Sugar Baby - Tome 2
Chapitre 72
Mia
J’ignore si c’est le fait de me sentir en sécurité auprès d’Adam, ou d’avoir découvert qu’il ne m’a jamais trahie, mais je m’endors comme une souche. Mon sommeil est doux et paisible, comme il ne l’a pas été depuis longtemps. En réalité, quand je l’ai vu embrasser Anisha, mon monde s’est écroulé, et mes nuits en ont pâti. Mes insomnies étaient déjà récurrentes, mais l’agression dont nous avons été victimes a empiré celles-ci. Délestée de ma peine, et rassurée par la présence de celui qui n’a pas hésité à risquer sa vie pour sauver la mienne, mes problèmes de sommeil semblent déjà un lointain souvenir.
Mais soudain, alors que je commence doucement à me réveiller, je replonge en plein cauchemar. Un bruit retentit, comme un coup de feu. Je sursaute, me redressant aussitôt sur le lit. La chambre est vide. Toutes mes affaires ont disparu. Il ne reste plus que mon lit, et cette porte que je ne peux quitter du regard. Tout à coup, celle-ci s’ouvre. Adam apparaît. À ses côtés, le mec à la cagoule pointe son arme sur la tempe d’Adam. Ses lèvres bougent, me délivrant un « je t’aime » inaudible. Brusquement, une détonation retentit, et Adam s’écroule. Je n’ai même pas eu le temps de lui dire que je l’aimais qu’il baigne déjà dans une mare de sang.
Je hurle mon désespoir et ma peine. Je crie si fort que j’ai l’impression d’avoir mal à la gorge. Ma vue est brouillée par les larmes. Mon corps est subitement secoué par mes sanglots, ou bien quelqu’un me secoue… Je ne sais plus… C’est alors que son visage apparaît. Je regarde près de la porte, le corps d’Adam n’y est plus. À présent, il se tient face à moi, et serre mon visage entre ses mains. La chaleur de celles-ci est si réconfortante que je cesse de pleurer. Il est en vie…
— Mia, réveille-toi, me demande-t-il d’un ton inquiet, qui met aussitôt un terme à ma crise de panique.
Soudain, je comprends que j’ai encore fait un cauchemar. Adam me regarde d’un air affolé, quant à moi, je suis noyée de transpiration et de larmes.
— Tu vas bien ? me demande-t-il.
— J’ai fait un cauchemar, réponds-je à bout de souffle.
— J’ai vu ça… C’est violent, quand même, s’inquiète-t-il.
— Ça passera…
— Cela t’arrive à chaque fois que tu dors ?
Je hoche la tête.
— Je crois que tu es victime d’un stress post-traumatique.
— Tu es médecin ? plaisanté-je.
— Non, mais ce n’est pas bien difficile de reconnaître les signes.
— Je sais ce que tu vas me dire, mais non. Non, je n’irai pas voir un psy. Je n’ai eu besoin de personne pour surmonter la mort de ma mère. Alors, je surmonterai seule cette nouvelle épreuve.
— Tu fais comme tu le sens, mais cette fois, tu ne surmonteras pas tes difficultés seule. Je suis là, et je crois que j’ai un moyen de t’aider.
— Lequel ?
— Pour commencer, je vais te traîner jusqu’à la cuisine, et tu vas t’alimenter. Depuis quand n’as-tu pas mangé ? Tu as perdu du poids, et je n’aime pas ça.
— Moi, je suis contente, rétorqué-je en frottant mon ventre plat.
— C’est un sacrilège de décharner un si beau corps. Alors, maintenant, tu viens manger. Ensuite, je t’apprendrai à casser la gueule à tes peurs. Ce soir, tu dormiras comme un bébé.
Soudain, il m’attrape, me soulève sur son épaule, et il m’emmène un étage plus bas. Je lui demande de me poser sur le sol, je me débats, en vain. Quand nous arrivons à la cuisine, je retrouve enfin la terre ferme. Tandis que je le réprimande de m’avoir décoiffée, alors que je n’ai même pas pris la peine de brosser mes cheveux en sortant de ma douche ce matin, il ouvre le réfrigérateur, et se saisit d’une assiette sur laquelle se trouve un sandwich qui m’a l’air plutôt appétissant. Après une telle matinée, et l’envolée de mes fardeaux, mon appétit est enfin de retour.
