Dégâts des eaux
Chapitre 22
L’église était magnifique dans la lumière déclinante du jour. La petite bâtisse en bardeaux blancs, surmontée d’un clocher gracieux, était nichée au creux de son environnement rustique comme un diamant dans des replis de velours vert. La colline située derrière déversait une luxuriante cascade d’arbres à feuilles persistantes, auxquels se mêlaient des bosquets de hêtres, de bouleaux et de chênes, qui descendait jusqu’à une pelouse bien entretenue, semblable à un épais tapis entourant l’église bien propre avec ses vitraux en ogive placés à intervalles réguliers sur les deux murs latéraux.
La route, baptisée Church Lane, qui partait de la nationale 12 et gravissait en serpentant ces collines, ne conduisait qu’à cet endroit, à l’église réformée congrégationaliste unitarienne du Mémorial Elizabeth Grace Dudson de la commune de Putkin (cinq églises et cinq congrégations différentes avaient été réunies en une seule, absorbant les vestiges des églises inondées par le réservoir ou vidées par une fréquentation en diminution). Étant donné que Church Lane prenait fin à cet endroit, la route enflait à son extrémité pour devenir un vaste parking, d’où un chemin bitumé gravissait en ligne droite la pente raide conduisant au porche de l’église. La blancheur de l’édifice, les riches indigos, bordeaux, ors et vert olive des vitraux, les diverses nuances de verts de la pelouse et de la colline, le noir profond du bitume n’étaient jamais plus beaux qu’à cet instant, dans la lumière déclinante de la fin d’une nouvelle journée idéale.
Plus belle encore que l’église et que son décor, il y avait la mariée, rosissante dans son emmaillotement d’organdi blanc, qui descendait du break familial avec ses parents et sa petite sœur. Ils étaient les premiers arrivés, une demi-heure avant le début de la cérémonie. Le père semblait mal à l’aise et empoté dans son costume sombre qui ne lui allait pas, avec sa cravate rouge mal nouée; la petite sœur était un bonbon surexcité enveloppé de pêche cotonneuse; la mère enrubannée de lavande tamponnait ses yeux larmoyants avec un mouchoir lavande, en se lamentant :
- Je t’avais bien dit de ne pas aller jusqu’au bout, sale petite traînée ! Tu n’avais qu’à le contenter avec ta main, pour l’amour du ciel ! Oh, moi qui rêvais d’un mariage au mois de juin !
- Maman ! répliqua la mariée avec un agacement très étudié. Ça se verra d’ici là !
- Allons-y, qu’on en finisse, déclara le père et, d’un pas lourd, il gravit le chemin pour pénétrer dans l’église.
Les cousins et les cousines ricanants de la mariée arrivèrent ensuite, certains pour servir de placeurs, d’autres encore pour accompagner les demoiselles d’honneur, d’autres pour rester là sans rien faire, plus deux types à la forte carrure, vêtus d’épaisses vestes en laine, qui s’étaient portés volontaires pour s’occuper du parking et veiller à ce que toutes les voitures de tous les invités trouvent une place à l’extrémité de Church Lane.
La famille de la mariée continua à dominer pendant les dix premières minutes environ : des individus aux articulations épaisses, gloussant d’un air gêné et portant leurs « beaux » vêtements, ceux qu’ils gardaient pour les mariages, les enterrements, Pâques et les convocations au tribunal. Mais très vite, ce groupe fut rejoint par des membres de la famille du marié : plus maigres, plus petits, des personnes aux hanches étroites et aux nez en forme de décapsuleur, sans fesses, vêtus de vestes Naugahyde, de chemises en polyester, de pantalons en vinyle et de chaussures en plastique. S’y mêlaient, en vestes de survêtement et en jeans bien repassés, les copains du marié, des jeunes garçons ravagés par l’acné, débordants de regards en biais et de rires nerveux, conscients qu’il s’agissait d’un avant-goût de leur propre destin funeste. Les amies de la mariée arrivèrent toutes en même temps dans une voiture surchargée et restèrent collées les unes aux autres comme des particules de fer aimantées, véritable défilé des dernières tendances de la mode des soap operas; chacune d’elle était une bulle hermétique de timidité et d’égocentrisme. Le marié, une marionnette nerveuse en smoking de location, un garçon au teint pâle et aux yeux exorbités avec des cheveux hérissés et des oreilles décollées, fit son apparition aux côtés de ses parents maussades et méfiants, et il pénétra dans l’église avec toute la fausse assurance virile de Jimmy Cagney marchant vers la chaise électrique. La porte de l’église se referma derrière eux en résonnant plus fort que derrière n’importe qui.
