La bouche pleine
Dimanche 11 décembre - 3 h 33, dans mon lit, aux côtés d’un beau grand barbu.
Il me frenche avec passion. Je suis pas une fille de langue, d’habitude, mais lui, j’ai envie qu’il me lèche les amygdales. Je le veux en moi au possible. Il me remet on top, sans m’enlever ma robe. Il défait sa braguette d’une main et descend son pantalon et ses boxers d’un seul mouvement. Je suis encore mouillée et sensible, je le sens dur et chaud contre moi. Enfin, esti. J’empoigne sa queue et je l’insère en moi d’un coup. Je gémis. Lui aussi. Damn, c’est parfait.
— Attends, attends.
Il se retire soudainement,
— Quoi ?
— On a pas de condoms.
— J’m’en crisse. Encore.
— T’es sûre ?
— S’te plaît.
Il me couche sur le côté, en cuillère, et me pénètre fort. Je le sens jusqu’au fond de moi. Il sort mes seins du décolleté de ma robe d’un coup sec, me pince les mamelons. M’agrippe par le cou, tire mes cheveux. C’est tellement bon que j’en oublie de rentrer ma bedaine, qui se trouve dans un angle peu flatteur. Je contracte les muscles de mon vagin pour être plus serrée et je sens que ça fait son effet. Tu veux que j’vienne dans toi, hen ? Oui, please. Que ça finisse pas tout de suite. Continue. Il redouble d’ardeur. Ça me fait mal juste ce qu’y faut. Dis- le, que tu veux que j’vienne dans toi ? Il me tire les cheveux un peu plus fort. Je le supplie. C’est assez pour finir de l’exciter. Il jouit en poussant un grognement sonore et reste quelques instants en moi, avant de s’effondrer à mes côtés, béat.
Comme on dit, tout vient à point à qui sait attendre.
Pis câlisse que ça, ça valait l’attente.
Ouf.
Dimanche 11 décembre
3 h 33, dans mon lit,
aux côtés d’un beau grand barbu.
Je me réveille parce que je sens Pete grouiller à côté de moi. Assis sur le bord du lit, il est en train d’essayer de remettre ses pants sans trop me déranger.
— Tu le sais que j’ai pas de coloc, hen ? Tu peux librement te promener en bobettes dans mon appart’.
— Ah, oui, oui. J’le sais. Mais en fait, j’pense que j’vais aller dormir chez nous, si ça te dérange pas. J’dors vraiment mieux dans mon lit…
Aouch.
— Ah, euh. Okay !
— Ça te gosse- tu ? En plus, j’ai pas mes affaires…
C’est quoi, t’as oublié ton fer à friser ?
— Non. Non. Fais ça comme tu le sens.
— On se voit bientôt ? On a encore un déj’ à prendre.
— Oui, okay.
Je m’apprête à me lever pour aller lui ouvrir la porte, mais il me retient.
— Nonon, reste couchée. J’sais par où m’en aller.
Il me donne un bec sur la bouche et sort de ma cham bre en fermant doucement la porte. Je l’entends mettre ses bottes et descendre l’escalier. Assise toute nue dans mon lit, je sens son sperme qui coule entre mes cuisses. Je suis fucking déçue qu’il soit pas resté jusqu’au matin. J’aurais aimé ça qu’on déjeune ensemble, cette fois, assis sur les bancs collants de la vieille cantine crasse au coin de la rue. Deux- œufs- tournés- bacon- pain-‐ blanc, en se regardant dans les yeux, avant de revenir se coller dans mes draps chauds pour une deuxième baise. Pis une troisième. Mais hey, correct. Il aime mieux ressortir dans le froid pis dans la slush au milieu de la nuit que de se réveiller avec moi. Cool cool cool.
L’ego magané, je me rends jusqu’à la salle de bain, téléphone en main, pour m’asseoir sur la toilette et attendre que ce qui me reste de Pete s’écoule de moi.
J’appuie sur le bouton d’accueil, l’écran de mon cell s’illumine sur une tonne de notifications : j’ai dix textos non lus, cinq appels manqués, deux messages vocaux.
Oh fuck. Esti.
Yo, t’es où ?
Allô ???
Ça va, man ?
!!!!!!
Viens nous rejoindre, on est
sur le dancefloor, dans l’fond
à gauche.
Réponds svp.
Cam, t’es pas drôle !
As- tu perdu ton cell ?
Hi ! If you found this
phone somewhere can you
please call this number ?
Cam, faut que j’parte.
T ou ?
JU ! Oh my godddd.
J’suis tellement désolée !
J’vais bien. J’suis partie avec Pete, j’voulais pas te déranger faque j’suis partie en douce
en me disant que j’allais te texter, but you know me, j’ai oublié. Pauvre loup,
j’voulais pas t’inquiéter ! J’espère que t’as eu une belle soirée quand même.
Appelle- moi quand tu vois ça.
Love you xxxx