Je remercie Adam, et je m’empare du sandwich, dans lequel je croque sans attendre. C’est la première fois depuis plusieurs semaines que je prends plaisir à manger. Et tandis que mon estomac se réveille, le reste de mon corps se met également en alerte. Tout en me délectant de mon repas, je regarde Adam me préparer un jus d’orange frais. Il fait chaud, et j’ai encore plus chaud en regardant son torse galbé, et ses bras nus se contracter à chacun de ses mouvements. Si j’avais su que presser une orange pouvait se révéler érotique, j’aurais fait le plein d’agrumes depuis longtemps.
Depuis que nous sommes réunis, et que je sais qu’il ne m’a jamais trahie, je nous impose une cruelle distance. Pourtant, je n’ai qu’une envie : l’embrasser et lui dire que je l’aime, et que je ne veux plus jamais que nous soyons séparés. Malheureusement, j’ai bien trop été déçue par Adam pour me risquer à lui montrer mes faiblesses. Je suis sûre de mes sentiments, mais en est-il de même pour lui ? Je n’ai pas peur qu’il me dise qu’il ne peut pas prononcer ces deux mots qui ne servent à rien. J’ai peur que rien n’ait vraiment changé entre nous, et qu’il me propose un nouveau contrat.
Je ne sais plus où j’en suis, mais je suis sûre d’une chose : aujourd’hui, je mets fin à mon statut de sugar baby. C’était une belle aventure, mais tout comme mes études à la MSM, celle-ci arrive à son terme. Je n’ai plus besoin d’être rémunérée en rencontrant des hommes pour subvenir à mes besoins. Maintenant, je perçois de multiples revenus, reliés aux projets auxquels j’ai participé avec Adam et Fire Boy. Cela ne suffira pas pour vivre tranquille pendant dix ans, mais cela me permettra de me concentrer sur mes projets musicaux, quand j’aurai obtenu mon diplôme. Ensuite, je devrai gagner ma vie en usant de ma passion, ou me faire une raison, et me résigner à enseigner la musique.
Malgré l’incertitude liée à la vie d’artiste, je nourris l’espoir de devenir une violoniste reconnue. Pour l’instant, je suis en bonne voie. Malgré toutes les merdes qui me sont tombées dessus, j’ai su mener à bien mes études et mes projets artistiques. Je me suis découvert une force que je ne me connaissais pas. Je ne suis plus celle que j’étais quand je suis arrivée à New York. Aujourd’hui, je suis moi-même. Il ne manque plus qu’un élément à mon bonheur : la réciprocité de mon amour pour lui. Ne sachant comment aborder le sujet, je termine mon sandwich, tout en me régalant de la vue qu’il m’offre.
Après avoir terminé mon repas et bu mon jus d’orange, j’obéis à la demande d’Adam, qui souhaite que j’enfile une tenue de sport. Tout en me demandant comment il compte me torturer, je regagne ma chambre. Je fouille mes valises et les sacs-poubelle, à la recherche de mes baskets et d’une tenue qui pourrait convenir au sport. Je ne fais jamais de sport, je n’ai donc pas vraiment de vêtements adéquats. Du sport… Mais quelle idée ! Finalement, j’enfile un short et un T-shirt, et je le rejoins sur le palier, où il m’attend face à sa salle de sport.
Quand je découvre celle-ci, je suis stupéfaite. Banc de musculation, altères, sac de frappe, tapis de course, et bien d’autres machines destinées à vous ratatiner le corps. J’entre, tout en espérant qu’il ne me fasse pas courir sur le tapis de course. Je ne suis pas une adepte du sport, mais s’il y a bien quelque chose que je n’aime pas faire, c’est courir. Pour moi, ce sport est d’une inutilité démoralisante. Quel ennui de courir bêtement !
— Je ne veux pas courir, déclaré-je en m’emparant de la bouteille d’eau qu’il me tend.
— Je n’ai jamais eu l’intention de te faire courir. Je veux que tu évacues ton stress, je ne veux pas épuiser ton joli corps. Du moins, pas comme ça…, ajoute-t-il dans un sourire charmeur.
J’esquive sa provocation, et je lui demande :
— Que vais-je faire, alors ?
— Tu vas boxer, répond-il en me montrant le sac de frappe.
