Sugar Baby - Tome 2

Eva Dupea · Chapitre 6 sur 75

Pages du PDF

Sugar Baby - Tome 2

Chapitre 4

 

Adam

 

Ce soir, je ne comptais pas fêter le nouvel an. Je prévoyais de rester chez moi et de boire une bouteille de scotch. Mais j’ai eu la mauvaise idée d’aller scruter le compte Instagram de Mia. En retrouvant son pays, sa ville et ses proches, elle a aussi retrouvé son ex petit ami. Même si ce gars n’a pas été foutu de lui déclencher un orgasme en deux ans de relation, elle va retourner bêtement dans ses bras. Elles font toutes ça. Les jeunes femmes sont ainsi. Elles quittent le gentil garçon un peu gauche, pour le méchant mec super sexy. Et puis, quand elles finissent par souffrir, elles comprennent que la routine n’est pas une si mauvaise chose.

Je suis un bon coup, mais jamais je ne serai un prince charmant. Mia l’a bien compris. Il suffit de voir comment ils se tiennent la main. J’ai envie de gifler ce puceau prétentieux, mais cela reviendrait à avouer à Mia que je tiens encore à elle. Maintenant, je ne veux plus penser à elle et à l’effet que son cul avait sur moi. Il faut traiter le mal par le mal, et l’endroit où je me rends va m’y aider. Je me contrefous du réveillon, je veux juste me bourrer la gueule. Grâce à mes multiples contacts et mon charme ravageur, je suis parvenu à me faire inviter à l’une des réceptions les plus prisées qui aient lieu ce soir à New York. L’occasion parfaite pour oublier cette blonde démoniaque qui possède chacune de mes pensées.

Lorsque Paul se gare devant le Penthouse et qu’il me demande s’il doit m’attendre, je lui réponds que je ne rentrerai pas ce soir. Je me trompe certainement, mais j’ai presque cru voir une pointe d’agacement dans son regard. Qu’est-ce qui lui prend à celui-là ? Il n’est pas content que je lui offre l’opportunité de réveillonner en famille ? Il a de la chance que je n’aie pas envie de parler, car je lui aurais demandé pour quelle raison il tire la tronche depuis plusieurs jours.

— Bonne soirée, et bon réveillon, monsieur Davis, me dit-il en tenant ma portière.

— Merci, Paul. Amusez-vous, car moi c’est ce que je compte bien faire.

— Je suis disponible, si vous avez besoin de mes services.

— C’est aimable de votre part, mais pour être honnête le seul service dont j’ai besoin, ce n’est pas vous qui pouvez me le rendre, réponds-je dans un clin d’œil.

Je m’éloigne, non sans l’entendre marmonner quelque chose. C’est inaudible, mais je suis certain qu’il vient de penser à voix haute. Il m’agace, mais je peux le comprendre. Ces derniers mois n’ont pas été de tout repos pour mon fidèle chauffeur. Il a dû gérer la crise qui a suivi l’abandon de ma collection féminine et ma rupture avec Mia. Depuis, je n’étais pas vraiment de bonne humeur, alors j’ai fait un long marathon des bars. Paul m’a récupéré dans de sales états, et dans ces moments-là on ne peut pas vraiment dire que je suis facile à vivre. Je me ferai pardonner en lui offrant une jolie prime de fin d’année.

Mais, avant de me délester de quelques milliers de dollars pour amoindrir la lassitude de mon chauffeur, je compte bien conclure cette année en me trouvant un petit amuse-bouche. Depuis quelque temps, je ne peux pas baiser sans penser à elle, et quand je me branle, c’est la même chose. Je crois que ma bite fait une dépression molle. C’est quoi ce bordel ? Jamais une femme ne s’en est prise ainsi à ma virilité, et cela fait trop longtemps que ça dure. Ce soir, je vais jeter mon dévolu sur le genre de femme qui me fait tout oublier. Pendant que certains se serreront dans les bras pour se souhaiter une bonne année, moi je compte bien sonner les douze coups de reins à minuit tapantes.

