Sugar Baby - Tome 2

Eva Dupea · Chapitre 70 sur 75

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Sugar Baby - Tome 2

Chapitre 68

 

Adam

 

Aujourd’hui, je sors de l’hôpital. Depuis un peu plus d’une semaine, je suis sous la haute surveillance de ma mère et de mon père, qui sont venus à New York dès qu’ils ont appris la nouvelle. Pour quelqu’un qui a pris une balle dans le cou, je m’en sors plutôt bien, mais cela ne suffit pas à rassurer ma mère, qui souhaite rester encore un peu. Je n’ai pas besoin qu’elle me dorlote, mais je ne me vois pas lui refuser de faire ce dont elle a tant envie. Et puis, je dois avouer que cela me fait du bien de les voir à New York, surtout mon père. Il aura fallu que je me fasse tirer dessus pour qu’ils découvrent mon appartement, et cette ville que j’aime tant. Alors, j’accepte de cohabiter avec eux, quelques jours de plus.

De toute façon, les médecins m’ont prescrit un repos forcé pendant un mois. J’ai donc tout le temps pour profiter de la présence inattendue de mes parents. Même si je suis heureux qu’ils soient là, depuis que j’ai rouvert les yeux, je ne pense plus qu’à une personne : Mia. Bien que nous nous soyons mutuellement sauvé la vie, elle n’est pas venue me voir, et elle ne m’a envoyé aucun message. Elle croit toujours que je l’ai trahie. Je comprends donc la distance qu’elle a décidé de garder entre nous, pourtant, je ne m’avoue pas vaincu. Dès que je serai sorti de cet hôpital, j’irai la trouver chez cette saleté de Vanda, et je lui révélerai le vrai visage de cette dernière.

Quand ma mère arrive enfin, je suis prêt. Mon père nous attend en compagnie de Paul, avec qui il s’entend super bien, selon ma mère. Cela ne m’étonne guère, puisque mon chauffeur s’entend avec tout le monde. En ce qui concerne mon père, c’est un Davis, et les Davis n’accordent leur attention qu’à ceux qui leur en semblent dignes. Impatient de retrouver le confort de mon appartement, et de manger autre chose que la bouffe infâme qu’ils nous servent ici, j’embrasse ma mère, et je m’empare de mon sac. Mais, alors que je la presse pour que nous sortions de la chambre, elle me demande d’attendre un instant. Elle ouvre son sac à main, et me tend une enveloppe en disant :

— C’est de la part de Mia.

— Quand l’as-tu vue ?

— Il y a trois jours, elle est venue ici pour prendre de tes nouvelles. Elle était soulagée de te savoir sorti d’affaire. J’ai voulu qu’elle vienne te voir, mais elle a refusé. Elle m’a demandé de te donner cette lettre, le jour où tu sortirais de l’hôpital.

— Merci, dis-je en me saisissant de l’enveloppe.

— Vous êtes toujours séparés ? me demande-t-elle, d’un air gêné.

— C’est une longue histoire, réponds-je en scrutant l’enveloppe.

— Je t’attends dans le couloir. Prends ton temps.

Ma mère m’offre une douce étreinte, puis elle s’éclipse, pour me laisser seul avec les mots de Mia. J’ignore ce que cette lettre renferme, mais je ne suis pas dupe. Si elle souhaitait me revoir, elle serait venue. Même avec une balle dans le cou, j’avais moins peur qu’à l’instant présent. Tout en devinant ce qu’elle souhaite me dire, j’ouvre l’enveloppe. Je redécouvre son écriture. Élégante, tout comme elle.

 

Adam,

Si je t’écris cette lettre, c’est avant tout pour te faire part de

mon soulagement de te savoir rétabli, et en bonne santé. Même

si nos chemins se sont séparés, je dois t’avouer que j’ai eu peur

pour toi. Tu as pris des risques inconsidérés, mais grâce à ça,

nous sommes tous les deux en vie. Tu dois sans doute te

demander pourquoi je ne suis pas venue te dire ces mots en

personne. Tu connais la raison de mon absence. Comme

toujours, tu essayerais de me convaincre de te pardonner, et de

conclure une nouvelle entente entre nous.

