Le Manoir aux roses
31 – Mabs
MABS
LORSQUE MABS ARRIVA AU TRAVAIL le lendemain de la dernière crise de colère de Mrs Finch, elle était pleine d’appréhension. Or, à son grand étonnement, Mrs Finch lui présenta ses excuses. Rien de très recherché ; elle se contenta de dire :
« Veuillez m’excuser pour la façon dont je me suis comportée envers vous hier. »
Mabs songea qu’une chose pareille n’aurait jamais eu lieu auparavant. Malgré tout, rester cloîtrée avec elle jour après jour lui donnait l’impression d’être enfermée avec un lion en cage. Par consentement tacite et mutuel, elles ne lurent pas ensemble pendant quelques jours ; leur accord précaire avait été endommagé. Mais la semaine suivante, elles recommencèrent et Mabs endura tant bien que mal le mois de mars. Il n’y eut pas d’autres crises – du moins pas à son endroit –, sa maîtresse continuait à se montrer aussi imprévisible que le vent. Mabs, elle, s’efforçait de demeurer constante dans cette déconcertante équation.
Un dimanche, Mabs rentra chez elle de bonne humeur, non en raison d’une quelconque amélioration de son travail, mais parce que le printemps était enfin arrivé. Des jonquilles dansaient au bord de la route et emplissaient l’air matinal de leur parfum frais et sucré. La saison de la glace était terminée. Les Français et les Suisses avaient regagné leur patrie et son père s’en était sorti sans incident.
Mais lorsqu’elle entra dans la chambre de Mushroom Court, son humeur festive s’évanouit. P’pa était introuvable et les enfants avaient l’air morose.
« Qu’est-ce qui va pas ? demanda-t-elle. Où est p’pa ?
— Il va bien, répondit Nicky d’un ton bourru. Les filles font tout une histoire pour rien. C’est vraiment des… filles !
— Et toi, t’es une tête de mule », gronda Jenny.
Assise à table, elle enfouit sa tête dans ses bras.
« Quoi ? insista Mabs.
— Nicky va travailler, expliqua Peg, prenant place sur le rebord de la table le plus proche de Mabs. Sur les quais.
— Quoi ?! répéta Mabs d’un ton bien plus menaçant.
— Après p’pa, c’est moi l’homme de la maison ! déclara Nicky. En dehors de p’pa, y a que Jenny et toi qui rapportez de l’argent. Des filles. C’est pas normal. À mon tour, maintenant.
— Nicky, mon chéri, t’es encore qu’un bébé. Enfin… les canaux ?
— J’ai douze ans, argua Nicky, qui lui parut soudain effroyablement adulte. C’était mon anniversaire le mois dernier. Tu t’en souviens, Mabsy, t’étais là. Je sais que tu veux qu’on continue d’aller à l’école, mais c’est pas fait pour moi. J’aime pas ça et je suis mauvais élève. Je suis grand pour mon âge et j’ai envie de travailler. Si ça suffit à p’pa, ça me suffit à moi aussi, alors commence pas, Mabs !
— Très bien », rétorqua Mabs d’une voix crispée.
Elle connaissait bien cette expression sur le visage de Nicky. Il était aussi têtu que la Tamise était large. Qu’il aille donc bosser sur les quais, il verrait bien à quoi il avait affaire. Sans doute pensait-il être un homme et avoir besoin d’apporter sa contribution, mais quand il aurait passé quelques semaines à traîner des matières de vidange et à draguer du limon, il reviendrait sur ses positions.
« Et puis d’ailleurs, poursuivit-il comme si Mabs n’avait pas déjà capitulé, elle aussi, elle a lâché l’école ! »
Mabs n’en croyait vraiment pas ses oreilles.
« Qui ? Jenny ? C’est faux, hein, Jen ? T’aimes bien l’école. Tu l’as toujours dit.
— Oui, j’aime bien », gémit Jenny, la tête toujours dans les bras.
Puis elle se redressa pour regarder Mabs.