Quand je franchis les portes du Penthouse, j’enclenche immédiatement le mode séducteur. Une main dans la poche, je lève la seconde pour glisser mes doigts dans ma chevelure. Immobile, j’observe la grande salle d’un air désintéressé. Je peux déjà croiser des regards tentés, et j’adore ça. Intérieurement, je souris. Extérieurement, je reste impassible. Ça les rend toutes folles quand je me montre aussi sûr de moi. Je me détourne de tous ces regards, et je me dirige vers le bar. À l’occasion du réveillon, chaque client a dû débourser cinq mille dollars. Moi, j’ai mis une belle rallonge pour profiter du salon privé qui se trouve à l’étage.

Celui-ci dispose d’une vue imprenable sur le bar et la piste de danse, mais la vitre sans tain empêche les autres de voir ce qu’il se passe à l’intérieur. Bien décidé à rentabiliser cette dépense futile, je demande un scotch à la barmaid. Comme toutes les filles de la nuit, elle est bien foutue, jolie, et elle a une paire de nichons qui vous empêche de la regarder dans les yeux. Je suis en manque, mais pas au point de coucher à nouveau avec une femme aussi jeune. Non, je sais exactement ce qu’il me faut. Une femme, une vraie. Une de celles qui a souffert de l’amour, et qui n’en a plus rien à foutre d’attendre le quatrième rendez-vous pour vous accorder un chaste baiser.

Que l’on s’entende bien, je ne suis pas un paléontologue à la recherche d’un fossile, mais un homme de trente-quatre ans qui aimerait profiter du savoir-faire d’une femme un tout petit peu plus âgée. Les femmes célibataires entre trente-cinq et quarante-cinq ans sont les plus bandantes. Si elles sont seules à cet âge-là, c’est qu’elles ont forcément essuyé plusieurs revers sentimentaux. En tant que créateur de montres, je suis bien placé pour savoir que l’horloge tourne, et encore plus chez une femme qui refuse de vieillir et de perdre ce charme qui pousse les hommes à la désirer. Elles sont généreuses au pieu, elles se donnent à fond, comme si elles baisaient pour la dernière fois.

Avant de me mettre en chasse, je dois d’abord endormir ces foutues pensées qui se baladent dans ma tête. Après avoir bu mon verre d’un trait, je demande la bouteille de scotch, tout en refilant un pourboire à la barmaid un peu trop bronzée pour un mois de décembre. Je suis entouré d’avions de chasse, et je ne ressens aucun effet. Mais, au fur et à mesure que le niveau de la bouteille baisse, la gent féminine me semble de plus en plus attractive. Voilà où j’en suis, je dois me bourrer la gueule pour oublier la seule dont j’ai réellement envie. Je fais pitié, et je mérite certainement ma condition. Malgré tout, il est hors de question que je subisse plus longtemps mon erreur.

J’évite le regard des femmes plus jeunes que moi et de celles qui ont les cheveux blonds. D’ordinaire, je ne suis pas si sélectif, mais je n’ai aucune envie de m’envoyer en l’air avec le sosie de Mia. Quoique cela soit impossible, puisqu’elle est unique et que personne ne lui arrive à la cheville, à commencer par moi. À côté d’elle, j’ai l’air d’une horrible personne dotée de peu de talent, mais de beaucoup de chance. C’est l’une des nombreuses raisons pour lesquelles je ne dois plus jamais la revoir. Aimer Mia s’est révélé grisant, mais chaque jour je souffrais le martyre.

Sa douceur, sa perfection et son talent ont fait naître en moi un sentiment d’infériorité qui s’est mis à me ronger jusqu’à ce que mon père lui dévoile mon véritable visage. Je n’ai jamais été aussi blessé par un regard posé sur moi. Quand elle a compris que je lui avais menti, quand elle a découvert que je n’étais pas celui qu’elle croyait, je n’étais plus le seul à savoir que je ne la méritais pas. Elle le savait également, mais, aveuglée par ses sentiments, elle m’aurait pardonné. Sans elle, je ne souffre plus. Alors, pourquoi ai-je autant de mal à retrouver mes bonnes vieilles habitudes ?

