Too Young

Margot D. Bortoli · Chapitre 16 sur 54

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Too Young

Chapitre 13

 

 

– Tu sors, chérie ?

Je souris gentiment à ma maman, assise dans le canapé du salon avec mon père, en train de regarder une série policière.

– Je vais profiter de l’air frais un peu, je vais faire un tour dans le parc.

La journée a été étouffante, la vague de canicule perdure depuis un bon mois et ma chambre ressemble à une fournaise. Je passe mes journées engoncées dans une chemise qui me fait transpirer, et l’envie de profiter du léger vent qui apporte une touche de fraîcheur me fait saliver. J’ai revêtu un short en jean boyfriend, une paire de sandales à brides confortables et un débardeur rouge fluide à bretelles fines. Je ne porte pas de soutien-gorge dessous et le tissu a le mérite de ne pas me coller à la peau et me donne une sensation de frais.

Et je rêve de me fumer une cigarette. Si j’avais encore été à New York, un simple coup de fil et j’avais de quoi la pimenter. Mais à Springville, trouver de la marie-jeanne s’avère beaucoup plus compliqué. Je me contente donc d’une petite cigarette de temps en temps pour décompresser. Mais jamais devant mes parents.

– Très bien, fais attention, d’accord ?

– Promis, maman.

Je sors rapidement et marche d’un pas rapide vers Spring Creek Park. Il est vingt et une heures et à part quelques joueurs de basket sur le terrain, le parc est désert. Je m’avance vers l’aire de pique-nique couverte en sortant une cigarette du paquet caché dans la poche arrière de mon short, et l’allume en avançant sans regarder devant moi. Ce qui me fait sursauter quand la voix de Tobias m’interpelle, installé en tailleur sur une des tables.

– Un plaisir coupable Mademoiselle Anderson ?

Je fais un bond et hurle en m’étouffant à moitié à cause de la fumée. Il en éclate de rire.

– Pardon, je ne cherchais pas à te faire peur, promis !

Je pose une main sur mon cœur qui bat la chamade, encore sous le coup de l’émotion.

– Cette capacité à me faire crier commence sérieusement à devenir flippante Tobie !

Je me rends compte de mon sous-entendu sexuel quand son sourire s’élargit.

– Si seulement…

Une nouvelle toux, provoquée par la gêne cette fois-ci, me prend par surprise et je détourne le regard de ces deux billes vertes qui me font frissonner. J’aperçois Sheldon, le Shetland des Miller renifler un peu plus loin et je souris en revenant vers Tobias.

– Corvée de sortie de chien ?

Il sort la bouteille de bière qu’il cachait entre ses jambes et la lève devant lui.

– Je plaide coupable.

Je pose les doigts sur mes lèvres en l’étudiant, mutine.

– Je suis prête à ne pas me moquer si tu veux bien partager avec moi.

Je désigne sa bouteille de bière et il sourit en avalant une gorgée, avant de sortir un pack caché derrière son dos.

– Je veux bien partager si tu partages aussi…

Il désigne ma cigarette du menton. Je penche la tête sur le côté, surprise.

– Tu fumes ?

Il fait une petite moue de connivence et regarde autour de lui avant de sortir une petite pochette transparente de la poche de son jean. J’en ai la mâchoire qui se fracasse au sol et je me précipite vers lui pour l’attraper

– Putain ! T’as trouvé ça où ? je m’écrie en la levant devant mes yeux pour vérifier que je ne rêve pas.

Les petites boutures vertes à l’intérieur ne laissent aucun doute sur l’identité de la plante.

– Réserve personnelle. J’ai fait le plein avant de quitter L.A.

Je la baisse pour le fixer, hébétée.

– Bière et Mary-Jane ? Tu es officiellement devenu mon nouveau meilleur ami !

