La Friction du temps
4. Productions Extrêmes : Max Hardcore et Khan Tusion
cette branche, les usent hyper vite. Ça les tarit. »
J’ai remercié Jonathan pour sa franchise. Mais il n’a pas été aussi franc
que Chloe. Que j’ai à nouveau croisée dans le lobby de mon hôtel ; je l’ai
accompagnée jusqu’à sa Mustang.
« Vous voyez ça ? »
La plaque d’immatriculation : STR82NL.
« Straight to anal… » Anal direct, traduit Chloe.
Et ce n’était qu’un début.
Chloe était gonzo. Elle m’a donné le vrai du vrai.
4 . Productions extrêmes : Max Hardcore et Khan Tusion
On apprend ce qui suit dans un unique numéro d’Adult Video News
(avril 2000).
Au mois d’octobre, au Mexique, pendant le Séjour XXXtrême pour
Adultes seuls, la star du porno Vivian Valentine arborait l’œil au beurre noir
récolté dans Rough Sex (« Sexe brusque », Anabolic Video). « Je n’éprouve
aucun regret, aucun ressentiment », a déclaré Vivian.
Regan Starr, qui a joué dans le deuxième film de la série, Rough Sex 2
(« Sexe brusque 2 »), ne voit pas les choses du même œil. « Je me suis fait
tabasser. Avant la vidéo, on m’a dit… et ils n’étaient pas peu fiers de le dire,
en plus… que dans ces films, la plupart des filles chialent, ça fait tellement
mal… Je n’arrivais plus à respirer. On me battait et on m’étouffait à la fois.
J’étais vraiment hors de moi, mais ils n’arrêtaient pas. Ils continuaient de
filmer. On m’entend dire : “Arrêtez cette putain de caméra”, mais ils ont
continué. » Le réalisateur de la série Rough Sex (la série a été interrompue
par la suite), alias Khan Tusion, proteste de son innocence. « Regan Starr,
prétend Tusion, déforme complètement la réalité. »
Si vous n’aimez pas Khan Tusion, vous n’aimerez pas Max Hardcore non
plus. On trouve, dans la rubrique régulière Sur le plateau d’AVN, un compte
rendu joyeusement scandalisé du making of de Hollywood Hardcore 13.
Dans une scène, l’acteur-réalisateur Hardcore baise façon hard Cloey
Adams, qui joue une mineure. « Si tu es une gentille fille, après, je t’emmènerai au McDonald et je t’achèterai un Happy Meal. » Sur quoi,
Hardcore « lui pisse dans la bouche ». Face à la caméra, Cloey Adams
demande : « Qu’est-ce que tu penses de ta petite princesse maintenant,
papa ? » Hardcore n’en a pas encore fini avec elle. « Il se tourne vers
l’équipe et dit calmement qu’il a besoin d’un spéculum et d’un tuyau…
L’un des trucs préférés de Max, c’est d’écarter le trou de la fille avec un
spéculum, de pisser dans son trou ouvert et de lui faire sucer sa pisse à
l’aide d’un tuyau. C’est pas romantique ? »
Soit. Le porno américain répond aux forces du marché, comment
pourrait-il en aller autrement ? Ce qui précède nous en dit long sur le porno.
Mais qu’est-ce que ça nous dit sur l’Amérique ? Et si l’Amérique est plus
un monde qu’un pays, qu’est-ce que ça nous dit sur le monde ?
• En moyenne, un Américain passe quatre heures cinquante minutes par
jour devant un écran à regarder du porno (vidéos et Internet confondus).
• En moyenne, le budget porno d’un Américain non propriétaire est
supérieur à son budget location.
• Le porno représente 43,5 % du Produit national brut des États-Unis.
Comme les foufounes, ces statistiques-là, c’est des conneries. Je les ai
inventées. Mais les chiffres véritables sont tout aussi dingues, tout aussi
vertigineux, ils crèvent tous les plafonds. Ce qui suit, par contre, ce ne sont
pas des conneries :
• Le porno représente une bien plus grosse part de marché que le rock ou
que Hollywood.
• Les Américains dépensent plus dans les clubs de strip-tease qu’au
théâtre, à l’opéra, au ballet, aux concerts (jazz et classique confondus).
• En 1975, la valeur marchande globale de tout le porno hardcore en
Amérique était estimé à 5-10 millions de dollars. L’année dernière, les
Américains ont dépensé 8 milliards de dollars en sexe monnayé.
Quoi que soit le porno, quoi qu’il fasse, on peut le regretter, mais pas
l’éliminer. Pour paraphraser Falstaff : Bannissez le porno, et vous bannirez la Terre entière.