Frangines
15 août, un an plus tard
— Tu as pensé aux bougies ?
— T’es dingue. Elle ne voudra jamais qu’on en mette quatre. Ça fait au moins dix ans qu’elle nous prend la tête avec ses quarante ans. Alors, plus…
— Oui, mais si on n’apporte pas de gâteau, on risque le drame du siècle, non ?
— Tu rigoles ? Tu penses vraiment que je veux finir étouffée sous un tapis de yoga ? J’ai commandé une pièce montée, il y a trois semaines. J’ai même demandé qu’on écrive Mathilde en énorme sur toute la structure.
— J’espère qu’il est bio, ton gâteau, Violette.
— Oh, elle ne va pas nous soûler pour ça.
— Bah… si. C’est son anniversaire. Et c’est Mathilde.
— Pas faux. Je te dois combien pour le cadeau ?
— Je ne sais plus. Mais je ne te devais pas de l’argent pour celui de maman ?
— Possible. Ou alors, c’est Mathilde ?
— On n’arrivera jamais à faire les comptes, de toute façon. Bon, il faut qu’on se dépêche. Ils arrivent dans une heure. Raphaël m’a appelée de la station-service. Ils se sont arrêtés six fois, à ce qu’il paraît.
— Quand est-ce qu’ils arrêteront de venir en voiture ? Ce qu’ils peuvent être ringards.
— C’est pour ça que tu les aimes. Tu n’as jamais apprécié le changement, pas vrai ?
— Pourquoi tu dis ça ?
Louise sourit. Voilà un an que sa vie a pris un virage inattendu. Elle tourne la tête vers l’immense verrière, enchâssée dans le vieux mur en pierre de La Garrigue, qui donne sur les Alpilles, visibles à présent depuis la cuisine. Une seconde terrasse ombragée, aménagée un peu plus loin en contrebas, renforce l’ambiance champêtre de l’ensemble, qui a été entièrement repensé par le nouveau propriétaire. Un potager a été installé tout près des fourneaux. Chacun peut venir y ramasser des tomates, des petits pois, des melons, des artichauts, et cueillir toutes ces herbes aux arômes merveilleux. Chaque fois que Louise s’en approche, son cœur déborde d’émotion et s’enivre de cette enfance qui surgit pour se mêler au présent.
Beaucoup d’arbres ont été plantés – au fil des ans, ils marqueront de leur empreinte cette terre aride sur laquelle tant de souvenirs dorment, désormais en paix. De longues guirlandes de lumière ont été accrochées de part et d’autre des cyprès. La fête sera belle. Mathilde n’est pas venue depuis Noël, depuis qu’elles avaient toutes les trois refermé la boîte de leurs souvenirs, pour ouvrir un nouveau chapitre de leur vie. Elles avaient rangé les cadres et les livres dans des caisses que Mathilde allait emporter à Paris. Puis organisé un gros vide-grenier dans la maison, où tout le village avait été convié. Jusque tard dans la soirée, les rires avaient résonné sur La Garrigue, ainsi que de vieilles chansons que les enfants passaient sur l’ancien tourne-disque cabossé. Lorsque les derniers invités étaient partis, suivis un peu plus tard par Alain et Fabienne, Louise, Mathilde, Violette, Jeanne et Yves s’étaient retrouvés tous ensemble dans le salon. Les enfants dormaient. Françoise était restée au village – c’était mieux ainsi. Les Carpentier avaient fait la paix. Avec beaucoup de tristesse, mais aussi un agréable sentiment d’apaisement, ils s’étaient partagé les souvenirs, des petits morceaux de ce pan de vie commune, qui les liaient à jamais. Louise avait surpris le regard d’Yves sur Jeanne et y avait lu une immense gratitude pour ces bonheurs-là, et de la culpabilité aussi, car nul n’oubliait qu’il avait décidé seul d’y mettre fin. Ils s’étaient serrés les uns contre les autres, tous les cinq, comme autrefois, face à la cheminée de pierre dépouillée des bibelots qui l’encombraient depuis des années. Les flammes étaient venues caresser leurs visages sur lesquels la vie avait passé, et continuerait de passer. Et Yves avait signé la promesse de vente. Plus tard, Jeanne partirait pour de bon, loin. Elle avait pris sa décision.
