La trinité des crinquées
Pendaison de guet-apens
ranger le litre de crème glacée qui fondait à vue d’œil.
Pendaison de guet-apens
Viviane ne savait absolument pas comment elle se sentait. Fâchée, mais
soulagée, déçue, mais reconnaissante, méfiante, mais enchantée. « J’ai l’impression d’évoluer au pays des licornes : quand tu veux péter, c’est des
fleurs qui embaument… » Daniel n’était jamais revenu en ville « pour sa semaine de vacances bien méritées ». Au lieu de cela, il l’avait fait venir à
Ottawa. Sans les enfants. Il avait tout arrangé, le vlimeux, avait même mis sa mère dans le coup.
C’est elle qui gardait les enfants pour la fin de semaine. Deux. Jours. Elle avait empilé les projets qui débordaient de ce congé surprise comme
les vêtements, beaucoup trop nombreux, de ses valises : lire, prendre de longs bains, regarder des séries télé insignifiantes pour se laver le cerveau.
Réserver une séance de massage. Dormir, exposant 10.
Elle n’avait même pas eu à conduire ni à prendre le bus : une voiture
noire avec chauffeur l’avait cueillie à la porte de leur maison. Viviane aurait pu pleurer de bonheur dans l’auto qui roulait sans heurts sur la 40, le
système d’amortissement aussi élaboré que les scénarios qui roulaient en boucle dans sa tête. Une note discordante vibrait toutefois sous tout le
falbala de ces vacances surprises : la discussion qu’elle devait avoir avec son mari.
En arrivant à l’appartement de fonction du planificateur-chef, elle émit un sifflement. Tout était d’une implacable propreté. Les murs ne portaient
aucune empreinte de doigts salis, la salle de bain n’était qu’un long poème blanc et pur sans tas de serviettes à l’odeur de moisi, la cuisine rutilait de tout son stainless steel comme les broches orthodontiques qui orneraient la
bouche de ses enfants dans quelques années, promesse d’une ablation majeure dans ses REER. Au salon, le calme olympien lui fit mal à force de
paix.
Elle eut les larmes aux yeux en regardant le tapis indemne de miettes, les
cadres droits au mur, le dessus des calorifères vierge de poussière accumulée des quatre derniers hivers, le bois scandinave de la table basse
ne montrant aucun cerne de verre ni accumulation de cossins, gogosses, babioles, livres, napperons, assiettes vides, chandelles à demi consumées,
verres à demi pleins.
Dans un roman, toute cette implacable propreté apparaîtrait sans grâce et
sans âme aux yeux noyés de larmes de la mère-héroïne. La vue de cet appartement lisse lui ferait soudainement réaliser qu’une maison sans
enfants, sans vie, sans amour n’est qu’un temple vide. Dans le roman, la mère-héroïne retournerait à la maison familiale, sur les genoux s’il le fallait,
l’instinct maternel en manque.
Dans la réalité, Viviane se laissa choir dans le divan moelleux beaucoup
trop grand, beaucoup trop blanc, savourant un environnement qui, pour une fois, ne semblait pas avoir été brassé à la braoule par un dieu ivre. Délestée
de cette charge mentale qui plombait son esprit depuis des mois, et qui l’avait transformée en Bonhomme Sept Heures traînant sa poche de petits
morveux sur le dos, elle n’aspira plus qu’à se fondre dans une débauche de nombrilisme. Elle texta rapidement un mot à Daniel pour lui signaler son
arrivée, puis s’endormit sur-le-champ, la bave aux commissures des lèvres. Le repos bien mérité du saint-bernard.
Daniel la réveilla avec un baiser sur le front et un verre de blanc bien froid à la main. Pendant un instant, elle ne sut où elle était, le regard de son mari tendrement posé sur elle alors qu’un silence… absolu les enveloppait. Viviane attendit l’immanquable « maman ! » impératif, geignard, coléreux,
impatient. Rien. La blancheur éclatante des murs percée de jolis tableaux marins lui rappela où elle était. Dans l’appartement de fonction de son
planificateur-chef de mari. Elle fit ce qu’elle pensait ne plus jamais faire avant sa troisième réincarnation : elle se jeta au cou de Daniel et lécha sur
ses lèvres une goutte de ce vin blanc suave.
