Too Young

Margot D. Bortoli · Chapitre 30 sur 54

Pages du PDF

Too Young

Chapitre 27

 

 

– Vous sortez, les filles ?

Nous pilons dans l’entrée à la demande de mon père, comme deux gamines prises en flagrant délit en train de faire le mur. Ce qui est ridicule étant donné que nous avons toutes les deux trente ans. Calista prend les choses en main et se tourne vers mes parents.

– Peine de cœur, Mia m’accompagne pour aller boire un verre.

Ça aurait pu être crédible si Cal n’avait pas la réputation d’être une briseuse de cœur. Et si elle ne souriait pas d’une oreille à l’autre. Mon père plisse le nez alors que ma mère cache son sourire derrière une main.

– Peine de cœur pour toi ou pour lui ? demande mon papa.

Je ris par le nez derrière Calista. Qu’est-ce que je disais ? Mais elle ne se laisse pas démonter et pose les mains sur ses hanches.

– Pour lui, bien évidemment ! Enfin, monsieur Anderson, vous me connaissez suffisamment depuis le temps pour savoir que personne ne peut me briser.

– Allez Casanova, je l’interromps en la tirant par le bras, on y va.

Je suis impatiente. Très, très, impatiente. Qui ne le serait pas ? Je viens de subir une heure de torture en épilation avec Calista, et une fouille minutieuse de mon dressing pour finalement sortir ma petite robe légère à dos-nu en coton gris qui est composée de deux pièces qui se superposent, et dont le haut ne tient qu’au niveau du haut de mon dos puis se sépare en deux pans libres sur ma colonne vertébrale. Je ne porte pas de soutien-gorge avec. Et je n’arrive toujours pas à réaliser que j’ai écouté Calista pour le reste…

– Bonne soirée ! s’écrie-t-elle en se laissant tirer par le bras.

Nous sortons et je monte dans la mini de Cal, elle me dépose au parc et s’éclipse ensuite, jusqu’à ce que Tobias me rejoigne. Durant le court trajet je suis assez nerveuse. Pourtant j’ai déjà couché avec lui, mais ce soir signifie le début d’une liaison secrète. Ce qui rend le tout encore plus excitant. Ça plus l’idée saugrenue de mon amie.

– Pourquoi est-ce que je t’ai écouté… je râle.

Elle me fait un clin d’œil.

– Arrête ! Dis-moi que tu ne te sens pas comme la fille la plus puissante du monde !

– Je me sens surtout comme la fille la plus nue du monde…

– Mais quelle puritaine…

Je lui tire la langue, heureusement que j’ai eu la bonne idée de prendre de quoi me changer dans mon sac. Nous nous approchons du parc et la luminosité change soudainement.

– Sans déconner, qui a éteint la lumière ? murmure Calista en regardant dehors.

Je jette un regard anxieux vers le ciel, il s’est couvert très vite et a plongé la ville dans un presque début de nuit, alors que le soleil est censé se coucher d’ici moins d’une heure. Le vent vient de se lever et les feuilles des arbres sont emportées par les bourrasques, les branches des arbres semblent malmenées par la puissance des rafales.

– Okeyyy… tu veux que je te laisse ma veste ?

Nous sommes arrivées au parc et la lumière vient de nouveau de baisser d’un cran, mais il fait encore chaud. L’orage ne va pas tarder à tomber. L’air est humide et lourd et une odeur terreuse remonte du sol, ce qui augure de la pluie à venir.

– Non ne t’inquiète pas, je vais rester à l’abri en attendant qu’il arrive.

– OK, éclate-toi bien ma chérie !

Elle me plante un bisou bruyant sur la joue et je sors en emportant mon sac à main et en maintenant ma jupe d’une main pour éviter qu’elle ne se soulève entièrement. Elle démarre aussitôt pour repartir, et moins de cinq secondes plus tard une pluie drue s’abat sur ma tête alors que je la regarde

tourner le coin de la rue 18.

– Oh merde ! je m’écrie dans un hoquet sous le choc brutal de l’eau.

Je pars en courant vers l’aire de repas couverte mais le temps de la rejoindre, je suis complètement trempée. Adieu joli brushing, robe fluide et maquillage parfait.