Je passe une partie de la soirée à écouter les discussions de toutes ces personnes venues fêter le passage à une nouvelle année. C’est si stupide, et je m’insupporte moi-même de me trouver ici. Le DJ est bon, l’ambiance bat son plein, le scotch est de qualité, mais la magie n’opère pas. Je n’ai aucune envie d’être ici, aucune envie que cette année se termine et qu’une autre commence. Alors qu’un serveur me propose des mignardises, je sens un regard insistant se poser sur moi. Je refuse d’un geste de la main, oubliant ma politesse pour me focaliser sur ces yeux que je rencontre pour la première fois.

Deux sièges me séparent de cette belle brune souriante. Il y a quelques secondes, j’avais envie de partir. Maintenant, je veux rester. Je veux entrer en elle. Je m’empare de la bouteille et de mon verre, et je pars m’installer à ses côtés, sans dire un mot. Elle me regarde remplir mon verre. Pendant ce temps, je l’ignore, comme j’aime si bien le faire. Je n’ai pas besoin de lui donner toute mon attention, puisqu’elle est déjà conquise. J’observe, et je repère rapidement tous les signaux positifs qu’elle m’envoie ou non. Sans même la connaître, je sais déjà que je suis tombé sur le bon numéro.

Une légère démarcation à son annulaire gauche m’indique qu’elle est fraîchement séparée, ou qu’elle est sur le point de tromper son mari. Dans les deux cas, c’est bon pour moi. Ses jambes se croisent et se décroisent, signe que l’excitation la gagne. Qu’est-ce qui la met dans cet état ? Mon physique ou mon silence ? Certainement agacée par celui-ci, elle passe une main dans ses cheveux, et tout en glissant son verre près du mien elle me demande :

— Tu m’offres un verre ?

En guise de réponse, j’esquisse un léger sourire, et je verse un peu de mon précieux liquide dans le verre de ma proie.

— Merci, dit-elle en saisissant le récipient que je lui tends.

— Avec qui vais-je avoir l’honneur de porter le dernier toast de l’année ?

— Sasha… Et toi, qui es-tu ?

— Adam.

— Alors, Adam, qu’est-ce qu’un beau jeune homme comme toi fait tout seul dans un bar, le soir du réveillon ?

Jeune homme… Cette remarque me fait sourire. Mia, elle, me trouvait trop vieux, et voilà que son opposé me trouve jeune. Je dois me la sortir de la tête !

— Je ne suis plus seul, réponds-je dans un nouveau clin d’œil.

Et, sans perdre une seconde de plus, je lui demande :

— Dis-moi, Sasha, que dirais-tu d’aller passer les dernières minutes de cette année dans le salon privé ?

— Avec toi ? demande-t-elle rieuse.

Tandis qu’elle jette un regard instinctif sur mes lèvres, tout en s’empêchant de mordre la sienne, je réponds :

— Je serai amplement suffisant…

J’avais oublié à quel point il est simple de séduire ce genre de femme. Sans m’en rendre compte, je recommence à la comparer à Mia. Avec elle, j’aurais déjà essuyé plusieurs punchlines, et un refus catégorique de s’isoler dans un salon privé avec un inconnu. Certain qu’un cul reste un cul, peu importe la propriétaire de ce dernier, je demande qu’une bouteille de champagne nous soit apportée dans le salon privé. J’invite ensuite Sasha à emprunter l’escalier qui mène à l’étage. Les yeux rivés sur ce corps qui ondule, j’ai l’impression de m’éveiller après un long sommeil. J’ai la dalle, et je compte bien apaiser celle-ci en honorant Sasha comme elle ne l’a jamais été.