À cette seconde précise, elle se fichait complètement qu’il fût bio ou
nature, de sa composition en sulfites, en tanins, en sucre. Elle se concentra uniquement sur la bouche charnue qu’elle ouvrit du bout de sa langue, sur
le désir qui s’imposait violemment dans ses alvéoles intimes, venu de cette source qu’elle pensait à jamais tarie par le manque de soins et d’attentions,
larvée par trop de fatigue et de rancœur accumulées.
Elle souleva le bassin à la rencontre du corps de son homme, impatiente
d’être nue contre sa peau, au diable les bourrelets qui avaient récemment fait leur apparition, accrochés à ses flancs comme des tiques indésirables ou
la misère sur le pauvre monde. Cette espèce de miracle, qu’elle fût moite de désir, incapable d’attendre plus longtemps les caresses, allant jusqu’à se
montrer directive – ta bouche, mon clito, tes mains, mes seins, ton érection, mes lèvres, ton sexe, le mien –, la stimula tout le long que dura leurs ébats,
c’est-à-dire 32 grosses minutes.
Ce qui pour Viviane s’avéra une réussite tonitruante, elle qui avait
abandonné jusqu’à l’étincelle de l’idée d’un espoir que sa vie sexuelle ne soit pas révolue, ne soit pas reléguée à ces temps anciens où le sexe n’était
pas une chose qu’elle s’imposait par hygiène mentale et corporelle, par souci de plaire ou par besoin d’équilibre. Une chose agréable, certes, mais
tout de même obligatoire, comme de cuisiner un dessert santé aux pommes ou un sorbet aux fruits.
Cette chose, elle ne l’avait faite que parce qu’elle en avait envie.
Les larmes lui montèrent de nouveau aux yeux. Elle n’avait que des remerciements à la bouche pour son mari qui l’avait kidnappée dans son
intérêt, afin qu’elle puisse retrouver cette femme-là, délicate et sauvage, mais engloutie sous des couches de devoirs maternels et autres soucis
ménagers. Reprenant son souffle, Daniel saisit le jeté couleur sauge artistiquement déposé sur le divan Pinterest, et les enveloppa tous deux
après avoir approché la table basse où trônaient la bouteille de blanc, les coupes et une assiette d’amuse-gueule.
— Oh ! T’as même poussé l’audace jusqu’à faire des petites bouchées !
— Faudrait pas charrier, quand même. Je les ai ramassées chez le traiteur
en revenant. C’est génial, on est tout près du By Market, je suis certain que t’aimerais !
— C’est une pensée très délicate.
— Je me vois bien récompensé, Madame.
La remarque se voulait complice et taquine, mais Viviane tiqua intérieurement. C’est toujours ben pas pour avoir son nanane qu’il a tout
préparé ça ?
— C’est agréable et surprenant de te recevoir dans ma garçonnière un
vendredi soir. Tu sais que t’es ma première invitée ? Ça change de la routine !
Viviane se demanda si ses petits plats, leur maison chaleureuse et bordélique, l’accueil délirant des jumeaux, la grâce attentive d’Adèle à son
égard étaient relégués au rang de routine.
— Je suis déjà allée te retrouver à ton appartement de Québec, quand tu
y allais…
— Rarement sans les enfants… Je nous ai planifié un beau week-end (…
pis mon programme que je m’étais préparé ?), t’auras pas à organiser quoi que ce soit (ce serait le comble !). Visite du musée demain (nooooon, pas le
musée de l’aviation ou de la monnaie…), une promenade à vélo dans un endroit charmant, un des secrets les mieux gardés d’Ottawa (c’était pour ça, les vêtements de sport…), demain soir, on a un souper avec quelques collègues (c’était pour ça, la robe chic…), et dimanche, visite d’un
vignoble (Ah ! Enfin !) et visite mystère dans un quartier qui m’a totalement séduit ! (…………….)
