Too Young

Margot D. Bortoli · Chapitre 32 sur 54

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Too Young

Chapitre 29

 

Barbecue annuel de la paroisse : une foule de gens mariés, bien-pensants qui viennent tous s’enquérir de mon échec professionnel et de ma rupture amoureuse.

Autrement connu comme « le jour de l’enfer ». Dans les jardins de l’église.

C’est particulier comme combo, mais c’est possible. J’en suis à ma sixième doléance sur ma vie actuelle et je suis sur le point de jeter mon verre de citronnade à la prochaine personne qui viendra me demander d’une voix remplie de pitié « Comment ça va Mia ? Après tout tes malheurs… Nous avions peur que tu fasses une bêtise… ». Mais je suis prête à jeter le contenu du verre et AUSSI le contenant. Pas de plastique, j’ai un véritable récipient en verre alors je risque de faire mal. Calista m’a honteusement abandonnée pour aller draguer un dentiste. Super copine… En plus Tobias est de l’autre côté du jardin et deux jeunes filles d’à peine vingt ans sont en train de le coller. Pardon, de lui parler. Limite si elles ne le regardent pas avec des étoiles dans les yeux. Pour les adolescentes du coin, Tobias représente l’interdit mais autorisé. Le fils du pasteur, avec un look de bad boy, tatouages à la clé, qui fait de la guitare mais a été bien élevé dans la foi protestante par son papa et sa maman. Du pain béni pour elle. Elles peuvent baver sur lui en plein milieu de l’office religieux sans risquer de se faire gronder par leurs parents.

Oui, bon OK, je bave aussi sur lui pendant la messe. Sauf que moi c’est parce que je sais ce dont il est capable quand il n’a pas son image de fils de pasteur et qu’il devient juste Tobias.

Et j’ai déjà vu son piercing.

Ce qui fait de moi une personne avec pas mal d’avance d’ailleurs… Nouvelle question Mia : pourquoi est-ce que tu te sens menacée par deux gamines qui sont sûrement encore vierges, alors que tu es la seule à profiter des talents cachés de Miller fils ici présent ? La réponse est toute trouvée : elles sont jeunes, tu es vieille.

Et bim.

– Mia ma grande ! Comment vas-tu ?

Je lève les yeux au ciel avant de me forger un sourire factice pour tourner vers une nouvelle connaissance de mes parents. L’avantage de la sortie d’église, c’est que les croyants sont trop occupés à aller saluer le pasteur pour se faire bien voir du reste de la paroisse alors je passais inaperçue, mais aujourd’hui je suis apparemment l’attraction du jour. Le délai convenable de deuil étant visiblement prescrit, socialement parlant, je reçois une quantité de vautours qui veulent connaître tous les détails croustillants de mes échecs personnels. Ça plus les hamburgers fournis par l’église en cette mi-septembre.

– Bonjour Louisa, très bien et vous ?

Je souris à m’en faire mal à la mâchoire, alors que je rêve de lui faire manger la bombe de laque qu’elle vide tous les matins sur sa mise en plis.

– Moi ça va mon petit mais toi ? J’ai appris pour ton fiancé. Et ton travail. Quels malheurs mon Dieu…

Deuxième question : qu’est-ce que Dieu a à voir dans tout ça ? Réponse : rien du tout. Ça s’appelle le destin et une mauvaise gestion. Et aussi l’absence de bijoux de famille en ce qui concerne Derreck. Je continue de sourire. Comme une hystérique même.

– Les aléas de la vie.

– Oui mais bon… Dis-moi : tu n’avais rien vu venir concernant ton fiancé ? Il devait quand même y avoir des signes non ?

Je serre les doigts sur mon verre et mon sourire s’évanouit petit à petit. Je ne supporte pas quand on cherche à fouiller suite à une réponse vague. Si la réponse était évasive c’était pour une raison. Ça veut dire « je ne veux pas t’en parler alors va voir ailleurs si j’y suis. ». Mais rien à faire, certaines personnes cherchent à fouiller la merde. Je suis sur le point de lui dire d’aller se mettre ses bigoudis chauffants là où je pense quand Tobias me sauve in extremis d’une phrase qui aurait certainement plombé l’ambiance.

