Les Françaises, les Français et l'Épuration
L’extrêmement loin : l’Indochine et les concessions
liberté risquait de se transformer en aspiration à l’indépendance.
L’EXTRÊMEMENT LOIN :
L’INDOCHINE ET LES CONCESSIONS
L’indulgence envers les dirigeants coloniaux profita également
à l’amiral Decoux, gouverneur de l’Indochine. Accusé d’avoir
collaboré avec les Japonais, il avait même préparé une opération
militaire conjointe pour s’emparer de la Nouvelle-Calédonie qui
avait rejoint la France libre. Il fut arrêté après-guerre et lui aussi
déféré devant la Haute Cour de justice mais bénéficia d’un non-
lieu en 1949 43. Le déroulement des événements fit de l’Indochine
le territoire où la question de l’épuration fut posée tardivement.
En effet, après le coup de force japonais du 9 mars 1945, les
Français perdirent de fait leur souveraineté sur la péninsule.
L’indépendance du Vietnam fut proclamée à deux reprises.
D’abord par l’empereur Bao Dai avec le soutien tactique des
Japonais le 11 mars 1945, puis, lors de la capitulation de ces
derniers, par le Vietminh le 2 septembre 1945. Aussi, pour le
Gouvernement provisoire de la République française, la priorité
était la reconquête. Celle-ci plus ou moins effective au début de
l’année 1946, l’installation de la cour de justice pour les faits de
collaboration relevait avant tout de l’affirmation de la
souveraineté française 44. Ici, comme ailleurs, la République se
devait de punir les traîtres. Aussi, le 11 mai 1946, est instaurée la
cour de justice de l’Indochine qui avait compétence pour juger les
faits de collaboration commis par des citoyens français sur le
territoire de la colonie 45.