« En tout cas, j’aime bien l’idée d’aller à l’école. Mais franchement, Mabs, ça vaut pas le coup. J’ai quinze ans. Tout le monde s’en va à quatorze ans. Mr Winkler, ça le dérange pas que j’y aille parce que j’ai loupé tellement de choses quand m’man était malade et… après aussi. Mais il m’apprend rien de nouveau non plus. C’est toujours les mêmes leçons que l’an dernier, mot pour mot. Je suis assise là, à m’abîmer les yeux. Autant les abîmer en cousant, je gagnerais plus. On a besoin d’argent, Mabs.
— Comme toujours, fit observer Mabs. Pourquoi ça presse autant, tout à coup ? En une semaine, voilà que tu couds davantage et que Nicky part travailler. Comment ça se fait ? »
Les enfants se regardèrent. Jem s’approcha de la porte et jeta un coup d’œil dans l’escalier.
« Il est pas encore là, rapporta-t-il.
— Parce que p’pa va au charbon demain, expliqua Peg.
— Oh bon sang », lâcha Mabs, s’affalant sur une chaise à côté de Jenny.
Le charbon. À force de se préoccuper de la glace, elle avait réussi à oublier le charbon, une des marchandises les plus importantes du canal. Ce n’était pas le charbon en soi, le problème. Le travail ressemblait aux autres : il fallait le transporter des barges au quai, le hisser sur les charrettes, parfois avec l’aide de grues hydrauliques, parfois sans. Le problème, c’était avec quoi on payait les hommes.
Généralement, le charbon allait d’abord aux agents ou aux intermédiaires, pour la plupart des patrons de pubs. Et si ceux-ci étaient souvent à court d’argent, ils ne manquaient jamais de bière. Ils payaient donc en partie les porteurs avec des boissons, or la bière n’était pas le genre de monnaie avec laquelle on pouvait acheter à manger ou que l’on ramenait à sa famille. La convivialité et le luxe de boire quelques pintes à la fin d’une dure journée de labeur rendaient, au début, l’idée de travailler au charbon attrayante. Jusqu’à ce que les hommes s’aperçoivent que leurs enfants n’avaient pas eu de vrai repas depuis des semaines et qu’eux-mêmes n’avaient pas eu l’occasion de parler à leur femme parce qu’ils passaient tellement de temps au pub. Des familles dont le père était plus stable que Nicholas Daley avaient souffert de privations à cause de cela.
P’pa s’était mis à picoler sec à la mort de Maureen, même lorsque Mabs le suppliait d’arrêter. Ces derniers mois avaient été positifs : p’pa n’était certes pas encore revenu à la normale mais il se portait plutôt bien. À présent, cela ne faisait aucun doute : la moitié de l’argent destiné à la nourriture allait finir au Bunch of Grapes à Limehouse. Pas étonnant que Jen et Nicky cherchent un moyen de rattraper le manque à gagner.
« Je vais le tuer, maugréa Mabs, l’estomac noué.
— Ben il a encore rien fait, lui rappela Jenny avec justesse. Et c’est pas ça faute ; il a pas demandé à aller au charbon.
— Je sais. Mais on sait tous ce qui va arriver, non ?
— Peut-être que ça sera différent, cette fois », suggéra Jem, qui avait toujours eu en lui une si grande bonté et une telle tendance à voir ce que le monde avait à offrir que l’idée qu’il soit lui aussi obligé d’y travailler dans quelques années brisa le cœur de Mabs.
Ça n’arriverait pas ; elle allait y veiller.
Lorsque Mabs rentra ce soir-là, la matinée ensoleillée et les brises dansantes avaient laissé place à une obscurité à couper au couteau et à un vent violent.
« Nom d’un chien ! » maugréa-t-elle, avançant d’un pas vacillant.
Si elle avait su, elle serait partie plus tôt, mais Mushroom Court était si rencognée que l’on voyait difficilement le temps qu’il faisait et elle n’avait pas hâte de retourner à Willoughby Walk. Chaque pas était une lutte ; elle atteignit enfin Heath Road, épuisée. Une jolie pleine lune d’une blancheur éclatante brillait dans le ciel. Mabs aurait aimé en tirer quelque réconfort, mais la lune se souciait peu que Nicholas Daley abuse ou non de la bouteille.
