La Friction du temps

Martin Amis · Chapitre 17 sur 64

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La Friction du temps

L’anglais tel qu’on doit le parler

 

Kingsley Amis était un père indulgent. Son style de paternité, dans les

premières années, serait le plus pertinemment décrit par la formule

« aimablement minimaliste ». En d’autres mots, c’est ma mère qui faisait

tout. Mais je dois préciser que, si je tombais sur lui (avant qu’il ne se

réfugie dans son bureau), il disait toujours quelque chose qui me faisait rire

ou sourire. Ce qui était beaucoup. Son humour découlait le plus souvent de

l’originalité de sa formulation. À seize ou dix-sept ans, quand je me suis

mis à lire des livres d’adultes, je suis devenu à ses yeux digne d’être un

interlocuteur. Et quand, cinq ans plus tard, j’ai commencé à manier la

langue anglaise dans les pages littéraires des journaux, je suis devenu digne

d’être corrigé. J’avais dans les vingt-cinq ans ; mon père est resté aimable,

mais il n’était plus indulgent.

« Est-ce qu’on t’a signalé ton énormité dans l’Observer ? » demanda-t-il

un dimanche matin, guilleret. (À l’époque, j’avais déjà quitté la maison,

mais j’y passais encore un week-end sur deux.) Mon « énormité » ? Je

savais qu’il employait le terme dans son sens propre, « quelque chose

d’exécrable », et non pas « quelque chose de volumineux ». Mon erreur

était, en effet, humiliante : j’avais fait un verbe de l’adjectif martial.

Quelque temps plus tard, tout en continuant d’éviter hopefully (« si tout va

bien », qu’à son avis, on entendait trop souvent dans la bouche des

politiques), je balayai d’un revers de la main sa réprimande concernant mon

emploi du mou thankfully (« par bonheur »). J’acceptai aussi de bon gré

que, pour souligner ce qu’il voyait comme ma condition de disciple de

Clive James (nouvelle voix très percutante dans les années 70), Kingsley se

mette à lire mes articles à voix haute avec un accent australien.

Mais il y a une conversation dont je me souviens encore avec un véritable

gémissement de honte : elle concernait le mot infamous (« infâme » ou

simplement « notoire », selon). Dans un article dédié au débat des « Deux

cultures », j’avais parlé de l’« infamous crucifixion de C.P. Snow » par

F.R. Leavis. « Tu ne laisses planer aucun doute, déclara Kingsley, l’œil

perçant, sur le fait que tu la désapprouves. » Je gardai le silence. Je ne dis

pas : « En fait, papa, je croyais qu’infamous était une autre façon plus cool

de dire controversial (“polémique”). » En réalité, infamous pourrait servir de signe (de « mot test », d’indice révélateur). Quiconque l’emploie de

manière peu rigoureuse, comme je l’avais fait alors, proclame ceci : j’écris

sans trop me soucier comment, sans m’investir parfaitement ; j’écris

simplement comme tout le monde. Ainsi que Kingsley l’exprime dans The

King’s English (il ne rejetait pas, disons-le au passage, son surnom de « the

King ») :

 

Et l’adjectif et le nom [infamous et infamy] étaient synonymes naguère d’une extrême désapprobation morale, aussi forts qu’« abominable » ou « turpitude ». Mais voilà que, tout à fait récemment… l’adjectif a perdu de sa sévérité pour tomber au niveau de notorious [ou, aurait-il pu ajouter, simplement « célèbre »]… Le nom infamy, quoiqu’il ne semble plus guère être utilisé, conserve son sens ancien, mais infamous est devenu inutilisable en raison de son ambiguïté.

 

Kingsley donne des exemples pertinents (la vie qu’Untel a menée à

l’université dans les années 20 « est désormais infamous »). Mais j’aimerais

qu’il soit encore parmi nous pour goûter à ce qui doit être l’ultime

profanation de cet adjectif irréprochable. Il y a peu, un distingué

commentateur sportif du Guardian parlait de Steve McLaren – le manager

licencié de l’équipe nationale de football – et de « son infamous parapluie ».

