Wicked
Chapitre 3
— Ce ne sont que des effets, Glinda, dit-elle. La magie n’a rien d’ontologiquement intéressant. Je ne crois pas en l’unionisme non plus, protesta-t-elle. Je suis athée et matérialiste.
— Tu dis cela pour choquer et scandaliser, dit sèchement Nessarose. Glinda, n’en crois pas un mot. Elle agit toujours ainsi, en général pour courroucer Père.
— Père n’est pas là, lui rappela Elphaba.
— Je parle pour lui et je suis offensée, répliqua Nessarose. Si tu peux plisser le nez devant l’unionisme, c’est parce que le Dieu Innommé t’a donné un nez. C’est tordant non, Glinda ? Puéril.
Nessarose semblait prête à mordre.
— Père n’est pas là, répéta Elphaba, presque sur un ton d’excuse. Tu n’as pas besoin de prendre publiquement la défense de ses obsessions.
— Ce que tu appelles « obsessions », ce sont mes articles de foi, répondit Nessarose d’une voix claire et glaciale.
— En tout cas, tu n’es pas mauvaise, pour une ensorceleuse débutante, dit Elphaba à Glinda. Tu as joliment massacré mon déjeuner.
— Merci, dit Glinda. Je n’avais pas l’intention de le faire exploser. Mais je m’améliore, pas vrai ? Et dehors et en public, en plus.
— Spectacle choquant, commenta Nessarose. C’est exactement ce que Père aurait déploré. Tout est dans l’apparence.
— Je suis d’accord, ça a toujours le goût d’olives, dit Elphaba en prenant du bout du doigt un morceau d’olive noire qu’elle tendit à sa sœur. Tu veux goûter, Nessa ?
Mais Nessarose se détourna et s’abîma dans une prière silencieuse.
3
Quelques jours plus tard, Boq parvint à attirer l’attention d’Elphaba à la pause du cours de sciences naturelles. Ils se retrouvèrent dans une alcôve près du couloir principal.
— Qu’est-ce que tu penses de ce nouveau professeur Nikidik ? demanda-t-il.
— J’ai du mal à écouter, mais c’est parce que j’ai encore envie d’entendre le professeur Dillamond. Je n’arrive pas à croire qu’il est parti.
Le visage d’Elphaba exprimait sa résignation face à une réalité impossible.
— C’est l’une des choses que j’aimerais savoir, dit Boq. Tu m’as tout dit de ses découvertes. Est-ce que tu sais si son labo a été nettoyé ? Peut-être qu’il y a quelque chose d’intéressant dedans. Tu as pris ses travaux en notes, est-ce qu’il pourrait y avoir là un point de départ pour un projet, ou au moins de nouvelles études ?
Elle le regarda avec détermination :
— Tu t’imagines que je n’y ai pas déjà pensé depuis longtemps ? Bien sûr que j’ai foncé au labo le jour où on a trouvé son corps. Avant qu’ils recouvrent la porte de cadenas et de sorts de fermeture. Boq, tu me prends pour une idiote ?
— Non, je ne te prends pas pour une idiote. Dis-moi ce que tu as trouvé.
— Ses découvertes sont bien cachées, et bien que j’aie des lacunes énormes dans ma formation, je les étudie de mon côté.
— Tu veux dire que tu ne vas pas me les montrer ? demanda Boq, scandalisé.
— Cela ne t’a jamais particulièrement intéressé. D’ailleurs tant qu’il n’y aura rien à prouver, quel intérêt ? Je ne pense pas que le professeur Dillamond en ait été déjà là.
— Je suis un Croquignon, répondit fièrement Boq. Écoute, Elphie, tu m’as plus ou moins convaincu des plans du Magicien. Le confinement des Animaux sur leurs propres terres pour donner aux paysans croquignons mécontents l’impression qu’il fait quelque chose pour eux, et aussi pour fournir de la main-d’œuvre forcée aux excavations inutiles de nouveaux puits inutiles. C’est infâme. Mais cela concerne Haut-Sorbe et les villes qui m’ont envoyé ici. J’ai le droit de savoir ce que tu sais. Peut-être qu’on pourra trouver la solution ensemble, et changer les choses.