– Mia ?

– Oui !

Je le regarde comme le Messie, et il me sourit légèrement.

– Ma mère aurait besoin qu’on vienne lui donner un coup de main pour préparer les salades, tu peux venir, s’il te plaît ? Je dois aller m’occuper de la viande en attendant.

Misère, je suis prête à me raser les cheveux si ça peut me permettre d’échapper à toute cette mascarade !

– Bien sûr ! Désolée, Louisa, le devoir m’appelle !

Et je la plante là, sans écouter sa réponse, pour suivre Tobias dans la cuisine qui jouxte le presbytère. Je soupire de bonheur en fermant la porte derrière nous et en posant mon verre sur le plan de travail.

– Putaaaiiin, j’ai cru que j’allais la tu…

Je suis coupée dans mon élan par sa bouche qui s’écrase sur la mienne et ses mains qui me traînent de force dans la pièce qui sert de placard à provisions et de buanderie avant de nous enfermer dedans sans allumer la lumière. Je me dégage tant bien que mal de son étreinte en couinant.

– Tobias, bordel ! On est dans une église, et il y a une cinquantaine de personnes dehors ! Ça ne te suffit pas d’avoir déjà été surpris par tes sœurs ?

Je le distingue à peine mais assez pour le voir sourire insolemment. Il m’ignore et me soulève pour me poser sur le congélateur coffre avant de m’embrasser de nouveau.

– Tobias ! je proteste entre deux attaques buccales.

Je le repousse tant bien que mal mais je me bats de moins en moins fort. Je suis presque anesthésiée par ses baisers et ma paume qui le frappait durement au début devient de plus en plus molle, et aussi efficace que celle d’un nouveau-né. Il le sent et rit contre mes lèvres en palpant avec fièvres mes cuisses. J’abandonne finalement en enfouissant les miennes dans ses cheveux.

– OK pour les baisers, j’articule durant les quelques secondes de répit qu’il m’accorde. Mais c’est tout !

Il ricane en s’attaquant aux boutons de ma chemise et je recommence à paniquer.

– Tobie putain, arrête de déconner ! On est dans une église !

– Et ?

OK génial, le premier mot qu’il prononce et c’est pour me faire comprendre qu’il se fout royalement de mes arguments.

– Et je doute que faire l’amour dans un lieu saint soit super bien vu par le boss de ton père !

Il se recule légèrement et ôte son T-shirt. Mes yeux se sont habitués à l’obscurité et le rai de lumière qui provient de sous la porte illumine ses abdominaux et les tatouages de ses avant-bras.

– OK. Non là c’est déloyal… je murmure, les yeux écarquillés face à ce torse qui me donne chaud.

Il fonce sur ma poitrine et j’essaie de me réveiller totalement pour réussir à le repousser.

– Tobias je te jure que je vais te frapper avec une bible si tu continues !

Seule réponse ? Un rire moqueur.

– Tu es un sale môme… je ris à moitié en me laissant manipuler par sa bouche dans mon cou.

Il ne riposte pas et reprend ses baisers furieux mais s’éloigne régulièrement pour réciter des phrases que je ne comprends pas :

– Que de beauté dans ta tendresse, ma sœur, ma fiancée… Combien ta tendresse vaut mieux que le vin, et la senteur de tes parfums que tous les aromates…

Il s’interrompt parfois pour m’embrasser dans le cou, ou bien sur la chair tendre de mes seins.

– Tes lèvres distillent le miel, ma fiancée… il y a sous ta langue du miel et du lait, et la senteur de tes vêtements est comme la senteur du Liban…

Je ne comprends rien à ce qu’il raconte, mais sa voix rauque rend le tout hypnotisant et je le laisse me déshabiller à moitié en enlevant ma chemise, et continuer à m’embrasser alors qu’il y a deux secondes j’étais prête à le griffer.

Volonté : zéro.

