La trinité des crinquées

Anne-Marie Desbiens · Chapitre 33 sur 58

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La trinité des crinquées

Chapitre 10

 

Et qu’est-ce que la femme ?

Une petite chose, un ensemble de niaiseries.

HONORÉ DE BALZAC

 

L’important, c’est la Rose

 

Abasourdie, Viviane regarda Elsa de cet air ahuri qu’ont les crapets-soleils au bout de la ligne, un ver au fond de l’estomac et un hameçon planté dans

les branchies.

— Pendant trois jours ? T’es sûre ?

— Oui, Viviane, je suis certaine. Ça va te faire un break de condescendance d’adolescente. Et moi, un break de moi-même.

Elsa avait pris sa décision sur un coup de tête, ce qui ne lui ressemblait vraiment pas. Elle était une abonnée aux « Je vais y penser, tout bien pesé,

en prenant en compte ceci ou cela ». Sa rupture avec Louis et son déménagement sa fuite l’avaient privée de ses repères. Elle évoluait

maintenant avec le sentiment de nager en eau vive. Elle se laissait flotter et avançait en suivant le courant. Ce que sa mère avait tenté de lui inculquer :

« Relaxe, fille, go with the flow ! », elle l’apprenait sur le tas, la leçon lui ayant été garrochée non pas avec la patience maternelle, mais en pleine gueule par la vie, pif, paf, nage, fille, ou tu coules.

— Je nous ai réservé un terrain de camping proche du Bic dans un endroit assez reculé, il faut pédaler une demi-heure pour s’y rendre à partir

du stationnement. C’est la seule place que j’ai pu trouver. Annulation de dernière minute.

— Mais watch out le spot, la vue sur le fleeeeeuve !

Adèle était belle à voir dans sa danse effrénée, ses cheveux virevoltant

au rythme de ses pas qui l’entraînèrent vers la terrasse où, accrochée à son cellulaire, elle hurlait sa joie à la douzaine d’amies qui formaient son cercle

rapproché. Elsa n’avait compté que deux ou trois copines au plus fort de ses fréquentations adolescentes, alors la vie sociale d’Adèle la remplissait

d’effroi et d’émerveillement. Elle rassura Viviane :

— J’avais des vacances à prendre de toute façon et j’ai pas le goût de

rien en particulier. Et je voulais la remercier de m’avoir fait rencontrer Marie-Michèle.

— T’étais pas obligée, voyons ! Partir trois jours en camping avec Adèle…

Elsa sourit en voyant la mine dégoûtée de son amie qui disait clairement que même le bras dans le tordeur, elle n’irait jamais s’isoler dans une tente

avec sa démone.

— C’est avec toi qu’elle a un problème, Viviane. Sinon, elle est très…

— Agréable, sensible, émouvante, taquine, adorable, je sais, j’ai déjà connu cette Adèle-là il y a un maudit bon bout de temps. C’est pour ça que

je trouve ça tellement difficile. Pis dis-moi pas que ça va passer ! C’est la rengaine préférée de Daniel. Enfin, quand on s’adresse la parole.

— Ça s’arrange pas, vous deux ?

— Ça s’arrangera pas tant qu’un de nous se ralliera pas à la vision de

l’autre, parce qu’actuellement, nos positions peuvent pas être plus éloignées.

— Pars, Viv. Durant les trois jours qu’Adèle sera avec moi, envoie-lui les enfants.

— Je peux pas faire ça.

— Pourquoi pas ?

— Il a pas le temps, il travaille !

— Toi, tu l’as ? Tu travailles, pourtant ?

— Oui, mais c’est plus facile pour moi. Ici, les enfants ont le camp de jour, leurs amis tandis qu’à Ottawa…

— Justement. Il va mieux voir les impacts que sa décision a sur la vie de famille. Tu lui laisses prendre aucune responsabilité, comment veux-tu qu’il

se sente responsable ?

Viviane soupira, enfouit la tête dans ses mains, marmonna.

— Je dis ça, je dis rien, Viv. C’est toi qui décides.

La voix étouffée de Viviane lui parvint sans qu’elle puisse comprendre

ses paroles. Elsa écarta les mains de son amie, plongea ses yeux dans les prunelles fatiguées.

— Veux-tu que je te raconte mon entretien avec Marie-Michèle, la femme célibataire qui a décidé d’adopter seule ?

La fatigue dans les yeux de Viviane s’évanouit aussitôt.

— Shoote ! Pleaaaase ! Oh Seigneur ! Adèle déteint sur moi.

— Adèle déteint sur tout le monde.

— Ça t’a inspirée ?