— Tu as trop à perdre, dit Elphaba. Je vais m’en occuper moi-même.
— T’occuper de quoi ?
— Moins tu en sauras, mieux ce sera, et je le dis dans ton intérêt. Celui qui a tué le professeur Dillamond ne veut pas que ses découvertes soient publiées. Quel genre d’amie est-ce que je serais si je te mettais en danger toi aussi ?
— Quel genre d’ami est-ce que je serais si je n’insistais pas ? répliqua Boq.
Mais elle refusa d’en dire davantage. Il s’assit à côté d’elle le restant du cours et lui fit passer de petits messages, mais elle n’en lut aucun. Il aurait pensé que leur amitié était dans une impasse, sans l’attaque que subit le nouveau venu, ce jour même.
Le professeur Nikidik parlait de l’énergie vitale. Entortillant les deux pointes de sa longue barbe broussailleuse entre ses poignets, il descendait d’un ton à la fin de chaque phrase, et seule la première moitié était audible au fond de la salle. Pas un étudiant ne suivait. Quand Nikidik prit un petit flacon dans la poche de sa veste et marmonna quelque chose sur « l’Extrait d’intention biologique », seuls les étudiants du premier rang se redressèrent, les yeux écarquillés. Pour Boq et Elphaba, et tous les autres, on entendait un vague : « Une petite sauce pour la soupe hum hum, comme si la création était un hum hum sans conclusion, nonobstant les obligations de toutes les hm hm hm conscientes, et ainsi, comme petit exercice pour ceux qui s’endorment dans le fond hum hum hum, assister à un petit miracle, grâce à hum hum hum. »
Un frisson d’excitation réveilla toute la salle. Le professeur déboucha le flacon enfumé et l’agita. Ils virent tous une petite bouffée de poussière, semblable à un nuage de talc, onduler en panache au-dessus du goulot. Le professeur agita les mains deux ou trois fois, pour créer un courant d’air montant. Le panache commença à s’élever, gardant une cohérence étonnante. Les étudiants se retinrent de pousser des « oh » et des « ah » : le professeur Nikidik posa un doigt sur ses lèvres, et ils comprirent pourquoi. S’ils soufflaient trop fort, ils troubleraient le courant d’air et détourneraient la poudre flottante. Pourtant, les étudiants sourirent malgré eux. Au-dessus de l’estrade, parmi les cornes de cerf et les trompettes de bronze cérémoniales de rigueur, se trouvaient quatre portraits à l’huile des pères fondateurs des Tours d’Ozma. Avec leurs habits de jadis et leurs expressions graves, ils posaient un regard méprisant sur l’assemblée. Si cette « intention biologique » devait s’appliquer à l’un de ces ancêtres, que dirait-il en voyant des étudiants et des étudiantes rassemblés dans le grand hall ? Qu’aurait-il à dire, d’ailleurs, en général ? Tout le monde retint son souffle.
Mais une porte s’ouvrit d’un côté de l’estrade, perturbant la dynamique des courants d’air. Un étudiant passa la tête à l’intérieur, l’air perdu. C’était un nouveau, bizarrement vêtu de jambières de daim avec une chemise de coton blanc, des losanges bleus tatoués sur son visage et ses mains à la peau mate. Personne ne l’avait vu avant, ni quiconque lui ressemblant. Boq serra la main d’Elphaba en murmurant :
— Regarde ! Un Winkie!
Et tel semblait être le cas : un étudiant du Vinkus, dans son étrange tenue de cérémonie, en retard pour le cours, se trompant de porte, confus et désolé, mais la porte s’était refermée derrière lui, verrouillée, et il n’y avait pas de siège vide au premier rang. Il s’assit donc là où il était, le dos contre la porte, dans l’espoir sans doute de passer inaperçu.