En tournant sur Flask Walk, la tête baissée face au vent, elle percuta des personnes qui sortaient de Back Lane et se confondit en excuses.
« C’est entièrement notre faute », s’écria une voix familière.
Mabs vit qu’il s’agissait d’Olive Westallen.
« Oh ! » s’exclama-t-elle.
Elle n’aurait pu mieux tomber. Il lui arrivait souvent de penser à Olive et elle aurait tout donné ou presque pour pouvoir lui confier ses malheurs. Mais Miss Westallen se rendait quelque part avec ses amis ; elle n’allait pas rester papoter avec elle.
« Miss Westallen ! poursuivit Mabs. Je suis contente de vous voir.
— Mon Dieu ! Mabs Daley ! Bonsoir, comment allez-vous ?
— Ça peut aller, miss. Et vous ?
— Oh, je vais très bien ! Je m’apprête à aller contempler les étoiles. Voici Anne, ma domestique, qui fait preuve d’une patience à toute épreuve, et son amoureux, Colin, qui doivent m’accompagner au cas où l’on me détrousserait. Les pauvres, mon excentricité est pour eux un tel fardeau… »
Mabs sourit aux autres qui, en effet, auraient semblait-il préféré être ailleurs.
« Où est-ce que vous faites ça ? s’enquit-elle, curieuse. Le vent est froid, miss ! »
Miss Westallen éclata de rire.
« C’est juste. Mais il a chassé les nuages. Regardez, Mabs ! Pas le moindre voile entre les cieux et nous. Un petit aperçu de l’au-delà… Nous allons à Parliament Hill. Aimeriez-vous vous joindre à nous ? »
Mabs hésita. Un instant plus tôt, elle ne rêvait que d’une chose : rentrer s’emmitoufler dans des couvertures chaudes et oublier cette journée et toutes ses mauvaises nouvelles. Pourtant, la présence de Miss Westallen la motivait terriblement.
« Je connais rien aux étoiles, avoua-t-elle. Je suis pas érudite, miss. Mais j’aimerais bien venir si vous êtes vraiment sérieuse.
— Ah, l’érudition, bagatelle… décréta Miss Westallen. Et comme je vous l’ai déjà dit, appelez-moi Olive. Venez ! »
Elle s’éloigna à grandes enjambées. Il n’était pas plus de 22 heures. Excentrique, en effet, songea Mabs en lui emboîtant le pas.
Avec Olive à son côté, Mabs sentait moins le froid que l’euphorie de se démener sur la lande, des mèches de cheveux collées au visage, la jupe claquant tel un drapeau. Lorsqu’ils atteignirent Parliament Hill, Colin étendit des couvertures par terre – chacun se tint à un coin pour éviter qu’elles ne s’envolent – tandis qu’Anne sortait des flasques et des sandwichs.
« Vous êtes drôlement préparés ! constata Mabs, ravie.
— J’ai fait cela très souvent, reconnut Olive, haussant la voix pour se faire entendre malgré le vent. Mon père m’a appris que les marins suivent les étoiles. J’étais convaincue qu’elles étaient des anges gardiens. Le ciel nocturne m’a toujours passionnée.
— C’est charmant », soupira Mabs.
Si les marins suivaient les étoiles, existait-il un équivalent pour les manœuvres des canaux ?
Olive s’assit et fit signe à Mabs de la rejoindre. Anne et Colin s’installèrent un peu plus loin derrière.
« Nous nous asseyons toujours ainsi, expliqua Olive. Quand je suis seule, voyez-vous, je ne fais que regarder et réfléchir. Comme ça n’a rien de drôle, ils me laissent tranquille. Mais vous n’aurez pas cette chance, je le crains. J’ai l’intention de vous donner une leçon sur les étoiles !
— Ça me plairait beaucoup, répondit Mabs avec un sourire qu’elle ne parvint pas à réprimer.