Elsa se remémora la rencontre avec la mère soloparen-tale qui l’avait, oui, vraiment inspirée. Marie-Michèle, une petite brunette sympathique,

avait entamé son « projet », comme elle appelait joliment ses démarches d’adoption, voilà treize ans…

« J’étais à un souper entre amis tous parents d’un ou de deux enfants. Je me souviens très bien de la pensée qui m’a envahie : eux étaient gorgés

d’amour et moi, je me sentais comme un pruneau sec. Je me suis dit : arrête de brailler. Si tu veux un enfant, regarde d’autres façons d’en avoir. Je ne voyais pas comment avoir un enfant sans être en couple, mais dès que j’ai enlevé le père, le chum de l’équation, c’est devenu évident. »

« Je suis allée à une clinique d’insémination. J’ai passé un test de fertilité et le médecin m’a dit que j’avais peu de chances de tomber enceinte, j’avais

près de trente-neuf ans. Et pour être honnête, j’avais pas trop le goût de prendre ma température tout le temps, de recevoir des injections, les jambes

en l’air, de pleurer chaque mois où j’aurais mes menstruations. J’avais plus le temps. »

« Je pouvais plus attendre, tu comprends ? Tous les hommes que j’ai rencontrés, c’était des gars séparés qui avaient déjà des enfants, ça leur

tentait pas de s’embarquer avec une femme de presque quarante ans pour avoir un autre enfant ! Ça fait que je me suis dit que j’allais m’essayer pour

l’adoption. »

« J’ai appelé au Secrétariat à l’adoption internationale, où on te donne

une liste des pays où tu peux adopter, avec chacun leurs exigences à respecter. J’ai regardé les endroits où les femmes célibataires peuvent

adopter parce qu’il y a pas mal de pays où on demande des couples. La Chine, c’était OK. Au moment où j’ai commencé la démarche, il y avait 10

% des adoptants qui étaient célibataires. »

« La première chose à faire, c’est de trouver une agence. Pour moi, ça a

marché à la troisième. Alors, j’ai assisté aux réunions, il y avait d’autres femmes célibataires, on nous a expliqué qu’on devait rencontrer un

travailleur social et un psychologue attribués par un centre jeunesse de notre région. »

« On doit prouver qu’on fait un minimum de tant par année, déposer un examen médical, un bilan financier ou de comptable pour prouver que tu as

les moyens, ton passeport à jour, un album photo de toi, des tuteurs, parrain et marraine, de ta maison, bref, un méchant gros dossier, c’est comme si tu

complétais un bac en une semaine ! Comme je suis travailleuse autonome, je me suis mise à angoisser au sujet de mes revenus, alors j’ai pris tous les contrats de traduction que je pouvais pour prouver que je fais de l’argent, tu comprends… »

« Ça finit par être très angoissant pour les parents. On a tous peur. Tous les parents qui font une demande ont peur. On espère toutes se retrouver

enceintes. Parce que c’est souvent le cas chez les femmes qui ont décidé d’entamer le processus d’adoption, elles se retrouvent enceintes…

On arrive là à trente-cinq, quarante ans, on a une vie derrière nous, on a tous des expériences plus ou moins positives, des enjeux personnels,

professionnels, de santé… Il y a l’évaluation psychosociale, toutes ces rencontres, ils viennent chez toi, ils se font une idée de ta personnalité, ils se

font une image et ils font leurs rapports sur ta vie. Si tu as un oui, tu peux continuer ton projet. »

« Il y a des femmes qui accouchent comme des chattes, qui ont dix enfants sans pouvoir vraiment s’en occuper, alors que moi, j’en veux juste

un et il faut que je me justifie, que je réponde à toutes leurs questions. Il faut que je prouve que je suis adéquate, légitime, que je mérite d’être une

mère. Prépare-toi ! Mais vois ça comme un privilège qu’on t’accorde. Ce pays-là, le pays que tu auras choisi, te fait le privilège de te donner un de

ses enfants. Vois ça comme ça. »

« Je te mentirai pas, c’est des démarches qui prennent du temps… C’est

plus long pour les célibataires. Et si ça prend trop de temps, tu te retrouves à devoir refaire ton examen médical ou c’est ton passeport qui est échu ! En

tout cas, il y a treize ans, c’était comme ça. »

« Si j’ai senti une différence parce que j’étais une femme seule ? Jamais.

