Le Manoir aux roses

Tracy Rees · Chapitre 30 sur 68

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Le Manoir aux roses

30 – Olive

OLIVE

 

SUR LE COUP, ma visite à Willoughby Walk s’est avérée moins pénible que je ne l’avais anticipé. Mais depuis, elle m’a laissé une impression étrange. Je ne saurais expliquer pourquoi.

Mrs Finch ne ressemblait en rien à l’idée que je m’en étais faite. Je songe à son évidente volonté de fer, à mon désir inattendu de devenir son amie. Elle n’a rien à voir avec l’invalide de mon imagination. Mr Finch n’était pas aussi désagréable que je l’avais cru. Je pense à tout ce qu’Otty et Mabs m’ont dit de lui. Un père aimant. Un employeur bon et juste, prêt à donner sa chance à une fille des mauvais quartiers. Il semblerait que j’aie redouté les Finch pour rien. Et pourtant, le sentiment que quelque chose m’échappe persiste.

Après avoir passé des semaines à y réfléchir, je ne peux mettre le doigt sur rien de précis et penser à cette étrange petite famille commence à m’ennuyer. Otty est franche et adorable, c’est tout ce qui compte. Je décide plutôt de me concentrer sur ma propre famille. Clover se réveille encore la nuit en hurlant ; hier soir a été pire que jamais. J’aurais dû me douter que c’était beaucoup trop facile. Depuis son arrivée, elle semble heureuse – une petite fille en bonne santé et bien équilibrée. Malgré les nombreuses mises en garde que j’ai reçues contre l’adoption, il n’y a longtemps pas eu le moindre nuage à l’horizon. J’avais l’impression que Clover était là depuis toujours. Poursuivre notre chemin ensemble, en tant que mère et fille, semblait – et semble encore – si naturel que je peine à imaginer qu’elle ait eu une autre vie.

Or, c’est le cas. Quatre ans d’une vie très différente, que je ne peux imaginer et qu’elle ne peut décrire. La voit-elle dans son sommeil ? Que sais-je de ses souvenirs d’enfance ? Il est temps de découvrir ses origines. Je dois aller voir par moi-même.

Je me rends donc au foyer pour filles. Je n’y ai pas mis les pieds depuis Noël. J’emporte trois grands gâteaux rose-citron qu’a préparés Agatha, un luxe que les enfants savoureront un jour au goûter. Je prends également une gerbe de fleurs printanières pour Mrs Jacey et une petite bouteille de porto. Je crois deviner laquelle lui fera le plus plaisir. Et je prends un chèque pour le foyer, afin de les encourager à poursuivre leurs efforts et de m’assurer que lorsque ces pauvres petites touchent le fond, elles ne tombent pas plus bas encore.

Bien que je sois quelque peu vaseuse en raison du manque de sommeil, Mrs Jacey est heureuse de me voir arriver avec mes offrandes. « Du gâteau, commente-t-elle avec satisfaction. C’est gentil à vous d’y penser, miss. Y a pas mieux que la promesse d’un gâteau pour les faire filer droit. J’en ai une ou deux qu’en font qu’à leur tête en ce moment. Le gâteau, ça me met en position de force. Ça me donne de quoi les faire chanter, si on veut. Bonne idée, miss. »

Le chantage n’était pas exactement mon intention, mais je me réjouis d’avoir apporté mon aide. « Je suppose que Gert est une de celles qui vous mènent la vie dure ? » demandé-je d’un ton enjoué. Je trouve que c’est une bonne façon de demander de ses nouvelles sans en avoir l’air. Mais Mrs Jacey n’est pas dupe.