– Éveille-toi, vent du nord… Viens vent du sud… Souffle sur mon jardin, et que ses aromates s’en exhalent…

Je suis aussi molle qu’une poupée de chiffon entre ses bras, mon bassin vient se coller contre le sien, et ma langue jouer avec la sienne, alors que sa voix m’ensorcelle.

– Que mon bien-aimé entre dans son jardin, et qu’il mange de ses fruits exquis…

Je ne sais pas ce qu’il récite, mais sa voix chaude et soufflée rend le tout tellement sexuel que je suis trempée.

– OK, je ne pas de quoi tu parles mais j’adore…

– Cantique des Cantiques, Chapitre quatre…

Je ris avec incrédulité contre ses lèvres quand il répond.

– Quoi ?

– Ancien Testament.

Il s’arrête enfin pour prendre mon visage entre ses mains. Nous sommes essoufflés tous les deux et ses yeux rieurs plongent dans les miens.

– Quitte à me frapper avec un texte sacré, fais-le avec celui-là. Au moins ils se marraient plus.

J’éclate de rire et il vole à nouveau ma bouche.

Avec mon consentement cette fois-ci.

Nos mouvements se précisent, nos mains se cherchent, nos corps se trouvent, nos esprits s’excitent mutuellement et l’atmosphère dans la pièce devient plus lourde, plus sensuelle. Chargée en électricité. Je glisse mes mains sous la ceinture de son jean, sur ses fesses affriolantes quand la porte s’ouvre brutalement, nous éblouissant de lumière. Nous sursautons tous les deux, en nous tournant vers la source de l’éclairage. Mon cœur manque un battement puis reprend bien vite quand je reconnais la personne dans l’encadrement de la porte.

Calista.

Elle ouvre la bouche sans rien dire, visiblement choquée, puis sourit de toutes ses dents avant de refermer la porte aussi vite, en levant son pouce au passage.

Assez pour me verser l’équivalent d’un seau d’eau glacée sur la tête ! je repousse Tobias des deux mains et saute du congélateur en enfilant ma chemise.

– Voilà ce qui peut arriver avec tes conneries ! Sérieusement…

Il se contente de me fixer avec un sourire goguenard tandis que je reboutonne mon vêtement, en pestant quand je réalise que j’ai attaché mardi avec mercredi.

– Imagine si ça avait été ton père ! ou ta mère !

Il vient passer ses bras autour de ma taille et se colle dans mon dos pour chuchoter à mon oreille.

– Et imagine l’orgasme de dingue que je t’aurais donné si Calista ne nous avait pas interrompus…

Je n’en ai aucun doute, je chancelle encore un peu sur mes jambes et mon cœur bat à cent à l’heure. Mon esprit sait qu’il faut quitter cette pièce, mais mon corps se rebelle contre cette idée et me pousse à remonter sur ce foutu coffre, pour me congeler les fesses et laisser Tobias me faire crier de plaisir.

Après une lutte acharnée, je réussis à me rhabiller correctement et je sors rapidement de la pièce. J’ai à peine fait un pas à l’extérieur qu’une main me tire brusquement dans la pièce d’à côté.

– Mais c’est une manie aujourd’hui de me secouer dans tous les sens ? je râle à l’intention de Calista.

– Vous alliez baiser dans le presbytère ? s’écrie-t-elle en sautillant, toute excitée.

– Moins fort Cal, putain ! je jure entre mes dents.

– Quoi ce n’est pas ce que vous alliez faire ?

– Je…

Je ne trouve rien à dire, parce que finalement oui, j’étais prête à laisser Tobias me faire ce qu’il veut dans un lieu consacré. Alors que ses parents, les miens, et la paroisse en entier étaient juste à côté. Mon visage devient rouge quand je réalise que je suis passée à deux doigts de me faire surprendre par quelqu’un d’autre.

– Oh non la honte… je gémis en me cachant le visage.

– Oh mon Dieu… souffle Calista, une main sur le cœur.

– Je sais…

– Je suis tellement fière de toi…

J’ouvre un œil pour la regarder à travers mes doigts. Elle m’observe avec des yeux brillants.

