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Chapitre 54
Peter prit le volant pour le trajet du retour, que je passai à recomposer avec frénésie le numéro de Jack, mais tous mes appels et textos restèrent sans réponse de sa part. Au moment où l’on atteignait l’immeuble, je tombais directement sur sa messagerie, mais je continuais à essayer, comme s’il allait décrocher par miracle.
Je me précipitai vers l’appartement, ouvris la porte à la volée et criai son nom.
— Jack ! Jack !
J’entrai dans le salon en courant, où Milo, Bobby et Ezra me dévisagèrent comme si j’étais folle.
— Où est Jack ?
— Au travail. Tu t’en souviens ? demanda Bobby.
Milo se leva.
— Que se passe-t-il ?
— Je ne sais pas trop, expliqua Peter de façon bien plus rationnelle que j’en aurais été capable. Mais Jack est poursuivi parce qu’il est dépourvu d’âme.
— Hein ? Mais qu’est-ce que tu racontes ? s’étonna Bobby.
Pendant que Peter restituait la situation de son mieux avec les informations limitées que je lui avais données ainsi qu’à Abner et Ettie, je me hâtai de composer le numéro de la librairie. Lorsque la tonalité résonna, je me frottai la tempe en priant pour que Jack décroche.
— La vie gâchée de Jack, Jeroen à votre service, entendis-je.
— Est-ce que Jack est là ? l’interrompis-je presque.
— Euh, non. Il n’est pas venu aujourd’hui, m’annonça Jeroen, perplexe. C’est vous, Alice ? Il m’a prévenu qu’il serait présent plus tard dans la soirée, mais je ne l’ai pas encore vu.
Je lui raccrochai au nez, pas par malpolitesse, mais parce que je savais que nous n’avions plus le temps. Tout se déroulait comme Élise me l’avait indiqué, mais elle m’avait affirmé que cela concernait Peter. Pourquoi n’avait-elle pas pu me dire qu’il s’agissait de Jack ? Je devais le protéger. Si j’avais su, je ne l’aurais jamais quitté des yeux.
— As-tu réussi à le contacter ? s’enquit Ezra, m’arrachant à mes pensées paniquées.
— Non. Il n’est pas au travail ni à la maison. Il ne répond pas à son portable. Je crois qu’ils l’ont enlevé. Ils l’ont emmené, et j’ignore où, et je me demande ce qu’ils vont faire.
— Tu en es sûre ? (Peter s’approcha de moi.) Quand Jack avait été kidnappé, tu l’avais senti. Tu étais malade, et je pense même que tu avais vomi.
— C’était juste parce qu’ils lui faisaient du mal, expliqua Ezra d’une voix triste. Si elle n’éprouve rien pour l’instant, cela signifie qu’ils ne l’ont pas blessé.
Je déglutis péniblement.
— Pas encore, murmurai-je.
— Comment le retrouver ? Où peut-il bien être ? demanda Milo.
— Avec Liesel ou Aïsha, et la famille des Basarabi, déclarai-je.
— Allons-y, alors, suggéra Bobby qui se dirigea vers la porte.
— Je ne sais pas où ils sont ! m’écriai-je, m’efforçant de ne pas hurler, puis je pris une profonde inspiration. Ettie refuse de me le dévoiler. Elle ne veut pas que je m’y rende seule. Elle prétend que c’est trop important et que l’Agence doit développer une attaque collective.
— Mais le temps manque, argumenta Peter sur un ton plaintif.
— Je sais ! aboyai-je. Tu crois que je ne suis pas au courant ?
— Abner, intervint Bobby, l’air confiant. Abner nous aidera. Précise-lui que c’est à propos de Jack. Il comprendra.
Nous étions à court d’options et de temps, et ma migraine ne cessait de s’intensifier, alors je m’empressai d’appeler Abner, retenant mon souffle tandis que la sonnerie retentissait.
— Vous êtes toujours au bureau ? lui demandai-je dès qu’il décrocha.
— Non, je viens de partir, répondit-il. Tout va bien ?
Je me mis à arpenter l’appartement, prise de vertige et de panique. Mon cœur battait à tout rompre, ma peau devenait rouge et chaude. J’en étais malade de peur. Tout ce que je désirais, c’était que Jack rentre sain et sauf.
— Non, pas du tout, répliquai-je. Ils détiennent Jack.
— En êtes-vous certaine ?
— Tout à fait. Mais j’ignore comment les localiser. Je ne sais pas où aller.
— J’arrive, répondit-il sans détour.
— C’est… gentil de votre part, mais ce n’est pas nécessaire, lui assurai-je. J’ai juste besoin d’apprendre où trouver Liesel.
— C’est pour ça que je vous rejoins. Je vous conduirai jusqu’à elle.
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