseurs stars proviennent en grande majorité à l’issue de leur formation, il n’y a plus de suspense possible quant à ce que nous allons voir ce soir. Les yeux de Gabriella s’écarquillent d’excitation.

– Non…

Elle n’a pas l’air d’en revenir. Maya a réussi son coup. Je remarque d’ici que Marco lui en sera éternellement reconnaissant. Nous connaissons tous l’histoire de Gaby qui aimait les ballets auparavant. L’accident lui a retiré toute possibilité de pratiquer, et elle s’est braquée contre tout ce qui touche de près ou de loin au classique. Je suis encore étonné qu’elle ait accepté Maya dans son cercle de proches. De même que j’ai été surpris que cette dernière se soit entichée à son tour de cette gamine ronchon.

– Toi qui aimes tant la danse… explique-t-elle simplement.

J’ignore si Maya le sent, mais mon corps se crispe. Il fut un temps où je rêvais d’intégrer ce ballet. Probablement car je pensais l’y rejoindre. Le fait que le bâtiment qui abrite le ballet soit sur le campus de l’école qui m’a renvoyé, m’éloignant d’elle, n’arrange rien.

– Je ne pensais pas revenir un jour si près de la SMB… murmuré-je à son attention pour ne pas être entendu des autres.

– C’est pourtant un lieu important. C’est ici qu’on s’est rencontrés.

– C’est ici que tu me snobais, oui ! la taquiné-je.

Après avoir donné son nom à l’accueil et récupéré nos billets, Maya stabilise le fauteuil de Gabriella au premier rang, dans une zone dédiée. Elle s’assied à ses côtés, Mia à sa droite. Marco se place d’office derrière sa sœur, Elliott entre lui et moi. Après ça, les lumières s’éteignent, le ballet démarre.

J’avais oublié l’émotion que les notes de violon pouvaient avoir sur moi. Je guette les réactions de Maya. Nul doute que si je suis sensible à l’ambiance du ballet, ça doit être dix fois pire pour ma partenaire. À maintes reprises, je décroche du spectacle parce que Maya me lance des coups d’œil par-dessus son épaule. Que ressent-elle ? À quel point ça lui manque ?

– C’est magnifique ! s’exclame soudain Gabriella, nous rappelant tous les deux à l’ordre.

Il y a de quoi s’émerveiller, les danseurs sont vraiment fantastiques. Pourtant aucun ne me procure une sensation aussi forte que celle que je ressens quand Maya évolue sur scène. Comme si même la fin du monde ne pourrait l’en décoller. Elle n’est pas née pour marcher, elle est née pour danser.

– Je ne pourrai jamais monter sur une scène comme eux, souffle Gabriella en essuyant une larme sur sa joue.

– Peut-être que tu te trompes… rétorque Maya en se penchant vers elle.

– Qu’est-ce que tu veux dire ?

Les filles sont rappelées à l’ordre par des spectateurs qui leur intiment de se taire. Étant juste derrière elles, je distingue très clairement le clin d’œil de ma partenaire à Mia. Je fronce les sourcils : un truc m’échappe. Maya ne nous a pas tout dit. Je la boucle, n’ayant pas d’autre choix que d’attendre de découvrir ce qu’elle nous réserve. Gaby en fait de même, mais d’une forte mauvaise volonté : elle croise les bras avec une moue capricieuse. Un vrai caractère de cochon ! Heureusement, le spectacle semble tant la ravir que l’émerveillement remplace vite sa déception.

Pendant l’entracte, Gabriella revient à la charge et tanne la danseuse afin qu’elle lui révèle ce qu’elle cache, mais Maya tient bon. Elliott et Marco ont beau se rajouter aux suppliques, ils se mesurent à une femme qui sait protéger ses secrets. Trop bien.

Lorsque le rideau tombe, on est tous soufflés d’avoir vu ce tableau final tragique.

– Tu es prête ? demande Maya à Gabriella.

– Prête à quoi ?

Elle reste énigmatique en prenant son fauteuil par les poignées et en le guidant, non pas vers la sortie, mais vers une porte près de la scène. Les autres spectateurs, eux, s’en vont. Marco, Elliott et moi suivons à l’aveuglette. Seule Mia avance dans une attitude digne, aussi stricte qu’a pu l’être sa sœur à une époque.