— Zut et fichtre, ça s’est envolé, dit le professeur Nikidik. Imbécile, pourquoi n’êtes-vous pas à l’heure ?
Le brouillard lumineux, de la taille d’un bouquet de fleurs, avait filé vers le plafond, passant devant les rangées de dignitaires morts depuis longtemps, attendant une occasion inopinée de parler de nouveau. Mais non, le nuage recouvrit une paire d’andouillers et sembla se poser un long moment entre les cornes tordues.
— Eh bien, il me paraît difficile que ceux-là nous délivrent de sages paroles, et je refuse de gâcher de nouveau cette matière précieuse pour une démonstration scolaire, dit Nikidik. La recherche reste inachevée et j’avais pensé que hum hum hum. Que vous découvriez par vous-mêmes si hum hum hum. Je ne veux pas influencer vos hum hum hum.
Les andouillers se tordirent soudain, s’arrachant au panneau de chêne. Ils tombèrent bruyamment par terre, sous les hurlements de rire des étudiants – d’autant plus que pendant un instant, le professeur Nikidik ne comprit pas d’où venait ce vacarme. Il se retourna au moment où les andouillers se redressaient et attendaient, frémissant d’excitation sur l’estrade comme un coq de combat prêt à entrer sur le ring.
— Ne me regardez donc pas comme ça, dit le professeur Nikidik en ramassant ses livres. Je ne vous ai rien demandé, à vous. Prenez-vous-en à lui, si vous le devez.
D’un geste désinvolte, il désigna l’étudiant du Vinkus, qui reculait avec des yeux tellement écarquillés que les étudiants les plus âgés et les plus cyniques commencèrent à se demander si tout ça n’était pas un canular.
Les andouillers se dressèrent sur leurs pointes et s’avancèrent en crabe sur l’estrade. Les étudiants se levèrent, hurlant en chœur : les cornes se ruèrent sur l’étudiant du Vinkus et le plaquèrent contre la porte verrouillée. Une partie des andouillers le tenait par le cou, comme dans un joug, et l’autre s’apprêtait à lui crever l’œil.
Le professeur Nikidik voulut réagir vite, mais il tomba sur ses genoux arthritiques, et avant qu’il puisse se relever, deux étudiants du premier rang montèrent sur scène, saisirent les andouillers et les plaquèrent au sol. Le Winkie cria dans une langue étrangère.
— C’est Crope et Tibbett ! s’écria Boq en prenant l’épaule d’Elphaba. Regarde !
Les étudiants en sorcellerie s’agitaient sur leurs sièges, essayant d’envoyer des sortilèges aux andouillers meurtriers ; Crope et Tibbett trouvèrent leur prise, la lâchèrent, la retrouvèrent et réussirent enfin à casser l’une des branches principales, puis l’autre – et les morceaux, encore frémissants, tombèrent sur l’estrade, sans vie.
— Oh, le pauvre gars, dit Boq, car l’étudiant du Vinkus s’était effondré et pleurait à chaudes larmes derrière ses mains couvertes de losanges bleus.
— Je n’avais jamais vu un étudiant du Vinkus. Quel horrible accueil.
L’attaque de l’étudiant Winkie provoqua rumeurs et conjectures. Le lendemain, en cours de sorcellerie, Glinda demanda à M lle Grispetit de leur expliquer quelque chose.
— Comment est-il possible que l’Extrait d’intention biologique, enfin le produit du professeur Nikidik, soit étudié en sciences naturelles, alors qu’il se comportait comme un maître sortilège ? Quelle est vraiment la différence entre science et sorcellerie ?