Calista peut aller se rhabiller ! D’ailleurs je n’ai eu aucune nouvelle d’elle cette semaine. Ce sont les vacances scolaires et nous approchons du mois d’août, ce qui veut dire qu’elle est en pleine période de chasse intensive. Si j’avais eu l’exclusivité de mon amie pendant la fin de l’hiver et du printemps, je peux lui dire Adieu pendant les mois d’été. Calista est comme un prédateur, elle choisit les grosses chaleurs pour cibler des hommes assommés par les températures et leur tombe dessus. D’où mon intérêt soudain pour Tobias. Enfin… pas si soudain que ça, OK.

De plus je cours avec lui deux fois par semaine, mais heureusement, nos footings sont devenus sérieux, et Calista n’a plus tenté de pimenter la course en changeant la sonnerie de mon téléphone. Nous nous contentons de courir côte à côte sans réellement discuter. Et ça me convient très bien. Même si, pour être honnête, je meurs d’envie d’en savoir un peu plus sur lui.

Dix minutes plus tard, je suis assise à côté de lui, une bière à la main, pendant qu’il finit de rouler le joint en léchant légèrement le papier à cigarette.

Chanceux papier…

Il a sorti son téléphone et nous a mis Cypress Hill en fond sonore avec « Hits From the Bong ». Je danse en remuant les épaules et en faisant sembler de rapper, et nous prononçons en cœur « I love you Mary-Jaaaane ! » avant d’éclater de rire. Il me fait l’honneur d’allumer le précieux paquet et j’inspire à pleins poumons quand la fumée âcre descend dans ma gorge et que l’odeur d’herbe brûlée me détend immédiatement.

– Putain de merde, c’est jouissif…

J’exhale avec bonheur la fumée et lui fait passer le joint. Il le pince entre son pouce et son index en frôlant mes doigts et inspire profondément à son tour.

– Je ne t’aurais jamais imaginée fumeuse de cannabis, avoue-t-il.

– Quand je travaillais à Wall Street c’était un boulot stressant. Grisant mais parfois trop. Me rouler un joint de temps en temps permettait de faire retomber la pression tu vois ? Et toi ?

– J’ai fait musicologie à L.A. Est-ce que j’ai besoin d’en rajouter ?

J’éclate de rire et porte la bouteille à ma bouche pour boire une longue gorgée rafraîchissante.

– Cette soirée finit encore mieux que prévue. J’espérais fumer une cigarette rapide en solo, mais la bière et le joint c’est carrément le pied !

Je lui prends le pétard des mains pour fumer à mon tour et il m’observe en souriant. Il a étendu ses jambes devant lui pour poser les pieds sur le banc et s’appuie sur ses coudes en arrière. Son t-shirt noir à manches retournées, ajusté et tendu sur les pectoraux les met particulièrement bien en valeur, et je le mate ouvertement, sans chercher à me cacher.

Le combo alcool et herbe sûrement.

– Tu es différent de ce que j’imaginais.

Il hausse brièvement les sourcils.

– Tu t’attendais à quoi ?

– Je ne sais pas, un musicien un peu coincé, qui irait évangéliser les gens sur la plage…

– Je suis déjà allé évangéliser les gens sur la plage avec mon père.

Je m’en étouffe presque en aspirant une longue bouffée.

– Quoi ? je réussis à articuler en le fixant, ébahie.

– J’avais quatorze ans. Mauvais souvenir. On change de sujet ?

Je lui tends le joint et il se redresse pour fumer à son tour. En parlant de mauvais souvenir…

– Pourquoi tu ne me poses jamais de question sur mon ancien boulot ?

Il boit une gorgée de bière et tourne le visage vers moi en appuyant ses coudes sur ses genoux repliés.

– Tu n’as pas l’air de vouloir en parler.

Je suis agréablement étonnée. Sa réponse est claire et directe. Pas de faux-semblants ou chemins détournés. J’apprécie.

– Ça se défend…

– Tu veux en parler ?

– Non !

Mon cri du cœur l’amuse visiblement et il tend la main pour poser le joint sur mes lèvres sans le lâcher.