Viviane se redressa, vissa son regard dans les yeux clairs de Daniel.
— OK… Je viens de débarquer sans le savoir dans l’opération « La
petite séduction », si je comprends bien ? La petite bourgade d’Ottawa flashe ses meilleurs attributs sous la houlette de Daniel Vaillancourt pour…
pour quelle raison exactement ?
— Pour charmer l’étrangère de passage.
— Vraiment ?
— L’attirer le plus souvent possible, ça te va, ça ?
— C’est quoi, le vrai but ?
— Te faire connaître Ottawa un peu mieux ! Te faire aimer la ville, te
faire découvrir ma nouvelle vie, calvaire, c’est quoi le problème ?
Voilà. Elle avait réussi à se le mettre à dos. Daniel, le brillant, le bon, le
sensé Daniel pognait les nerfs et ça ne faisait que… quoi, une heure, qu’ils étaient réunis ? Tout à coup, sa visite, le sexe sur ce divan géant moelleux,
son éphémère tranquillité lui firent l’impression d’un effet secondaire d’antidépresseurs. Elle fut surprise de la vitesse avec laquelle la joie s’en
était allée.
— Je suis juste surprise, Daniel. Excuse-moi, je… (Nooon. Pas
ENCORE l’excuse de la fatigue… Ah pis, pas ENCORE des excuses !) Je m’excuse de rien, en fait, je savais pas à quoi m’attendre en venant ici. Tout
ça est allé si vite, aussi. L’offre. Ta décision. Ton emménagement. Je cherche encore mes marques à la maison !
— D’où l’importance que j’accorde à notre fin de semaine en amoureux.
Pourquoi les mots de Daniel, soutenus par son regard redevenu aimant et
chaleureux, lui donnaient-ils envie de fuir ? Elle se resservit du vin, picora quelques bouchées, se rhabilla, papota. Les prises de bec avec Adèle, les succès sportifs de Florian, son nouvel ami Simon qui prenait beaucoup (trop ?) de place dans la vie de leur fils depuis le début des vacances, les
déclarations de Mirabelle, beaucoup trop perspicaces pour ses dix ans. Sur tout cela, Viviane glissa avec légèreté comme elle faisait autrefois sur la
glace, éparpillant ses soucis comme des poussières irritantes, mais certainement pas dramatiques.
Elle garda pour elle le volet professionnel de SA vie puisqu’il n’avait pas encore trouvé sa place dans leur existence commune, cette large, très
large section hachurée du diagramme de Venn, espace correspondant à tout ce qui est commun aux deux cercles autrement distincts.
Existence commune
« Le Pilates Vivi pour la vie » ne figurait aucunement dans la partie
hachurée alors que le planificateur-chef y était d’ores et déjà bien installé. À preuve, sa présence ici et l’importance que Daniel accordait à lui faire
découvrir sa nouvelle vie. Sa nouvelle vie, pensait Viviane, comme s’il en avait pas déjà une…
Tout le temps que dura sa visite à Ottawa, ils firent l’amour trois fois (sans compter la première fois sur le divan), sortirent au restaurant six fois,
parcoururent 63,8 kilomètres, rencontrèrent quatorze personnes, collègues et partenaires pour la plupart, visitèrent trois musées, où ils achetèrent six
souvenirs pour les enfants. Tout ce temps, Daniel se montra tendre, prévenant, drôle, taquin et subtilement protecteur, exactement l’homme
dont Viviane était tombée amoureuse.
Le dimanche matin, après son quatrième accouplement avec cet homme dont elle appréciait la charmante compagnie, elle se détendit tellement
qu’elle décida d’aborder enfin la discussion qu’elle repoussait depuis beaucoup trop longtemps et qui lui nouait d’avance l’estomac.
