Fan Squad (French Edition)

C. S. Quill · Chapitre 36 sur 57

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Fan Squad (French Edition)

35 - Elvis

35

 

ELVIS

 

Kit de survie d’Elvis Calloway : un faux somnifère, un faux

tatouage et une fausse amie. Je comprends mieux pourquoi ça

ne fonctionne pas.

 

J’ai un talent connu par très peu de gens. Je ne l’ébruite pas, parce que ça me sauve de situations embarrassantes, comme celle que je vis cette nuit. Je suis très douée pour simuler le sommeil.

CE QUI EST CERTAIN, C’EST QUE T’AS PAS EU BESOIN DE SIMULER AUTRE CHOSE TOUT À L’HEURE !

– Tais-toi, Ritaaa ! je gémis en posant mon oreiller sur ma figure.

Oxton a cru que je dormais quand il est revenu dans la chambre après…

DIS-LE !

Bref, j’ai bien failli me faire cramer quand il a caressé mon visage avec une douceur surprenante.

TU AS CHEVAUCHÉ OXTON BRIGGS COMME UNE CAVALIÈRE HORS PAIR !

Mon Dieu, je ne comprends pas ce qui m’est arrivé, je ne suis pas si débridée normalement. Je fais une montagne d’efforts pour me convaincre que ce qui vient de se produire n’est que le fruit de mon imagination. Je ne vais jamais oser sortir de ce lit, je suis paralysée.

IL T’A CASSÉE EN DEUX, OUAIS !

Ma dernière relation sexuelle remonte à presque un an, Rita est tout feu tout flamme. C’était si bon et puissant que j’ai l’impression d’être ivre, mais je ne réussis pas à prendre cet acte à la légère.

Pourquoi est-ce qu’il a couché avec moi ? Il était excité par sa journée ? En manque de sexe ? Il s’est tordu la cheville et s’est rattrapé à mes lèvres ? Il y a mille et une raisons possibles et c’est forcément l’une d’entre elles, parce que le leader des Unfool n’a pas pu avoir envie de s’envoyer en l’air avec moi. Je ne suis que… moi ! Neuf fois sur dix, on s’aboie dessus.

ET TOI, POURQUOI TU T’ES JETÉE À SON COU ? JE CROYAIS QUE TU NE L’AIMAIS PLUS ?

Rita prend un malin plaisir à malaxer mon cerveau entre ses doigts de sorcière. Je n’aimais pas l’Oxton si différent de celui que j’avais imaginé. Mais petit à petit, après avoir dépassé son antipathie et ses coups foireux, j’ai découvert chez lui des aspects qui me plaisent. Beaucoup. Et j’ai flanché. Ou bien mon âme de groupie a subitement refait surface et pris le contrôle ?

Je ne ferme pas l’œil de la nuit, alternant entre réminiscences et débat houleux avec Rita.

 

Par miracle, je retrouve mes capacités motrices vers 8 h 12 et me réfugie sous la douche, histoire que l’eau fraîche m’aide à clarifier tout ça. En théorie du moins, parce qu’une fois séchée, je ne me sens pas plus avancée. Je vais devoir l’accompagner pour la deuxième et dernière journée de tournage et je me demande quelle attitude je dois adopter. D’un côté, j’ai envie d’y aller pour arrêter de tergiverser, de l’autre, rester dans le déni, c’est bien aussi !

OUAIS, ENFIN, TU VAS TÔT OU TARD LE REVOIR.

J’entends mon téléphone sonner, c’est Miranda.

– Tu vas encore me gronder ? je lance en décrochant.

– J’attends que tu sois en face de moi. Et puis, j’ai besoin de toi aujourd’hui pour les entretiens de recrutement de mon remplaçant. Je viens d’appeler Oxton pour le prévenir que tu ne l’accompagnais pas sur le plateau.

On dirait que le destin a choisi pour moi.

– Il a râlé mais j’ai eu le dernier mot. S’il n’était pas si capricieux, j’finirais par croire qu’il est amoureux de toi. Quelle plaie, ce type !

– M’en parle pas, je bredouille, le cœur battant. Quel est le programme, alors ?

– Je dois trouver la bonne recrue rapidement. J’pensais pouvoir tirer encore deux semaines mais je suis crevée et j’ai découvert que mon médecin maîtrise la menace mieux que moi.

– Tu le vis bien ? je rigole.

– Non, mais ça me donne un challenge à relever. J’ai de la marge de progression.

– J’en tremble d’avance.

– On se fait une réunion en visio ? Il faut que je te briefe sur les huit CV que j’ai sous la main, les entretiens commencent à 10 heures.

– Qu’est-ce que je suis censée faire ?

– Tu les écoutes, tu les observes, tu t’insinues dans leur subconscient pour déterminer s’ils ne sont pas de la même engeance que Gregory. Je m’occupe du reste.