Super.

Je pose mon sac sur une table de pique-nique, puis en sors un mouchoir pour m’essuyer le visage et rattraper les coulures de mascara sous mes yeux en grommelant. Je secoue le tissu de ma robe pour le décoller de mon corps mais à chaque fois il revient se plaquer insidieusement contre moi.

Est-ce qu’il y aurait au moins un truc qui pourrait fonctionner correctement ce soir ? Non ?

Non, apparemment.

J’essaie d’essorer mes cheveux tant bien que mal et souris en remarquant que je ne suis pas la seule à m’être mise à l’abri. J’aperçois un groupe de quatre ou cinq jeunes blottis sous la structure de jeu en bois une dizaine de mètres plus loin. Je suis d’ailleurs en train de les regarder tout en torsadant ma masse capillaire quand deux bras chauds et humides m’emprisonnent contre la table en bois.

Je sursaute au contact du T-shirt mouillé sur mon dos nu, et mon cœur s’emballe quand je reconnais les tatouages de Tobias sur l’un des bras qui me maintient captive.

Bonjour, mini crise cardiaque…

Il ne parle pas et se contente de m’entourer en gardant ses mains à plat sur la table. Je me mords la lèvre alors qu’il frôle la courbe de mon épaule avec son nez. Je ne cherche pas à me retourner, je le laisse m’apprivoiser doucement, me découvrir avec lenteur. Je penche même la tête sur le côté pour lui laisser plus de marge de manœuvre et ferme les yeux quand ses lèvres tièdes se posent enfin sur ma peau frémissante, alors que son bras droit vient enserrer ma taille pour me plaquer contre lui.

Enfin…

Je n’y tiens plus et pivote dans ses bras pour l’embrasser. Sa main libre se glisse dans mes cheveux alors que sa langue vient à la rencontre de la mienne. Je perçois un gémissement sourd et je souris contre ses lèvres quand je réalise qu’il vient de moi. Le baiser se poursuit encore et encore, dans une chaleur humide et lourde alors que la pluie tombe en gouttes épaisses et bruyantes sur le toit en tôle de la structure, nous entourant d’un rideau quasi opaque, nous isolant dans une bulle où plus rien n’existe à part sa bouche qui me dévore, ses mains qui me caressent, son odeur qui m’enveloppe et son goût qui me fait voir des étoiles derrière mes yeux fermés.

Le septième ciel peut-être ?

Il me pousse contre la table et je réagis à sa requête silencieuse en m’asseyant dessus alors qu’il empoigne mes cheveux et me force à pencher la tête en arrière pour approfondir notre baiser. Je ne suis pas en reste, je plante mes ongles dans son crâne pour le maintenir en place et le forcer à continuer ces délicieux préliminaires. Je croise également mes jambes sur sa chute de reins pour le maintenir captif entre mes bras. Notre étreinte est tellement puissante et passionnée que j’en perds l’équilibre et manque de basculer en l’entraînant avec moi. Il nous retient en s’appuyant d’une main sur la table, sans jamais quitter la chaleur de ma bouche.

Je me laisse totalement fondre entre ses bras, m’alanguis, m’assouplis contre lui, totalement consentante. Dans un nouvel élan de faiblesse je manque de basculer de nouveau et mes mains quittent son crâne pour venir s’appuyer sur la table dans mon dos. Nos lèvres se séparent dans le mouvement et nous restons face à face, haletants, à nous dévisager pendant de longues secondes. La pluie s’épaissit, l’obscurité tombe de plus en plus bas sur le parc et les collines rocheuses autour de nous. Mais les yeux de Tobias luisent presque dans la quasi-obscurité. Il balaie mon corps du regard, mes vêtements humides qui collent à ma peau, les gouttes qui glissent depuis la pointe de mes cheveux trempés pour dessiner des sillons humides sur ma peau encore moite… Il me regarde une dernière fois dans les yeux et se redresse en me tendant la main.

– Viens.

