Too Young
Chapitre 30
Je me force à ne pas tourner la tête vers lui alors que Calista est en train de lui parler. À peine sortie de la salle, elle s’est fait alpaguer par les jumelles pour lui subtiliser de la bière, et elle a accepté bien entendu. Calista reste Calista.
– Alors, comme ça, on s’est fait surprendre en faisant des mamours dans le sellier ?
J’écarquille les yeux à la phrase d’Abbie.
– Quoi ?
– Ça va, c’était ta copine, pas Mme Lambert, précise Anna.
– Mais comment…
Je ferme les yeux en soupirant. Tobias. C’est Tobias qui leur a dit.
– Votre frère devrait apprendre à fermer sa bouche… je soupire en le regardant discuter avec Cal.
– Pourtant je croyais que ça te plaisait quand il l’utilisait, rétorque Anna, avec un sourire diabolique aux lèvres.
Abbie conclu en me faisant un clin d’œil et je lève les yeux au ciel. Elles sont intenables.
– Où sont passées les adorables petites filles que je gardais ? je demande en souriant à moitié. Quand est-ce que vous êtes devenues des démons ?
Elles font une moue simultanée.
– On est allées à bonne école entre Tobias et toi, répond Abbie.
– Je ne vous ai jamais appris ça…
Elles font mine de réfléchir en fronçant les sourcils et je pouffe malgré moi.
– OK, c’était peut-être juste Tobias qui nous a appris à être comme ça, mais TOI AUSSI tu es un démon Mia Anderson, explique Anna en me désignant.
– Je n’ai jamais dit l’inverse…
La conversation est interrompue par Calista qui revient avec deux bouteilles de bière.
– OK les filles, trouvez-moi un endroit discret pour vous transvaser ça…
Elles piaillent de joie et l’entraînent un peu plus loin de l’autre côté de l’église en me laissant sur place.
– Non mais allez-y je vous en prie… je râle en me retrouvant seule.
Je lève les bras de dépit en regardant autour de moi mais je sursaute quand Calista revient d’un coup vers moi.
– Va lui parler ! ordonne-t-elle avant de disparaître de nouveau.
– Heu… OK.
Je sais pertinemment de qui elle parle.
Bon Mia, quand il faut y aller…
J’inspire un bon coup avant de prendre mon courage à deux mains et de m’avancer vers lui. J’essaie de paraître calme et sereine mais ma motivation est mise à rude épreuve quand je le vois balayer autour de lui avant de fixer son regard sur moi. Oh misère… il ne me regarde pas, il me dévore des yeux. Littéralement. J’ai l’impression d’être toute nue… Je suis autant gênée qu’excitée par son regard mais ma pudeur prend le dessus et je m’immobilise, mal à l’aise. Il baisse aussitôt les yeux et je peux de nouveau respirer. Je n’avais même pas conscience d’être en apnée. Merde Mia, allez, tu y vas, tu poses des questions, tu es une adulte ! C’est même toi l’adulte entre vous deux. Je recommence à marcher et quand j’arrive à sa hauteur je fais mine de prendre une bière dans la glacière à côté de lui pour me donner une contenance.
– Tobias, je murmure avec un sourire aux lèvres en décapsulant la bouteille sans même le regarder.
– Mademoiselle Anderson, répond-il sur le même ton.
Je tente de me battre contre le gigantesque sourire qui menace de fleurir malgré moi sur mon visage. « Mademoiselle Anderson. » Il sait très bien l’effet que ça me fait quand il l’utilise.
– Remise ?
Je lève les yeux au ciel.
– Très bien. Et toi ?
Il ne répond pas de suite et je sens son regard sur ma nuque.
– Difficilement pour ma part…
Une bouffée de chaleur me prend par surprise à son aveu et je bois rapidement une gorgée pour tenter de me rafraîchir et endiguer le feu qu’il a allumé avec une seule phrase. Je me racle la gorge et m’appuie des fesses sur la table, dans la même position que lui.
– Alors, bien discuté avec Calista ? demande-t-il en portant sa bouteille aux lèvres.
Je fais une rapide moue amusée.