— Daniel, la situation m’inquiète. Je m’en vais direct dans un mur. Je peux pas continuer comme ça.
— De quoi tu parles ?
Assise bien droite, elle ferma les yeux, posa les mains sur ses genoux en
position de recueillement. Sa voix était douce quand elle se mit à énumérer :
— Organiser/planifier les soupers, faire l’épicerie en fonction de, aller à l’école/camp de jour pour chercher l’enfant qui va pas bien ce jour-là, ne
pas pouvoir aller au studio parce que je dois prendre soin de lui/faire de la paperasse à la maison/ne pas pouvoir rater un jour de travail alors chercher
un plan B/un.e voisin.e/parent.e/ami.e qui va pouvoir dépanner, penser à la fête des jumeaux qui approche, penser aux invitations à envoyer, faire le
ménage, aller ramasser le panier de légumes bio, répondre au formulaire d’inscription à une activité du camp de jour, décider du menu et du gâteau
de fête pour les jumeaux, laver une brassée de sous-vêtements, ranger le plus gros des traîneries, magasiner des souliers de course pour Florian,
donner des nouvelles à ta maman qui s’inquiète de son ti-garçon, aller reconduire Mirabelle au parc/camp de jour/école/chez un.e ami.e/au
cinéma, se tatouer le calendrier des activités des enfants dans le crâne, envoyer les invitations pour la fête, préparer un gruau overnight, assister à
la réunion environnementale des voisins de ruelle, vendre les vieux vélos sur Marketplace, prévoir les lunchs et faire les courses en fonction de,
acheter un cadeau pour l’enseignante/l’éducatrice/la monitrice qui part en congé de maternité, envoyer un mot à l’entraîneur de Florian, aller chercher
le bol à punch vintage chez la voisine, ramener l’ami.e de Mirabelle, préparer des collations santé, demander à Adèle de vider le lave-vaisselle, m’engueuler avec Adèle, choisir mes batailles avec Adèle, vider le lave-vaisselle, cuisiner d’autres collations santé, préparer la valise/le sac à dos/le
sac de couchage/le sac de sport de l’un des enfants invité.e à aller camper/dormir/ jouer/coucher chez l’ami.e/la famille de l’ami.e, prendre un
rendez-vous chez le dentiste, appeler ma mère qui a besoin que j’ailler magasiner des nouveaux bas de contention avec elle.
Daniel soupira imperceptiblement, un malencontreux son que Viviane eut envie de lui faire ravaler séance tenante. Ou de revêtir un casque et une
armure de Walkyrie, d’enfourcher le premier Pégase venu et, armée d’une très longue lance à la pique très acérée, de trucider son époux avant de
lancer sur lui ses chiens de la mort, une horde de canidés sauvages assoiffés du sang frais d’hommes insignifiants.
La voix de Daniel la tira de son fantasme. Elle passa une main sur ses lèvres de peur d’avoir l’écume à la bouche.
— Viv, dis-moi comment je peux t’aider.
— Comment tu peux m’aider ?
Elle étrangla un rire aigu qui, si elle le laissait éclater, serait à coup sûr un aller simple vers le premier établissement où on internait encore des
femmes qui perdent les pédales sous prétexte d’intoxication, de burn-out, de dépression ou des trois. Il devait bien en exister encore au Canada. Surtout à
Ottawa.
— En vidant mon cerveau de tout ça et en le prenant sur tes épaules. Ça
s’appelle la charge mentale, c’est pesant en chien, pis ça s’en va jamais, jamais, jamais.
Sous le regard aigu de sa femme, Daniel ne broncha pas d’un cil.
— C’est toi qui te mets de la pression.
— Je me mets PAS de pression. J’AI de la pression.
— Lâche prise ! Tu t’es toi-même placée dans la position de tout prendre
en charge. T’es devenue une Gère-Mène. Comment veux-tu que je prenne ma place quand tu la prends toute ?
— Parce qu’il faudrait aussi que je prenne cette responsabilité-là ? De lâcher prise ? De TE donner la place que TU devrais prendre ?