– Non, Cal. C’est du n’importe quoi ! Et si ses parents nous avaient découverts ? je chuchote, paniquée. Je n’arrive plus à réfléchir correctement quand il est dans le coin…

Je m’affale contre le mur et je glisse au sol. Elle s’assoit à même le parquet en face de moi, avec un sourire encourageant.

– Relax Mi, personne en vous a vu, aucun incident diplomatique en vue, alors respire…

– Cette relation est en train de me faire faire n’importe quoi…

– Et c’est si mauvais que ça ?

– Je ne sais pas…

Je fixe mes mains tremblantes en ressassant la dernière demi-heure. J’ai toujours été droite dans mes bottes, ni coincée ni délurée mais entre les deux. J’ai travaillé dur à la fac pour avoir un bon métier, j’étais sur le point de me marier il y a moins de six mois et en l’espace de trois mois je deviens totalement différente de tout ce que je m’étais juré d’être. Le constat fait mal.

– Je ne me reconnais plus Cal.

Elle sourit un peu plus et me frotte gentiment le bras.

– Si ça peut te rassurer, moi je te reconnais toujours.

Je pouffe, triste malgré tout.

– Je me suis fait tatouer merde…

– OK, là je suis d’accord c’était un peu poussé comme décision. Et si même moi je le pense c’est que tu es allée loiiiiin…

Je ris un peu plus fort en la voyant écarquiller les yeux de façon comique.

– Mais j’aime te voir comme ça, Mi. Tu as l’air plus… libérée. Heureuse, même.

– J’étais heureuse avant, je la contredis.

– Non, tu étais contente de ta situation. Mais tu n’étais pas foncièrement heureuse. Tu réalises à quel point tu t’es remise rapidement de la perte de ton emploi et de ta rupture avec Derreck ? Si tu avais été profondément heureuse avec lui, ou dans cette boîte, tu serais encore en train de pleurer dans ton lit comme une merde dépressive.

Je lui lance un regard torve.

– Tu sais trouver les bons mots pour consoler les gens toi… je marmonne.

– Qui a besoin de tact ? Autant arracher le pansement direct, merde.

– C’est ce qu’on dira lors de ton éloge funèbre tiens : « Ça va elle est morte merde ! Autant arracher le pansement direct. »

– C’est dingue après toutes ces années, tu continues à croire que tu vas me survivre… souffle-t-elle en secouant la tête.

Je ris de nouveau en lui souriant largement. Calista est un antidépresseur à elle seule. Elle a raison, je me suis remise beaucoup plus vite que ce que je croyais, mais même si j’avais fini en dépression, Cal aurait réussi à me sortir de ma léthargie pour me remettre sur pied en moins de deux jours.

– Pour rien au monde je ne souhaiterais te survivre… je murmure, avec un sourire tendre.

Elle arbore quant à elle un sourire satisfait.

– On n’a qu’à mourir en même temps Mia Anderson.

– C’est une promesse Calista Jones ?

Elle crache dans sa paume et me la tend.

– C’est dégueulasse ! je m’écrie, morte de rire.

– Ouais ben je n’avais pas de couteau sous la main pour faire une promesse de sang, alors on se contentera de ça.

– Encore pire, on aurait pu mourir d’une septicémie !

– Ouais mais ENSEMBLE !

Je ferme les yeux, prise d’un fou rire alors que ma copine sourit de plus belle, très fière d’elle.

– Promesse Mi ?

Je soupire profondément en regardant sa paume qui dégouline presque. Je fais une rapide moue amusée avant de cracher dans la mienne et de venir serrer sa main dans un bruit de succion assez répugnant, ce qui nous fait éclater de rire.

– Promis Cal, je lui réponds quand je me suis calmée.

– C’est trop tard pour le reste du monde, chuchote-t-elle avant de tirer violemment sur ma main pour me rapprocher d’elle. À la vie, à la mort Anderson : tu es à MOI maintenant !