Alors que l’heure de la cérémonie approchait, les dernières voitures, transportant chacune un couple en train de se disputer d’un ton hargneux pour savoir qui était responsable du retard, gravirent à toute allure Church Lane et se virent attribuer une des dernières places restantes par les gardiens de parking bénévoles. Puis ce fut L’HEURE. Les deux gardiens de parking échangèrent des sourires, fiers de leur travail, et ils s’apprêtaient à tourner le dos pour entrer à leur tour dans l’église quand des phares annoncèrent l’arrivée d’une dernière cargaison d’invités.
- Ils vont vraiment être en retard ! dit un des gardiens à l’autre et tous les deux s’avancèrent au milieu de la route pour faire de grands signes à la voiture qui approchait afin qu’elle se dépêche.
Au lieu de quoi, elle commença par ralentir, comme si le conducteur hésitait tout à coup.
- Vite ! Vite ! cria un des deux bénévoles du parking et il courut vers la voiture, sans cesser d’agiter les bras.
La voiture était une Cadillac toute neuve - bien plus belle que la plupart des autres voitures présentes -, et le chauffeur avait un nez étroit et un air hébété qui laissaient deviner aux gardiens du parking (des cousins de la mariée) que ces gens étaient des invités du côté du marié.
- Garez-vous là-bas ! hurla le bénévole en désignant une des rares places restantes.
Le conducteur avait baissé sa vitre, comme pour mieux afficher sa confusion. Il demanda :
- L’église… ?
- Oui ! C’est ça ! L’église est juste là, il n’y a rien d’autre sur cette route ! Dépêchez-vous, vous êtes en retard !
Quelqu’un dans la voiture s’adressa au conducteur, qui hocha la tête et dit :
- Je crois qu’on ferait aussi bien.
Alors, la Cadillac se glissa enfin dans son emplacement, les quatre portières s’ouvrirent et un groupe d’improbables invités en descendit. Les deux gardiens de parking, qui les attendaient, échangèrent un regard entendu qui disait en silence : « Du côté du marié, sans aucun doute. » Le conducteur au nez pointu était accompagné d’une sorte de troll obèse, d’un type à l’air sinistre et aux épaules voûtées et d’un vieux bonhomme à l’air mauvais. Conduits par les gardiens du parking, les quatre invités gravirent le chemin et entrèrent dans l’église à présent pleine, où la cérémonie n’avait finalement pas encore débuté, ayant été retardée simultanément par une perte soudaine de courage chez le marié (soigné présentement à l’aide de la flasque d’un oncle) et un crêpage de chignons entre la mariée et sa mère.
Un placeur en smoking s’approcha des retardataires pendant que les gardiens de parking s’asseyaient aux places que leur avaient gardées d’autres cousins. Se penchant vers les nouveaux venus, le placeur demanda :
- La mariée ou le marié ?
Ils le regardèrent avec de grands yeux. L’homme au nez pointu fit :
- Hein ?
Le placeur était habitué aux invités qui n’avaient pas suffisamment répété. Patiemment, en montrant les rangées de bancs des deux côtés de l’allée centrale, il demanda :
- Êtes-vous avec les invités de la mariée ou avec ceux du marié ?
- Oh ! fit le type au nez pointu.
- La mariée, dit le vieil homme à l’air mauvais.
- Le marié, dit en même temps le type à l’air pessimiste.
