Fan Squad (French Edition)

C. S. Quill · Chapitre 43 sur 57

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Fan Squad (French Edition)

42 - Oxton

42

 

 

OXTON

 

Est-ce que je dois écouter la voix dans ma tête ? Ok, dis

comme ça, c’est flippant.

 

Elvis s’est évaporée depuis une heure seulement et elle me manque déjà. Je savais qu’elle finirait par rentrer chez elle, mais son départ précipité me contrarie. Je lui ai parlé de moi et elle s’est volatilisée en un claquement de doigts. Comme je la connais, elle a très bien pu s’éclipser en pensant que j’avais besoin d’être seul après une telle confidence. En effet, elle ne dépasse jamais mes limites personnelles.

Quoi qu’il en soit, je me suis habitué à sa présence – encore plus avec cet aparté hors du commun que nous venons de vivre –, et ça me gonfle qu’elle ne soit pas là, je vais donc devoir trouver une solution. La frustration et moi, on ne fait pas bon ménage et j’ai besoin de savoir si elle veut être avec moi. C’est dingue, je stresse comme si elle était ma première petite copine. Si j’avançais à tâtons jusqu’à maintenant, je veux officialiser le fait que je tiens à elle. Ce qui m’attend sur cette fin d’année, j’ai envie de le vivre en l’ayant à mes côtés.

TU POUVAIS PAS LUI DIRE ÇA AVANT QU’ELLE SE TIRE ? DIS-LUI DE REVENIR !

Les battements de mon cœur accélèrent lorsque j’entends la porte d’entrée s’ouvrir, mais je redescends très vite sur Terre en reconnaissant Riley.

– Tu pourrais avoir l’air content de me voir ! il me lance en s’affalant dans le canapé.

– J’ai attendu ce moment toute ma vie, je rétorque.

– Laisse-moi deviner, Elvis s’est barrée et tu déprimes ? Où sont la drogue et l’alcool qui vont avec la vedette dépressive ?

– Ferme-la.

– Tu ne mérites pas mon amitié ! il fait mine de me reprocher. Je suis sans domicile fixe depuis qu’on est de retour, tout ça pour que tu séduises cette pauvre Elvis qui n’a pas idée qu’elle vend son âme au diable.

– Elle a eu des semaines pour s’en rendre compte.

– Ouais, mais tu pourrais te montrer plus reconnaissant envers cet incroyable ami que je suis.

Il s’allonge et croise ses bras derrière sa tête.

– T’as de la chance, ton teint amoureux me rend moins rancunier, il ajoute en ricanant. Tu la revois quand ?

J’ai même pas pensé à le lui demander quand elle est partie.

– Au fait, j’ai eu Asher au téléphone.

Avec l’arrivée prématurée du bébé, le séjour de Miranda à la maternité se prolonge. Et le troisième membre du groupe ne la quitte pas d’une semelle. Nous n’avons pas encore rencontré Jane, leur fille. Asher refuse tout net que nous venions à l’hôpital. Tout le monde sait que l’extérieur regorge de germes agressifs prêts à se jeter sur son enfant. Asher a un enfant, bon sang !

– Comment va la petite ?

– Très bien, et Miranda aussi. Quant à Asher, il est égal à lui-même. Dès que sa fille pleure, il pense qu’elle est en train de contracter un virus mortel. Mira a demandé qu’il soit interné, à défaut, il vient manger avec nous dimanche soir. Tu devrais dire à Elvis de se joindre à nous ! Et insiste pour qu’elle bave dans son verre. J’ai pas fini de faire regretter ses cachotteries à ce batteur.

C’est ironique, aucun de nous deux n’en veut à Asher. Former un groupe n’oblige pas à tout partager, j’en sais quelque chose. Content d’avoir une bonne excuse pour faire revenir Elvis, je chope mon portable et lui écris un message.

 

Oxton : Bien arrivée ?

Elvis : Oui, bien arrivée, merci.

Oxton : Riley vient de réapparaître, le radar de ce mec est hors du commun. Et Ash daigne dîner avec nous dimanche soir. Note-le dans ton agenda, j’enverrai Travis te chercher pour 19 heures. Elvis : Restez entre vous, vous avez plein de choses à vous dire. Oxton : La dernière fois que t’as dit ça, un vagin démoniaque s’est ouvert devant toi. Tu tiens vraiment à déchaîner à nouveau les éléments ? Tu viens, c’est non négociable. Elvis : J’ai le droit de donner mon avis ?

Oxton : Tu envisages de refuser mon invitation ? Tu veux me pousser à lancer un concours pour te trouver une remplaçante ?

Elvis : J’ai gardé le numéro des deux filles de Vegas. Si ça te tente, je peux leur envoyer un message pour les convier à ta soirée privée. Est-ce que c’est toi qui vas cuisiner ? Ça ajouterait du cachet à ton événement.

