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Chapitre 60
QUINZE JOURS PLUS TARD
Fidèles à notre promesse, on organisa notre mariage dès que possible. Jack insista pour obtenir des documents légaux, même si tous ceux qu’il utilisa pour se procurer le certificat de capacité matrimoniale étaient falsifiés. Mais, puisqu’il y tenait tant, cela comptait aussi pour moi.
Jack parvint à charmer le personnel des bureaux gouvernementaux et obtint une procédure accélérée. Au bout de quinze jours, on reçut le papier. Ainsi, le mardi 8 juillet au soir, au moment du coucher de soleil, on se rassembla dans le jardin de notre toit-terrasse.
Ce fut une cérémonie intime, avec juste notre famille proche. Ma mère, Leif, Mae et Milo y assistèrent. Ezra s’était fait ordonner afin d’officier, et Matilda jouait les demoiselles d’honneur improvisées, une couronne de pivoines autour du cou.
Bobby était mon témoin. Je ne m’étais pas posé la question, car il était de toute évidence mon meilleur ami. Le choix de Jack avait suscité davantage de polémique, mais il avait insisté pour que Peter soit à ses côtés, si ce dernier le désirait.
Quand Jack le lui avait proposé, Peter n’avait pas hésité une seconde pour accepter franchement. Puis ils s’étaient pris dans les bras l’un de l’autre, et Jack avait paru soulagé et enthousiaste. Après tout ce temps et toutes les épreuves que nous avions traversées, ils se sentaient enfin à nouveau comme de véritables frères.
Si, avec Jack, on avait orchestré le déroulement de la journée et tout choisi, Mae, Milo et ma mère s’étaient chargés de toute la mise en place de la décoration pour qu’on puisse se préparer. Je portais une robe blanche longueur midi, et Jack avait revêtu une chemise habillée immaculée avec un pantalon gris. Je devais reconnaître que nous n’avions jamais été aussi beaux.
Lorsque j’entrai dans le jardin inondé de fleurs, d’amour et de famille, les larmes me montèrent aux yeux. Nous n’avions pas d’allée, et personne pour nous conduire, donc Jack me prit la main et on alla rejoindre notre place devant Ezra.
— Merci d’être venus aujourd’hui, commença-t-il de sa voix chaude et rocailleuse. Je crois que nous attendions tous ce jour depuis longtemps.
— Certains depuis plus longtemps que d’autres, murmura Jack, ce qui me fit rire.
Ezra ouvrit la célébration avec la lecture d’un poème sélectionné par Jack, car il lui faisait toujours penser à moi : Since Feeling is First, d’E.E. Cummings. Alors qu’Ezra prononçait les mots et que je tenais les mains de Jack, les yeux plongés dans les siens, je sus que je n’avais jamais aimé quelqu’un à ce point, et ne m’imaginais pas ailleurs que là, avec lui.
Après quelques autres paroles à propos d’amour, de famille, d’éternité et du lien que nous partagions tous, Ezra en vint à l’échange des consentements, ce qui signifiait que la cérémonie touchait à sa fin, et je me retrouvai tremblante d’excitation.
— Jack Hobbs, acceptes-tu de prendre Alice pour légitime épouse jusqu’à ce que la mort vous sépare ?
Un large sourire aux lèvres, Jack répondit :
— Oui.
Ezra se tourna vers moi et me demanda :
— Alice Bonham, acceptes-tu de prendre Jack pour légitime époux jusqu’à ce que la mort vous sépare ?
— Oui.
J’acquiesçai si vite que Jack s’esclaffa.
— Dans ce cas, par les pouvoirs qui me sont conférés par Internet, je vous déclare mari et femme. Tu peux embrasser la mariée, affirma Ezra.
— Enfin, chuchota Jack.
Il se pencha vers moi et m’embrassa avec intensité et décence, tandis que je l’enveloppai de mes bras et, du coin de l’œil, je vis le flash de l’appareil photo de ma mère qui immortalisait l’instant.
Une fois notre baiser rompu, Jack me toucha le visage avec tendresse et m’essuya les lèvres.
— Ton rouge à lèvres a filé.
Je le remerciai avec un rire de plaisir.
— Je vous présente, pour la première fois, M. et Mme Bonham ! annonça Ezra, et toute l’assistance applaudit.
Lorsque je pivotai vers eux, Milo et Mae pleuraient de joie, tandis qu’un morceau de Florence and the Machine s’élevait des haut-parleurs placés à l’extérieur. Jack me prit la main et la leva, pendant que Leif distribuait des cierges magiques tout juste allumés aux invités.
Je n’étais pas ivre, pourtant je ne me souvenais pas de la dernière occasion où je m’étais sentie si grisée. La tête me tournait, mais c’était étrangement agréable, comme si je survolais la fête, mon mari avec moi, et jamais de ma vie je n’avais connu un bonheur aussi délirant. À la fin de la nuit, j’avais mal à force de sourire, mais je ne pouvais pas m’en empêcher.
Plus tard, alors que l’on entamait notre première danse sous le ciel indigo, je posai la tête sur l’épaule de Jack. Je sentais son cœur battre.
— Je t’aime tellement, Alice, murmura-t-il.
Mais il n’avait pas besoin de me le dire, je le savais, comme le fait que le soleil se lèverait et que la lune se coucherait, et que lui et moi resterions ensemble pour toujours.
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