— Je ne sais pas faire ça…
— Tu te trompes. Il y a une boxeuse en toi.
— J’en doute…
— Dis ça à mon bras ! Quand j’abuse et que tu m’envoies un coup de poing, tu n’y vas pas de main morte. Maintenant, viens ici, je vais bander tes mains.
— Bander mes mains ? demandé-je, en luttant pour ne pas rire.
— Tu as l’esprit mal placé, baby… Je vais juste entourer tes mains et tes poignets, avec des bandes. Le bandage et les gants vont protéger tes articulations lorsque tu frapperas.
— Ah… d’accord…, réponds-je, en rougissant de ma méprise.
Il a raison, j’ai l’esprit mal placé. Et pour cause : c’est une torture de ne plus lui en vouloir et de ne pas pouvoir me délecter de son corps. Il s’empare de mes mains, et il entoure celles-ci d’une longue bande rouge. Une fois cela terminé, il me passe les gants de boxe, puis il se place derrière le punching-ball, en me demandant de lui montrer ce que je sais faire. Tout en me sentant complètement ridicule, je frappe un coup sur le sac. Il se moque de moi, avant de reprendre aussitôt son sérieux, et de me demander de me concentrer.
— Regarde ce sac, et dis-toi qu’à l’intérieur il y a toutes tes peurs, et toutes les épreuves que tu as traversées. Imagine qu’elles sont en vie, et que tu dois les abattre avant qu’elles te mettent au sol. Repense à tout ce qui t’a blessée, à tout ce qui te ronge. Démolis tout ce qui te mine. N’aie aucune pitié ! m’encourage-t-il.
Je passe les premières minutes à m’adapter, et à combattre ma gêne de devoir frapper un objet. Mais quand Adam me rentre dedans, en me parlant de la mort de ma mère, de la peine qu’il m’a causée, de l’audace de Vanda, et de ce gamin qui a bien failli nous refroidir, j’oublie ma peur du ridicule, et je me mets à cogner avec hargne sur le sac, qui commence enfin à bouger. Pendant plus d’une demi-heure, je frappe encore et encore. Je suis à bout de souffle, et je peux déjà sentir les premiers effets positifs sur mon corps et mon esprit, mais Adam n’en a pas terminé avec moi.
À présent, je dois le frapper, et esquiver ses coups. Je plie les jambes, j’envoie des directs, des crochets, et je loupe tous les uppercuts. Ses encouragements me donnent la force de donner tout ce que j’ai. Je respire à peine, mes bras me brûlent, mes jambes qui se fléchissent à chaque assaut tremblent sous la douleur, mais je prends un réel plaisir à souffrir physiquement. Cette douleur s’empare de toutes les autres, et les diminue jusqu’à ce qu’elles disparaissent totalement. C’est si libérateur que je me mets à crier et à pleurer. À l’instant où mes larmes commencent à couler, Adam sait que j’ai tout donné.
— C’est tout pour aujourd’hui, lâche-t-il en posant ses mains sur mes épaules humides, tandis que j’essuie mes larmes.
— Désolée…
— Ne sois pas désolée, c’est une réaction normale. Cette séance t’a-t-elle fait du bien ?
— Un bien fou, réponds-je tandis qu’il m’enlève les gants.
— C’était le but. Quand certaines choses me rendent dingue, je viens ici, et je massacre ce sac de frappe.
— C’est toujours mieux que de briser une mâchoire, observé-je.
— Je ne frappe pas toujours dans ce sac, lorsque j’ai envie de casser la gueule à quelqu’un. Je le fais aussi quand certaines envies deviennent insurmontables, dit-il en se rapprochant malicieusement de moi.
— C’est vrai, que ça défoule, rétorqué-je en fuyant son regard.
— Mia… Dis-moi que rien n’a changé, me demande-t-il en s’emparant de mon visage.