« Vous pensez encore à elle, hein ? Je gaspillerais pas ma salive, si j’étais vous. Non, elle en fait pas partie. Mais c’est juste parce qu’avec elle, faut toujours se battre, tous les jours, alors c’est pas nouveau. Le gâteau m’avancera à rien avec madame. Rien n’y fera, je vous dis. »

Je suis triste de l’apprendre, mais je me souviens de ma promesse à Mr Miles et j’en viens au fait. Mrs Jacey cherche la date d’arrivée de Clover – octobre 1895 – et trouve les maigres notes correspondantes. Ma fille a été amenée par une certaine Mrs Lily Duckworth, de Harlowe Place à Saffron Hill. Tout cela semble plutôt rural et charmant. Je sais que ce n’est pas le cas.

« Vous avez pas l’intention d’y aller, si ? me réprimande Mrs Jacey avec le même froncement de sourcils qu’elle arborait quand elle m’a déconseillé d’adopter Gert. Faut pas y aller toute seule, voilà tout. Faites-vous accompagner. D’un homme. Et vous habillez pas trop bien, si vous voyez ce que je veux dire. »

Je promets de suivre ses conseils, avant de sortir à la hâte et de les ignorer complètement. Non que je ne respecte son jugement ; c’est juste qu’elle a tendance à me prendre pour quelque précieux bibelot qu’il faut conserver dans un amas de coton à l’intérieur d’une boîte rembourrée. Je prends les devants ! Je ne vais tout de même pas remettre mes projets à plus tard pour un chaperon et une robe inélégante. Je hèle un fiacre.

« Harlowe Place ? répète le cocher d’un ton incrédule. Saffron Hill ? Vous êtes sûre, m’dame ? »

Cela ne me rassure pas. Néanmoins, je confirme ma destination.

Nous roulons à bonne allure dans un bruit de ferraille. Tandis que Londres défile, j’aperçois des signes du printemps un peu partout – des fleurs de magnolias qui s’épanouissent avec une langueur luxuriante et lustrée à l’intérieur de jardins clôturés, des crocus qui dansent sur les accotements, telles des langues de feu. Jaune d’œuf. Jaune safran, songé-je ; je me dis qu’il s’agit là d’un bon présage. Nous coupons par le coin nord-est de Regent’s Park et je me souviens des gros lions jaunes dont Otty m’a parlé. Il faudra que j’y emmène Clover bientôt.

La vue se fait plus encombrée au fur et à mesure que nous avançons, les couleurs s’affadissent, les grands espaces rapetissent, les immeubles imposants se bousculent pour être sur le devant de la scène. Puis viennent les bâtiments moins imposants. Et il ne reste bientôt plus aucun charme, seulement des logements exigus, serrés ensemble telle une foule. Le fiacre passe par des rues si étroites que je crains que nous en éraflions les côtés. Il y a comme un goût de découragement surmonté d’une épaisse couche de menace. Nous nous arrêtons. Devant les portes sont assis des mendiants, sales, apathiques, certains avec des bébés dans les bras, certains avec des béquilles. Ils regardent le fiacre. Je n’ai pas envie de descendre.

« Est-ce Harlowe Place ? demandé-je, me penchant par la fenêtre.

— Non, m’dame. Je ne peux pas y accéder avec le fiacre, il ne passera pas. C’est par là. »

Il me montre l’entrée sombre d’une ruelle à notre gauche. Je plisse les yeux pour mieux voir le panneau grossier sur le mur.

« C’est écrit Mellis Court, observé-je.

— Exact. Mellis donne sur Harlowe. »

Comme c’est consternant ! La rue dans laquelle nous nous trouvons est minable et étroite. Mellis Court est deux fois moins grande. Et Harlowe Place serait pire encore ? Je me rends compte que j’ai fait une erreur monumentale.

Je comprends à présent pourquoi Mrs Jacey m’a conseillé de changer de robe et de venir accompagnée. Je n’avais simplement pas saisi l’ampleur de la situation. Cela ressemble à une scène d’un roman de Dickens, mais nous ne vivons plus dans le Londres du célèbre romancier. Nous ne sommes qu’à deux pas du e XX siècle ; comment peut-il encore exister une misère d’une telle magnitude ? Puis je pense à Mabs Daley. J’aurais dû m’en douter.