Après cinquante ans à s’occuper de ses filles, de son mari, et des centaines de femmes qu’elle avait accompagnées, il était temps pour elle de voir autre chose. Elle avait vendu ses parts de la maison aux filles, et était allée dans une agence qui proposait aux seniors des voyages autour du monde. Après maintes hésitations, elle avait fini par signer pour six mois, sac au dos, à partir de février. États-Unis, Mexique, Équateur, Pérou, Afrique du Sud, Laos, Cambodge, Vietnam, elle avait payé en tremblant un billet multidestinations et, depuis, était aussi excitée qu’une gamine à la veille de sa première colonie de vacances. En attendant son départ, et alors que les travaux l’avaient définitivement privée de son ancien « chez elle », Jeanne avait loué un joli petit appartement dans le centre de Paris, qui lui avait donné l’impression d’avoir vingt ans. Pour la première fois. Elle s’était mariée jeune, et était passée directement de chez ses parents au domicile conjugal. Profiter de ce deux-pièces douillet, et de son temps libre pour aller au cinéma, se consacrer à la méditation ou se promener, sans se soucier de cette immense maison qui lui avait pris beaucoup d’énergie, lui avait ouvert des horizons insoupçonnés. Et puis, elle avait pu profiter pleinement de ses filles. Quoique…
Louise avait peu à peu pris ses distances depuis qu’elle était amoureuse, et qu’elle avait décidé de donner toutes ses chances à sa nouvelle histoire. Son aventure avec Lisa avait commencé doucement. Après l’été, les deux jeunes femmes avaient continué de s’écrire, et de se téléphoner. Une belle complicité était née. Louise avait été d’un grand soutien pour les Adam lorsque Rose s’était éteinte à l’hôpital, à la fin de l’été. Elle était souvent venue les voir, elle avait longuement parlé avec Guillaume, et avec Lisa, avec laquelle elle avait passé beaucoup de temps. À la rentrée, le couple avait continué de se détacher, sans bruit, sans heurts. Et puis Lisa était revenue dans la région, pour une raison a priori professionnelle que Louise n’avait pas bien comprise. Leur premier baiser avait été une vraie déflagration pour elles deux.
Jeanne, attendrie, s’était dit que les âmes sœurs existaient bel et bien, de celles avec lesquelles l’évidence s’impose. Elle n’avait pas connu ça avec Yves – leur amour s’était lentement épanoui, et les enfants étaient venus le cimenter. Elle était heureuse d’assister à cela, et de voir sa petite dernière comblée, enfin en paix avec elle-même, débarrassée de cette satanée urgence à combler le vide d’une existence qui n’attendait que de se dérouler.