– Très bien merci. Et toi avec les jumelles ?
Il ricane et secoue la tête.
– Et dire qu’elles sont allées cafter, ces microbes…
Nous continuons à boire en silence sans jamais réellement nous regarder. Et je me sens bien pour l’instant. J’hésite même à lui parler, lui poser des questions… sa simple présence a légèrement apaisé le tourment qui m’avait pris par surprise.
– Qu’est-ce qui se passe, Mia ?
Je sursaute à sa question.
– Rien.
– Menteuse…
Je m’autorise un regard en coin avec un sourire diabolique.
– Je mens si je veux… je rétorque en plissant les yeux vers lui.
Il m’observe à la dérobée et sourit lentement à son tour.
– Pas à moi, mademoiselle Anderson…
Tiens donc ? Je hausse les sourcils, complètement surprise.
– Et on peut savoir pourquoi ? je m’exclame.
Il boit une nouvelle gorgée et je regarde sa pomme d’Adam monter et descendre quand il déglutit. Elle fait légèrement bouger la croix tatouée sur son cou. Ses tatouages me fascinent… il choisit cet instant pour se tourner vers moi et me regarder dans les yeux avec un léger sourire.
– Parce que je sais à quoi tu ressembles quand tu jouis Mia… tu n’as plus de secret pour moi.
Mon ventre se tord à sa phrase et la frustration de ne pas avoir fini ce qu’on avait commencé un peu plus tôt revient en force. Il sourit de plus belle, visiblement fier de lui quand j’avale péniblement ma salive et reprend sa position initiale.
– Ce serait peut-être judicieux d’être un peu plus discret, je marmonne en piquant du nez vers ma bouteille de bière.
– Personne ne nous regarde et tout le monde s’en fout de ce qu’on dit.
– Tu n’en es pas sûr.
– Toi non plus.
– Nom de Dieu, entre toi et Calista c’est impossible d’avoir une discussion sérieuse…
– Aaaah… c’est donc ça que tu veux : une discussion « sérieuse », murmure-t-il en souriant.
Je soupire profondément.
– Je ne sais pas grand-chose de toi si on y réfléchit bien.
– Tu sais à quoi je ressemble quand j’éjacule.
– Tobias putain ! je siffle entre mes dents serrées.
Il pouffe et je regarde rapidement autour de nous, soulagée de m’apercevoir qu’il n’y a aucune personne assez proche pour nous entendre.
– Je parlais de choses plus « basiques » …, je reprends, tes goûts culinaires, ou même musicaux…
– Je bouffe des cochonneries, j’adore les steaks saignants, je déteste la rhubarbe et les champignons, par contre je bave comme un chien devant les roulés à la cannelle et les tacos.
J’ouvre la bouche sans savoir quoi répondre.
– Quant à mes goûts musicaux ils sont assez éclectiques, j’aime tout du rock psychédélique au hard rock, en passant par le blues, le jazz, la pop, et même la musique électro. Par contre j’ai un peu de mal avec le RnB, j’avoue…
Il finit sa tirade avec un clin d’œil et je souris en regardant devant moi.
– Qui n’aime pas les champignons sérieusement ?
– C’est tout ce que tu as retenu ? s’esclaffe-t-il.
– Tu votes de quel côté ? je demande de nouveau sans répondre à sa question.
Il fronce les sourcils et m’observe comme une énigme de la nature.
– J’ai fait musicologie à la fac, mon père est un ancien junkie, je suis tatoué et je fume de la marijuana…
– OK, OK ! j’abdique en riant, tu votes Démocrate, j’ai compris !
Il semble fier de lui et je l’observe à la dérobée.
– J’aimerais bien en savoir un peu plus sur toi.
Il écarquille brièvement les yeux mais continue de fixer devant lui.
– Il n’y a pas grand-chose à savoir, je suis un mec normal.
– Laisse-moi en douter… je me moque ouvertement. Tu ne te dévoiles pas vraiment Tobie, en fait tu es encore une énigme pour moi.
– L’affaire « Tobias Miller » ? questionne-t-il en riant.