— Je ne peux pas te dire ça, Adam. Je ne peux pas te dire que rien n’a changé, alors que je souhaite que tout soit différent. Si tu désires l’entendre, je vais te le dire… Bien sûr que je t’aime. Je t’ai toujours aimé, même lorsque je te haïssais de tout mon être. Alors maintenant, c’est à toi de répondre à ma demande, Adam. Dis-moi que tout a changé…
— Tout a changé, Mia. Tout a changé depuis le jour où j’ai posé les yeux sur toi pour la première fois. Maintenant, je ne ressens plus cette peur stupide, de causer la perte de ceux que j’aime. J’ai vaincu cette malédiction. Tu es la seule que j’ai réussi à sauver, et quand c’est moi qui me suis retrouvé en danger, tu m’as sauvé à ton tour… Comment pourrais-je me contenter d’être comme avant ? Je ne suis plus ce mec. Avec toi, je deviens un homme meilleur, un peu plus chaque jour. Je n’ai aucune envie que cela s’arrête. Je t’aime, baby. Je t’aime plus que tout au monde…
Ses paroles me transportent dans une bulle de légèreté, qui s’élève encore un peu plus haut lorsque sa bouche s’empare de la mienne. J’ai enfin entendu les mots que je rêvais qu’il me dise. Cette fois, je n’ai vu aucun doute, aucune peur, dans ses yeux. Adam Davis m’aime, et quoi que puissent en penser les autres, je ne renoncerai pas à cet amour pour lequel j’ai lutté corps et âme. Nos langues se retrouvent, nos corps s’épousent. Quand ses mains pressantes me serrent au plus près de son corps, je lâche un souffle de désir, qui lui fait perdre ce contrôle qu’il a cultivé toute la journée.
Mon corps quitte le sol, mes jambes s’enroulent autour de son corps, mon dos se heurte au mur. Sa bouche quitte la mienne pour parcourir chaque parcelle visible de ma peau. Je suis humide de sueur, mais il s’en moque totalement. Un baiser sulfureux plus tard, il n’a toujours pas lâché mon corps, à ma plus grande satisfaction. Ces dernières semaines, je l’ai tant haï, et pourtant, tout m’a manqué chez lui, à commencer par sa façon d’accaparer mon corps. En découvrant qu’il n’a pas volontairement embrassé Anisha, tout l’amour que j’avais pour lui est revenu, dix fois, cent fois, mille fois plus fort. Cette fois, plus rien ne nous séparera.
Le souffle court, il me pose sur le banc de musculation. Il retire mon T-shirt, puis tout en ponctuant mon cou de baisers, il s’occupe de mon soutien-gorge. Sans le lâcher des yeux, je m’allonge, approchant son visage au plus près du mien. Pour la première fois, j’ose lui dire « je t’aime », sans gêne, et sans craindre qu’il ne réponde pas à ces paroles. Sa langue lèche le lobe de mon oreille, avant que sa voix résonne à celle-ci, dans un souffle qui me fait frissonner.
— Je t’aime, murmure-t-il.
Deux mots, parfois, il ne suffit que de deux mots, pour que toute la douleur et les doutes disparaissent. Mes mains plongent dans ses cheveux, tandis qu’il agrippe la ceinture de mon short et ma culotte. J’avais oublié cette sensation exquise d’être nue face à lui, et de sentir le désir m’envahir. Mes baskets retombent sur le sol, très vite rejoints par mon short et ma culotte. Je m’assieds, refusant d’être la seule à sa merci. Je dévoile son torse, qui m’a tant fait fantasmer, tout en me disant que maintenant il m’appartient. Chacun notre tour, nous dominons l’autre. Mais ce que je préfère, c’est quand il prend le contrôle, et qu’il me dirige en laissant émerger toute sa masculinité.
Il s’empare de mes hanches, me tirant vers lui. Son visage disparaît entre mes cuisses, pour me couvrir de caresses langoureuses, qui me font vaciller. Sans lui, ma vie est devenue un cauchemar, mais à cet instant présent, j’ai l’impression d’être dans un rêve. Un doux songe, où mon cœur a enfin pansé toutes ses blessures. Ses doigts entrent en moi, m’arrachant un râle de plaisir, accentué par l’ondulation de sa langue sur mon clitoris. Adam n’a pas perdu de sa générosité, mais je suis bien trop en manque pour attendre plus longtemps. J’ai besoin de le sentir en moi, je veux qu’il comble définitivement le vide saisissant qui m’a submergée ces derniers temps.
— Déshabille-toi, et prends-moi…, lâché-je, dans un souffle plaintif.