– Alors on n’en parle pas…

J’aspire la fumée en effleurant ses doigts avec mes lèvres, sans le quitter des yeux. Il me regarde faire, un sourire en coin et le reprend bien vite pour aspirer à son tour. Je déglutis difficilement quand je réalise qu’il pose sa bouche au même endroit que la mienne. J’essaie d’imaginer ce que je ressentirais s’il m’embrassait vraiment.

Est-ce que ses lèvres seraient douces ? Dures ? Exigeantes ? Est-ce que j’apprécierais la sensation de sa barbe de quelques jours ? Question stupide, il me rend tellement fébrile que je suis persuadée que j’aurais un orgasme rien qu’avec un french kiss…

Il rejette la fumée, le visage renversé en arrière, en jouant avec sa langue pour former des ronds et je suis fascinée par le jeu de sa pomme d’Adam qui monte et redescend. Je baisse les yeux quand il se retourne vers moi et je regarde pendant quelques secondes Sheldon qui joue dans l’herbe et course une sauterelle. Je n’ose pas me tourner parce que je sais qu’il me regarde. D’ailleurs il ne s’en cache jamais, pas comme moi. Comme s’il assumait totalement d’étudier les gens. Comme s’il s’en foutait d’être surpris. J’aimerais être aussi détachée, mais j’ai vécu dans un monde de pouvoir et d’apparences, où il fallait se montrer fort et infaillible pour ne pas se faire écraser, et j’ai du mal à me montrer vulnérable, même si sa simple présence me rend timide. Une nouvelle chanson remplace celle qui jouait. Un couinement bizarre comme un canard. Je ris par le nez et me tourne vers lui pour hausser un sourcil comique.

– Tu m’expliques ?

Il ne répond pas et monte le volume quand les paroles commencent.

Oh bordel, je ferme les yeux, rougissante. Ça m’apprendra à poser des questions stupides…

« Fucked and drank all night Acted all alright

Had no need to fight Tonight, tonight… »

« J’ai baisé et bu toute la nuit, J’ai fait ça très bien

Je n’ai pas eu besoin de me battre, ce soir, ce soir… »14

– Pourquoi toutes les chansons qu’on écoute ensemble parlent de cul, d’alcool ou de drogue ? je demande en riant nerveusement.

– J’écoute aussi des chansons qui parlent d’amour, rétorque-t-il en s’appuyant d’un coude sur la table, à moitié tourné vers moi.

– D’amour ? Vraiment ?

Il fait une mimique qui s’apparente à un « plus ou moins » et j’éclate de rire en lui volant le joint. J’inspire longuement avant d’exhaler dans un soupir profond, la tête renversée en arrière et les yeux fermés, complètement envahie par le rythme lancinant de la musique. Je me surprends même à onduler légèrement en rythme.

– J’aime bien.

– Je vois ça.

J’ouvre les yeux pour lui faire un clin d’œil et je m’allonge sur le dos pour fumer encore une fois. Il m’imite et récupère le pétard pour fumer à son tour. Je me sens bien, détendue et plus confiante que lorsque je suis habituellement avec lui.

– Alors comme ça, tu as décidé de faire de la musique à cause de Simon ?

Il fronce les sourcils.

– Il s’appelait comme ça ? Avec sa dégaine de rock star je n’aurais jamais cru…

– Tu t’en souviens putain ! je m’écrie en le désignant d’un doigt accusateur.

Il éclate de rire et se redresse.

– Ça te dérange si je retire mon T-shirt ? je crève de chaud.

J’avale difficilement ma salive.

– Fais-toi plaisir…

Il le retire d’une main, et balance ses chaussures dans le même geste.

– Rassure-moi, tu ne vas pas finir tout nu quand même, non ?

Il s’allonge de nouveau et me sourit

– Pas encore.

Je fixe le plafond au-dessus de moi.

– Donc… Tu te souviens du jour où j’ai perdu ma virginité.

Il s’étouffe en avalant la fumée.

– C’était ce soir-là ?

Je me mords les lèvres pour réprimer un sourire victorieux.