Tout ce que McLaren avait fait, c’était de se tenir sur la ligne de touche,

parapluie ouvert, sous une averse torrentielle (attitude jugée peu virile).

Avec infamous, l’incuriosité linguistique se manifeste sous sa forme la plus

dommageable. Un ajout supposément futé à la langue devient une

soustraction irréfléchie. « Inutilisable à cause de son ambiguïté » : on peut

en dire autant, notamment, de decimate, qui, comme le français

« décimer », signifie réduire au dixième mais est employé dans le sens de

destroy (détruire), crescendo (utilisé dans le sens de « grand bruit » au lieu

d’augmentation progressive du volume) ou refute, qui signifie « réfuter »

mais est employé dans le sens de « contester ». Le français actuel

s’enorgueillit, entre autres, de « réaliser » (pour prendre conscience) et de

« supporter » (pour soutenir).

Dans The King’s English, cette dérive, Kingsley ne la cerne nulle part

mieux que dans l’entrée « Déjà vu, an uncanny sense of » (déjà-vu,

impression de ; « déjà-vu » est employé en anglais sous sa forme originale

française, mais pas dans le même sens) :

 

À l’origine, l’expression s’appliquait en anglais à un état psychologique passager, fréquent chez les moins de quarante ans : le sujet pense qu’il a déjà vu un endroit qu’il n’a sans doute jamais vu de sa vie (le phénomène sert alors souvent de confirmation fantaisiste au phénomène de la réincarnation). Les journalistes de langue anglaise se sont mis à appliquer le terme à un événement ou à une situation dont une personne a effectivement été témoin…

 

Ladite contribution journalistique obscurcit donc le sens ancien tout en

procurant « à qui en a besoin une alternative utile et assez chic à “c’est là

que je me revois…” et autres expressions ni faites ni à faire ». Il en va de

même avec jejune. Dans son évolution depuis sa forme d’origine signifiant

« chiche, aride » à « immature, inexpérimenté (on disait autrefois, en

français, “bejaune”) », jejune a acquis un accent aigu et une voyelle

supplémentaire, et s’est vu doté d’italiques, puisqu’il s’agit d’un gallicisme.

Kingsley cite le bijou suivant : « Quoique l’argument soit un peu jéjeune, la

mise en scène des foules sont [sic] impressionnantes. » Nous observons ces

évolutions (dans ce cas, la lente « émigration d’un mot anglais vers le

français ») comme nous le ferions de la progression d’un virus ; comme la

babésiose et la péripneumonie contagieuse bovine, ces virus affectent

vaches, buffles et gnous ; ce sont les maladies des cheptels.

Le dictionnaire préféré de Kingsley était le Concise Oxford. « On n’a pas

besoin de plus », disait-il volontiers, en donnant de petites tapes à son

exemplaire, quand il ne le caressait pas. Or je m’aperçois que le Concise

Oxford a fini par céder sur infamous, déjà vu et jejune : il confère désormais

la place d’honneur au nouveau sens de chacun. Kingsley n’y aurait pas vu

d’objection même si, en secret, il aurait appelé de ses souhaits une nouvelle

abréviation : à savoir, illit. (pour illiterate – ignorant, inculte), pour

compléter colloq. (colloquial – fam.) et derog. (derogatory – péj.), etc.

L’usage est irréversible. Une fois qu’un mot a perdu son intégrité, on pourra

ronchonner et s’offusquer tout son soûl : elle ne lui sera pas rendue. La

bataille contre les dérives du vocabulaire, barbarismes et pédanteries n’est

pas une bataille publique. Elle se joue dans l’âme de tout individu qui se

soucie du sort des mots.

Sans doute plus par provocation qu’autre chose, Kingsley réduit l’affaire

à un conflit entre Berks (« idiots ») et Wankers (« enfoirés, branleurs ») :

 

Les Berks sont négligents, vulgaires, grossiers, rustres et d’une classe sociale inférieure à la vôtre (pense celui qui emploie le terme). Ils n’aspirent pas les h, parlent un anglais bâclé, le ponctuent de coups de glotte et d’une avalanche de fautes de grammaire. Si on la leur abandonnait, la langue anglaise mourrait d’impureté, comme le latin tardif.

