La bouche pleine
Mercredi 7 décembre - 15 h 22, au bureau.
— On le sait ben, toi tu prêches pour ta paroisse, hen ! Tu t’ennuierais trop de moi.
— Même pas ! J’serais soulagée. Enfin, la sainte crisse de paix !
Elle rit et m’enlace brièvement.
— Non, mais, sans niaise : écoute ton gut feeling, Cam ! Si tu l’sens pas, c’est correct de refuser.
— T’as raison, j’vais lui écrire. Merci, mais non merci.
Je me perds dans mes pensées, déjà en train de rédiger le courriel dans ma tête. Mon amie me ramène à l’ordre.
— Ah, moi j’vais super bien, merci de me l’demander !
— Fuck, sorry babe. Ça va ?
— Meh.
Elle se penche vers l’avant et ouvre le col de sa chemise pour me laisser entrevoir les marques de dents foncées, devenues presque violacées, qu’elle a sur le chest. Il est pas allé avec le dos de la molaire, le sale.
— As- tu eu de ses nouvelles ?
— Non, pis j’en veux pas non plus. J’veux juste mettre ça derrière moi. Pis me faire payer des bouteilles de vin par des riches CEO, moi itoooooo !
— Esti que t’es conne.
Je eyeroll en souriant, quitte son bureau et retourne m’ins taller dans le mien, pas mal plus en ordre. J’utilise mon courriel personnel pour envoyer un message à Ber nard. C’est pas toi, c’est moi. Une bonne chose de faite ! Je consulte mon téléphone : toujours pas de nouvelles de Pete. Je le vois en ligne, pourtant. Je ravale ma déception et je l’envoie chier dans ma tête. Fuck him. Pas besoin de ça dans ma vie, moi, un gars qui bande mou, de toute façon, hen.
Pour me changer les idées et pour faire différent, je décide de lâcher Facebook et de travailler pour de vrai.
Mercredi 7 décembre