Je te pardonne. Je te pardonne de m’avoir brisé le cœur en me

laissant seule à Belmar. Je te pardonne d’avoir mis ma vie en

danger. Je te pardonne d’avoir cédé à Anisha, et d’avoir détruit

notre amitié. Je te pardonne tout ça, car sans toi, je ne serais

pas ici. Tu as été l’une de mes plus belles rencontres. Tu as été

l’homme que j’ai le plus aimé. Mais à présent, il est aussi temps

de te laisser partir, et de m’autoriser à vivre heureuse et sans

toi.

Sans ta présence, je n’aurais pas réalisé mes rêves. J’aurai

toujours une pointe de regret, quand je penserai à nous, mais ce

seront de doux regrets. Passer aussi près de la mort m’a fait

comprendre que je ne t’en voulais pas, comme je souhaiterais

t’en vouloir. Non, celle que je réprimande, c’est moi-même.

Personne d’autre n’est responsable de mon malheur. Je savais

pertinemment que je risquais de souffrir si je m’attachais à toi,

mais cela n’y a rien changé. Bien au contraire…

Tu as été le plus grand risque de ma vie, ma plus belle surprise,

et mon plus douloureux désespoir. Pourtant, tu as également

été mon plus bel amour, ma bouffée d’oxygène, mon

distributeur de rêves. Tu m’as élevée bien plus haut que je ne le

souhaitais. Tu as fait de moi une artiste confirmée, et même une

icône. Aujourd’hui, je laisse derrière moi tout le mal que tu

m’as fait, pour ne nourrir qu’un doux sentiment, qui je l’espère

me permettra de ne garder que les bons souvenirs qui nous

relient.

C’est sur ces quelques mots que je te dis merci, et au revoir, en

espérant qu’un jour tu puisses enfin prendre le risque d’aimer,

sans tout gâcher. Ne reviens pas. Laisse-moi t’oublier et me

guérir de toi. Ne viens plus troubler mon cœur, et me faire

miroiter un amour qui en réalité a toujours été impossible. Je

t’ai aimé, mais aujourd’hui je sais que tout est terminé. Le

moment est venu de reprendre nos vies, là où nous les avons

laissées, quand nous nous sommes rencontrés. Il est temps de

nous libérer…

Au revoir, Adam…

 

Pense-t-elle vraiment tout ce qu’elle a écrit ? Est-elle réellement résignée à s’éloigner définitivement de moi ? Mia me pardonne toutes mes fautes, et même celles que je n’ai pas commises. En lisant les mots qu’elle a habilement choisis, je devine aisément ce qu’il y a entre les lignes de cette lettre. Ces mots qu’elle n’a pas voulu écrire, comme la douleur que je lui ai infligée, la distance, et toute la souffrance dont je suis la source. Elle semble décidée à m’effacer de sa vie, alors que je n’ai jamais été aussi sûr de l’aimer. Oui, je l’aime comme un fou.

Je donnerais tout ce que j’ai bâti pour elle. Ma fortune et mes privilèges ne me servent à rien, si je perds son amour. Peu importe ce qu’il se passe, car je suis prêt à prendre une rafale de balles pour elle. Elle me demande de la laisser m’oublier, mais j’en suis incapable. Je referme cette lettre, tout en sachant que je ne pourrai satisfaire sa demande. Je ne peux pas la perdre sur un malentendu. Je ne peux pas la perdre pour une faute que je n’ai pas commise. Pour la première fois, j’avais décidé d’aimer à nouveau, et d’être droit dans mes bottes, mais Vanda Petterson a tout détruit sur son passage.

La rancune s’éveille en moi. Mon corps se tend sous la colère, me provoquant une douleur au cou. Le tiraillement que je ressens dans ma chair est bien moins intense que celui qui tiraille mon cœur et ma tête. Je range la lettre dans mon sac, je m’empare de celui-ci, et je sors de cette foutue chambre d’hôpital. Quand ma mère voit mon visage, elle comprend immédiatement que je n’ai pas eu les nouvelles que j’espérais. Elle pourrait me balancer qu’elle m’avait prévenu, et me rappeler que j’ai perdu une femme exceptionnelle, mais elle n’en fait rien.