Franchement, ce manque de préparation était grotesque.
- Allons, dit le placeur. Vous savez bien avec…
- Nous, on est avec le marié, expliqua le pessimiste. Eux, ils sont avec la mariée.
- Oh ! fit le placeur en cherchant du regard des places vides des deux côtés de l’allée. Il y a deux places ici pour les invités de la mariée, dit-il. Et deux là-bas…
Il s’interrompit, stupéfait, car le petit groupe semblait se disputer farouchement, et presque en silence, pour déterminer qui était avec qui. Remarquant qu’il les avait remarqués, ils s’interrompirent aussitôt et se répartirent sans faire d’histoires, hormis quelques échanges de regards noirs. Le placeur fit asseoir le pessimiste et le petit rondouillard parmi la famille et les amis de la mariée, puis il plaça le vieil homme à l’air mauvais et le gars au nez pointu parmi les supporters du marié.
Pendant ce temps, l’oncle à la flasque (soigneusement dissimulée maintenant) émergea par une porte latérale au pied de l’autel et se dirigea d’une démarche légèrement chancelante (il s’était autoadministré un petit remontant, puisque la flasque était débouchée de toute façon) vers son siège situé presque devant, du côté des invités du marié. Il était encore en train de s’installer et de décrire à ses voisins, avec un grand sourire, l’état du marié, quand la mère de la mariée, le visage assez rouge et l’air assez crispé mais la poitrine gonflée triomphalement, apparut au fond de l’église escortée par un placeur et descendit d’un pas décidé l’allée centrale pour aller s’asseoir au premier rang.
Il s’ensuivit un moment de silence chargé d’un lourd suspens, pendant lequel l’épouse du pasteur, dissimulée dans la sacristie, déposa l’aiguille de l’électrophone sur le disque et une version pleine de crachotements, mais retentissante, de la Marche nuptiale de Mendelssohn jaillit des haut-parleurs placés en hauteur aux quatre coins de la nef.
Alors que la musique enflait et que le pasteur sortait de la sacristie pour s’arrêter devant la balustrade du chœur, le vieux bonhomme à l’air mauvais, assis parmi les invités de la mariée, jeta un regard plein de dégoût au pessimiste, assis dans le camp du marié. Le pessimiste lui rendit son regard plein de dégoût, puis il secoua la tête et concentra son attention sur la cérémonie.
La musique s’arrêta. Les haut-parleurs installés dans les coins de la nef dirent : « Tic… tic… ti… » Et s’arrêtèrent.
De l’autre côté de la balustrade, le pasteur s’avança dans le chœur, en adressant un sourire d’encouragement vide aux parents et à la famille proche assis au premier rang. C’était un homme mince et aimable au visage rond, aux épaules rondes, avec une tête ronde parsemée de cheveux rares, et des lunettes rondes qui faisaient énormément de reflets; il portait des chaussures noires à semelles épaisses comme les flics et une soutane noire à manches longues ornée d’un plastron blanc. La soutane laissait voir sa bedaine ronde alors qu’il se dirigeait vers la chaire et empruntait le petit escalier en spirale.
Du côté de la mariée, le vieux bonhomme à l’air mauvais se pencha en avant et regarda avec insistance, de l’autre côté de l’allée, le pessimiste qui semblait ne pas avoir envie qu’on capte son regard. Mais le vieux bonhomme continua à hocher la tête, à écarquiller les yeux et à hausser les sourcils jusqu’à ce que toutes les personnes qui l’entouraient finissent par le remarquer, alors le pessimiste se tourna enfin et hocha la tête - « Je sais, je sais » -, ce qui n’empêcha pas le vieux bonhomme de désigner de manière très appuyée, avec ses sourcils, ses oreilles, ses coudes, son nez et ses tempes, la direction de la chaire et le pasteur qui y montait. Le pessimiste poussa un soupir, croisa les bras et regarda droit devant lui avec détermination. Le petit patapouf assis à côté de lui ne cessait de regarder alternativement le pessimiste et le vieux bonhomme, bouche bée et excité. À côté du vieux bonhomme, le type au nez pointu, indifférent à tout cela, était concentré sur le décolleté d’une amie de la mariée assise près de lui.