 

Les Wankers sont bégueules, maniaques, suffisants, collet monté et croient appartenir à une classe supérieure à la vôtre. Ils emploient une langue bien trop précise, insistent de façon très pédante sur des lettres qu’on n’entend pas d’habitude, surtout les h. Si on la leur abandonnait, la langue mourrait de pureté, comme le latin médiéval.

Ces paragraphes sont d’une magnifique symétrie. Ils n’en requièrent pas

moins aujourd’hui un petit coup de jeune. Le système des classes a plus ou

moins été remplacé par le système des âges (les jeunes et assez jeunes

représentant la nouvelle aristocratie) ; pour ma part, je ne puis m’empêcher

de voir l’opposition bâclé/pédant en termes générationnels. Aux Berks et

aux Wankers je substituerais donc quelque chose comme les punks (voyous,

minables) et les fogeys (fossiles). Amis avait plus de soixante-dix ans

lorsqu’il termina The King’s English (qui fut publié de manière posthume).

Mais ceux qui s’en souviennent comme d’un réactionnaire – ou, si vous

préférez, d’un conservateur pur et dur – seront étonnés de découvrir qu’il

était loin d’être un fossile. À de très rares exceptions, il choisit toujours la

voie moyenne. Il est profondément mais discrètement savant. En vertu de

quoi, son livre n’est pas contraignant mais libérateur. Tous les utilisateurs

de la langue, qu’ils soient verts ou gris, ressortent manifestement renforcés

par The King’s English.

Débarrassons-nous d’emblée de ce qu’il y a de fossilisé en lui, puisque ce

n’est pas grand-chose. Par exemple, Amis défend sans doute une cause

perdue quand il insiste sur les cinq syllabes de ho/mo/ge/ne/ous (l’ensemble

de la population se contente volontiers de la version « incorrecte »

ho/mo/ge/nous) ; personne ne fait plus rimer la ou les syllabes finale(s) de

Perseus et d’Odysseus avec Zeus ; le fait que personne ne dise plus alaaaas

en allongeant le second a, ou ne prononce plus medieval « medd-eeval »

(Amis préfère « meddy/eeval ») est loin de confirmer la progression

infaillible d’un « analphabétisme galopant » ; personne n’accentue

peremptory sur la première syllabe, pas plus que controversy (« seul le Berk

accentue la seconde ») ; sur l’utilisation des noms comme verbes, authored

et critiqued sont regrettables, certes, mais seul un Wanker s’offusquerait

désormais, comme le fait Amis, de funded.

Ailleurs, il se montre pragmatique, et fréquemment iconoclaste.

Ridiculisé, le tabou du split-infinitive (selon lequel on ne devrait pas scinder

un infinitif, dire to not do au lieu de not to do), devient une « superstition »,

une « règle imaginaire » ; de la même façon, on peut terminer une phrase

avec une préposition (et en commencer une avec des chiffres arabes). Amis

est plutôt plus radical quand il affirme tout de go que le gérondif – un nom

verbal auquel est attaché un possessif – « est en voie de disparition », si

bien que excuse my butting in (« excusez-moi de vous interrompre ») a été

supplanté par excuse me butting in. C’est contraire à la grammaire, mais une règle « ne sert à rien si personne ne la suit ». Plus globalement, « le but

de la langue est d’assurer que le locuteur [ou l’écrivain] soit compris, et

toute conception qu’on a de ce qui est correct ou authentique doit y être

subordonnée ».