– À peu de chose près, oui… j’admets. À quoi ressemblent tes amis ?
Il rit franchement alors que je ne lâche pas l’affaire.
– Damon est… Damon, commence-t-il. Incorrigible. Ensuite il y a mes potes qui ont un groupe, les Mystical Lobsters : Alvin, Theo, Ewan, Jay et Bastian.Damon les accompagne sur leur tournée. . Ils sont sympas et moins incontrôlables que Damon.
– Ah je vois, Damon est ta Calista…
– On peut dire ça, ricane-t-il. Il en faut toujours un, non ? Pour nous permettre de nous sentir « normaux ».
J’éclate de rire à sa remarque mais m’interromps vite fait quand je réalise que quelques têtes se sont tournées vers nous. Et le peu de regards que je croise semblent plus interloqués que bienveillants.
Je déglutis et m’écarte de quelques pas, ce qui lui fait froncer les sourcils.
– On nous regarde… j’explique à voix basse en tentant de prendre un air désinvolte.
Il hoche la tête et finit sa bouteille avant de me regarder.
Un regard chaud et très perturbant face à celui que j’essaie de garder indifférent.
– Et pour le reste, quand ce barbecue sera terminé, qu’est-ce que vous diriez de vous enfuir avec moi loin des regards indiscrets Mademoiselle Anderson ? Pour qu’on puisse… découvrir nos secrets réciproques…
Mon bassin prend feu instantanément. Son regard brûlant, l’utilisation de son surnom, le sous-entendu caché dans sa voix… je n’ai pas besoin de longtemps pour prendre ma décision.
– Avec plaisir, monsieur Miller…
***
– Quel est… ton plus grand fantasme ?
Je suis allongée à l’arrière du pick-up sur une couverture. Tobias nous a conduits dans une route isolée d’une des montagnes du Wasatch Range, à l’est de la ville, à la nuit tombée. Nous sommes installés sur une terrasse naturelle qui surplombe Springville, Mapleton et Spanish Forks. Un tapis lumineux magnifique s’étale à nos pieds, et nous fumons un joint en discutant. Je lui ai raconté ma plus grosse peur, mon premier baiser, ainsi que ma plus grosse honte. La sienne était toute trouvée, apparemment l’épisode de ses douze ans quand je l’ai surpris en pleine masturbation l’a marqué à vie. J’ai éclaté de rire quand il me l’a raconté de son point de vue. Ça fait du bien de discuter avec lui, sans finalement chercher à se toucher ou finir en plein coït. Même si l’envie est toujours là, mais je prends sur moi pour continuer la discussion et en découvrir plus sur lui, et je sais qu’il fait de même de son côté. D’ailleurs Tobias devient subitement silencieux et ne répond pas. À la place il tire une longue bouffée de cannabis.
– Tobie ?
– J’ai l’impression d’avoir de nouveau dix ans quand tu m’appelles comme ça.
Je souris, mutine, avant de lui voler le joint.
– Bah c’est il y a quoi ? Deux, trois ans tout au pl…
Je ne finis pas ma phrase qu’il me grimpe dessus pour m’embrasser à pleine bouche et me faire taire. J’éclate de rire contre ses lèvres. Le charrier sur son âge est devenu une de mes activités favorites. Il ramène mes mains au-dessus de ma tête et vient mordiller sans douceur mon oreille.
– Tu veux que je te rappelle ce que le « gamin » est capable de te faire ?
– Des promesses, toujours des promesses…
Il se joint à mon rire et se relève pour s’asseoir à califourchon sur mes cuisses, tout en récupérant le pétard. Une de ses mains s’égare sur mon ventre, sous la chemise que je porte et je profite de sa soudaine concentration sur mon piercing au nombril pour l’observer. Torse nu, en train me surplomber avec les lumières de la ville qui l’illumine légèrement de dos, il est sublime. Comme un ange déchu, croisé avec le diable en personne. Bien élevé, un homme qui connaît la Bible et les chants de messe, mais qui se transforme en démon quand la porte de la chambre se referme sur lui.
Deux personnalités en une seule personne.