Pendant ce temps, le pasteur avait atteint la chaire, d’où il contempla ses fidèles d’un air rayonnant et aimable. Après avoir réglé la hauteur du micro qui se dressait devant lui sur une tige flexible, il dit enfin :
- Remercions tout d’abord Felix Mendelssohn pour nous avoir fait partager cette merveilleuse musique. Veuillez vous lever.
Chckr - chckr - chckroup.
- Très bien, très bien. (Le visage et le sourire du pasteur étaient dans la chaire, mais sa voix sortait des quatre coins de la nef.) Et maintenant, dit-il, nous allons tous nous tourner vers notre voisin et nous allons le saluer en lui donnant une poignée de mains et une accolade.
Des rires gênés et des raclements de gorge envahirent l’église, mais tout le monde (à l’exception du vieil homme à l’air mauvais) obéit. Le type au nez pointu étreignit avec énormément d’enthousiasme l’amie de la mariée qui était à côté de lui, pendant que le pessimiste et le patapouf s’étreignaient de manière beaucoup plus réservée.
- Très bien, très bien. (La voix du pasteur leur tomba dessus des haut-parleurs.) Reprenez vos places, reprenez vos places.
Schlff - schlff - fflrp.
- Très bien.
Les lunettes du pasteur reflétaient l’intérieur de l’église et créaient des merveilles gothiques là où il n’en existait pas. Il promena son air rayonnant sur les fidèles, leur renvoyant ce reflet d’eux-mêmes bien plus intéressant, et il dit :
- Nous sommes réunis ici ce soir, sous l’œil de Dieu et des hommes, soucieux des lois de Dieu et des lois de l’État de New York, pour unir par les liens sacrés du mariage Tiffany et Bob.
Il s’arrêta. Il lança son sourire chaleureux vers le coin le plus reculé de son domaine. Et il reprit :
- Comme vous le savez, la bénédiction du mariage…
Il continua ainsi pendant un certain temps, mais ses paroles ne pénétraient dans aucun des cerveaux de cette église. Un puissant état comateux s’était emparé de la congrégation, une torpeur enchantée comme dans la forêt du Songe d’une nuit d’été. Tels les habitants de Brigadoon, les personnes présentes dans l’église dérivaient dans un long sommeil sans rêves, un monde sans combats et sans attentes.
- … avec Bob. Bob ?
Un lent soupir monta de l’assemblée assoupie, un souffle diffus et persistant. Des épaules remuèrent, des mains s’agitèrent sur des genoux, des fesses glissèrent sur les bancs en bois. Des yeux commencèrent à faire le point, et Bob était là tout à coup, comme par magie, une grande perche pliée en deux, en smoking noir, au début de l’allée centrale, à côté de son témoin sosie, un peu plus épais, souriant avec un soulagement nerveux tandis que sa main gauche malaxait sa poche de veste (certainement pour vérifier que l’alliance s’y trouvait toujours). Tous les deux se tenaient de profil par rapport à l’assistance; Bob clignait des yeux comme une victime kidnappée par des terroristes, ce qu’il était, pendant que le pasteur descendait de chaire et se dirigeait à grands pas vers le lutrin installé juste derrière la balustrade du chœur. Dans les coins les haut-parleurs dirent : « Tic… tic… tic… », puis une version orchestrale, lente et pesante, de Here Comes the Bride assaillit les gens assis en dessous.
Soudain, tout se mit en mouvement. Tiffany, pendue au bras de son père, et sa suite descendirent l’allée d’un pas hésitant, en essayant, sans y parvenir, de marcher au rythme de la musique; ils trébuchèrent plusieurs fois en chemin, tellement concentrés sur leurs pieds qu’ils en oubliaient leur timidité. Bob les observait comme si c’était un camion qui fonçait vers lui.