Quant à Violette, elle n’était jamais vraiment repartie. Ce pauvre Jérôme avait été le dommage collatéral d’un amour de jeunesse qui avait ressuscité. Ou plutôt d’un chapitre jamais vraiment clos, qui avait laissé ses protagonistes perdus, errant hors du livre qu’ils n’auraient jamais dû quitter. Mathilde et Louise avaient été sidérées de retrouver leur sœur telle qu’elles l’avaient connue vingt ans plus tôt. La Violette fantasque, sûre d’elle-même et presque trop brillante était peu à peu réapparue, à mesure que s’exprimaient ses sentiments pour Laurent. Quant à lui, ses démonstrations d’affection en devenaient presque gênantes. Jeanne et Louise en riaient, lorsqu’il débarquait à La Garrigue, sautant de sa voiture pour courir vers elle, la couvrir de baisers et lui dire, encore et encore, cet amour débordant qu’il avait trop longtemps gardé enfermé au fond de lui. Lorsqu’elle n’avait pas Clarisse, Violette venait une semaine sur deux pour le voir, à la plus grande joie de sa mère et de sa sœur. Et puis il y avait eu ce dîner d’automne, quand l’air encore tiède et le village rendu à ses habitants leur permet d’en profiter pleinement. Sur la grande table en bois d’une taverne locale qui surplombait les vignes, Laurent, Jeanne, Violette et Louise terminaient leurs verres de vin en évoquant pour la première fois leur avenir respectif. Tout s’était noué ce soir-là, lorsque Laurent avait parlé de son désir d’acquérir quelque chose dans la région. Il était d’ici et, selon lui, il ne pourrait jamais s’épanouir sous un autre climat, ni dans une grande ville. Ses racines étaient à Saint-Rémy. Au pire, il rejoindrait par moments Violette à Paris, mais le reste du temps il se consacrerait à retaper sa baraque – c’était son boulot, finalement. Et c’est alors qu’il avait avancé l’idée. Oui, pourquoi ne rachèterait-il pas la part d’Yves ? Après tout, il aimait cette maison presque autant qu’elles. Ce serait mieux que de la vendre tout à fait ? Et puis, il pourrait se charger des travaux, sans qu’elles aient à se ruiner. Jeanne pourrait occuper une partie du bâtiment, et lui une autre. Il pourrait même bâtir une seconde maison sur le terrain. Il y avait suffisamment de place. Jeanne avait émis quelques doutes sur la faisabilité du projet. D’autant qu’elle s’était convaincue de la nécessité de son départ ; rester un hiver de plus à Saint-Rémy ne la faisait guère rêver – même en compagnie de son petit Laurent. C’est à partir de ce moment-là qu’elle avait songé à laisser sa part à ses filles, et à mettre les voiles, loin, libérée de toute contrainte. Mathilde avait été facile à convaincre. Comme ses sœurs, elle désirait à tout prix garder la maison. Cette solution en valait bien une autre – et peut-être aurait-elle enfin une salle de bains ! La paperasserie enfin expédiée, La Garrigue allait pouvoir retrouver une nouvelle jeunesse.
C’est lorsque son histoire avec Lisa était devenue sérieuse que Louise avait pris sa décision. Elle en avait fini avec le métier d’infirmière. En tout cas pour un temps. Cette vocation qu’elle avait embrassée pour ressembler à sa mère l’avait épuisée et, très investie dans les travaux de La Garrigue et l’intendance de la maison, elle avait de moins en moins de temps et frôlait le burn-out. Elle avait beaucoup réfléchi, à mesure que le nouveau bâtiment dans lequel habiterait Laurent prenait forme, et que La Garrigue retrouvait de sa superbe. La région était très prisée par les touristes de tous pays ; et, même hors saison, ceux-ci cherchaient à découvrir les charmes de la vie provençale dans ces belles demeures qui racontent une histoire. Louise, à la fois anxieuse et excitée, avait appelé ses sœurs, pour une conversation à trois. D’abord inquiètes par ce rendez-vous téléphonique inopiné, Violette et Mathilde avaient été très vite emballées par le projet de leur benjamine. En avril, La Garrigue était officiellement devenue un gîte, proposant des chambres d’hôtes très bien notées par leurs premiers clients. Les cabanes à vélo étaient devenues des écuries, où Louise logeait les chevaux de la région, qu’elle montait quotidiennement au petit matin, lorsque tout le monde dormait encore. Il avait aussi fallu apprendre à faire les petits déjeuners aussi bien que Jeanne, décorer les chambres, suivre la comptabilité et gérer le site Internet de La Garrigue. Ravie, Mathilde avait proposé de s’occuper du compte Instagram et suggéré d’organiser des retraites de yoga avec quelques clientes désireuses de se ressourcer à l’ombre des oliviers. Louise et Laurent avaient néanmoins tempéré son enthousiasme car les premiers temps avaient été difficiles. Louise n’y connaissait rien. Tout comme Laurent, qui s’efforçait de faire de son mieux pour aider. Mais avait été très flatté de découvrir que certains commentaires laissés sur Internet vantaient le charme du « beau-frère de la propriétaire ».