– Qui es-tu donc Tobias Miller ? je chuchote, pensive.
Il semble surpris par ma question puis sourit, d’un air canaille. Il ne parle pas mais vient m’embrasser langoureusement, comme seul lui sait le faire. Tobias embrasse comme s’il voulait me faire avoir un orgasme à chaque baiser. Profondément, lentement… La façon dont sa langue joue avec la mienne ressemble à un acte sexuel. Il embrasse comme il fait l’amour : avec érotisme, sensualité et décadence. Je gémis avec délectation contre sa bouche et il rit en me mordant la lèvre inférieure.
Je reste pantelante quand il s’écarte et s’allonge de nouveau à côté de moi.
– OK. Déjà tu es celui qui embrasse le mieux. Et de loin.
J’ai presque soupiré en parlant et il rit, le joint coincé entre les lèvres.
– Je suis flatté.
– Tu peux. Mais tu n’as toujours pas répondu à ma question ?
– Laquelle ? je trouve que tu parles trop et que tu n’es pas assez déshabillée…
Sa main s’égare sur ma cuisse et je lui file une tape pour la dégager.
– Sur le fantasme.
– Si je te dis « le faire dans un pick-up » il sera sur le point de se réaliser ?
J’éclate de rire.
– Non ! il ne se passera rien tant que tu n’auras pas répondu…
Il soupire longuement et tire sur le joint avant de me le tendre. Je le regarde tout en fumant à mon tour, mais lui fixe le ciel étoilé.
– Alors ?
– Je ne sais pas si j’ai envie de te le dire…
– Oh pourquoiiiii ?
Je ressemble à une gamine vexée et déçue, ce qui le fait sourire.
– Qu’est-ce que ça peut te faire de toute façon ?
– Allez ! Ça me permettra de cerner un peu plus l’énigme « Tobias Miller » …
Je murmure d’une voix de conspiratrice les trois derniers mots, et ça semble l’amuser un peu plus.
– Il n’y a rien à cerner. Je suis un mec lambda.
– Un fils de pasteur tatoué et percé. Rien que cette définition te classe directement dans la catégorie « ovni ».
– À force de me le répéter, je suis étonné de ne pas t’entendre crier « le fils du pasteur » au lieu de « Tobias » quand on couche ensemble…
Je plisse les yeux vers lui, un sourire en coin aux lèvres.
– D’une : je ne crie pas, et de deux : encore moins ton prénom, Monsieur Miller.
Il sourit également.
– C’est vrai, tu es plutôt du genre « gémisseuse » au lit…
– Parce que tu as des catégories pour les filles au lit ?
– Oui. Dans l’ordre décroissant : « crieuse », « gémisseuse », « couineuse » et la pire de toutes : la « silencieuse » …
Je suis morte de rire quand il prend un visage horrifié.
– Donc la « crieuse » c’est le top du top ?
– Une femme qui crie ton prénom au lit, c’est quand même flatteur.
– Désolé, je lui réponds, moqueuse.
– Un jour… me promet-il en faisant un clin d’œil complice.
Je pouffe et tire sur le joint avant de le lui tendre.
– On s’éloigne du sujet là… je reprends, plus que curieuse.
Je suis intriguée par son refus de me dire un de ses fantasmes. Je suis soudain prise d’une envie de le titiller, de prêcher le faux pour avoir le vrai.
En tout bien tout honneur.
– C’est de faire des trucs avec un mec ? je demande dans un demi-sourire.
– Quoi ?
Il se dresse, les sourcils froncés.
– Ton fantasme inavouable ?
Il me regarde, horrifié, si bien que je m’étouffe presque, tellement je ris.
– Oh ça va, il n’y a pas de honte à avoir ! Mon ex était gay tu sais…
– Je ne fantasme pas sur les mecs Mia.
Il a l’air tellement horrifié que j’ai du mal à me retenir de l’asticoter encore plus.
– Que tu dis !
– Je n’ai rien contre les homosexuels mais je ne fantasme pas sur les mecs ! reprend-il plus fort.
– Qu’est-ce qui me prouve que tu dis la vérité ?