Je la saisis sans hésitation et me lève pour le suivre. Nous partons en courant sous l’orage pour rejoindre son pick-up garé un peu plus loin. Je suis complètement trempée quand je ferme enfin la porte derrière moi. Tobias fait le tour et monte à son tour. Il démarre aussitôt et met la ventilation à fond pour évacuer la buée sur les vitres. Il prend le temps de secouer la tête en projetant une multitude de fines gouttes autour de lui. J’éclate de rire en en recevant une bonne partie et il arrête en réalisant ce qu’il fait. La lumière du tableau de bord le nimbe d’une lueur bleutée alors qu’il se passe une main dans les cheveux tout en me regardant. Je l’admire sans aucune pudeur. La pluie a collé son t-shirt blanc contre son torse et je vois nettement le dessin de ses pectoraux, le léger renflement de son téton, les ombres de ses tatouages et les creux de ses abdominaux… il me donne l’eau à la bouche. Il provoque une faim insatiable en moi, j’ai l’impression de n’en avoir jamais assez. Son propre regard est tout aussi perçant et je sais que ma robe ne laisse plus aucun secret. La pointe de mes seins se durcit sous le passage appuyé de ses yeux verts, et mes cuisses s’ouvrent d’elles-mêmes, à peine quelques millimètres mais assez pour qu’il le remarque. Son regard revient sur mon visage, encore plus brûlant qu’avant et j’inspire à pleins poumons.

– Attache-toi.

Je me saisis de la ceinture de sécurité et viens la clipser sans jamais le quitter du regard quand il démarre enfin et nous conduit à travers la ville en direction de Mapleton. Je regarde défiler la route, et observe les gouttes de pluie dessiner des coulées abstraites le long de la vitre. Il quitte la ville vers l’Est, en direction de Maple Canyon et s’arrête au bout de quinze minutes sur un bas-côté aménagé le long de la route. L’endroit est désert, seulement entouré de montagnes et d’arbres qui commencent à rougir alors que l’Automne se rapproche. Il n’y a aucune habitation aux alentours et la route semble peu empruntée. L’orage continue de gronder et un éclair illumine brusquement l’habitacle juste après que Tobias coupe le contact. Je sursaute quand le bruit du tonnerre le suit quasi instantanément. Nous sommes pile en dessous, au cœur même de la tempête. Le vent souffle en bourrasques sifflantes autour de nous. La voiture tangue légèrement sous le déchaînement de la nature et le bruit d’impact des gouttes d’eau sur la carrosserie devient presque assourdissant. Mais je les entends à peine. Je suis fascinée par l’homme en face de moi. Je regarde sa grande main déclipser la ceinture de sécurité et s’en débarrasser lentement. Je l’imite doucement, en souriant à peine. Il passe ensuite le bras sous son siège et le recule au maximum. L’invitation est claire et précise. Sans ambiguïté. Je passe par-dessus le levier de vitesse pour m’asseoir à califourchon sur lui. Heureusement pour moi, le plafond du Pick-up est assez haut et je n’ai pas forcément besoin de me courber. Les yeux de Tobias me scrutent puis descendent lentement sur le dessin de ma poitrine à travers le tissu humide qui ne cache plus grand-chose. Ses paumes chaudes et calleuses glissent sur mes mollets jusqu’à mes pieds, m’enlèvent mes sandales et remontent le long de mes cuisses pour se rejoindre sur mes fesses sous la robe. Je souris en coin quand il se fige, les yeux légèrement écarquillés.

Finalement l’idée de Calista n’était pas si mauvaise que ça…

Ses mains me palpent rapidement pour vérifier qu’il ne rêve pas et il se rend enfin à l’évidence, le souffle court.

– Où est votre culotte, mademoiselle Anderson ? questionne-t-il dans un murmure rauque, un léger sourire flottant sur sa bouche.

Je me mords la lèvre pour me retenir de sourire à mon tour. Autant les premiers instants m’avaient paru gênants, mais le regard sombre de Tobias alors qu’il réalise que je suis entièrement nue sous ma robe est un puissant aphrodisiaque. Ses doigts jouent quelques instants avec l’ourlet du tissu, puis il le remonte brusquement pour me dénuder et faire passer le vêtement par-dessus ma tête. Je me laisse faire, et lorsque plus rien ne me recouvre, j’appuie mon dos sur le volant pour lui permettre de me voir en entier. Cette fois-ci c’est moi qui suis entièrement nue alors qu’il est encore habillé. Bien que la pluie ait plaqué le coton blanc sur son corps, ne laissant que peu de place à l’imagination. Je suis à sa merci. Offerte, avide.