Comme si j’étais encore un petit garçon, elle prend mon visage entre ses mains, et elle dépose un baiser sur mon front, en me soufflant que ça passera. Elle a sans doute raison. Le problème, c’est que j’ai déjà perdu assez de temps, et trop de personnes auxquelles je tenais. Sans l’intervention malsaine de Vanda, Mia et moi serions peut-être en train de nous aimer, sans qu’aucun contrat ne soit signé. Mais rien de tout ça n’est arrivé. Je m’apprête à livrer un combat perdu d’avance, mais je suis Adam Davis. Et Adam Davis n’est pas du genre à se laisser marcher sur les pieds.

Bien décidé à obtenir vengeance, j’annonce à ma mère que Paul les raccompagnera chez moi, avant de me conduire à mon bureau. Elle se lance dans une leçon de morale, me rappelant que mon travail est bien moins important que ma santé. Soucieux de ne pas voir ma mère s’inquiéter, et conscient que mes mensonges me mènent toujours à ma perte, je me ravise, et je lui avoue que je dois m’absenter pour tenter de régler ce problème qui m’a éloigné de Mia. Étrangement, son inquiétude au sujet de ma convalescence et du repos dont j’ai besoin se volatilise comme par magie. Et pour cause : une mère sait mieux que personne ce dont son enfant a besoin pour être heureux. Et aujourd’hui, tout ce dont j’ai besoin, c’est de Mia…

Après avoir déposé mes parents, Paul prend la direction de Staten Island, où se trouve l’agence de Vanda Petterson. J’actionne la vitre pour que celle-ci se baisse, et je demande à Paul s’il a réussi à obtenir les informations que je lui ai demandées. Le feu passe au rouge. La voiture s’immobilise. Il se baisse pour ouvrir la boîte à gants, et il en sort un dossier qu’il me tend en déclarant :

— Il y a tout ce dont vous avez besoin pour la faire tomber.

— Merci Paul.

J’ouvre le dossier, et je découvre les profils d’anciens clients de la Candy Agency. Quand je prends conscience que trois d’entre eux sont morts dans d’étranges circonstances, et que les corps ont tous été retrouvés dans le Bronx, un sourire se dessine sur mes lèvres. Bientôt, je tiendrai la tête de Vanda Petterson entre mes mains. Sûr de mes informations, j’attrape mon téléphone, et j’entre dans la deuxième phase de mon plan, consistant à reconquérir Mia, et à l’éloigner définitivement de Vanda.

— Adam ? Comment vas-tu ? me demande Anisha, sans même me laisser le temps de lui dire bonjour.

— Je vais bien, merci de t’en inquiéter.

— Et Mia, comment va-t-elle ? La presse s’est emparée de cette affaire, mais visiblement, elle refuse d’en parler.

— Elle a raison. Il n’y a rien à dire sur cette histoire, nous étions au mauvais endroit, au mauvais moment. Je suis en vie, quant à Mia, elle n’a été que légèrement blessée. Nous nous en sortons bien, mais sans Vanda, je n’aurais pas emmené Mia dans cette voiture, et elle n’aurait pas dû subir une telle violence. Anisha, j’ai besoin de ton aide.

— Je ferai tout ce que tu me demanderas, répond-elle.

— Je suis en route pour retrouver Vanda. Je détiens des informations qui vont me permettre de tisser ma toile autour de cette garce. Malheureusement, tout ça ne servira à rien, si Mia ignore toujours la vérité. Je me charge de Vanda, pendant ce temps j’aimerais que tu ailles voir Mia. Après ce qu’il s’est passé, elle a sans doute besoin d’une oreille attentive, et d’une épaule sur laquelle se reposer. Elle a besoin d’une amie. Elle a besoin de toi.

— Je suis la dernière personne qu’elle voudrait voir.