— Ah, dit Mlle Grispetit, choisissant ce moment pour s’intéresser à ses cheveux. La science, mes chères, est la dissection systématique de la nature, pour la réduire en éléments fonctionnels obéissant plus ou moins aux lois universelles. La sorcellerie suit la direction opposée. Elle ne déchire pas, elle répare. Elle est synthèse plutôt qu’analyse. Elle crée, plutôt que de révéler l’ancien. Entre les mains d’une personne vraiment douée (ce disant, elle se piqua avec une épingle et poussa un jappement de douleur), la sorcellerie est un Art. Elle dépasse les beaux-arts de la peinture, du théâtre et de la récitation. Elle ne pose ni ne représente le monde. Elle devient. Une bien belle vocation. (Elle commença à pleurer doucement, émue de sa propre rhétorique.) Peut-il y avoir plus noble désir que de changer le monde ? Pas de dessiner des schémas unionistes, mais réellement d’ordonner le changement ? De revoir le difforme, de réformer l’erreur, de cadrer les marges de cette erreur malheureuse qu’est l’univers ? Et par la sorcellerie, de survivre ?
À l’heure du thé, toujours effarée et amusée, Glinda rapporta aux sœurs Thropp le petit discours venu du cœur que leur avait tenu Mlle Grispetit. Nessarose commenta :
— Seul le Dieu Innommé crée, Glinda. Si Mlle Grispetit confond la sorcellerie avec la création, le danger est grand qu’elle corrompe ton sens moral.
— Hum, dit Glinda, en pensant à Ama Clutch sur le lit de douleur mentale qu’elle lui avait autrefois imaginé, mon sens moral n’est déjà pas trop en forme, Nessa.
— Alors, si la sorcellerie doit avoir une utilité, ce doit être pour réformer ton caractère, dit fermement Nessarose. Si tu t’appliques à suivre cette direction, je pense que tout ira bien. Sers-toi de ton talent, ne le laisse pas se servir de toi.
Glinda se dit que Nessarose risquait fort de développer un réel don pour écraser les gens avec sa condescendance. Elle en frémit d’avance, tout en prenant son conseil au sérieux.
Elphaba intervint :
— Quelle bonne question, Glinda. Si seulement Mlle Grispetit y avait répondu. Ce petit cauchemar avec les andouillers m’a fait l’effet de relever de la magie, plus que de la science. Et ce pauvre gars du Vinkus ! Et si nous demandions au professeur Nikidik, la semaine prochaine ?
— Qui aura le courage de le faire ? s’écria Glinda. Mlle Grispetit, au moins, est ridicule. Le professeur Nikidik, avec son adorable manière de marmuhuhmonner… il est trop distingué !
Au cours de sciences naturelles de la semaine suivante, tous les regards étaient tournés vers le nouveau venu du Vinkus. Il arriva en avance et s’installa au balcon, aussi loin du lutrin que possible. Comme tous les paysans sédentaires, Boq se méfiait des nomades. Mais il dut reconnaître que le nouvel étudiant avait un regard intelligent. Avaric, se glissant sur la chaise à côté de Boq, dit :
— Il paraît que c’est un prince. Un prince sans argent ni trône. Un noble indigent. Dans sa tribu à lui, je veux dire. Il vit aux Tours d’Ozma et s’appelle Fiyero. C’est un vrai Winkie, de pur sang. Je me demande ce qu’il pense de la civilisation ?
— Après l’aperçu qu’il en a eu la semaine dernière, il doit regretter sa famille barbare, dit Elphaba, assise de l’autre côté de Boq.
— Et pourquoi est-ce qu’il porte ces peintures idiotes ? s’enquit Avaric. Il ne fait qu’attirer l’attention sur lui. Et cette peau ! Je ne voudrais pas avoir une peau couleur de merde.
— Ça, dit Elphaba, c’est une opinion merdique.
— Oh pitié ! gémit Boq. Et si on la bouclait ?
— J’ai oublié, Elphie, que la peau c’est un problème pour toi aussi, lança Avaric.
— Laisse-moi en dehors de ça, répondit Elphaba. On vient de manger, et tu me donnes de la dyspepsie, Avaric. Toi et les haricots de midi.
— Je vais changer de place, avertit Boq, mais le professeur Nikidik entra à ce moment-là, et la classe se leva automatiquement par respect, avant de se rasseoir dans un brouhaha convivial.
