La bouche pleine

Elisabeth Massicoli · Chapitre 21 sur 57

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La bouche pleine

Dimanche 4 décembre - 10 h 03, dans le lit (effectivement très confortable) de Pete.

— Viens, j’vais te prêter un de mes t- shirts. Ça va te faire comme une jaquette !

Pas exactement le sexy talk que j’espérais.

 

Dimanche 4 décembre

10 h 03, dans le lit

(effectivement très confortable) de Pete.

 

Je me réveille, mon vieux eye- liner tout collé. À côté de moi, Pierre-‐ Étienne dort la bouche ouverte, en ronflant discrètement. Je décroûte mes yeux, replace mes cheveux en me regardant dans l’écran de mon cell, et vérifie que mon haleine du matin ressusciterait pas un mort. Puis, je me recouche sur l’oreiller douillet. I woke up like this, quoi.

Il doit sentir ma bougeotte, puisqu’il ouvre soudainement les yeux. Il s’étire en lâchant un gémissement exagéré et se tourne vers moi, tout sourire.

— Bon matin, madame ! Bien dormi ?

— Oui, vraiment full.

Cette fois, je mens même pas.

— Ton lit est fou ! Un nuage !

— J’le sais. C’est un peu morbide, mais c’était à ma grand- mère. Elle venait juste de l’acheter quand elle est morte, et mes parents me l’ont laissé. Le couvre- matelas est en vraies plumes d’oie pis toute !

— Fancy ! Oh, faque, si on est dans le lit de ta grand- mère morte, penses-‐ tu qu’elle va venir nous hanter si j’te frenche ?

Il rit.

— Pantoute. Elle était ben ouverte d’esprit !

On s’embrasse doucement. Il goûte le vieux joint et j’haïs pas ça. Je pense à essayer une manœuvre pour initier un deuxième round, après ma flasque déception d’hier, mais il m’en laisse pas le temps.

— Ça te tente- tu que j’te fasse à déj’ ?