Si j’avais un peu de bon sens, comme dirait Mrs Jacey, je demanderais au cocher de me ramener chez moi et je reviendrais avec Mr Miles. Mais non, je dois le faire maintenant. Je ne saurais justifier ma détermination, mais je dois aller voir. Sans doute verrais-je les choses autrement si j’avais dormi davantage.

« Cocher, quel est votre nom je vous prie ?

— Mon nom ? »

Il se retourne sur son siège et me regarde.

« On m’appelle Dawkins.

— Mr Dawkins. Auriez-vous la gentillesse de m’attendre ici ? Je n’en ai tout au plus que pour deux ou trois minutes. Puis j’aimerais que vous me rameniez à Hampstead. Je conçois que la course sera considérable et je vous promets également un pourboire généreux. M’attendrez-vous ?

— Oui, m’dame, c’est d’accord. Mais je ne crois pas que vous devriez y aller seule.

— Proposez-vous de venir avec moi, Mr Dawkins ?

— Je ne peux pas quitter la voiture, m’dame. Je la retrouverais en morceaux et je ne reverrais plus jamais mon cheval.

— Alors je dois y aller seule. Mais m’attendrez-vous ? »

Rassurée par son hochement de tête morose, je sors du fiacre. L’air épais dégage une odeur malsaine. Les mendiants me tendent leurs mains étiolées. Leur apathie me perturbe.

« Dans une minute, à mon retour », dis-je avant de m’engager dans Mellis Court.

Un nom d’une prétention amusante. C’est une ruelle aux murs de brique si proches que ma jupe les effleure quand je marche. Je tente de protéger ma robe de la saleté, puis réalise qu’un ourlet crasseux est le cadet de mes soucis. J’avance d’un pas qui se veut plus confiant que je ne le suis réellement, songeant à la nature intrépide de Mr Miles et à sa capacité à parcourir la face cachée de la ville sans se faire remarquer. Là, un léger virage. Comme il n’y en a pas d’autre, je le prends. Un minuscule passage donne sur une petite cour. Tout autour, les maisons sont grises et décrépites ; nul signe ici de la journée de printemps dont j’ai joui en chemin. Quelques enfants sont assis sur des marches : des filles bercent des poupées, des garçons se battent avec des bouts de bois en guise d’épées.

Une femme sort et arrache la poupée des mains d’une fillette.

« Foutue Alice ! crie-t-elle. J’t’ai dit de pas piquer le bois de chauffage. Tu crois qu’on est pleins aux as ou quoi ? »

Ce n’est pas une poupée du tout, juste quelques bâtons ficelés ensemble et revêtus d’un chiffon. J’ai envie de pleurer. Voilà comment vivait ma petite Clover.

La fille ne proteste pas ; elle recule et renonce à son jouet. Puis la femme me voit. Elle se fige, tel un chat devant un oiseau.

« Hé oh, vous êtes qui, vous ? braille-t-elle. Qu’est-ce que vous voulez ? On veut pas d’inconnus par ici.

— J’allais partir. »

Je m’approche pour que nous n’ayons pas à nous crier dessus.

« Pouvez-vous me dire si nous sommes à Harlowe Place, je vous prie ?

— Et alors quoi, si on y est ? »

Mon Dieu, comment lui expliquer ? J’improvise.

« J’ai fait une promesse à une amie. C’est une longue histoire. »

La petite Alice tire sur la jupe de la femme.

« M’man, dit-elle. Peut-être que la dame est venue nous donner quelque chose. »

La femme lui décoche une claque avec une grande désinvolture, si bien que la tête de l’enfant heurte le mur. Les yeux d’Alice s’emplissent de larmes ; pourtant, elle ne bronche pas. Être le témoin d’un acte de violence aussi infime et ordinaire qu’un mouchage de nez me fait tressaillir. Je meurs d’envie de dire ce que je pense, mais je sais ce qu’en penserait Mrs Jacey.