Mais il faut arriver préparée ! On te demande : as-tu un réseau ? C’est quoi, ton réseau ? Ta famille ? Tes amis ? Tu dois être préparée, ils vont te poser

la question. Sur ton enfance, tes parents, ta famille, tout ton historique. Pourquoi tu as un désir d’enfant, comment tu entrevois ta vie

professionnelle si tu es une mère monoparentale ? Parce que tu es seule à subvenir à ses besoins, tu comprends ? Garderie, gardienne à la maison, tes parents peuvent-ils t’aider ? Qui peut t’aider ? Comment tu vas gérer ça ? Tu dois être honnête avec toi-même. »

« Rose est MA fille, sans l’ombre d’un doute. Quand elle a commencé l’école, les autres enfants me demandaient : “Es-tu sa mère ? Sa VRAIE

mère ?” Je leur disais : “Est-ce que ta maman te soigne quand tu te fais mal ? Oui ? Moi aussi, je fais ça pour Rose. Est-ce que ta maman prépare

ton souper favori quand tu as de la peine ? Oui ? Moi aussi, je fais ça pour Rose”. C’est ça, une vraie mère, celle qui est là le soir et le matin. Encore

aujourd’hui, quand Rose crie maman, je réponds : oui ! C’est moi, la chanceuse ! »

— Et elle m’a dit à la fin de son témoignage : « L’adoption, c’est un désir qui rencontre un besoin. »

— C’est beauuuu !

— Ça me sacre la chienne.

— L’adoption ?

— Un enfant. Avoir un enfant toute seule dans un trois et demie sur

Henri-Julien. Quand Marie-Michèle me parlait de l’importance du réseau, ça m’a frappée… Un coup de pelle dans la face ! Mon réseau est assez

poche, merci : je suis pas proche de ma mère, mon père vit quelque part en Norvège, j’ai ni frère ni sœur, je suis pas particulièrement proche de mes

tantes, j’ai pas de véritables amis à qui je pourrais demander de l’aide…

— Pis nous autres ? ? On est des cretons ?

— C’est ma décision, Viv, je pourrais pas vous imposer ça, tsé. Toi, avec ta famille, t’as déjà de la broue dans le toupet, et Reine… Elle a sa carrière

et ça fait longtemps qu’elle en a fini avec les bébés, son fils a vingt-huit ans !

Viviane se leva, prit Elsa dans ses bras.

— Reine serait une grand-mère formidable. Je peux pas parler pour elle,

mais tu peux compter sur moi. Si tu décides de te lancer dans l’aventure, je vais être là. Marie-Michèle a dit que le processus pouvait prendre du temps, non ? Mettons dans une couple d’années, Adèle va avoir quinze ans, elle me fera plus suer, elle va même pouvoir garder !

— Et les jumeaux vont être exactement dans la phase où est Adèle actuellement, t’avais pas pensé à ça ? Deux ados déchaînés en même

temps ?

Les deux femmes éclatèrent de rire.

— Maudites hormones, aussi ! Je commence à être dans la gang de Reine. J’ai les ovaires en feu, Viviane ! Elles me crient à tue-tête : on veut

un bébé, on veut un bébé, on veut un bébé, on veut un bébé. Je fais un détour quand je vois une poussette dans la rue, je vais courir au parc

uniquement le soir, et encore, les cris d’enfants me déchirent le cœur.

— Moi, ils me déchirent les tympans, c’est bien pour dire… En

attendant, tu vas passer trois jours avec ma grande fille et je t’en suis infiniment reconnaissante.

— Vas-tu retenir ma suggestion, Viv ? De laisser les enfants à Daniel ?

— Si tu prends la mienne. De compter sur moi si tu décides d’aller de

l’avant.

— Mouin… Plus certaine que ce soit une bonne idée.

— Mon père disait toujours qu’un enfant vient au monde avec une miche de pain sous le bras.

— Viviane…

— Un enfant arrive quand c’est le temps.

— S’il te plaît…

— L’adoption, c’est juste un autre chemin que prennent deux âmes pour

se rencontrer, au fond.

— OK, ça va faire, les pensées positives ! J’aime mieux rester avec mon

angoisse.

Viviane se fit insistante :

— Vas-tu au moins penser à ma suggestion ? De me laisser être à tes côtés si tu décides d’aller de l’avant ?

— Si tu prends la mienne en compte. Celle de laisser les jumeaux à Daniel.

— Deal !

 

#LaVieDesAutres

 

Elsa n’y peut rien, elle revient fureter sur les réseaux sociaux contre sa volonté, elle

se dit qu’elle ne va y passer que 12 minutes, une vraie droguée qui pense que juste

sniffer un quart de poudre, c’est quasiment comme ne pas sniffer du tout, sauf qu’un

quart de ligne TOUS LES JOURS, ça te sort de la normalité.

Le jour, elle s’active, elle fait des projets comme celui de partir en camping trois

jours avec Adèle, treize ans, qu’est-ce que tu veux, elle n’a jamais été tellement

sociale et elle s’entend bien avec les ados, ou plutôt ce sont elles qui recherchent sa

compagnie, sa franchise droite, ses airs juvéniles et sa face de boeuf. Elles se

reconnaissent en elle, il faut croire.

Mais quand arrive le soir, une fois qu’elle a couru – les gens se demandent si cette

fille ne s’est pas donné comme défi de faire un ultramarathon dans les ruelles de

Villeray – il ne lui reste que les livres, l’ordinateur et sa connexion haute vitesse.