— Ce ne sera plus le cas, quand tu lui auras dit la vérité. C’est le moment, Anisha. C’est à toi de lui dire, moi, elle ne me croira pas.

— D’accord.

— En contrepartie, tu peux être assurée d’être délestée de ton secret. Je t’en fais la promesse.

— Comment pourrais-tu faire tomber Vanda sans m’emporter dans sa chute ?

— Je suis Adam Davis, ma belle. Quand je fais une promesse, j’honore toujours celle-ci…

Tout en espérant qu’Anisha parviendra à réveiller le cœur de Mia, en lui révélant cette sombre histoire dont elle est l’élément principal, j’entre dans les locaux de la Candy Agency, en tenant entre mes mains le dossier qui causera la perte de celle qui a osé s’en prendre à moi et à Mia. Personne ne touche à baby, et Vanda Petterson va comprendre qu’elle n’a pas le monopole du vice. Malheureusement pour elle, cette fois, elle est tombée sur quelqu’un de beaucoup plus coriace qu’elle. C’est peut-être la reine des garces, mais moi, je suis le roi des enculés, et elle va très vite l’apprendre à ses dépens.

Quand j’arrive à l’accueil, l’assistante de Vanda me reconnaît aussitôt. Pas étonnant, ma tronche est affichée dans tous les médias, depuis que je me suis pris une balle destinée à Fire Boy, dans l’un des quartiers les plus malfamés de New York. Elle bafouille quelques mots que je n’écoute pas, et auxquels je ne réponds pas, et je passe devant son bureau, sans lui demander la permission d’aller plus loin. Je traverse le couloir, me dirigeant vers la porte où le nom de Vanda est inscrit en lettres dorées. Bientôt, son joli bureau laissera place à une cellule de prison. Mais ça, il est hors de question qu’elle s’en doute.

Bien décidé à l’anéantir, j’entre dans son bureau sans annoncer ma présence, et sans frapper. Je referme aussitôt la porte, et je verrouille celle-ci. C’est sans grande surprise que je découvre son visage qui m’offre un sourire des plus hypocrites. Elle ne manque vraiment pas de culot. Malheureusement pour elle, elle ignore qu’elle a commis la plus grande erreur de sa vie en s’en prenant à celle qui compte le plus pour moi.

— Monsieur Davis ! C’est un tel plaisir de vous voir en forme ! Que me vaut votre visite ?

— Une affaire des plus importantes, réponds-je sans répondre à son sourire.

Je m’installe sur le siège face à son bureau. Je refuse de prendre des pincettes avec cette bonne femme qui croit diriger le monde. Sans tergiverser, j’entre dans le vif du sujet.

— Je vais aller droit au but. Cessez de me sourire, alors que vous avez habilement manigancé pour m’éloigner de Mia. Pas la peine de nier, je sais tout.

— Anisha n’a jamais su tenir sa langue, rétorque-t-elle, d’un air agacé.

— Vous vous méprenez. Au contraire, je trouve qu’elle a eu beaucoup de courage, pour garder le silence autant de temps. Elle a vécu avec ce lourd fardeau, et vous en avez profité pour la manipuler, et obtenir toujours plus de cette fille, et parallèlement de Mia.

— Anisha n’est qu’une idiote, et vous aussi. Pourquoi êtes-vous venu ici ? Pour me faire chanter ? Si cette histoire est révélée, je coule, mais Anisha sombrera avec moi.

— Malheureusement, cela ne se passera pas du tout comme vous l’imaginez, réponds-je en poussant le dossier sur son bureau.

— Qu’est-ce que c’est ? répond-elle en s’emparant de celui-ci.