Elle prononce la dernière phrase en écarquillant les yeux au maximum afin de simuler une psychopathe. Son jeu préféré depuis que je la connais, mais il ne prend plus avec moi. Après toutes ces années je sais qu’elle ne simule pas : elle est vraiment psychopathe.

Je lui tire la langue pour toute réponse et elle m’imite.

J’essuie ma main libre sur mon jean et elle m’imite aussi. Mais sur mon jean également.

– Hey !

– Quoi ? C’est une Ralph Lauren ! Je n’allais quand même pas essuyer ma bave avec ! se justifie-t-elle en désignant sa robe polo. En plus ton jean est troué…

– Je l’ai acheté comme ça justement !

– Ah mais c’était fait exprès le côté « clocharde » ? Au temps pour moi… mais remarque, grâce à ça tu accentues l’usure.

Je la fixe, les yeux écarquillés. Comment fait-elle pour toujours retourner les situations à son avantage ?

– Ne me remercie pas… souffle-t-elle avec un clin d’œil.

– Ses sœurs nous ont surpris, je lâche sans préméditations.

Je ne sais pas pourquoi je dis ça maintenant, mais j’aimerais avoir son avis sur la question. Pour me convaincre que ce n’est pas grave. Ou me dire d’arrêter. Ou de continuer ? Je ne sais pas… Elle devient silencieuse et m’observe un long moment.

– Et ?

– Et elles ne diront rien, mais… j’ai été paniquée quand j’ai compris qu’elles savaient. Comment je vais réagir si nos parents le découvrent un jour ?

– Vous avez prévu de leur dire ?

– Non !

– Alors où est le problème ?

Je soupire longuement en me passant une main dans les cheveux.

– Tu as peur de quoi, Mi ? Que ça ne fonctionne plus si vous êtes découverts, ou justement que ça fonctionne ?

Elle a parlé d’une voix très douce, comme si elle s’adressait à un animal blessé.

– Je ne sais rien de lui en dehors de Springville… je murmure. Comment je peux décider de tenter l’aventure sur du long terme si je ne sais rien de l’homme avec qui je couche ? Et si je découvre qu’il est gay aussi ?

Elle éclate de rire et tapote ma tête comme une enfant.

– Chérie, je ne suis pas allé vérifier de près, mais crois-moi vu le nombre de fois où il a maté dans mon décolleté, il n’est pas gay.

– Et s’il ne vote pas comme moi ? et s’il était contre l’idée d’avoir des enfants ? et si je découvre des manies qui vont m’irriter ? et si…

Les questions se bousculent dans ma tête et j’en perds mes mots.

Le constat est frappant. Je m’entends bien avec Tobias. Extrêmement bien. Autant sur le plan sexuel que sur le plan mental, mais à part nos moments à deux je ne connais rien de lui, ni de sa vie d’avant, ses anciennes petites amies, etc… Lors du Burning Man nous n’avons jamais évoqué nos vies personnelles, nous nous sommes contentés de vivre le festival au gré de nos errances et découvertes physiques… il m’a quand même raconté quelques anecdotes avec ses amis, mais qui me dit que tout se passera bien si nos deux mondes entrent en collision ?

– Et si… tu lui demandais ? intervient Calista. C’est aussi simple que ça, Mi.

– Pourquoi tout a l’air toujours aussi simple dans ton monde Cal ? je pouffe ne secouant la tête.

Pour Calista, rien n’est difficile, il y a toujours une solution à chaque problème, et même s’il n’y en a pas, le fameux problème n’en vaut pas la peine. J’aimerais être aussi détachée qu’elle, ça me faciliterait beaucoup la vie…

Elle me sourit et vient s’asseoir à côté de moi contre le mur. J’en profite pour poser ma tête sur son épaule alors qu’elle tend les jambes devant elle.

– Parce que mon monde est moins compliqué que le tien, petite souris, répond-elle en tapotant sur le bout de mon nez.

Je fronce les sourcils en la regardant.

– C’est l’explication la plus naze que je n’ai jamais entendue…

– Je n’ai jamais dit que mon monde était parfait non plus.

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