Fechsung
Brief an eine Junge Brasilianerin
BRIEF AN EINE JUNGE
BRASILIANERIN
Chère Lyska,
ce n’est pas l’amitié sexuelle que j’ai pour vous, mais c’est l’amitié pour votre personnalité tendre et exceptionelle, dont on ne pourrait pas se rendre compte exactement, mais qui pourtant a l’effet de r é g i o n s b e l l e s q u ’ o n n e c o n n a i s s a i t p a s j u s q u ’ a l o r s — — —! Votre voix mélodique, un peu sombre et chantante, vos yeux d’une profondeur mélancolique, quelquefois comme les boules noires et anxieuses des papillons de nuit percés d’une aiguille dans une boite, encore vivants, votre manière d’être assise, d’écouter, et de marcher, tout à fait infantille et gracieuse, m’é m u e n t p l u s que le désir m ’ e x c i t e de jouir de vous! Votre p e r s o n n a l i t é est plus grande que votre f é m i n i t é — — —. Je voudrai vous caresser, comme une maman exaltée et exagérée caresserait son bébé adoré, et mes baisers surtout sur vos yeux adorés seraient d’une tendresse passionée et sobre tout à la fois — — —. La peau de votre main aimée exhale un parfum surhumain; comme les abricotiers en fruit, dorés et chauffés par le soleil! C’est pourquoi un baiser sur votre main quand elle est un peu chaude, me rend plus heureux que les autres hommes peut-être la possession entière de votre corps merveilleux et d’ébène! Je bois ennivré le parfum de vos mains! De tenir vos mains, vos doigts longs et bruns entre les miennes, me procure un bonheur surhumain, de la tranquillité, de la paix! Et j’oublie mon sort triste! Mais, hélas, que puis je vous donner en récompense?!?
Peut-être p a r m o i e t p a r m o n e x a l t a t i o n, votre c o n s c i e n c e de votre don céleste de pouvoir faire heureux et paisible! Ce serait alors peut-être la „Bonne Fée“, qui a la bonne volonté de guérir les pauvres malades d’âme, les mendians de la vie quotidienne et triste et ennuyeuse! Pouvoir être „Bonne Fée“, c’est une mission outre-terrestre et fière! Vous avez reçu pour ces „sorcelleries“ votre personnalité rayonnante et douce! En l ’ a c c l a m a n t , je vous r é c o m p e n s e !
J’aime votre bouche, vos yeux, votre teint pâle et mystérieux, votre démarche enfantine et gracieuse, votre voix un peu sombre et mélodique, comme les voix dans la nuit tombante, dans les prées, dans les forêts, dans les eaux mortes — — —. Vous êtes autre que les autres. Ce n’est pas un compliment banal et niais. Mais, Lyska, on vous regarde d’un regard p l u s é m u que les autres jeunes filles attrayantes — — —! Vous n’auriez qu’à c h o i s i r entre les jeunes gens — je vous bénis — — — le plus riche!
Peter.