Pourquoi est-ce qu’elle s’est mis en tête que j’étais en mesure de faire ça ? Peut-être qu’au fond d’elle, son intuition lui souffle que je fais partie de cette fameuse engeance et que je peux identifier mes congénères.

– OK, si ça peut te rassurer…

Je m’installe devant l’ordinateur et nous enchaînons les candidats jusqu’à 17 heures. On ne prend même pas le temps de manger, cette nana est un bourreau de travail.

– Alors, verdict ? elle me demande lorsqu’une certaine Amanda s’est déconnectée. J’en ai deux dans le viseur, voyons si on est sur la même longueur d’onde.

– Pour ce que ça vaut, je sens bien Jody et William.

– Veto sur Jody ! Son carnet d’adresses est trop maigre. William par contre, je valide. Merci de m’avoir aidée, Elvis. Je me laisse vingt-quatre heures pour trancher, je te tiens au courant de ce que j’ai décidé quand tu arrives. Je suis déjà à L.A. de mon côté, demain, vous faites l’ultime date de la tournée à Chicago et ensuite, vous me rejoignez.

– Ça marche, Mira. Essaie de te reposer.

Son visage peu convaincu disparaît, je referme l’ordinateur et m’étire. Je n’ai pas vu cette journée défiler, je me demande spontanément comment ça s’est passé pour Oxton.

CONTENTE QUE TU PARLES À NOUVEAU DE LUI ! s’écrie une Rita qui n’attendait que ça.

Oh punaise !

Je me blottirais volontiers devant la télé pour éviter d’affronter la soirée. Nous quittons La Nouvelle-Orléans à 20 heures, direction Chicago où le groupe doit se produire demain au Lollapalooza, un énorme festival avec de sacrées têtes d’affiche. Ce sera une première pour moi, je ne suis pas particulièrement friande des gros concerts en plein air, mais il paraît que c’est une expérience de malade alors… Et puis, au point où j’en suis, peut-être que me faire piétiner par un troupeau suant me remettra les idées en place. En attendant, je profite d’être encore seule pour appeler Addison. Il faut que je lui parle d’hier soir.

– Allô ! j’entends sa voix lancer au bout de la troisième sonnerie.

– J’ai couché avec Oxton Briggs.

Je n’avais pas prévu de lâcher ça de but en blanc et je crois que ma meilleure amie n’était pas prête à encaisser cette information, car elle a de toute évidence perdu la faculté de parler.

– Addi ? T’es toujours là ?

– Un flash lumineux vient de traverser ma rétine. Attends, laisse-moi trouver le canapé, j’me sens un peu désorientée.

Je l’entends buter dans la table basse – facile à savoir vu qu’elle l’insulte – et dès que je la devine arrivée à destination, je patiente en me mangeant la lèvre.

– J’ai couché avec Chester. Trois fois.

Quoi ? Le téléphone me glisse des mains, je le rattrape in extremis et m’assieds à même le sol.

– Tu te fiches de moi ?

– Eh oh ! Tu t’es tapé ton client vedette !

– Chester ? Chester ! je répète sous le choc. Non mais… Chester !

– Je sais !

– Comment c’est arrivé ?

– Il faisait sombre, elle argue sur un ton faussement crédible.

– Si on oublie le fait que tu es aveugle et que cet argument n’est pas recevable, ça fait beaucoup d’obscurité pour recommencer trois fois !

– Je m’ennuie depuis que tu es partie ! Tout est ta faute, point.

Après Asher et Miranda, mon cerveau doit composer avec l’image de mes deux meilleurs amis en train de…

– Argh !

– Tu viens de visualiser ? me questionne Addi.

– Oui. Mais alors quoi, vous êtes ensemble ?

– Jamais de la vie ! On est au clair là-dessus, on s’occupe comme on peut, c’est tout. Il cuisine bien, ça m’a excitée. Le soir où il m’a servi un pulled pork merveilleux, j’ai pas pu retenir une pulsion sexuelle.

– Un pulled pork ? je m’étrangle.

OK, voilà donc l’élément déclencheur insoupçonné. Tout s’explique !

– Ouais, je sais, c’est une réaction très étrange. Il semble que personne ne nous a jamais mis en garde contre les effets de ce plat. À ton tour, maintenant ! Comment tu t’es retrouvée imbriquée autour de la queue du chanteur ?

Je lui raconte les événements d’hier, depuis le premier baiser sur le tournage, en passant par le deuxième pendant la répétition, pour finir sur notre nuit. Je conclus par un souffle haché.

– Ton histoire est vachement plus excitante que la mienne, elle se lamente. Je suis jalouse !

– Tu rigoles ? C’est le truc le plus angoissant que j’aie vécu.

– Ah ouais ? Plus que la caravane ?

– Non.