– Putain je vais finir par sortir ma queue et te montrer si je fantasme vraiment sur les mecs…
Je me tortille comme une anguille, morte de rire, pour lui échapper et je descends du pick-up alors qu’il se redresse sur les genoux face à moi.
– Allez Miller, dis-moi tout… je susurre. Je serai une tombe.
– Non.
– Je me fous à poil si tu le dis.
– Tu finiras à poil de toute façon.
– Je te trouve bien sûr de toi pour un gamin de vingt-deux ans.
– Tu ne t’en es jamais plainte…
Sa voix doucereuse me promet monts et merveilles et j’hésite un court instant à laisser tomber l’affaire. Mais ma conversation avec Calista me revient en tête et je décide de continuer à insister.
– Tobiaaaas…
– Miaaaaa…
Il se moque visiblement de moi mais j’ai encore des atouts dans mon jeu.
– Tu sais que j’ai été pom-pom girl ?
– Oui. Et ?
– Je suis encore vachement souple pour mon âge…
Son visage s’éclaire quand il saisit l’allusion et j’enfonce un peu plus le clou.
– Je suis capable de te faire des positions que tu n’as jamais vues… ou même pu imaginer…
Sa pomme d’Adam monte et descend quand il déglutit et il pose une main sur son entrejambe pour se réajuster rapidement en plissant ses yeux verts vers moi.
Gagné.
– Allez, Miller… Dis-moi tout…
Je répète exactement la même phrase qu’il y a cinq minutes mais cette fois-ci je le sens sur le point de rendre les armes. Quand il soupire longuement et se passe une main dans les cheveux en s’asseyant sur ses talons, je sais que j’ai réussi !
– Tu vas être déçue. Rien d’extraordinaire.
Je bondis et pousse un petit cri de ravissement.
– Je m’en fous, je veux savoir !
Je grimpe de nouveau dans le pick-up, tout excitée, et viens m’asseoir à califourchon sur lui. Il prend un air dépité et fixe mes seins en posant ses paumes chaudes de chaque côté de mes hanches. Il évite clairement mon regard et je l’encourage en relevant son menton pour le regarder dans les yeux.
– Il y avait cette fille… qui a occupé le rôle principal de tous mes fantasmes depuis l’adolescence…
– Une personne connue ? Une star ? je demande, amusée.
Il me regarde longuement avant de répondre enfin.
– La fille du voisin. Plus âgée que moi.
Mon sourire s’évanouit. Et un petit nœud se crée dans mon ventre.
– Tu fantasmais sur moi ? je souffle.
Ses pouces dessinent des cercles sur ma peau, sous le tissu, et je frissonne en attendant qu’il réponde à ma question.
– Tu débarquais dans ma chambre, à l’improviste. Et tu me faisais la pipe du siècle… Ça, c’était celui qui revenait le plus souvent, en tout cas.
– Parce qu’il y en a eu d’autres ?
Ses lèvres se recourbent légèrement alors qu’il me fixe, droit dans les yeux.
– Mia, dans mes fantasmes, je t’ai baisée dans chaque recoin de ma chambre et de cette putain de baraque…
J’en ai le souffle coupé. Pendant un court instant je ne sais pas si son aveu m’effraie ou me rend toute cotonneuse. Je crois que c’est un mélange des deux qui se produit et je sens mes seins s’alourdir et ma peau me démanger. Une sensation de vide, couplée à un besoin urgent prend naissance entre mes jambes et mes mains se crispent sur ses épaules. Il sourit plus largement et ses paumes glissent sur mes fesses, me rapprochant plus près de lui, d’une simple pression. Je me laisse faire.
– Bien. Maintenant que tu connais mon fantasme principal… commence-t-il en venant m’embrasser dans le cou.
Mes yeux se ferment d’eux-mêmes et je penche la tête sur le côté opposé pour lui faciliter l’accès à ma peau.
– Est-ce qu’on peut enfin dégager ces putains de vêtements et passer aux choses sérieuses ?
Je ne lui oppose plus aucune résistance et il m’allonge doucement avant de venir me faire gémir de plaisir.
Comme promis.
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