La mariée et le marié se retrouvèrent devant le lutrin et se tournèrent vers le pasteur, qui regarda l’assemblée par-dessus leurs têtes et annonça, avec son visage rayonnant :
- Bob et Tiffany ont rédigé eux-mêmes leurs vœux de mariage.
Et tout le monde se rendormit.
Quand les gens se réveillèrent, le mal était fait.
- Vous pouvez embrasser la mariée, dit le pasteur.
Et un petit malin dans l’assistance, un copain du marié, dit :
- C’est bien la seule chose qu’il ne lui a pas faite.
Peut-être un peu plus fort qu’il ne l’aurait souhaité.
La mariée et le marié s’empressèrent de remonter l’allée avec de grands sourires, pendant que les gens se levaient, s’étiraient, bavardaient et les encourageaient. Et des haut-parleurs, tout en haut, jaillit soudain le I Want to Hold Your Hand des Beatles. Le vieux bonhomme à l’air mauvais se tourna vers le gars au nez pointu et dit :
- Si j’avais un flingue, je tuerais quelqu’un.
- Moi, je ne saurais pas par qui commencer, répondit le gars au nez pointu.
- Pourquoi pas ces deux-là ? suggéra le vieux bonhomme à l’air mauvais, au moment où l’heureux couple passait rapidement.
De l’autre côté de l’allée, le troll rondelet tamponnait ses yeux humides.
- Ah ! c’était beau. Encore mieux que le mariage de la princesse Labia.
Le pessimiste poussa un soupir.
La plupart des mariages se déroulent en plein jour, mais celui-ci avait été planifié avec une certaine précipitation et tous les créneaux de la journée à l’église réformée congrégationaliste unitarienne du Mémorial Elizabeth Grace Dudson de la commune de Putkin étaient déjà pris. La mère de la mariée avait décidé que sa fille se marierait à l’église, et une femme qui réussit à baptiser sa fille Tiffany a généralement tendance à avoir gain de cause, ce fut donc un mariage en soirée. À la fin de la cérémonie, des projecteurs avaient été allumés à l’extérieur, si bien que lorsque les invités de la noce sortirent, en riant, en criant et en jetant du riz inutilement (inutile de formuler des vœux de fécondité pour Tiffany et Bob), la scène ressemblait plus à un film qu’à la vraie vie. Conscient de ce phénomène, un grand nombre de convives se mirent à jouer aux invités au lieu d’être des invités, ce qui accrut encore l’impression d’irréalité.
À l’intérieur, l’église était quasiment vide. Le pasteur bavardait sur le parvis avec un petit groupe de dames, quelques parents et amis se dirigeaient lentement vers la sortie, et les quatre derniers arrivants étaient toujours assis sur leurs bancs, sans bouger, comme s’ils attendaient le deuxième spectacle. Une tante qui s’en allait leur demanda :
- Vous ne venez pas à la réception ?
- Si, si, répondit le pessimiste.
Elle continua son chemin.
- Alors, venez, leur dit une autre dame de la famille.
- Oui, on arrive tout de suite, lui répondit le gars au nez pointu.
- C’est terminé, vous savez, ironisa une grand-mère avec un regard pétillant de grand-mère.
Avec le même regard pétillant, le patapouf dit :
- On regarde les jolis vitraux.
Le pasteur, qui passait à ce moment-là avec les dernières dames, regarda le quatuor en souriant et dit :
- On ferme maintenant.
Le vieux bonhomme à l’air mauvais hocha la tête.
- On veut prier encore un peu.
Le pasteur parut surpris par cette idée, mais il s’y rallia.
- Nous devons tous prier, dit-il, pour souhaiter à Tiffany et Bob une longue vie et du bonheur.
- C’est ça, dit le vieux bonhomme à l’air mauvais. Le pessimiste tourna lentement la tête (son cou produisit de légers craquements) pour regarder le pasteur et les dernières brebis du troupeau marcher d’un pas tranquille vers la sortie.
- Mon Dieu, dit-il.
Ce qui ressemblait à une prière.
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