 

Retrouver ses reparties me rassure, mais je n’aime pas cette impression qu’elle se défile.

 

Oxton : Travis vient te chercher pour 19 heures, c’est tout.

 

Deux minutes s’écoulent, elle est toujours connectée mais ne répond rien.

Oxton : Allez, Calloway, ne m’oblige pas à me faire inviter à une nouvelle avant-première pour t’y traîner. Tu porterais la robe, cette fois !

Elvis : OK pour Travis à 19 heures.

Oxton : Je savais que cette menace serait entendue. Bonne fin de journée, Calloway. Elvis : À vous aussi, monsieur Briggs.

 

Impossible de déterminer si le retour du « monsieur » est ironique. Je la sens distante.

TU TE PRENDS TROP LA TÊTE, OX ! CALME-TOI !

Celui qui squatte mon esprit depuis quelque temps n’a pas tort, je me découvre une nature possessive que je dois apprendre à contrôler.

 

*

* *

Pourquoi j’ai dit 19 heures ? Chaque minute passée sans Elvis ressemble à une torture. Une heure avant la délivrance, le type que je paie pour cuisiner ce soir se pointe en même temps qu’Asher. Je ne l’ai pas revu depuis qu’on a quitté l’hôpital il y a une semaine et nous n’avons donc pas parlé de ce secret qu’il a réussi à garder pendant huit mois. J’en suis encore sur le cul.

– Alors, vieux ? je l’accueille avec un sourire en coin. Ou je devrais plutôt dire « papa » ?

– Il me faut une bière.

– Tu as un bébé… Merde ! J’arrive pas à y croire. Pourquoi t’as rien dit ?

– C’est une histoire compliquée, je suis venu dîner pour faire une pause.

Ce mec est un véritable coffre-fort et l’idée qu’Elvis ait gardé le double de la clé me touche beaucoup. La confiance est une notion assez rare, surtout avec des gens comme nous.

Nous buvons cette bière avec Riley et lorsqu’on sonne à la porte, je saute de mon fauteuil et me rue sur l’entrée. J’ai une bouffée d’euphorie en retrouvant Elvis sur le seuil et je perds mes mots face à son allure.

– Tu es superbe.

Ma façon de la détailler lui fait monter le feu aux joues. Quelque chose de puissant vibre entre nous, c’est impossible de passer à côté.

ET IMPOSSIBLE DE S’EN PASSER.

– Je vais t’embrasser, j’annonce avec assurance.

Comme toujours… je m’attends à l’entendre répondre. Mais elle se contente d’un drôle de sourire auquel mon cerveau ne prête pas attention. Il ne voit que sa jolie bouche rose. Je survole d’abord ses lèvres, avant de les aspirer. Je mets tant d’entrain dans mon baiser que je dois la retenir pour lui éviter de tomber en arrière. Quand je la redresse, elle est à bout de souffle.

– Tu m’as manqué, Calloway.

– Monsieur Briggs, on était encore ensemble y’a quelques jours, elle tempère.

– Tu mens toujours aussi mal !

Elle fronce les sourcils et avale sa salive en regardant derrière elle comme si elle pesait le pour et le contre avant de mettre les voiles.

– Tu entres ou pas ?

– Bien sûr ! elle sursaute.

Elle me dépasse, je referme derrière elle puis pose mes mains sur ses épaules pour la guider vers le salon. Je ne loupe rien du frémissement qui la parcourt et je l’entends inspirer plus fort.

– Elllvis ! l’accueille Riley sans bouger du canapé. C’est bon de te voir ! Tu nous manques, tu sais !

– Ça sent super bon, elle lance en humant l’air autour d’elle. Qui a cuisiné ?

– Un type qui s’appelle Murray, répond Riley.

– C’est pas Morris ? je demande.

– C’est Corey, corrige Asher.

– Non, en fait, c’est Casey, se présente alors le concerné depuis le seuil de la cuisine.

Vêtu d’une tenue de chef, il affiche un sourire accueillant.

– J’étais le plus proche, se vante Ash.

– J’ajoute la touche finale, faites-moi signe quand la dernière personne est là.

– Ça marche, j’acquiesce.

– Miranda vient aussi ? se réjouit Elvis. Elle et Jane sont sorties de l’hôpital ?

– Non, elles devraient pouvoir rentrer après-demain, l’informe Ash.

– J’ai hâte de les voir !

La sonnette s’active encore.

– Ah ! La voilà ! s’exclame Riley en sautant par-dessous l’accoudoir.

– Qui est-ce ? me demande Elvis. La gagnante d’un concours ?

– Une vieille amie que j’ai envie de te présenter.

– Tu n’as pas d’amis, elle me taquine.

Je n’ai pas le temps de répliquer, la voix de Riley prend toute la place.

– Sally ! Viens me faire un câlin, cougar !

 

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