Impatiente.

Sa pomme d’Adam monte et descend alors qu’il déglutit avec force en parcourant des yeux les moindres recoins de mon corps. Ses mains enserrent ma taille et l’une d’entre elle se détache pour venir glisser sur ma peau, explorant chaque centimètre carré, de ma lèvre inférieure, jusqu’à la jonction entre mes cuisses. Son pouce s’attarde sur la serrure de mon aine gauche, encore protégée par le morceau de cellophane, l’observant avec intensité. J’ai l’envie subite de voir le sien, la clé sur son aine. Je glisse mes mains sous son T-shirt pour le lui ôter, et il m’aide d’une main en gardant la seconde sur l’encre qui recouvre ma peau. Il ne la retire qu’une fraction de seconde pour faire passer le tissu humide et le jette sur la banquette arrière. Je m’attaque sans attendre au bouton de son jean et à sa fermeture Éclair, puis me redresse légèrement pour lui permettre de lever les fesses afin de faire descendre la toile épaisse, ainsi que son boxer noir. Il apparaît enfin en entier sous mes yeux et je ne me lasse pas de l’observer. Lui, ses tatouages, son piercing…

Je l’ai déjà vu nu, mais j’ai l’impression de le découvrir une nouvelle fois. Les muscles roulent sous sa peau, jouant avec les motifs qui l’ornent, ses lèvres appellent les miennes, et ses yeux me transpercent, à moitié cachés par les cheveux humides qui lui tombent en pagaille sur le visage. Je respire tellement fort qu’une buée dense se forme sur les fenêtres du véhicule, nous isolant un peu plus du monde extérieur. Je fais glisser le bout de mes doigts sur son torse, effleurant son nombril, faisant légèrement sursauter les muscles de son ventre, avant de finir ma course sur le dessin qui m’intéresse. Ses lèvres pleines se recourbent en un sourire quand je le frôle. Il tire doucement sur le plastique transparent pour me l’enlever et me force à me cambrer au maximum d’une main ferme, avant de venir plaquer nos bassins, peau contre peau.

Tatouage contre tatouage.

Je m’écrase contre son corps et l’embrasse, éperdue. Il me serre contre lui à m’en briser et se redresse en m’emportant pour se saisir d’un préservatif dans la poche de son jean. Je le lui arrache des mains et recule pour le défier du regard. Il s’installe plus confortablement contre le dossier et me sourit en coin, m’invitant à faire ce que je veux de lui. J’ouvre le sachet argenté et le recouvre sans attendre. Mes gestes sont précis et lents, j’en profite même pour jouer légèrement avec son bijou, mais sitôt la protection en place, nous nous jetons dessus dans un même élan. Il me soulève, se guide d’une main et m’empale sur lui dans un geste impatient. Je gémis douloureusement sous l’intrusion délicieuse et sous la sensation grisante que son piercing provoque en moi, puis il commence ses mouvements sans me laisser de répit, et je l’accompagne, augmentant la puissance de nos rencontres, amplifiant le choc de nos corps l’un contre l’autre. Nos bouches se dévorent sans douceur. L’orage accompagne la montée de notre excitation, les éclairs jaillissent plus régulièrement, nous éclairant de flashs bleutés par intermittence. Le bruit retentissant du tonnerre recouvre nos gémissements et le sifflement strident du vent se fait l’écho de mes plaintes de plaisir.

Tobias me maintient à flot d’une main implacable alors que j’escalade avec lui ce déchaînement de puissance sans jamais ralentir la cadence. Aucun de nous ne souhaite aller doucement. Nos corps en manque s’entrechoquent, se rejoignent, se repaissent l’un de l’autre. Prennent leur shoot après une longue période de sevrage.

Et alors que l’orage s’amplifie, tonne de plus en plus fort, que la pluie redouble d’intensité, et que le vent secoue la voiture sous nos assauts combinés, j’atteins de nouveau l’extase entre ses bras.

 

18 Je conseille Pillowtalk de Zayn en fond sonore.

OceanofPDF.com