La bataille – la campagne interne – est par essence menée contre la

« quantité nulle », en ce qu’elle est non technique. Je veux dire les rimes,

les tintinnabulations, les répétitions, les formulations obscures, les

expressions malhonnêtes, vagues, les clichés, « les charpies de facéties

éculées » et « les nouveautés défraîchies » (du genre past its sell-by date –

qui a dépassé sa date limite de vente, périmé) : en bref, quoi que ce soit qui

impose qu’une lecture attentive soit « ralentie sans profit ». Naturellement,

l’autre facette de cette circonspection est l’acceptation du (voire l’adhésion

enthousiaste au) changement linguistique positif. Peut-être le passage le

plus vibrant du livre est-il l’article sur le mot gay :

 

L’emploi de ce mot comme adjectif ou substantif appliqué à un homosexuel est victime d’une exécration qui s’éternise de façon peu commune. Le “nouveau” sens est pourtant passé dans l’usage courant depuis des années. Gay lib a trouvé sa place dans le Roget revu de 1987 et le

mot en soi apparaissait dans le Concise Oxford Dictionary de 1988 sous le sens no 5 = homosexuel… Il n’en est pas moins vrai qu’aujourd’hui même, en ce printemps 1995, quelque vieux grigou (curmondgeon) fulmine encore dans les colonnes des journaux, réclamant que le mot « retrouve » son emploi hétérosexuel correct […] Or, une fois le mot non seulement passé dans le langage courant mais accepté… nul pouvoir sur terre ne peut plus le repousser… D’autant que le mot gay est joyeux et chargé d’espoir, loin des macabres cliniques et des associations dans lesquelles les homosexuels étaient enfermés par le passé.

 

Curmondgeon : vers la fin de sa vie, Kingsley se vit décrit ainsi tellement

souvent que cela en devint lassant. Le Dictionary of Phrase and Fable de

Brewer définit curmudgeon comme « un rustre cupide et avaricieux ».

Alors que tous les lecteurs un tant soit peu attentifs de The King’s English

(et des romans de Kingsley) ne peuvent qu’y reconnaître un esprit d’une

infinie générosité.

Mon édition en poche (1998) de The King’s English est agrémentée

d’éloges de plusieurs plumes. Ces coupures de presse sont chaleureuses et

enthousiastes ; elles témoignent aussi d’une perspicacité hors du commun.

Candia McWilliam note que The King’s English est un ouvrage de référence

qui « peut se lire comme un roman, de A à Z ». David Sexton y reconnaît à

juste titre « une manifestation tardive du grand talent romanesque d’Amis,

sa capacité à tirer d’un infime détail de langage ou de comportement le sens de toute une existence ». Les deux écrivains ont su percevoir le charme

unique de ce « Guide de l’usage contemporain » : son exubérance satirique.

Toute ma vie adulte, j’ai recherché l’adjectif approprié à mon père et à

son style comique particulièrement agressif. Je me suis fixé récemment

sur defamatory (« diffamatoire »). Voici un exemple tiré du Latin petit-

nègre :

 

À l’origine […] la langue française est une forme latine corrompue et simplifiée de latin jadis courante chez les troupes, les colons ou les marchands romains d’un côté et, de l’autre, les paysans du cru […] On imagine aisément des dialogues entre un légionnaire grappilleur, peut-être d’origine vandale ou parthe, et un péquenaud bien intentionné mais ignare :

 

LÉGIONNAIRE (en mauvais latin) : Je veux de l’eau. Apporte-moi de l’eau. Aquam.

 

YOKEL : Hein ?

 

L : Aquam ! Dis aquam, crétin. Vas-y : aquam.

 

Y : O ? (Qui s’écrirait « eau » quelques siècles plus tard, à l’époque où ses descendants passeraient au stade écrit.)

 

L : Apporte-la à la haute falaise. La haute falaise. Altum.

 

Y : Hein ?

 

L : Altum ! Dis altum, bouseux. Vas-y… altum.

 

Y : O ? (Qui s’écrirait « haut » quelques siècles plus tard, à l’époque, id.)