– Plus que la gestion de ton insuline ?

– Non.

– Alors ferme-la et profite ! Moi, je trouve ça génial. Ton idole veut ton corps, Vi ! Même dans tes rêves les plus fous, t’as jamais imaginé ça.

– C’est clair.

– Comment est sa bite ?

– Arrête !

– Tu veux savoir comment est celle de Chester ?

– Non !

– T’es la pote la plus chiante au monde… Je crois que je vais te raccrocher au nez.

– Avant ça, dis-moi au moins ce que je dois faire !

– C’était juste une baise d’affamés ou c’était plus que ça ?

– Aucune idée.

– Bon, eh bien, commence par te pencher là-dessus.

– C’est tout ?

– J’entends Chester qui rentre, j’dois te laisser. Au fait, il m’a fait jurer de pas te parler de nos parties de jambes en l’air, donc motus et bouche cousue ! Je t’aime. Bye.

Je m’allonge sur la moquette, pas plus avancée. Qui, là-haut, s’amuse à secouer le bocal de ma vie ?

 

Je grignote un morceau, puis remballe mes affaires pour le départ. Afin de m’assurer que je n’oublie rien, je me mets à quatre pattes et vérifie sous le lit. Je repère un bout de tissu noir, qui, lorsqu’il pend au bout de mon doigt, se révèle être… le caleçon d’Oxton. Je le jette loin de moi comme s’il s’agissait d’un pigeon mort et me prends en plein front le film X qui s’est tenu ici cette nuit.

IL EST PARTI SANS SON CALEÇON ? À POIL SOUS SON JEAN ?

Je secoue la tête pour exorciser cette vision mais je sens déjà le bas de mon ventre se contracter et une douce chaleur y rayonner. Je ne peux pas le nier, mon corps a aimé.

ET TOI AUSSI ! TU FLIPPES, C’EST TOUT !

Je retourne chercher le caleçon abandonné et le fourre tout au fond de ma valise. Je le rendrai à son propriétaire quand le moment s’y prêtera, ou bien je le jetterai dans une poubelle en même temps que mon équilibre mental.

 

L’heure venue, je quitte ma suite pour retrouver les autres dans le parking. Dès que j’aperçois Oxton debout devant la portière du SUV loué sur place, une bouffée de chaleur fait buter ma semelle sur le bitume. Dieu merci, je ne me casse pas la figure, mais je lâche la poignée de ma valise, qui claque par terre. À ce son, mon client tourne la tête vers moi, je plonge alors vers le sol pour la ramasser et échapper à ce premier contact visuel.

QUELLE LÂCHE !

Lorsque je me redresse, il me regarde toujours et m’envoie un bref salut de la main. Il est au téléphone, je lui rends un petit sourire crispé et m’engouffre dans le véhicule.

NE COMMENCE PAS À AGIR COMME ÇA, ELVIS !

Rita a raison, je dois me comporter tout à fait normalement. Sa conversation s’étire, ça me donne un maigre répit pour me familiariser avec sa présence et dompter les battements de mon cœur. Vu ce qu’Oxton dit, je suppose que son interlocuteur est Darell. Quand il ouvre la bouche, j’ai le réflexe de poser les yeux sur lui et je croise ses prunelles, chaque fois sans exception. Si lui aussi cherche une réponse sur ma figure, je lui souhaite bien du courage.

 

Dans le jet, il est toujours occupé. Je boucle ma ceinture et réponds aux questions posées sur les réseaux du groupe jusqu’à ce que j’entende Oxton couper sa communication. Dans mon champ de vision, je perçois son attention portée sur moi.

LÂCHE TON PORTABLE ET DIS UN TRUC MALIN ! ALLEZ, SOIS COURAGEUSE !

– Le petit-déjeuner était délicieux, ce matin !

PFFF… TU ME FATIGUES.

Oxton lève un sourcil, me scrute, puis s’intéresse de très près à l’accoudoir de son siège.

– Cool, c’est important de bien commencer la journée.

– Surtout avec le festival qui nous attend demain !

Je déteste la façon que j’ai de donner le change en racontant des trucs inutiles. Mais qu’est-ce que je suis censée dire ? Excusez-moi, monsieur Briggs, vu qu’on a couché ensemble est-ce que je dois vous appeler chéri ? Jamais ! Et puis c’est une rock star, les gens comme lui se tapent des filles le temps d’une nuit, je ne vais pas me ridiculiser à poser des questions. Après tout, c’est lui qui a provoqué ça, c’est à lui de faire le premier pas.

– Le tournage s’est bien passé ?

– Nickel. T’as regardé la vidéo d’hier soir ? il me demande en appuyant l’arrière de son crâne contre le repose-tête.

– La vidéo de quoi ? je m’affole bêtement, en imaginant une sextape de nous sortie de nulle part.