— Slacke un peu ! Délègue, on va prendre une femme de ménage. Demande à ta mère et à la mienne de te donner un coup de main, va voir un
psy, il y a certainement quelque chose que tu peux faire !
— Que JE peux faire…
Viviane se revit brusquement après la naissance des jumeaux, quand Daniel et elle avaient toujours un des bébés dans les bras, une couche à
changer ou un biberon/ sein à donner, une colique à soulager, un rot à faire passer, la petite Adèle dans les jambes, la bouffe toujours tiède, les cafés
toujours froids. Ils arboraient tous deux la même figure blême de fatigue et illuminée de tendresse, les mêmes poches sous les yeux, le même sourire de
connivence. Où était allée cette bienveillance entre eux, ce soutien mutuel exempt de toute la petite comptabilité mesquine devenue leur pain
quotidien ?
— C’est pas la question qu’il faut que je lâche prise, Daniel, c’est la
question qu’il faut que tu t’impliques plus.
— Pour ça, faudrait qu’on vive sous le même toit.
Et ce même homme qui s’était montré si délicieux, la dernière demi-heure en moins, se révéla dans tout son machiavélisme, alors qu’il la
traînait dans les avenues paisibles d’un quartier résidentiel où régnaient fontaines et arbres séculaires, maisons ancestrales et biscornues, allées
chatoyantes, cris d’oiseaux, pleurs de bébés et parcs joliment enchâssés au détour d’autres maisons ancestrales et biscornues. Viviane ravala salive et
envie de vomir.
— Je viens de comprendre… Tout ce chichi, c’était donc pour ça ?
— Ce serait plus simple qu’on vive tous ensemble ici, à Ottawa, non ?
— Ben voyons ! NON ! L’école, les amis des enfants, nos amis ? Notre
maison ?
— On serait pas la première famille à déménager, pas besoin d’en faire tout un drame.
— Mon studio de Pilates, Daniel ! Que je viens tout juste d’ouvrir, je te le rappelle, et que tu sembles oublier si facilement. C’est quand même pas
rien !
Il lui lança un regard doux et un peu exaspéré, le même qu’il réservait à
l’un des enfants quand la logique juvénile de l’un ou de l’autre était attendrissante de naïveté.
— Tu donnes des cours de Pilates, Viviane. Ça se déplace, des tapis, des chandelles, des cartes de membre pis des coussins. Ça se loue, des locaux,
des distributeurs d’eau filtrée, des systèmes de son ! Le Bureau privé des consultations du gouvernement fédéral se déplace pas. C’est en présentiel.
Pis à Ottawa.
N’ayant rien à ajouter, Viviane se zippa la bouche et la valise, puis quitta
Ottawa et son mari en disant qu’il leur fallait réfléchir. Elle fit le trajet de deux heures et quelque à bord d’un autobus Voyageur avec siège inclinable,
tablette rabattable, Wi-Fi, prise électrique et de l’espace pour les jambes. Le chauffeur était moins élégant que celui qu’elle avait eu à l’aller, mais
nettement plus sympathique.
Là où elle aurait dû ressentir un grand brasier, elle n’éprouvait que la
honte d’avoir cru un instant que son entreprise, rabaissée à un ramassis de coussins et de tapis, de cartes de membre et d’eau filtrée, ait pu avoir une
quelconque signification pour le planificateur-chef au Bureau de consultation du gouvernement fédéral.
Pas de traces de colère ni de guerrière fantasmée pour la porter. Elle n’occupait qu’un petit siège dans un autobus aux trois quarts vide. En
arrivant au terminus, elle endossa son rôle de foreman de famille, appela sa belle-mère, s’enquit des enfants, assura qu’elle arrivait dans pas longtemps.
Dans le métro, elle resta debout, son sexe irrité lui chauffait les entrailles. Le comble, elle allait être bonne pour une infection urinaire après quatre relations sexuelles et deux jours de soi-disant détente.