– Où est-ce qu’on va ? la questionné-je.

– Tu vas vite le savoir.

De l’autre côté, Octavia nous accueille. Pourquoi ne suis-je pas plus étonné que ça ? Ça fait trois semaines que Maya fréquente la SMB de nouveau, elle doit se réjouir d’avoir remis la main sur elle… Lui faire bénéficier de quelques passe-droits pour accéder aux coulisses du Manhattan Center Ballet doit être dans ses attributions.

– Tu dois être Gabriella, salue la directrice de l’école, penchée vers la jeune handicapée.

L’ado tend la main sans comprendre ce qui lui arrive.

– Je te présente Luke, ajoute-t-elle en se tournant vers un danseur. C’est un de nos danseurs spécialisés en traumatisme et rééducation, c’est lui qui te portera, une fois que Mia t’aura appris quelques enchaînements pour danser.

– Danser, mais… ?

Je ne reconnais pas le danseur qui s’avance. Pendant une seconde, j’ai espéré revoir Evan, mais malgré la proposition que lui a faite le MCB d’intégrer ses rangs, celui-ci a quitté les États-Unis pour Paris l’année dernière. Nous n’avons jamais eu l’occasion de nous revoir.

Octavia rassure Gabriella. N’ayant pas envie d’engager la conversation avec elle, je me faufile vers les coulisses, mon meilleur ami sur les talons. Maya et Marco ne sont pas longs à nous rejoindre. Mia demeure auprès de Gabriella, droite dans son allure de princesse, mais la main posée sur le fauteuil roulant.

Ma petite amie, mes potes et moi nous asseyons au bord de la scène, tandis que Luke et Mia se chargent de Gabriella. Une musique douce envahit soudain l’espace. La jeune danseuse commence à évoluer sur scène, elle semble avoir appris une choré pour ce soir. Elle répète des mouvements de bras, tourne sur elle-même à plusieurs reprises et incite Gabriella à la suivre. Un rapide coup d’œil à Marco m’assure qu’il est ému lorsque sa sœur commence à se dérider. Le danseur classique prend beaucoup de précaution. Il fait d’abord tourner le fauteuil, lui intimant de continuer à suivre Mia toujours aussi gracieuse face à elle, puis quand elle est en confiance, il la porte en prenant bien soin de ses jambes. Il tente des portés simples. Mia fait office de parade. Tous les trois évoluent avec grâce. Pour la première fois depuis que je la connais, le visage de la jeune fille affiche une vraie sérénité.

– C’est chouette ce que t’as fait pour elle, dit Elliott à Maya.

Le sourire qu’elle affiche en retour me tord l’estomac. Je n’oublie pas où nous nous trouvons et avec qui.

– Tu as gardé de bons contacts avec Octavia, à ce que je vois, lui soufflé-je pour la sonder.

– Elle a été l’une des seules à vouloir me garder après mon accident.

– Vraiment ?

Elle confirme. Merde, je l’ai peut-être mal jugée. Cette femme ne fait que son métier, après tout, ce serait malhonnête de ne pas en convenir.

– Et elle le veut toujours ?

Je ne reconnais pas ma voix. Faire preuve d’aussi peu d’assurance ne me ressemble pas.

– Oui.

– Et toi ?

Ma partenaire me fixe.

– Qu’est-ce que tu veux m’entendre dire ?

– La vérité. Tu as dit que tu me raconterais…

Elle se détourne et garde le silence pendant si longtemps que je finis par croire qu’elle ne répondra rien.

– Une part de moi le veut aussi.

Ça a le mérite d’être honnête. Comme elle ne me regarde pas, elle ne peut pas se rendre compte que ça me brise le cœur.

– Quand reviens-tu danser ? demandé-je, la gorge tout à coup brûlante.

– Je ne sais pas encore. Mia a besoin de moi.

Moi aussi, j’ai besoin de toi. Mais je ne lui en dis rien. Mes espoirs viennent de s’envoler : elle aime trop le classique pour l’abandonner. Ces deux dernières années n’étaient qu’une parenthèse.