Elle s’extasie sur la beauté du salon et arpente l’espace, de sorte que je ne puisse pas louper son déhanché. Je m’installe dans le divan en arc de cercle, situé face à la grande vitre qui donne une vue parfaite sur l’intégralité de la salle. Tandis qu’elle s’installe à mes côtés, je scrute la piste de danse, où les corps s’agitent, se collent, s’éloignent, se frôlent. La vue de ces peaux humides qui se touchent parfois furtivement, parfois longuement, m’excite. Mais pour ces choses-là j’aime être patient. Heureusement d’ailleurs, car nous sommes très vite rejoints par un serveur.

Ce dernier pose le seau à champagne et les coupes sur la table basse. Je le récompense en lui glissant un billet de cent dollars dans la poche de sa chemise. Il me remercie, nous souhaitant un agréable moment. Je ne l’écoute déjà plus. La porte est à peine refermée que le champagne coule déjà dans les coupes. Je tends l’une d’elles à Sasha, qui me remercie d’un sourire. Elle était bien plus loquace, un étage plus bas. J’espère ne pas être tombée sur une de ces femmes qui osent vous rentrer dedans pour mieux se défausser lorsque cela devient trop sérieux.

Sur qui suis-je tombé ? Sur la gentille maman qui avait besoin de reprendre confiance en elle après son divorce, et qui n’osera jamais prendre ma queue dans sa bouche ? Ou sur une femme libérée qui s’assume, et qui n’hésitera pas à se donner entièrement ? Ce soir, je n’ai pas envie de faire l’amour. Ce soir, j’ai envie de baiser. J’ai envie de faire tout ce que je n’osais pas faire avec Mia, ou plutôt ce que je ne pouvais pas faire. C’est sans doute ce détail important qui m’a fait comprendre qu’elle était différente des autres. Elle est la seule que j’ai toujours respectée. Du moins, sur ce point-là…

— Dans quatre minutes, il sera minuit, dit-elle en faisant toquer sa coupe contre la mienne.

— On peut faire tant de choses, en si peu de temps, réponds-je, en lui offrant mon regard auquel peu de femmes résistent.

— Quoi, par exemple ?

— Par exemple, si tu suces bien, tu peux me faire jouir en trois minutes…

Ouais, je sais, ce n’est pas très délicat. Mais, pour sa gouverne, j’ai envie d’être clair et d’éviter les malentendus. Je ne cherche pas l’amour, mais juste un corps pour s’unir au mien. Ses gestes trahissent sa surprise, malgré tout elle dissimule celle-ci. J’aime cette force de caractère qui me fait comprendre que je ne suis pas tombé sur une MLF qui ne s’assume pas.

— Bah, dis donc, tu es direct ! lâche-t-elle en riant nerveusement.

— Alors ? demandé-je, impatient.

— Et j’y gagne quoi ?

— Rassure-toi, je saurai te satisfaire, réponds-je en glissant ma main sur sa cuisse recouverte d’un bas noir transparent.

Elle ne répond pas, mais elle se mord la lèvre. Doucement, je caresse sa cuisse, puis je m’aventure sur son bras. Je réitère ma question, à laquelle elle répond :

— Je vais te sucer comme on ne t’a jamais sucé.

À ces mots, un spasme s’empare de mon sexe. Elle ne m’a pas encore touché que je commence à bander. Je n’en peux plus d’attendre. D’une main, je déboutonne mon pantalon, de l’autre, je m’empare de sa nuque. Je la pousse à s’agenouiller face à moi, et elle s’exécute avec un plaisir non dissimulé. Ses mains agrippent la ceinture de mon pantalon, puis mon boxer. Ma queue se déploie face à son visage. Comme toujours, la belle qui la regarde est surprise par sa taille.

— Bordel, lâche-t-elle.

— Suce-moi, demandé-je, dans un souffle d’excitation.