— Ce dossier contient le profil de trois de vos anciens clients, étrangement décédés, et tous retrouvés dans le Bronx. Après une minutieuse enquête, j’ai découvert qu’il n’y a qu’un de ces hommes qui est relié à Anisha… À votre avis, Vanda, qui risque le plus dans cette affaire ? Une fille paumée qui n’était même pas majeure à l’époque des faits, ou la femme qui l’a prise sous son aile, et qui semble avoir plusieurs disparitions à son actif ? Vous n’allez pas tomber pour un seul de vos clients, mais pour tous ceux qui ont subitement disparu en rejoignant votre agence… Trois personnes influentes et richissimes sont mortes dans d’étranges circonstances. Quand la nouvelle se répandra, ils fouilleront chaque recoin de votre passé et de cette agence. Ils feront de votre vie un enfer, jusqu’à ce qu’il ne reste rien de vous et de votre empire, déclaré-je, d’un ton assuré.

— Que voulez-vous ? me demande-t-elle sèchement.

Elle est furieuse, et si j’étais à sa place, je le serais également. Ravi d’avoir gagné cette bataille, j’avance à présent mes pions, pour gagner la guerre.

— Je suis ravi de voir que vous êtes ouverte à la négociation. En échange de mon silence, vous vous éloignez définitivement de Mia.

— Vous vous rendez compte qu’elle est l’élément le plus prometteur de mon agence ?

— J’en ai parfaitement conscience, mais Mia n’est pas destinée à gagner sa vie en passant du temps avec de vieux mecs trop riches pour être capables de lier une relation sans aligner un billet. Cette fille a un potentiel que vous n’aurez jamais, et qui ne vous appartient pas. Ce n’est pas négociable. Vous la libérez dès aujourd’hui de ses obligations envers votre agence. Vous effacez sa dette. Et pour conclure : vous ne l’approchez plus jamais.

— C’est tout ? demande-t-elle, rouge de haine.

— Non, j’ai une seconde demande. Je veux que vous effaciez le nom d’Anisha de votre base de données, ainsi que toutes les preuves que vous avez contre elle. Oh ! et si vous ne le faites pas, je le saurai…

À contrecœur, Vanda se plie à mes demandes. Sous mon œil vigilant, elle efface le dossier d’Anisha, qui a quitté l’agence un mois plus tôt. Après avoir supprimé tous les éléments présents, elle se dirige vers une grande armoire située au fond de la pièce. Elle s’empare d’une pochette, et non sans me lancer un regard noir, elle me donne celle-ci. Cette dernière contient tous les SMS qu’Anisha et elle ont échangés au sujet de la mort de son sugar daddy, ainsi que tous les détails sordides liés à cette affaire. Je ne comprends pas pourquoi elle a gardé des preuves aussi incriminantes. Sans doute parce qu’elle se pensait supérieure à Anisha et au karma.

Vanda Petterson vient pour la première fois de subir le revers de ses mauvaises actions. Quand je sors de son bureau, plus aucun sourire n’égaye son visage. La colère et la rage durcissent ses traits, et je ne peux que me satisfaire de cette victoire. Les deux dossiers sous le bras, je sors de l’immeuble, et je rejoins la voiture, où Paul m’attend avec une pointe d’impatience. Quand je lui offre un clin d’œil souriant en entrant dans l’habitacle, il sait que j’ai gagné. Malgré tout, un nouveau combat m’attend, et Mia ne sera pas aussi facile à combattre que Vanda.

Ma stratégie est en place. À présent, c’est Anisha qui a toutes les cartes en main. J’ignore si elle est déjà en compagnie de Mia, ou si celle-ci a accepté de lui parler, mais il me faut continuer sur ma lancée, et m’assurer qu’Anisha prendra la meilleure décision, pour elle, et pour toutes les autres filles qui sont ou seront sous l’emprise de Vanda. Je m’empare de mon téléphone, et je lui annonce que la partie a commencé, et qu’à présent c’est à elle de prendre le relais.

J’ai fait plier Vanda. J’ai ton dossier entre les mains. Maintenant, à toi de décider si tu souhaites enterrer ton secret, ou te libérer de celui-ci, et de Vanda. J’ai tenu ma promesse. J’ose espérer que tu es en train de tenir la tienne…

— Paul, conduisez-moi à l’adresse de Vanda Petterson. Quoi que puisse décider Mlle Lacroix à mon sujet, nous devons l’éloigner de cette femme au plus vite.

— Bien, monsieur.

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