Au bout d’une heure, Gabriella retrouve son fauteuil et Maya lance le mouvement en se relevant. La petite sœur de Marco se précipite vers son amie et lui prend la main, elle n’a jamais eu l’air si heureuse.

– Merci d’avoir fait ça pour moi.

Toujours aussi peu douée avec toute forme de tendresse, Maya hausse les épaules.

– Je voulais une heure de pause dans tes ronchonnements. Je crois que j’ai réussi.

Elle rigole de bon cœur.

– Tu es vraiment jolie quand tu souris.

Mon regard s’assombrit lorsque j’avise Octavia qui vient vers nous puis que je croise le regard de Maya, aussi dur qu’un avertissement.

– Merci de m’avoir permis de lui faire cette surprise.

– Ne me remercie pas, le directeur du ballet me devait une faveur. J’y voyais aussi un intérêt personnel.

– C’est-à-dire ? la questionne-t-elle.

La question n’obtient pas de réponse directe. En revanche, le visage d’Octavia se pare d’un sourire qui me hérisse les poils.

– Tu sais que tu auras toujours ta place ici. Ces trois semaines l’ont prouvé.

– C’est gentil, mais j’ai des engagements.

– Peut-être que nous pourrions en parler tout de même. Je pense que j’ai mérité un déjeuner. Je ne te mets pas le couteau sous la gorge, j’aimerais juste qu’on discute encore une fois, toi et moi. Refaire du classique ne t’a pas plu ?

Confuse, Maya en perd ses mots. Mon cœur se serre un peu plus face à cette réalité : je ne lui suffis pas. Sinon elle se rappellerait qu’on peut danser du classique ensemble si elle le souhaite. Pourvu qu’elle ne quitte pas le crew. La SMB ne lui correspond plus, alors pourquoi hésite-t-elle ? À cause de sa sœur ?

– Je t’appelle pour te donner les détails. Dans la semaine, ça te va ?

– OK, abdique la danseuse.

Ne retourne pas à la SMB, Maya. Tu y étouffais !

Marco et Gabriella prêts, la plus jeune du groupe se place à la hauteur de la danseuse pour partir, Maya la laisse venir.

– Je sais qu’on ne doit pas te le dire souvent, dit soudain Gabriella à Maya. Mais… t’es vraiment sympa comme meuf.

Ça sonne comme un remerciement.

– Et toi, t’es aussi chiante que toutes les ados du monde !

Dehors, l’air est frais, les rues calmes, une nuit étoilée est tombée sur New York. Marco ayant embarqué sa sœur et proposé à Mia et Elliott de les suivre, je me rapproche de ma partenaire et marche à ses côtés. Je ne lui prends pas la main, et je me demande tout à coup si elle en a envie. Ses coups d’œil répétés dans ma direction ne veulent-ils pas dire quelque chose ?

– C’est vraiment cool ce que t’as fait pour cette gosse, déclaré-je, en mettant fin à mes réflexions.

– Merci.

– C’est la première fois que je te vois aussi proche de quelqu’un.

– Je suis proche de toi.

– Je veux dire… à part dans un lit.

– Je n’en ai pas l’habitude. J’ai plutôt tendance à repousser les gens.

J’ai tellement envie de t’embrasser ! À vrai dire, je ne pense qu’à ça, à la pulpe de ses lèvres, à sa langue me caressant lentement, à l’odeur de sa peau contre mon nez effleurant ses joues.

– À cause de ta mère, terminé-je à la place.

Évidemment que c’est à cause d’elle. Elle a façonné sa fille à son image et maintenant je suis sûr que Maya se croit complètement détraquée.

– Tu n’as pas peur qu’Octavia soit aussi exigeante, si tu y retournes ? ne puis-je m’empêcher de la questionner.

– Non.

– Tu as l’air convaincue.

– Je pense qu’elle veut que je me rappelle d’où je viens. Que je n’oublie pas à quel point j’aimais le classique.

Sa réponse m’enlise dans un torrent de boue. Qui suis-je pour toi, Maya ? Est-ce que tu ne te sens pas libre en dansant avec moi ? Je maudis la lâcheté qui me contraint au silence. Je profite encore un peu des miettes qu’elle me donne. Un jour, je finirai par mourir de faim.

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