– Han han, je confirme en opinant du menton et en tournant mon visage vers lui.

Il s’esclaffe bruyamment et passe une main dans ses cheveux.

– Oh merde !

– Et toi ? Tu es encore vierge ?

Il plisse les yeux vers moi en me fusillant gentiment du regard et j’éclate de rire.

– OK, j’en déduis que c’est « non » ! Allez, raconte-moi, c’était quand ?

Il me passe le joint et j’inspire alors qu’il me répond

– J’avais seize ans. Pendant un camp d’été.

Je ne peux m’empêcher de pouffer.

– Dans le genre « camp de musique » comme dans American Pie ?

– Pire. Un camp religieux…

– Naaaaaaan… Avec une autre campeuse ? ou un campeur ?

Je ne sais même pas pourquoi je précise, il n’a pas l’air gay, mais il est peut-être bisexuel… Il pivote pour m’étudier d’un regard sombre, mais démenti par son sourire amusé.

– Avec une des monitrices.

– Tiens donc ? On les aime plus vieilles Monsieur Miller ?

Il me détaille rapidement de la tête aux pieds.

– Peut-être…

Oh. Mon. Dieu.

Je me redresse comme un ressort pour échapper à ses yeux verts et je suis prise de bouffées de chaleur. J’attrape mes cheveux pour les soulever sur le dessus de mon crâne en me maudissant de ne pas avoir pris d’élastique.

– Il fait chaud là, hein ?

– Tu peux enlever ton T-shirt aussi si tu veux.

Je tressaille à sa suggestion et le dévisage, estomaquée. Il ne vient quand même pas de me proposer de me déshabiller ?

– Je ne me formaliserai pas, ajoute-t-il avec un clin d’œil.

Je secoue la tête en souriant légèrement.

– J’ai vécu à New York, pas à Los Angeles. Chez nous les gens s’habillent…

Je finis ma phrase en chuchotant, comme si je lui confiais un secret capital.

– Quelle ville grégaire et disciplinée…

– Dit le fils du pasteur.

– Ça te perturbe que mon père soit pasteur dis-moi.

Je me retiens de justesse de lui répondre que c’est lui qui me perturbe, et je détourne légèrement le sens de ma phrase à la place.

– C’est plutôt ton côté « non conformiste » qui me perturbe.

Il ne parle pas pendant quelques instants, puis se redresse pour se mettre debout face à moi et me tend la main pour me rapprocher de lui. Il serait presque entre mes cuisses si le banc sur lequel j’ai posé les pieds ne l’en empêchait pas. Il désigne les lettres gothiques sur le haut de son torse

– 15 Hope and Faith

Puis il désigne la croix sur sa nuque, et tend son bras gauche devant moi pour me montrer les différentes parties :

– Une colombe, le visage du Christ, de la Vierge Marie, un chapelet…

En effet, cachés au milieu des dessins représentant un nombre incalculable de flammes, autres motifs de feuilles, rayons de soleil ou nuages, je découvre toutes les références chrétiennes. Il enchaîne en me désignant ses côtes gauches ou un paragraphe est retranscrit.

– L’Éternel Dieu forma l’homme de la poussière de la terre, il souffla dans ses narines un souffle de vie et l’homme devint une âme vivante. […] L’Éternel Dieu dit : Il n’est pas bon que l’homme soit seul ; je lui ferai une aide semblable à lui. […] il prit une de ses côtes, et referma la chair à sa place. L’Éternel Dieu forma une femme de la côte qu’il avait prise de l’homme. Extrait de la Genèse.

Je fixe la peau devant moi et effleure du bout des doigts les inscriptions sans pouvoir m’en empêcher.

– Tu vois, je fais honneur à mon héritage familial… souffle-t-il.

Je réalise bien vite que j’ai outrepassé mes droits et envahi son espace vital, alors je retire ma main comme si je m’étais brûlée. Il ne s’en formalise pas et se retourne pour me montrer la croix gothique qui occupe le centre de son dos. Mes doigts me démangent de le toucher à nouveau mais à la place je serre le poing sur ma cuisse.