 

« Un livre formidable », écrivit un autre critique, Sebastian Faulks. La

prose « a la qualité tendue et fine de ses meilleurs romans […] un bonus

merveilleux et plutôt inattendu de l’au-delà ». Comment M. Faulks aurait-il

pu savoir combien il avait raison ? Deux mois avant sa mort, Kingsley avait

fait une mauvaise chute après un bon déjeuner. (« À mon âge, disait-il

volontiers, le déjeuner, c’est aussi le dîner. ») Il s’était cogné la tête contre

une marche en pierre. Par la suite, il devint peu à peu un vieux fou pitoyable

et douloureusement déconcertant. Il tentait sans cesse, il essayait, ô

combien il essayait, mais n’arrivait pas à écrire ; il ne pouvait pas lire, on ne

pouvait pas lui faire la lecture ; son charabia était à mi-chemin entre Le

Chat chapeauté et Finnegans Wake. À soixante-treize ans, il venait à peine

de terminer un ouvrage sur le bon usage de l’anglais, L’Anglais du roi, mais

voilà que le roi avait perdu son anglais. Son destin était une leçon cruelle.

Ce sont les mots qui nous tiennent ; quand les mots partent, il ne reste pas

grand-chose.

Les préparatifs de la messe en sa mémoire étaient bien avancés lorsque

me parvint le tapuscript de son livre (jusque-là une simple rumeur qui

courait dans la famille). L’inquiétude que je ressentis en ouvrant

l’enveloppe se dissipa lorsque j’eus lu les premières pages. Elle était

revenue, la voix de mon père : drôle, érudite, bien trempée, avec des

touches d’une grande délicatesse (voir les entrées Brave et Gender), et, de

bout en bout, une sublime éloquence. À vrai dire, l’élan artistique est plus

concentré dans L’Anglais du roi que dans aucun des cinq romans qui

suivirent son chef-d’œuvre de 1986, Vieux Diables. La raison en est, je

crois, assez claire. L’amour de la vie, comme tous les talents humains,

faiblit avec l’âge. Mais l’amour de la langue, dans son cas, ne s’est jamais

altéré.

 

The Guardian, 20111

 

Post-scriptum. J’imagine qu’il est préférable que Kingsley n’ait jamais

entendu l’idiolecte de Donald Trump – véritable parcours-aventure pour un

puriste. Mais il aurait été prêt à sauter sur bigly2 – dont le ly est inutile

puisque big peut s’utiliser comme adverbe. Ce qui suit est tiré de l’article

intitulé Single-handedly (« sans l’aide de personne ») : « On présente des

hérésies linguistiques au nom du bien de la langue ou, du moins, de la

légitimité et du bon sens… Ceux qui aiment les longs mots polysyllabiques

n’ont pas remarqué ou se moquent que single-handed soit déjà un adverbe

autant qu’un adjectif… Il existe quantité d’autres adverbes vulnérables à un

illettrisme inventif, même s’ils ne se terminent pas en -ly… À quand

quietly ? Altogetherly ? Quand, au lieu de What next, dira-t-on What

nextly ? » J’avais raconté à mon père que j’avais entendu la grande Jessica

Lange, remerciant son équipe lors d’une cérémonie des Oscars, employer

l’expression lastly but not leastly (au lieu de last but not least) ; et je lui

avais parlé du dentiste new-yorkais qui, au lieu du simple et correct Open

wide, disait : Open widely – Ouvrez grandement la bouche. Que répond

Donald quand on lui demande comment il va ? Goodly ? Ou peut-être (car

cet homme a de la culture, après tout) Finely. Ou encore le néologisme

Wellly.

 

Notes

1. Cet article servit d’introduction à une réimpression en livre de poche de The King’s English la même année.

2. La porte-parole de la campagne de Trump s’est acharnée à prétendre que le candidat disait en fait big-league (variation utile

de son sordide big-time), quoique l’application adverbiale de big-league ne figure pas dans la base de données des lexicographes. D’ailleurs, pourquoi, dans ce cas, Trump accentue-t-il à la manière d’un trochée (tum-ti) et non d’un spondée (tum-tum) ? Quoi qu’il en soit, on croit entendre « bigly », même si les crédules accepteront que le -gue doive se comprendre tacitement.

 

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