L'année de la mort de Ricardo Reis

José Saramago · Chapitre 1 sur 51

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L'année de la mort de Ricardo Reis

Note du traducteur

JOSÉ SARAMAGO

 

L’ANNÉE DE LA MORT DE

 

RICARDO REIS

 

roman

 

TRADUIT DU PORTUGAIS

PAR CLAUDE FAGES

 

ÉDITIONS DU SEUIL

27, rue Jacob, Paris VIe

 

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CE LIVRE A ÉTÉ PUBLIÉ AVEC LE CONCOURS

DE LA FONDATION CALOUSTE GULBENKIAN

 

Titre original : O Ano da morte de Ricardo Reis

Éditeur original : Editorial Caminho, Lisbonne, 1984

© José Saramago et Editorial Caminho, 1984

 

ISBN 2-02-010347-8

 

© Éditions du Seuil, octobre 1988, pour la traduction Française

 

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À Isabel, un autre livre, le même signe

 

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« Sage est celui qui se contente du spectacle du monde. »

 

Ricardo Reis

 

« Choisir la façon de non-agir a toujours été le soin et le

scrupule de ma vie. »

 

Bernardo Soares

 

« Si l’on me dit qu’il est absurde de parler ainsi de quelqu’un

qui n’a jamais existé, je réponds que je n’ai aucune preuve de ce

que Lisbonne ait existé elle aussi, ou moi qui écris, ou

n’importe quoi d’autre, n’importe où. »

 

Fernando Pessoa

 

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Note du traducteur

 

Le rôle du traducteur n’est pas de mettre en évidence, par un

commentaire, les intentions et connotations de l’auteur, ni d’interpréter les

symboles qui peuplent son récit. Néanmoins, compte tenu de la densité de

ce roman, en partie due à ses références historiques et culturelles

spécifiquement lusitaniennes, mais aussi à ce qui constitue sa trame – un jeu

de renvois entre le mensonge du réel et la vérité du trompe-l’œil –, il nous a

semblé utile de donner au lecteur quelques repères qui lui permettront de

s’orienter dans ce labyrinthe offrant, à l’image de ceux de Borges, un

nombre infini de lectures.

La dimension fondamentale de ce roman – l’ambiguïté propre au thème

du double – l’ouvre sur ce qu’a de fuyant la frontière des identités. C’est

bien ce que suggèrent déjà les trois épigraphes qui, signée chacune d’un

nom différent, émanent pourtant du même auteur, du même Fernando

Pessoa, dont le nom, dérivé du persona latin, signifie, comme le rappelle

Octavio Paz, masque. Pessoa (1888-1935), aujourd’hui tenu pour le plus

grand poète portugais depuis Camões (1524?-1580), et qui déclarait

« vouloir être à lui seul toute une littérature », avait conçu – comme on le

sait – une pléiade d’écrivains, de penseurs et de poètes, pourvus d’une

personnalité, d’une biographie et d’une œuvre propres, sous la signature

desquels il publiait la plupart de ses textes et auxquels il avait donné le

nom, aujourd’hui célèbre, d’hétéronymes. Grâce aux traductions d’Armand

Guibert et de Pierre Hourcade, deux d’entre eux, Alberto Caeiro, « le

maître », et Alvaro de Campos, « l’ingénieur futuriste », sont désormais

connus du grand public français qui vient tout récemment de découvrir

Bernardo Soares, un autre hétéronyme, modeste employé de bureau de Lisbonne, auteur de Livro do desassossego, traduit en français sous le titre