« Imbécile, raille la femme. Bien sûr que non. Les gens dans son genre donnent jamais rien à ceux comme nous. C’est qu’une salope de riche qui vient nous reluquer. Si vous dégagez pas d’ici, je vais chercher mon mari.

— Inutile, madame, dis-je, consternée par le léger tremblement que j’entends dans ma voix. Je m’en vais, mais avant de partir, je suis effectivement venue vous donner quelque chose. »

Son visage s’assombrit comme un ciel orageux.

« Ah ouais ? Et quoi donc ?

— Cinq livres. »

Je les sors de mon sac à main.

« Tenez. »

Je les lui tends. Elle se contente de me regarder ; j’avance donc et les lui mets dans la main. Ses doigts se referment sur le billet.

« Vous voulez quoi ? lance-t-elle. M’attirer des ennuis avec la police ?

— Bien sûr que non, je ne cherche qu’à vous aider. Vous avez tort, voyez-vous ; parfois les gens veulent aider. Au revoir. »

Ah, quelle satisfaction de lui donner tort devant la petite. Je jette un coup d’œil à Alice et vois qu’elle écoute.

« Je vais chercher Terence », annonce mon ennemie jurée avant de rentrer chez elle.

Je m’agenouille devant l’enfant.

« Et voici pour toi, ma chérie, murmuré-je, lui donnant un shilling brillant. Garde-le. Tu as de très jolis cheveux. »

Puis je me lève pour partir. Ma route est barrée. Cinq garçons dépenaillés au visage sévère me bloquent le passage vers la ruelle. Ils se dressent, côte à côte.

« Alors allez-y, filez-nous le reste », lance l’un d’entre eux.

À son ton de voix, on croirait un vieillard, mais à son visage je ne lui donnerais pas plus de quatorze ans. Comment un simple enfant peut-il être si effrayant ? Je comprends aussitôt que cela risque de tourner très mal à moins que je sois très maligne ou très chanceuse. Je suis soudain bien éveillée.

« Bonjour messieurs. »

Ma voix trahit mon effroi.

« Vous m’avez sans doute entendu dire à votre voisine que je suis là pour vous aider. Laissez-moi vous donner de l’argent – non, inutile de protester, c’est pour cette raison que je suis là. Voyons, tenez pour vous, et pour vous… »

Je distribue tout le contenu de mon sac et leurs mains rêches se cramponnent aux miennes jusqu’à ce qu’il n’y ait plus rien à prendre. Ils savent, et moi aussi, que je n’ai pas le choix, mais il est hors de question que je l’admette devant eux.

« C’était un plaisir de vous voir, mais je dois partir à présent.

— Ah ouais ? » rétorque l’un d’entre eux.

Il penche la tête sur le côté, révélant un cou crasseux sous un foulard sale.

« Et si on veut vos boucles d’oreilles, ou votre médaillon ? Ou autre chose ? »

C’est ce que je craignais. Il paraît si averti, si adulte, de la pire façon qui soit. Mais c’est ce cou crasseux qui me donne le courage de parler.

« Les enfants, poussez-vous. J’ai bien peur de ne pas pouvoir vous donner mes boucles d’oreilles, elles appartiennent à ma mère et elle serait furieuse si jamais je les perdais. Le médaillon est très bon marché et n’aura aucune valeur pour vous. Mais tenez, prenez mes gants. Ils sont doublés de soie et devraient rapporter un bon prix. À présent, je dois partir. Bonne journée à vous tous. »

Mon ton sec recèle suffisamment d’autorité : le plus petit garçon s’écarte, juste assez pour me permettre de me faufiler. J’arrive à Mellis Court et me dirige à grandes enjambées vers le fiacre. J’entends des pas derrière moi mais ne cours pas ; ils pourraient me rattraper en une fraction de seconde. Feindre l’assurance est ma seule option. Mon cœur bat la chamade. À mon immense soulagement, j’aperçois Mr Dawkins à l’entrée de la ruelle ; il a l’air inquiet.