– À ton avis ?

Il me balance un coup d’œil rapide. Il ressemble presque à l’Oxton des premiers jours. Je crois que j’ai ma réponse. Je devrais me sentir soulagée, mais ça me donne mal à l’estomac.

– Non, je l’ai pas vue.

Ça ne m’a même pas traversé l’esprit, j’étais trop occupée à cogiter sur notre nuit et ses conséquences.

– J’étais accaparée par autre chose, je me justifie. Ça donne quoi ?

– Miranda s’est excitée pour que dalle, il reprend sur un ton plat. Les réactions sont bonnes, le côté solidarité humaine fait des émules.

– Génial ! Vos fans ont enfin compris que je ne suis pas votre petite amie.

T’ES SÉRIEUSE ? C’EST ÇA, TA MANIÈRE DE PERCER CE GRAND MYSTÈRE ?

J’ai parlé trop vite et je le regrette instantanément.

– Ouais, il se contente de rétorquer. Ils sont moins cons que prévu, on dirait.

J’essaie d’estimer si j’ai causé des dégâts, mais il se lève pour rejoindre Kassim et Travis. La façon dont je suis assise m’oblige à l’observer par-dessus mon épaule et dès la première tentative furtive, je me fais griller comme une débutante. Je ne parle même pas de la deuxième, dix minutes plus tard, ni du sourire animal qu’il m’envoie chaque fois. Il souffle constamment le chaud et le froid, il me gonfle !

 

Lorsque les roues rebondissent sur le tarmac de Chicago et que le jet a fini sa manœuvre de stationnement, je suis la première devant la porte.

– Tu es pressée de t’échapper ? chuchote l’hôtesse en souriant.

– Ça se voit tant que ça ?

– Mais non, résonne la voix d’Oxton dans mon dos. Elle adore ma compagnie.

Je ne l’ai pas senti arriver derrière moi, mais je sens ses mains se poser sur mes épaules et me coller contre lui. À quoi il joue ? Je suffoque illico.

– Ne sois pas timide, Calloway. Dis à Diana qu’il y a une petite groupie cachée au fond de toi.

Oui ! Non ! Derrière son arrogance, je vois clair dans son jeu et ça m’énerve.

T’ES SÛRE QUE T’ES PAS PLUTÔT ÉMOUSTILLÉE PAR SON CONTACT RAPPROCHÉ ?

Le déni me fait oublier que nous ne sommes pas seuls.

– Oh ! D’accord, j’me lance ! Je rêve de votre signature sur mes seins, mais je viens d’y faire tatouer votre portrait et ce n’est pas encore cicatrisé. Dommage !

Il penche la tête sur le côté pour voir mon profil, puis s’attarde sur mon décolleté sur lequel il a un aperçu plongeant dans cette position.

– J’ai hâte de découvrir ça.

Je m’étouffe, furieuse de lui avoir donné le bâton pour me faire battre.

– Il plaisante ! je crie presque au visage de Diana, tout en bondissant loin d’Oxton.

Discrète et professionnelle, l’hôtesse ne laisse rien transparaître et nous invite à emprunter l’escalier pour quitter les lieux. J’accélère le pas pour devancer le chanteur, mais il est rapide, têtu et décidé à poursuivre sur sa lancée.

– Tu me fais rire, Elvis.

– Pas toi, Oxton.

– Tiens, mon prénom. Quand il sort de ta bouche, c’est quitte ou double. Soit tu vas te jeter sur moi, soit… tu vas te jeter sur moi. Pour deux raisons diamétralement opposées qui me font toutes les deux de l’effet. Enfin, l’une plus que l’autre, ça va sans dire.

OH !

Oh !

AVOUE-LUI QUE TU VEUX SON CORPS, ENCORE !

– D’habitude, tu répliques un truc bien salé ! il s’étonne en plissant le front. T’es mal à l’aise parce qu’on a couché ensemble ?

L’entendre de la bouche d’Oxton Briggs me fait trembler de la tête aux pieds.

– Je préférerais qu’on…

QU’ON QUOI ? QU’ON RECOMMENCE ? QU’ON EN REPARLE DANS DIX ANS ? QU’ON OUBLIE ?

– Ox ! Darell essaie de te joindre, nous interrompt Kassim.

– Dis-lui que je le rappelle, Elvis et moi on discute, là.

– T’inquiète ! je saute sur l’occasion. Prends l’appel, il va peut-être te proposer un truc de malade.

Il n’apprécie pas du tout que je me dérobe ainsi. Je suis surprise, je m’étais préparée à ce qu’il fasse comme si de rien n’était, mais c’est lui qui cherche à en parler. Peut-être pour me dire de faire comme si de rien n’était ?

MOI, CE QUE JE ME DEMANDE, C’EST CE QUI T’EFFRAIE AUTANT.

 

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