– Tous tes tatouages font référence à la religion ? je demande.

Il me fait de nouveau face et tend le bras droit, à l’intérieur de son avant-bras, une partition est dessinée.

– C’est le riff de guitare du début de « All Along the Watchtower » par Jimmy Hendrix.

Puis il tourne le bras pour me montrer le colibri sur le dos de sa main, et tire sur son oreille droite derrière laquelle je découvre une clé de sol.

– Le reste ce sont des références musicales ou juste des conneries tatouées sur un coup de tête.

– Comme quoi ?

Il sourit d’un air canaille et vient appuyer du pouce sur la ceinture de son jean pour baisser légèrement la toile sur ses hanches. Mon estomac se retourne alors qu’un pan supplémentaire de peau apparaît sur son aine droite, ainsi que le dessin d’une clé ancienne. Je fronce les sourcils.

– Une clé ? Pourquoi ?

– Aucune putain d’idée. J’ai juste eu envie d’en faire tatouer une.

Je pouffe et lève les yeux vers lui.

– Vous me surprenez Tobias Miller…

Il me fait un clin d’œil et relâche son pantalon.

– Et vous Mademoiselle Anderson ? Aucun tatouage caché sur cette jolie peau dorée ?

Il trouve ma peau jolie ?

Je me gifle pour récupérer un semblant de contenance.

– Rien du tout !

– Déception…

– Sauf peut-être un piercing.

Il semble soudain très intéressé et se penche pour poser les mains de part et d’autre de mes cuisses. Je me recule légèrement pour continuer à le regarder dans les yeux.

Et aussi pour garder une certaine distance avec lui, même si sa présence ne me dérange pas, bien au contraire.

– Tiens donc. Où ça ?...

Je souris, mutine et plisse les yeux vers lui.

– Tu aimerais bien le savoir…

Il sourit de plus belle et penche légèrement la tête sur le côté.

– Si tu me dis où est le tien, je te dis où est le mien.

Il a un piercing ? Je regarde inconsciemment vers son téton mais je ne vois rien. Il a bien une boucle d’oreille mais je ne vois pas d’autre bijou de peau. Merde, la tentation de savoir où il est percé est beaucoup plus forte que ce que je croyais, alors je relève doucement mon débardeur pour dévoiler mon ventre et le petit diamant qui brille en son centre.

– Acte de rébellion lors de mes seize ans, j’explique.

Il baisse les yeux et se redresse en s’éloignant légèrement avant de venir effleurer mon nombril du pouce, très furtivement. Mais assez pour me provoquer une vague dans le bas-ventre. Qui n’est pas très loin du sien d’ailleurs…

– Très joli… commente-t-il d’une voix sourde.

– Tu me montres le tien du coup ?

Il sourit d’une oreille à l’autre avant de se reculer et de remettre son T-shirt.

Quoi ?

Je fronce les sourcils quand il se retourne pour siffler à l’attention du chien, qui accoure en vitesse. Je le regarde, ébahie alors qu’il écrase par terre les dernières cendres du joint et jette le filtre dans une poubelle. Il se saisit ensuite du pack de bière à moitié vide, de son portable qu’il range dans la poche de son jean et me fait un clin d’œil avant de s’éloigner.

Sérieusement ?

– Et ton piercing ? je m’écrie dans sa direction alors qu’il quitte le parc.

Il se retourne en continuant de marcher à reculons et me répond d’une voix forte.

– Cherche « piercing Prince Albert » sur internet !

Je me rue sur mon téléphone pour ouvrir Google et taper dans la barre de recherche. Et je…

Oh putain !

– TU ES SÉRIEUX ?

Il se contente de me faire un salut militaire pour toute réponse et quitte le parc sous mes yeux médusés.

Le piercing Prince Albert, C’est un piercing sur le gland.

Il a un piercing au pénis.

 

14 Two Feet « Go F*** Yourself »

15 « Espoir et Foi »

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