Elphaba agita la main quelques minutes pour attirer l’attention du professeur, mais elle était assise trop loin au fond et il jacassait sur un autre sujet. Elle se pencha vers Boq :
— Après la pause, je change de place pour m’avancer, comme ça il me verra.
Puis Nikidik finit son préambule inaudible et fit signe à un étudiant d’ouvrir la porte latérale par où Fiyero avait fait son entrée maladroite la semaine précédente.
Entra un garçon des Trois Reines, poussant un chariot. Dessus, accroupi comme pour se faire le plus petit possible, se trouvait un lionceau. La terreur de l’animal était perceptible jusqu’au balcon.
Sa queue, un petit fouet de la couleur de cacahouètes écrasées, s’agitait en tous sens. Il voûtait le dos. Il n’avait pas encore de crinière digne de ce nom. Mais sa tête fauve remuait d’un côté et de l’autre, comme s’il comptait les différentes menaces qui l’entouraient. Il ouvrit la gueule pour pousser un couinement terrifié, la forme infantile d’un rugissement adulte. Tous les cœurs fondirent et les étudiants firent « Oooooooh… ».
— Ce n’est guère plus qu’un chaton, dit Nikidik. J’avais pensé à l’appeler Rrrr, mais il frissonne plus qu’il ne ronronne, je l’appelle donc Brrr.
L’animal regarda Nikidik et se réfugia tout au bout du chariot.
— La question de ce matin est, dit le professeur Nikidik, si nous reprenons les domaines d’étude quelque peu orientés du professeur Dillamond, qui hum hum. Qui peut me dire si c’est un animal ou un Animal ?
Elphaba n’attendit pas qu’on l’appelle. Elle se leva du balcon et lança sa réponse à haute et intelligible voix :
— Professeur Nikidik, vous avez demandé qui pouvait dire s’il s’agissait d’un animal ou d’un Animal. Il me semble que la réponse est : sa mère. Où est sa mère ?
Il y eut des murmures amusés.
— Embourbés dans le marécage de la sémantique syntactique, je vois, dit gaiement le professeur. (Il éleva la voix, comme s’il venait juste de remarquer l’existence du balcon.) Bien joué, mademoiselle. Laissez-moi reformuler ma question. Quelqu’un peut-il hasarder une hypothèse quant à la nature de ce spécimen ? Et donner la raison d’un tel examen ? Nous avons devant nous une bête d’âge tendre, bien avant que toute bête de ce type puisse maîtriser le langage, en admettant que le langage fasse partie de sa constitution. Avant le langage – en supposant ce langage – est-ce déjà un Animal ?
— Je répète ma question, professeur, lança Elphaba. C’est un très jeune lionceau. Où est sa mère ? Pourquoi a-t-il été enlevé à sa mère à un si jeune âge ? Comment même peut-il se nourrir ?
— Ces questions n’ont aucune pertinence par rapport à la problématique posée, répondit le professeur. Cela dit, les jeunes cœurs sont prompts à saigner. La mère, dirons-nous, est morte dans une explosion mal à propos. Posons, pour les besoins de la discussion, qu’il n’y a aucun moyen de savoir si la mère était une Lionne ou une lionne. Après tout, comme vous l’avez peut-être appris, certains Animaux retournent à la nature pour éviter les conséquences des lois actuelles.
Elphaba se rassit, perplexe.
— Cela ne me semble pas juste, dit-elle à Boq et Avaric. Traîner ici un lionceau sans sa mère, pour une leçon de sciences. Voyez à quel point il semble terrifié. Il frissonne, et ça ne peut pas être de froid.
D’autres étudiants hasardaient quelques hypothèses, mais le professeur les réduisit à néant l’une après l’autre. L’idée, apparemment, c’était que sans langage ni indices contextuels, une bête au stade infantile n’était clairement ni animal ni Animal.
— Cela a des implications politiques, dit fortement Elphaba. Je pensais qu’il s’agissait de sciences naturelles, pas de commentaires d’actualité.