Violette s’était définitivement installée au lancement des vacances scolaires, bien qu’elle ait passé une bonne partie de l’année sur le chantier. Elle avait peu à peu aménagé un atelier dans la « maison de Laurent » – que Louise appelait la « Petitlaurentière », en souvenir de ses jeunes années –, dans lequel elle passait ses après-midi à travailler la terre, sans jamais se lasser d’admirer la beauté de ce paysage qui déroulait à perte de vue ses bandes mouvantes de vert, d’or et de bleu.
— Ça va, les belles gosses ? On glande ?
— Non mais il est gonflé, celui-là. Tu le connais ?
Louise donne une petite tape derrière la tête de Laurent qui, chargé de caisses, ne peut lui répondre autrement qu’en lui tirant la langue. Il dépose sa cargaison sur l’immense plan de travail en béton qui longe la baie vitrée.
— Elle arrive quand, l’autre folle ?
— De qui tu parles, là ? De ma sœur ?
— Non, de ta copine.
— Oh, quelle saleté ! Lisa arrive en fin d’après-midi. Et Mathilde ne devrait pas tarder. Ils viennent avec maman, finalement. Elle dit qu’elle ne peut plus voir un train en peinture, et qu’elle est ravie de voyager en bagnole avec eux. J’attends de voir si après six heures calée entre Paul et Pia, avec Mathilde en mode radio ragots et Raphaël qui gueule contre les automobilistes du monde entier, elle sera toujours du même avis.
— Ça va faire bizarre de la revoir, n’empêche.
— On l’a quand même pas mal eue sur Skype.
— Ne m’en parle pas. Ça coupait toutes les trois minutes… Mais se voir en vrai, ce n’est pas pareil.
— Je sais. Je suis hyper excitée, pourtant je ne dis rien, tu me connais. Et puis, c’est toi, la sentimentale. Et la petite chérie à sa maman.
— Moi ? Enfin, ça a toujours été toi.
— On est vraiment obligés de rejouer votre enfance tous les jours ? intervient Laurent.
Violette et Louise se tournent vers lui, aussi surprises que s’il avait émis un pet bien sonore au milieu d’obsèques larmoyantes.
— Eh bien… oui. Tu nous connais depuis combien de temps ?
— Trop, beaucoup trop ! leur lance-t-il en repartant vers le parking pour chercher le reste des courses.
Violette tente de lui balancer une boulette de papier que Laurent, qui a anticipé son geste, rattrape au vol. Violette sourit tout en caressant son ventre rond. Elle n’avait pas vraiment prévu cela. C’était venu si vite. En février, elle avait eu de grosses douleurs à l’abdomen. Elle avait d’abord cru à une mauvaise position à l’atelier, où elle passait le plus clair de son temps – ses affaires avaient bien décollé, elle vendait ses pièces à de nombreuses boutiques du Sud, en plus des magasins parisiens et de sa boutique en ligne. Avait-elle trop travaillé ? Sa posture au-dessus du tour était-elle correcte ? Elle avait laissé passer un peu de temps avant d’avoir un soupçon car elle avait arrêté la pilule. Si elle doutait que cela se produise à presque quarante ans, elle continuait néanmoins d’espérer au fond d’elle-même que ce vœu qu’elle avait fait sous les étoiles filantes se réaliserait.