— Je suis ravie de vous revoir. Nous sommes dimanche – je suppose que vous reveniez de chez vous quand je vous ai kidnappée. J’espère que votre famille se porte bien ? »
Mabs ne put se retenir de s’épancher.
« Pas trop, non, miss… Olive. Ils ont mis mon père au charbon, alors il va boire sa paye, et Nicky va travailler sur les quais et Jen a quitté l’école pour pouvoir coudre plus et…
— Attendez, ma chère, je vous prie », l’interrompit Olive, levant une main gantée.
Les mains de Mabs, elles, étaient nues et enfouies tout au fond des poches de son manteau afin de s’abriter du vent.
« Ralentissez, je ne comprends pas. Quand vous dites qu’ils l’ont mis au charbon, que voulez-vous dire ? Je l’imagine en train de rôtir doucement. »
Mabs partit d’un rire tremblant.
« Ah oui, j’oublie que ça paraît étrange à ceux qui connaissent pas ce boulot. Désolée, miss… Olive. »
Elle prit une grande inspiration et lui expliqua mieux les choses.
« Je vois, dit Olive une fois que Mabs eut décrit le problème. Et quoi d’autre ? Vous avez mentionné Nicky et quelqu’un d’autre encore... Vos frères et sœurs, je suppose. Pardonnez-moi, je sais que vous m’avez donné leurs noms, mais ils sont si nombreux que je ne m’en souviens plus.
— Bien sûr que non, je vous en ai parlé qu’une fois. Alors Nicky – c’est l’aîné des garçons, il vient d’avoir douze ans – a décidé d’aller travailler sur le quai, lui aussi. P’pa le fait, je l’ai fait, c’est comme ça qu’on gagne notre croûte, dans ma famille. Pour être honnête, l’école, c’est pas son truc. Il est intelligent, je dis pas, mais y a intelligent et y a instruit, et c’est pas toujours la même chose. Vous voyez ce que je veux dire ?
— Absolument, et vous avez raison.
— Dans tous les cas, ça me fend le cœur qu’il ait pas d’autre choix. Il est si jeune, et c’est dangereux, là-bas.
— Dangereux ? »
Mabs raconta à Olive comment la glace avait failli l’écraser, comment les éclats avaient volé comme des poignards. Elle évoqua les hommes qui se noyaient, qui s’effondraient, qui se coinçaient les mains dans les treuils.
« Voilà où mon petit frère va travailler, conclut-elle d’un ton amer. J’ai promis de leur donner une vie meilleure, mais je mets trop longtemps et cette vie-là, elle les engloutit un par un.
— Comment comptez-vous les sauver ? » interrogea Olive.
Mabs lui parla de ses économies.
« Par exemple, s’il y avait un poste qui pourrait leur correspondre, alors je leur achèterais une robe ou un costume, pour qu’ils puissent se présenter et avoir l’air respectables. Quand je suis allée passer l’entretien chez les Finch, j’avais rien à me mettre ; mon amie Lou m’a prêté sa robe. »
Elle lui confia qu’elle apprenait à lire et qu’à son tour, elle instruisait les autres le dimanche après-midi.
« Mais je vous en supplie, ajouta-t-elle, prise d’une crainte soudaine, parlez pas de ça à Mr Finch. Mrs Finch pense que ça lui plaira pas et j’ai promis de rien dire.
— Motus et bouche cousue, assura Olive d’un ton calme. Et que disiez-vous tout à l’heure ? Au sujet de la couture ?
— Jen, ma sœur. Elle a quinze ans. »
Mabs détailla la nature douce de Jen, son intelligence, sa vue qui baissait. Puis Olive l’interrogea sur les autres et Mabs les lui décrivit : Peg, avec ses dents du bonheur, ses couettes et son amour des belles choses. Le doux Jem, qui avait le don de voir le bon côté des gens. Le petit Matty, avec ses taches de rousseur et sa passion pour les marrons. Et le bébé.
