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Amanda Hocking · Chapitre 8 sur 63

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Chapitre 8

 

 

Jack et moi nous tenions un peu en retrait, dissimulés. Je jouais avec l’ourlet de ma robe d’été bleu givré. Il portait un costume gris foncé, puisqu’il était le témoin de Milo alors que j’étais celle de Bobby.

La pluie avait cessé, mais le ciel restait couvert. Le soleil couchant perçait les nuages de ses rayons, donnant au jardin une lueur enchantée qui ne faisait qu’ajouter de la magie et du romantisme à la journée.

Au bout de l’allée, près d’un rosier, une grande pancarte indiquait l’union du jour : les noms de Bobby et Milo en lettres calligraphiées.

— J’ignore si je te l’ai dit aujourd’hui, mais tu es superbe, me chuchota Jack afin que les invités assis non loin ne nous entendent pas.

Je lui adressai un sourire.

— Quant à toi, tu es plutôt sexy.

Une étincelle anima ses doux yeux bleus quand il me sourit à son tour. Ses cheveux blond cendré semblaient ébouriffés en permanence, pourtant cela lui conférait du charme. Et, lorsqu’il revêtait un costume, comme celui qu’il portait ce jour-là, il avait tout d’un top model de magazine.

— Ne le suis-je pas toujours ? plaisanta-t-il avec un petit rire qui déclencha de délicieux picotements sur ma peau.

Un pianiste joua un air de Debussy, puis enchaîna avec fluidité sur une plaisante reprise de Hoppípolla de Sigur Rós, mais je ne le remarquai pas sur-le-champ, trop subjuguée par le sourire de mon amoureux.

— C’est à toi, me murmura Milo dans mon dos.

J’articulai le mot « pardon » en silence, mais il me fit comprendre d’un geste et d’un sourire rassurant que ce n’était pas grave.

— On y va ? suggéra Jack en me tendant le bras.

Je m’exécutai, incapable de refréner un large sourire, tandis que je tournais au coin de la rue avec mon âme sœur. Un sourire impatient aux lèvres, Bobby attendait que Milo le rejoigne pour remonter l’allée ensemble. Lorsque l’on marcha sur le long tapis parsemé de pétales de roses, je m’aperçus que tous les regards étaient braqués sur nous. Les invités n’étaient pas si nombreux, mais presque tous ceux qui comptaient pour nous figuraient dans l’assistance.

Des collègues de travail étaient présents, vampires du côté de Bobby et humains ne se doutant de rien pour Milo. Même Olivia avait pris un avion depuis le Minnesota. Toute de noir vêtue, évidemment, elle était assise au troisième rang.

Pourtant, quand on atteignit l’autel, je ne pus éviter de remarquer la place vide près d’Ezra et de Mae. Peter n’était pas encore arrivé, et j’eus un pincement au cœur. L’inquiétude avait germé dans mon esprit et ne faisait que s’amplifier au fil des heures.

Même après tout ce temps et tout ce que nous avions traversé, je ne pouvais m’empêcher de me préoccuper du sort de Peter. Pas une fois je n’avais regretté d’avoir choisi Jack, avec qui je vivais un bonheur fou depuis des années. Mais je souhaitais que Peter connaisse ce sentiment et qu’il soit aussi heureux que nous.

La musique gagna en intensité, et les invités se levèrent tandis que Milo et Bobby se prenaient par la main au bout de l’allée. Je chassai Peter de mon esprit. Ce n’était pas le moment de céder à l’angoisse, mais de me réjouir de l’union de mon frère et de mon meilleur ami.

Et je me réjouissais. Dès que je vis la joie sur leurs visages, seuls le bonheur et l’amour me submergèrent.

La cérémonie commença en douceur ; l’officiant remercia tout le monde d’être venu. Quand arriva l’échange des vœux, Bobby, qui avait écrit les siens sur des fiches, les sortit de sa poche d’une main tremblante.

— Tu sais que je ne suis pas très doué avec les mots, affirma-t-il avec un petit rire nerveux. Alors je me suis dit que j’allais tout noter afin que ce soit mieux.

Tandis qu’il entamait sa lecture, je sentis une chaleur m’envahir, comme une boule de lumière brillante blanche composée d’amour et de joie qui me remplissait soudain. Elle se fraya un chemin dans tout mon corps, parcourut mes veines pour atteindre ma moelle jusqu’à ce que je ne ressente qu’un bien-être absolu.

Je regardai Jack, à côté de Bobby, et compris que cette sensation émanait de lui. Dès notre rencontre, nous avions toujours partagé ce lien étrange qui lui permettait de me communiquer ses émotions et que j’éprouve les mêmes choses que lui.

Depuis ma transformation, ce phénomène avait quelque peu diminué en intensité, mais parfois, comme en ce moment précis, il se sentait si bien qu’il ne pouvait pas le contenir. Alors que Bobby terminait de lire ses vœux, je constatai avec surprise que des larmes de bonheur naissaient dans mes yeux.

 

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