C’est une torture d’attendre que son corps s’unisse au mien, mais quand il se redresse pour se mettre à nu, j’oublie cette douloureuse frustration pour me satisfaire pleinement du spectacle qu’il m’offre. Tout est sexy chez lui, même ses mains qui font glisser la fermeture de son jean. Soudain, le temps se fige. Et tandis qu’il se déshabille, notre belle et tumultueuse histoire défile sous mes yeux remplis d’amour. Je revois son doux visage apparaître dans ce bar, où pour la première fois je m’apprêtais à rencontrer un vieil homme prêt à me payer pour que je passe du temps avec lui. Ses yeux, son charisme… Ce soir-là, la foudre m’est tombée dessus, à l’instant précis où il a franchi le seuil de ce bar.
Le film continue de défiler, alors que son corps rejoint le mien, et que ses lèvres se réapproprient les miennes. Sa manière de me provoquer, son sourire satisfait, et l’explosion d’émotions qu’il déclenche en moi, lorsqu’il pénètre dans notre espace. Étrangement, mon esprit occulte les mauvais souvenirs, tels que son abandon à Belmar, et ce faux baiser qui a bien failli nous mener au point de non-retour. Mon cœur et mon âme ne gardent que le meilleur de nous. Et, alors que je prends conscience que je ne pourrais plus jamais être heureuse sans lui, ses yeux plongent dans les miens, tandis que sa main guide son sexe en moi. Il me pénètre le corps et l’esprit, et cette sensation me fait perdre pied.
— Encore…, le supplié-je en fermant les yeux un court instant.
— Tu me rends fou, rétorque-t-il en s’enfonçant encore plus profondément en moi.
— Oh… Baby…
Depuis le sombre épisode de Belmar, je ne l’ai plus jamais appelé bébé. Mais aujourd’hui, tout est redevenu comme avant, mais en mieux. À présent, je n’ai plus peur de prononcer des mots doux, et de lui balancer mon amour à la figure. Je lui donne tout de moi, et il me donne tout de lui. Et ça, ça m’excite encore plus.
— Dis-moi que tu ne me quitteras jamais pour un mec plus jeune que moi, baby… Dis-le-moi, m’ordonne-t-il en accentuant ses coups de reins, ses yeux plongés dans les miens.
— Je ne te quitterai jamais, bébé… Il n’y a que toi… Il n’y a toujours eu que toi…
Mes mots le galvanisent tant, qu’il me culbute un peu plus fort encore. Ma voix s’étiole dans un cri de plaisir, lui-même éteint par un baiser brûlant. Alors que l’orgasme n’est pas loin, pour lui comme pour moi, je le repousse brusquement pour que nous échangions nos places. Allongé sur le banc de musculation, il me contemple en train de le chevaucher, et de me fondre sur son membre, dont la taille ne me fait plus du tout peur. Cette vision vient à bout de lui, en quelques secondes. Il se redresse, et me serre tout contre lui. Sa langue parcourt chacun de mes seins, léchant mes tétons un à un, tout en les pinçant du bout des doigts.
Ses caresses me prodiguent une étrange sensation, qui chemine jusqu’à mon nombril, avant de glisser vers mon bas-ventre. Quand il se rallonge tout en guidant vigoureusement mes hanches sur son corps, je le laisse prendre les rênes de l’assaut final. Instinctivement, je me laisse retomber en avant. Mes mains frappent son torse brûlant, mes doigts s’enfoncent dans sa chair à chaque coup. Avant, nous aurions tenté de fuir le regard de l’autre, mais aujourd’hui, nous n’avons aucune envie de nous perdre de vue. C’est dans une parfaite osmose que nous nous laissons envahir par l’orgasme.
Lui le premier, dans un râle rauque et teinté d’une pointe de satisfaction. Puis moi, dans de longs cris successifs, qui comme une partition musicale s’envolent dans un decrescendo langoureux. Comme chaque être humain, nous redoutons la mort. Mais la petite mort, elle, nous la recherchons, nous la fantasmons. Nous y plongeons volontairement, uniquement pour être enveloppés de cette sensation d’apesanteur qui s’empare de nos corps au moment de la jouissance. Doucement, je m’allonge sur son torse, qui se soulève à chacune de ses respirations. Ses mains saisissent mon visage, pour que je le regarde. Mon Dieu, qu’il est beau !
— Je t’aime, baby, dit-il avant de m’offrir un doux baiser.
— Je t’aime, baby, réponds-je en me fondant contre ce corps qui, j’en suis sûre, ne s’éloignera plus jamais du mien.
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