Alors, elle tombe dans le vice, elle zieute du coin de l’œil, oh pas beaucoup, pas

longtemps, le profil de Louis, elle lit – en diagonale seulement – les publications de

Marion la teigne. Quelquefois, elle en ressort blanchie, que des trucs niais, rien de

mordant ou de coupant. Mais d’autres fois, elle s’égratigne le cœur en prenant

conscience de leurs différences fondamentales malgré leurs similitudes physiques.

Elles forment les deux faces d’une même médaille, l’une lumineuse, l’autre sombre,

l’adorable teigne et la belette sauvage, Louis peut être fier de son bestiaire.

 

Pendant que le cœur lui saute dans la poitrine, elle lit toutes les citations imprimées sur fond de lever/coucher de soleil, de champ de marguerites/tulipes.

Tu es la somme de tes pensées.

Laisser tomber n’est pas une option. Crois en tes rêves, ils te mèneront loin. Un problème, c’est le déguisement préféré d’une opportunité.

 

Ces déclarations lui rentrent dedans comme des clous de cercueil alors qu’elle

devrait se sentir élevée, motivée, inspirée, stimulée. Qu’est-ce qui marche pas avec

moi ? se désole-t-elle, convaincue d’avoir le sentiment d’exaltation défectueux.

Pourquoi est-elle incapable de décoller de sa misère intérieure, de se détacher de la

loi de la gravité émotionnelle ?

Think positive, Elsa ! Voilà le credo tendance, celui des nouveaux prêcheurs, c’est-

à-dire les coachs de vie, les coachs PNL – tout le monde compte au moins six coachs

certifiés dans son cercle de connaissances –, qui s’expriment abondamment sur notre

nouveau parvis d’église : le réseau social. Exit la religion, bonjour le self-care.

Il y a cette petite vidéo matinale qu’Elsa regarde les yeux encore collés tandis que

la coach diffuse d’une voix douce son émerveillement du moment, parce que le

moment présent, y a rien qui bat ça. Avant, c’était une Labatt bien fraîche,

maintenant, c’est carpe diem. Les canards dans l’étang du parc Jarry, une envolée de

moineaux, le sourire édenté d’un bébé dans sa poussette, qui au fond ne voulait pas

vraiment sourire, mais juste passer un gaz, n’importe quelle manifestation de vie

devient une source de joie profonde effaçant tous les aléas de ta vie.

« La beauté est partout, il suffit de la voir », clament ces nouveaux gourous avec le

regard enfiévré des mystiques folles amoureuses qui croyaient voir Jésus dans la

forme d’un nuage émacié, le pauvre, il n’a jamais été tellement gras, mais tout de

même pas effiloché à ce point-là. Pendant qu’Elsa est au septième sous-sol, la coach

love la vie qu’elle ne s’en peut plus – et Elsa non plus – de remercier.

Il y a ces messages publiés tout au long de la journée distillant mantras et autres

petits conseils qui invitent Elsa à sourire, lui suggèrent de croire qu’il suffit de

relativiser pour que la situation éprouvante qui la plonge dans l’insomnie depuis des

semaines s’évapore à coup d’ondes positives et de pensées magiques. Pendant

qu’Elsa tombe du haut du plongeon de ses illusions, il y a cent personnes, celles qui

voient toujours le verre à moitié plein, qui lui tendent la main par-delà l’écran de son

portable, et pas pour l’aider à se relever, ne-non, mais pour lui passer le message

que « écoute, chose, rien n’arrive pour rien, vois le bon côté des choses, quand une

porte se ferme, une fenêtre s’ouvre, ça pourrait être pire ».

Allez demander à quelqu’un qui se noie : « As-tu essayé le yoga chèvre ? Je te dis

que ça te replace les chakras ! »

Pour les apôtres de la prise en charge personnelle, de l’empowerment –

 difficilement traduisible en français… un concept qui s’énonce clairement se traduit

aisément, calvaire –, ne pas aller bien est synonyme de lâcheté ou pire. Votre vie est

de la marde ? Vous en êtes les très grands responsables, vous n’avez pas assez bien

visualisé, vos intentions ne sont pas ancrées. Ils vous diront, un grand sourire béat

étampé au visage, que le bonheur est un choix. (Donc, chère Elsa, si tu ressens des

émotions négatives, c’est de ta faute, de ta très grande faute. Tu n’as pas « choisi »

d’être heureuse, alors assume.)

Et si l’Univers n’est peut-être pas aussi volubile en messages que vous le

souhaiteriez, il y a les livres de coloriage de mandalas antistress, les cahiers de

gratitude pour mieux réaliser au quotidien votre formidable chance, et la pratique

crinquée d’un sport intense qui vous musclent l’épanouissement de l’âme et vous

pompent l’estime de soi.