« M’man l’a appelée Angeline. C’était le prénom de la fille d’une dame pour laquelle elle faisait de la couture – elle acceptait souvent de l’ouvrage en plus de son boulot de lessiveuse. La dame lui a expliqué que ça voulait dire petit ange, alors quand Angie est née, c’est comme ça que m’man a voulu l’appeler.
— Ils ont tous l’air formidable, remarqua Olive avec douceur. Je comprends pourquoi vous voulez les aider. Mais Mabs, vous rendez-vous compte qu’ils sont six ?
— Oui, miss, je m’en rends compte, rétorqua Mabs d’un ton ironique.
— Et vous êtes toute seule.
— C’est vrai.
— Êtes-vous consciente que la tâche que vous vous imposez est presque irréalisable ? »
Mabs hocha la tête.
« C’est pas une raison de pas tenter le coup, si ?
— Bien sûr que non ! Jamais je n’affirmerais une chose pareille. Je veux juste que vous soyez un peu plus indulgente envers vous-même pour n’avoir pas encore réussi à l’accomplir. Ce n’est pas faute d’avoir essayé, mais il s’agit là d’un défi monumental. »
Mabs sourit.
« Merci miss. Olive. »
Anne leur passa les flasques et les sandwichs.
« Oh, vous nous en avez laissé un peu, comme c’est gentil, la taquina Olive. Tenez, Mabs, servez-vous. Je ne sais pas à quoi sont ces sandwichs…
— Au poulet ! lança Anne par-dessus son épaule.
— Au poulet. Et voici du chocolat chaud relevé d’un peu de rhum caribéen un peu particulier de papa. Il en a ramené une réserve inépuisable de ses voyages, je n’ai donc aucun scrupule à en subtiliser de temps à autre. »
Mabs avala une gorgée et sentit une suavité et une chaleur ardente l’envahir.
« Oh là là, soupira-t-elle. C’est délicieux.
— N’est-ce pas ? Bref. Votre ambitieux projet. Dites-moi, seriez-vous opposée à recevoir un peu d’aide ?
— Je veux pas vous prendre votre argent, miss, si c’est ce que vous avez en tête. Je suis drôlement fière de gagner ma vie. Je sais que je peux pas m’empêcher de vous appeler miss au lieu d’Olive, mais je vous considère comme une amie. Et là d’où je viens, on n’accepte pas d’argent de ses amis.
— De là d’où je viens non plus. Je me demandais simplement si vous aimeriez que je me renseigne pour savoir s’il y a des postes à pourvoir. Mes connaissances fortunées se plaignent toujours qu’il est difficile de trouver de bons employés. Si je leur recommandais de jeunes gens honnêtes, consciencieux et durs à la tâche, peut-être fermeraient-ils les yeux sur leur manque d’expérience.
— Vous feriez ça, miss ? Enfin, Olive. Vraiment ? Oui ! S’il vous plaît ! Voilà ce que j’attends, voyez. Des occasions comme celles-là. Depuis que j’ai commencé à lire, je cherche dans le journal – les bonnes m’ont dit de regarder sur la page des postes vacants du Morning Post – mais j’ai encore rien trouvé.
— L’hiver est plutôt calme.
— Et je vais continuer à chercher. Je préférerais quand même qu’ils travaillent pour quelqu’un que vous connaissez. Quelqu’un de gentil. Mon amie Lou bosse pour des gens très difficiles… Elle va bien parce que c’est une dure à cuire, mais j’aimerais pas que ma famille se retrouve dans un endroit comme ça ; ils ont le cœur tendre.
— Eh bien, maintenant que j’en sais plus à leur sujet – Jenny, qui est douce et intelligente, Nicky, qui est fort et compétent, et les autres –, je vous avertirai dès que j’entendrai parler de quelque chose.
— Merci, merci mille fois, répondit Mabs, sortant les mains de ses poches pour prendre celles d’Olive. Je sais que je suis pas objective, mais c’est des enfants adorables. Vous imaginez pas ce que ça fait que d’avoir de l’espoir. Bon, parlez-moi un peu de ces étoiles qui ont veillé sur votre père. »
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