Finalement, elle n’est pas du tout timide. Elle s’empare de mon membre et le porte à sa bouche trop pulpeuse pour être naturelle. Ses lèvres glissent sur mon gland, puis lentement descendent sur ma verge. L’humidité chaude de sa bouche est un délice qui me durcit un peu plus encore. Elle s’y prend bien, même si ce n’est pas assez rapide à mon goût. Je ne veux pas faire durer le plaisir, mais lorsqu’elle se met à lécher ma queue, tout en me provoquant du regard, je profite de l’instant. Je la laisse déployer cette torture qu’elle a mise au point, et, quand enfin j’entre à nouveau dans sa bouche, je plonge mes mains dans ses cheveux.

Tout en exerçant une légère pression sur sa tête, j’accentue la vitesse et la profondeur de la pénétration. Je vais jouir, ce n’est qu’une question de secondes. Mais plus je la regarde me sucer, plus l’orgasme s’éloigne. Je pose alors la tête sur le divan, et je ferme les yeux, sans relâcher mon emprise. Les secondes s’écoulent, et ça ne vient toujours pas. Si je commence à cogiter, c’est foutu, ma bite va retomber comme un soufflet. Sous mes paupières closes, le décor du salon privé se redessine. Je suis toujours sur ce divan, en train de me faire sucer, mais quelque chose a changé. Les cheveux de Sasha ne sont plus bruns. Ils sont blonds…

Quand je sens la délivrance arriver, c’est comme un coup de poing dans le bas-ventre. Mes mains se crispent autour de ce visage qui n’est plus ma réalité. Pour la première fois, mon orgasme est suivi d’un étrange sentiment de culpabilité. Je ne me sens pas coupable d’avoir trahi les sentiments que j’éprouve encore, je me sens coupable de devoir penser à elle pour réussir à jouir ! Quand son emprise disparaîtra-t-elle ?

Mes yeux s’ouvrent sur le visage de Sasha. Soudain, je ne supporte plus son absence. Sasha me sourit tout en essuyant ses lèvres, et moi je reste là, comme un con, sans même la remercier. Elle vient de me sucer et d’avaler, sans grimacer, et je reste stoïque. Ce n’est pas la première fois que je jouis dans la bouche d’une femme, mais cette pipe me ramène à Mia. Avec elle, je savais contenir ces vices dont je raffole. Je mourais d’envie qu’elle le fasse, mais ce fantasme était beaucoup moins puissant que l’envie d’être aimé par elle.

Soudain, des cris m’extirpent de mes pensées. Il est minuit. Plus bas, les corps s’entrelacent et s’embrassent. Tout le monde a l’air heureux, même Sasha qui est si seule qu’elle se retrouve à sucer un inconnu. Suis-je le seul à ne sentir aucune différence ? Incapable de ressentir une once de joie, j’offre un grand sourire à Sasha. Je me penche vers elle, faufilant ma bouche jusqu’à son oreille. Dans un murmure, je lui souhaite une bonne année, puis je m’empare de son lobe que j’aspire, tout en le titillant avec ma langue.

— Bonne année, répond-elle, la voix teintée d’envie.

Je ne bande déjà plus, mais dans quelques minutes je serai capable de la pilonner comme elle le mérite.

— Je te remercie pour cette exquise mise en bouche, dis-je en évitant ses lèvres qui se rapprochent trop des miennes.

— Ravie que mon savoir-faire te plaise. Et si tu me montrais ce que tu vaux ?

— Déshabille-toi.

Elle se lève, et sans perdre de temps elle retire sa robe, sous laquelle elle ne porte qu’un string et des bas. Je m’empare de la bouteille de champagne, et tout en la regardant se dénuder je bois quelques gorgées. Son corps est parfait. D’ordinaire, le drapeau se serait déjà relevé, mais là il reste en berne. Je bois à nouveau, comme pour m’embrumer un peu plus l’esprit. Cette fois, je suis prêt à redevenir un homme, et mettre au tapis cette loque à laquelle je ressemble depuis quelque temps. Je déboutonne ma chemise, et je lui demande de se toucher.