« Vous aviez dit deux ou trois minutes ! s’écrie-t-il lorsque j’arrive à sa hauteur. Oh, ajoute-t-il en remarquant le groupe de garçons derrière moi. Ça va, m’dame ?

— Oui, merci. Ça peut aller. Je suis très heureuse de vous voir, Mr Dawkins. »

Je jette un coup d’œil par-dessus mon épaule : les garçons ont disparu.

Les mendiants sont toujours sur les marches. Eux ne me harcèleront ni ne me poursuivront. Mais j’ai fait une promesse.

« Mr Dawkins, je dois vous demander un dernier service. Prêtez-moi de l’argent, je vous le rendrai dès que nous serons rentrés chez moi à Hampstead. J’ai assuré à ces personnes que je leur donnerais quelque chose, mais il ne me reste plus rien.

— M’dame, avec tout le respect que je vous dois, c’est très gentil à vous, mais ça ne sert à rien. L’opium et la boisson, voilà où vos sous vont finir. Même s’il y en a un ou deux qui sortent du lot, un shilling ou une livre, qu’est-ce que ça change ? Ça fera pas de différence, m’dame.

— Je comprends très bien et vous avez raison. Mais je dois tenir ma promesse. C’est mon argent.

— Sauf respect, m’dame, c’est le mien.

— Oui, mais je vous rembourserai d’ici une demi-heure. »

Il pousse un soupir, cherche sous son siège et en tire une poignée de piécettes.

« Je m’en occupe, m’dame. »

Je ne peux nier que je me réjouis de grimper dans le fiacre et de m’y écrouler. J’ai les jambes en coton et ma propre stupidité me frappe de plein fouet. Lorsque nous nous éloignons, mon soulagement est indescriptible.

Je suis sonnée durant tout le chemin qui mène à Polaris House, où le cocher saute à terre pour m’ouvrir la porte.

« J’espère que je n’aurai plus de course comme la vôtre aujourd’hui, m’dame. »

Je souris.

« Je l’espère aussi, Mr Dawkins. Vous avez été fort indulgent. Merci pour tout, et en particulier de m’avoir attendue. Je n’en serais pas sortie vivante.

— Non m’dame, en effet. C’est à cause des attentes, vous voyez. Elles s’agglutinent jusqu’à devenir réelles. Ces gens-là n’attendent rien d’autre que le malheur – à juste titre, d’ailleurs –, alors c’est ce qui leur arrive. Tous les shillings du monde n’y changeront rien. Il leur faut autre chose. »

Je suis très intéressée.

« Quoi d’autre, Mr Dawkins ? Avez-vous la moindre idée de ce qu’il leur faut ? »

Il réfléchit longuement à la question.

« Je n’en sais rien, m’dame. L’éducation a son importance, mais c’est autre chose encore. Il faudrait les éduquer sur le monde et les différentes personnes qu’on y trouve. Quand vous ne connaissez que ça, ces endroits, ce mode de vie, quand toute votre famille y a grandi aussi et est incapable de vous parler d’autre chose, comment vous voulez imaginer autre chose ? L’espoir, m’dame, voilà ce dont ils ont besoin, mais ça, ce n’est pas quelque chose que vous ou moi pouvons leur donner. Si vous n’avez pas d’espoir, pourquoi ne pas voler ou mendier, ou encore baisser les bras ? En tout cas, c’est mon avis.

— Un avis on ne peut plus pertinent », dis-je, descendant de voiture et défroissant mes jupes.

J’ai l’impression d’avoir vécu une vie entière aujourd’hui.

Je me hâte d’entrer, trouve de l’argent, me dépêche de ressortir et paye Mr Dawkins pour la course, pour l’attente, pour l’argent qu’il m’a prêté sur mon insistance, et pour sa sagesse, le tout couronné par le pourboire promis. Sur un coup de tête, je lui demande sa carte, bien qu’il espère certainement ne plus jamais me revoir. J’ai une idée en tête.

 

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