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Amanda Hocking · Chapitre 43 sur 63

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Chapitre 43

 

 

Lorsque je trouvai enfin Mae, Bobby était déjà avec elle. Avant que je me lève, Bobby s’était reposé et avait récupéré. Mae avait soigné ses blessures et s’était assurée qu’il dispose de nourriture humaine à profusion.

Bobby et moi passâmes le reste de la nuit avec Mae. Elle nous guida dans le manoir et expliqua tous les travaux réalisés et ce qu’ils devaient encore effectuer. Tandis qu’elle nous parlait, son visage s’éclairait vraiment, elle ne m’avait pas paru aussi animée et bavarde depuis bien longtemps.

Comme on avait passé assez de temps loin de chez nous dernièrement et que le problème de Cate était réglé pour l’instant, je choisis de rentrer avec Bobby à Amsterdam et de réserver le premier vol du matin.

Peter s’était décrété las de voyager et envisageait de rester avec Mae et Ezra. Techniquement, leur adresse constituait sa résidence principale, puisqu’il venait de consacrer les dix-huit derniers mois à parcourir le monde, mais il avait dorénavant décidé de se conformer à cette déclaration. Cela lui donnerait le temps de se remettre de tout ce qui s’était produit avec Cate, et il pourrait aider Ezra et Mae à réhabiliter le manoir.

Dans la lumière de l’aube, à bord du taxi qui quittait la maison, je regardais par la lunette arrière. Ezra, Mae et Peter se tenaient devant la propriété délabrée ; tous les trois avaient l’air de se porter bien mieux que depuis des lustres. Je leur offris un sourire et leur fis signe par la vitre, en espérant que c’était de bon augure.

Il était encore tôt lorsque l’on regagna notre appartement à Amsterdam. Tous les stores étaient baissés afin de bloquer le soleil qui nous gênait. On entra, titubant à cause de la fatigue des jours précédents.

Je m’attendais à trouver Jack au lit, endormi le jour comme un vampire normal, mais je le découvris affalé sur le canapé en train de jouer sur son téléphone. Matilda, allongée par terre près de lui, ronflait profondément. Bobby lui adressa un salut de la main sans énergie, puis bâilla et se dirigea vers sa chambre pour se pelotonner contre son époux.

— Tu as veillé tard, dis-je à Jack qui se mettait lentement debout.

Il marcha jusqu’à moi.

— J’avais envie de te voir. Tu m’as manqué.

— Je ne suis pas partie si longtemps que ça.

— N’empêche que tu m’as manqué. (Il leva le bras et, avec prudence, joua avec une de mes mèches.) J’aime bien ta coupe de cheveux. Elle est beaucoup plus belle en vrai que sur les photos que tu m’as envoyées.

Pendant mon absence, j’avais tenu Jack informé de tout. C’était l’un des accords dont nous avions convenus pour qu’il soit plus à l’aise que je voyage partout dans le monde. Il exigeait juste de recevoir des textos, des appels et parfois des clichés, pas simplement pour s’assurer que j’étais en sécurité, mais aussi parce qu’il m’aimait et voulait savoir ce qui se passait dans ma vie, tout comme j’avais besoin d’obtenir des nouvelles de lui et de Matilda pendant mes déplacements.

— Merci, répondis-je en passant la main dans mes cheveux plus courts.

— Alors… comment ça s’est déroulé avec Peter ? s’enquit-il.

— Je t’ai déjà raconté la catastrophe avec Cate, lui rappelai-je, ce qui était vrai.

Je lui avais tout révélé, sauf le petit détail du baiser que Peter m’avait déposé sur la joue.

Jack posa sur moi son regard bleu empreint de sérieux.

— Je sais. Mais ce n’est pas ma question.

— J’ignore s’il est encore amoureux de moi, si c’est là où tu veux en venir. Mais il ne s’est rien passé entre nous. On a juste discuté, et je crois qu’il chemine vers une vie meilleure.

Même si j’avais laissé quelques minuscules éléments de côté, comme le baiser, je lui avais en revanche dit que Peter m’avait tenu la main dans l’avion. Au fond, tout ce que j’avais raconté était vrai. Je pensais que Peter avait envie d’aller mieux et de mettre derrière lui notre étrange triade, et mentionner un bisou presque innocent ne ferait que nuire à la relation de Peter et de Jack qui renaissait.

— Tant mieux. (Il inspira par le nez et baissa les yeux.) C’est difficile, parce que je veux sincèrement qu’il connaisse le bonheur lui aussi. Et cela me désole qu’il ait dû subir cette épreuve avec Cate et Élise, j’aimerais être plus présent pour lui.

— Il sait à quel point il compte pour toi, et semble vraiment heureux que tu sois revenu dans sa vie. Maintenant qu’il a regagné Londres pour un moment, avec un peu de chance vous allez tous les deux pouvoir reprendre là où vous en étiez avant que tout tourne mal.

Je pris la main de Jack dans la mienne, et il leva le regard vers moi.

— Je l’espère aussi. (Il sourit faiblement.) Tu m’as sacrément manqué. J’ai l’impression que tu es très peu à la maison ces derniers temps.

— Avec le mariage de Milo, toute cette histoire avec Cate et le travail, c’est vrai que j’ai été très peu présente, confirmai-je. Et, même quand je suis là, je ne le suis pas tout à fait, tu vois ce que je veux dire ?

— Oh, s’esclaffa-t-il, j’ai remarqué !

Je posai la main sur ses bras et me rapprochai de lui, de sorte que ma poitrine frôle son torse.

— On devrait s’accorder du temps rien qu’à nous deux. Une soirée en tête à tête, téléphones éteints et portes fermées à clé.

— Pour l’instant, ça me plaît, dit-il.

Son sourire s’élargit, et son regard se fit plus doux et plus étincelant, comme chaque fois qu’il pensait à folâtrer.

— Juste nous deux, et on oublie le reste du monde.

— Ça me semble parfait.

Il m’embrassa fougueusement.

— Mais, d’abord, on ferait mieux de se reposer, suggérai-je.

— Eh bien, on peut commencer par se mettre au lit et verrouiller la porte, et voir où ça nous mène.

Sans attendre ma réponse, il me souleva dans ses bras et me transporta vers la chambre. Je ris et me blottis contre lui, savourant le bonheur de sa compagnie.

 

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