Pendant que je me déshabille, elle pose un pied sur la table basse, m’offrant ainsi une vue imprenable sur son sexe, qu’elle caresse sans aucune gêne. J’aime voir une femme se donner du plaisir, c’est à la fois frustrant et excitant de n’être qu’un spectateur. Sasha réussit enfin à réveiller la bête. Je m’empare de ma queue qui reprend vie, et je me branle pour qu’elle durcisse plus vite. Une fois satisfait de mon érection, je me lève, et sans dire un mot j’incite Sasha à se tourner vers la vitre. Ses seins s’écrasent sur celle-ci, tandis qu’elle m’offre sa croupe.

J’ai tant de rage en moi que je me sens capable de la baiser toute la nuit. Soudain, je suis à nouveau comme avant, je vais donc droit au but. Je m’empare du préservatif dans la poche de ma veste, et j’ouvre nerveusement l’emballage. C’est frustrant de devoir mettre une capote, mais c’est la seule manière de pouvoir s’amuser en toute sécurité.

Une fois le préservatif placé sur ma queue, je guide celle-ci jusqu’à son antre, et je la pénètre d’un coup brusque, ce qui la fait crier. Ses doigts se crispent sur la vitre sans tain à chacun de mes coups de reins. Sasha n’est pas du genre discrète, et j’aime ça. L’entendre crier ainsi me fait sentir puissant. Mes mains glissent de ses hanches à ses seins, qui sont encore assez fermes pour son âge. Je pince ses tétons, lui arrachant un nouveau râle. C’est une sensation incroyable de me sentir enfin libéré, mais soudain sa voix retentit :

— Vas-y, baby, baise-moi !

Baby… Il n’y a qu’une personne qui me surnommait baby. J’ai brusquement l’impression que le ciel m’en veut pour le mal que je lui ai fait, et que je ne pourrai plus jamais tirer mon coup sans penser à Mia. Ce n’est qu’un mot, un stupide mot. Malheureusement pour moi, ces quatre lettres me font aussitôt débander. C’est foutu, je ne suis plus dedans, et ce, dans les deux sens du terme ! Ma fierté vient d’en prendre un coup, et j’ai tout à coup envie de tout casser autour de moi. Sans aucun respect pour ma sympathique partenaire, je m’éloigne d’elle et j’attrape mon boxer.

— Qu’est-ce qu’il se passe ? s’exclame-t-elle.

— Rhabille-toi, lui dis-je en éludant sa question.

— Hé… Ne t’en fais pas, ça arrive à tout le monde…, tente-t-elle de me rassurer.

Je déteste que l’on me dorlote ainsi, cela me fait sentir faible. J’enfile mon pantalon et ma chemise, tandis qu’elle me regarde d’un air déconcerté. J’aimerais qu’elle ait l’intelligence de ne plus prononcer un mot. Je n’ai pas envie de la blesser, mais si elle insiste je vais lui envoyer toute la colère qui me consume en pleine figure.

— Tu vas vraiment partir ? me demande-t-elle, tandis que j’enfile ma veste de costume.

— Je suis navré, Sasha, mais je dois absolument rentrer.

— On peut rester en contact si tu…

— Non, je ne le souhaite pas. J’ai passé un agréable moment avec toi. Pardonne-moi de ne pas avoir pu te satisfaire, mais je suis certain que tu ne rentreras pas seule ce soir. Ce salon privé t’appartient pour la soirée, à toi de voir ce que tu as envie d’y faire.

Je lui offre un clin d’œil, certain qu’elle va m’envoyer balader. Finalement, je suis surpris de découvrir que mon charme opère toujours. Elle lâche un petit rire nerveux, et dans un sourire elle me lance :

— Tu as conscience que je ne trouverai aucun mec qui t’égale ce soir ?

Je sais qu’elle fait allusion à mon sexe, alors je lui dis :

— Tu devrais me remercier de ne pas t’avoir totalement baisée. Si je l’avais fait, tu n’aurais jamais pu m’oublier.

— Tu ne t’aimerais pas un peu trop ?

— Juste assez pour ne pas sombrer, réponds-je avec un dernier clin d’œil, avant de disparaître à tout jamais de la vie de Sasha.

OceanofPDF.com