L'écornifleur

Jules Renard · Chapitre 76 sur 216

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L'écornifleur

Elle a le teint comme l’ont seules…

XXIX

 

MADEMOISELLE MARGUERITE

 

Elle a le teint comme l’ont seules quelques jeunes filles très

constipées, un teint qui prend au sang toute sa substance colorante,

d’une richesse inquiétante, pas naturelle. C’est une jeune fille

ordinaire, jolie ou laide à ses heures, insipide comme un garçon en

robe. Elle a fait trop de pieds de nez avec son nez un peu écrasé. Elle

regarde tout également intéressée, et on renfoncerait d’un coup de pouce

ses yeux qui ressortent. Elle montre sa langue pour s’amuser, et dès

qu’on l’en défie, avec la pointe de cette langue, elle se lèche le

menton.

 

Ah! ce n’est pas une demoiselle Mauperin! Quand elle court, la lourde

natte de ses cheveux lui bat les épaules, ainsi qu’un harnais

d’emprunt.

 

Elle a dit à Madame Vernet:

 

—«Comme il est triste, ce Monsieur! Est-ce qu’il fait toujours cette

tête-là?»