L'écornifleur
Elle a le teint comme l’ont seules…
XXIX
MADEMOISELLE MARGUERITE
Elle a le teint comme l’ont seules quelques jeunes filles très
constipées, un teint qui prend au sang toute sa substance colorante,
d’une richesse inquiétante, pas naturelle. C’est une jeune fille
ordinaire, jolie ou laide à ses heures, insipide comme un garçon en
robe. Elle a fait trop de pieds de nez avec son nez un peu écrasé. Elle
regarde tout également intéressée, et on renfoncerait d’un coup de pouce
ses yeux qui ressortent. Elle montre sa langue pour s’amuser, et dès
qu’on l’en défie, avec la pointe de cette langue, elle se lèche le
menton.
Ah! ce n’est pas une demoiselle Mauperin! Quand elle court, la lourde
natte de ses cheveux lui bat les épaules, ainsi qu’un harnais
d’emprunt.
Elle a dit à Madame Vernet:
—«Comme il est triste, ce Monsieur! Est-ce qu’il fait toujours cette
tête-là?»