Laurent avait hurlé de joie quand elle lui avait annoncé. Et il avait fallu toute la patience de Violette pour qu’il accepte de garder le secret pendant les trois premiers mois. Au marché, avec les ouvriers, ou ses clients sur les chantiers qu’il suivait en plus du leur, il arborait un sourire crétin qui ne l’avait plus quitté pendant des semaines. Ravie d’avoir Louise pas loin, Violette ne cessait de la bombarder de questions – c’est normal, tu crois ? à mon âge ? est-ce que d’autres patientes t’ont parlé de ça ? Et chaque fois, Louise lui répondait par une moue qui signifiait « c’est bien la peine d’avoir eu une mère sage-femme ». C’est là que Violette s’était rendu compte qu’elle n’avait jamais vu Jeanne avec les mêmes yeux que sa petite sœur. Elle ne s’était guère intéressée à la vie professionnelle de cette femme, qui était avant tout celle de leur père, et accessoirement celle qui les élevait. Elle ne l’avait jamais perçue comme une femme à part entière, qui avait presque son âge quand elle avait connu une grande passion avec Alain, puis perdu le petit Yoann. Alors aujourd’hui, Violette s’efforçait de gommer cette étiquette de grand-mère dont elle avait inconsciemment affublé Jeanne, et d’écouter ses récits, ses joies, ses doutes lorsqu’elle se confiait depuis le bout du monde.
Lorsque Clarisse apparaît dans la cuisine, Violette en a le souffle coupé, comme chaque fois que son regard se pose sur cette petite merveille, devenue une belle adolescente. La jeune fille s’approche doucement. Elle est en maillot de bain, et porte une espèce de blouson fluo par-dessus. Son portable pend en collier autour de son cou. Louise et Violette se gardent bien de lui faire une quelconque réflexion sur son look – elles le lui ont promis. Mais lorsque Clarisse se love contre le gros ventre de sa maman et passe les bras autour de son cou pour lui faire un câlin, Violette adresse un clin d’œil à sa sœur en pouffant.
— Vous vous foutez de moi ? demande Clarisse de ce ton monocorde propre aux ados.
— Pas du tout ! répondent-elles en chœur.
— Y’a Granny.
— Quoi, Granny ?
— Devant la fenêtre, là. Qui nous regarde comme les jumelles de Shining.
— Hein ?
Violette fait volte-face et sursaute quand elle croise le regard de sa mère. Il faut quelques secondes aux filles pour comprendre que Mathilde, Raphaël, les enfants et Jeanne sont arrivés sans qu’elles les entendent. Alors elles se précipitent toutes les trois dehors – Violette à la traîne claudique plutôt de cette drôle de démarche qu’elle a adoptée depuis un mois – et sautent dans les bras de Jeanne. Elles la trouvent rajeunie, amincie, bronzée, changée. Ça crie dans tous les sens.
— Oh là, qu’est-ce que tu es belle comme ça, Violette ! Ça me rappelle l’époque où tu attendais Clarisse. Une grossesse merveilleuse.
Derrière Jeanne, Mathilde fronce les sourcils.
— Aussi merveilleuse que celles de Mathilde, ajoute Jeanne sans même se retourner parce qu’elle connaît si bien son aînée et qu’elle a senti dans son dos sa pointe de jalousie.
Soufflant d’exaspération, et déjà en nage, Raphaël décroche les trois vélos qu’il a calés sur sa voiture. Il précise qu’il veut en faire son « activité familiale » des vacances. Pia réprime une grimace, elle n’a pas l’air enchantée. Louise lui demande ce qu’il entend par « familiale ». Qui est ma famille ? songe alors Violette. Est-ce que c’est Laurent et Clarisse ? Est-ce que ce sont elles ? Est-ce qu’on agrandit sa famille, ou est-ce qu’on en change ? Une chose est sûre : elle n’est pas prête à quitter ses frangines, et elle les trimballera longtemps, quels que soient les changements qui s’opèrent pour elle.
Petit Paul attrape un caillou pour le manger. Mathilde pousse un hurlement, le gronde et le prend dans ses bras. Elle commence à avoir du mal. Son ventre l’encombre. Elle pensait ne plus pouvoir à cause de ses traitements. Et puis la vie lui a fait ce cadeau. Violette et elle passent des heures au téléphone pour en parler. Elles accoucheront à quelques semaines d’intervalle. Leurs filles seront comme des sœurs.
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