50 exercices d'estime de soi (French Edition)
Exercice n° 43 : Repérez vos sabotages !
Que vous dites-vous à propos de vous-même ?
- je suis bête et présomptueux.
Que vous dites-vous à propos des autres ?
- Ils sont égoistes et veulent me blesser.
Que vous dites-vous à propos de la vie ou du monde en général ?
- la vie est injuste ; on ne peut compter que sur soi.
N'hésitez pas à revenir modifier ou enrichir ces formulations.
Repérez vos sabotages e
Quand nous sommes sous l'influence d'une croyance négative, nous allons soit la manifester vers l'extérieur (par exemple en ne répondant pas à une question de peur de paraître bête), soit la dissimuler en nous (par exemple en imaginant que nous nous ridiculisons, en en rêvant la nuit suivante, ou en ayant mal au ventre).
_ .... ......... Complétez les phrases suivantes. Vous trouverez un
certain nombre de réponses tout de suite, d'autres vous viendront au fil desjours, en vous observant. _ . .. .................
Quand je crois que je suis (inférieur, bête, laid...)
Alors je me sens (inquiet, déprimé...)
Et avec les autres, je (me tais, parle sans réfléchir...)
Ou bien si je reste seul, j'imagine que (je me ridiculise)
Souvent, je rêve que (tout le monde s'en va, je me retrouve tout seul)
je ressens fréquemment comme symptômes physiques (de l'acidité
gastrique, des douleurs au niveau du dos...)
Quelles réactions suscitez-vous ?
Essayez de comprendre comment vos actes entraînent chez les autres certaines réactions.
Commencez par noter les actes d'autrui que vous vivez mal, qui vous
blessent, vous offensent.
- Les vendeurs qui me forcent à acheter quelque chose dont je ne veux
pas; mes collègues qui vont déjeuner sans moi.
Qu'avez-vous fait avant que ces actes ne se produisent ?
-je continue de sourire et d'être gentil même quand un vendeur m'énerve; en arrivant le matin, je file dans mon bureau sans dire bonjour à mes collègues pour ne pas les envahir.
Vous est-il déjà arrivé d'agir autrement ? Cela modifie-t-il les actes
des autres ?
- Une fois j'ai dit non à un vendeur, et il m'a laissée tranquille ; parfois quand je suis d'humeur joyeuse, je dis bonjour à la cantonade, je vais à la machine à café avec les autres, et souvent, après, ils m'invitent à me joindre au déjeuner.
Quand les autres font ces choses qui vous blessent, qu'avez-vous
l'impression que cela prouve sur vous ?
- je suis faible et de mauvaise compagnie.
Que pensez-vous que cela prouve sur les gens ?
- Ils profitent de mes faiblesses; ils ne m'aiment pas.
Que pensez-vous que cela prouve sur la vie ou le monde ?
- La vie est un combat, il faut toujours se battre pour ne pas se faire avoir
et se faire accepter.
Comment vous sentez-vous, alors ?
- Déprimé, abattu, plein de rancoeur.
Commentaire
À présent, vous voyez à quel point les actes d'autrui qui vous font du mal sont souvent liés à vos propres actes, et comment vos réactions vous
confortent dans vos idées négatives.
Comment votre scénario fonctionne-t-il ?
Le tableau" que nous vous proposons de remplir recense ce que vous avez découvert dans les exercices n° 42 à 44. Il vous montrera comment vous vous enfermez dans des scénarios négatifs répétitifs.
Dans la première colonne du tableau, notez ce que vous pensez de
vousmême, des autres (en distinguant éventuellement les hommes et les femmes), et du monde et de la vie (cf. exercice n° 42).
Ajoutez dans la dernière ligne ce que vous ressentez dans ces
moments-là (tristesse, peur, angoisse, colère, irritation, rage, rien du tout -comme une sorte d'anesthésie...).
Dans la deuxième colonne, inscrivez les « sabotages » décelés dans
l'exercice n° 43 (vos comportements, ce que vous imaginez, vos rêves récurrents ou importants, et ce qui se passe dans votre corps).
Dans la troisième colonne, notez ce que vous avez trouvé dans
l'exercice n° 44, ainsi que les souvenirs marquants qui vous semblent constitutifs de votre identité (traumatismes, façons dont vous étiez traité...). Enfin, regardez comment les éléments de cette colonne vous donnent l'impression de prouver les croyances de la première.
Ne « prouvez » plus vos croyances négatives !
Pour rompre ce cycle infernal et éviter de renforcer votre scénario, vous ne devez plus utiliser les réactions que vous suscitez chez autrui pour prouver vos croyances.
...... .. Reprenez la troisième colonne du
tableau précédent. Dans le tableau ci-dessous, notez dabord ce que prouve selon vous la façon dont les autres vous ont traité. Puis dans la colonne de droite, astreignez-vous à changer cette conclusion en trouvant d'autres explications.
Commentaire
La prochaine fois que se produit un événement correspondant à votre scénario (quelqu'un qui ne vous traite pas bien), saisissez l'opportunité de cesser de prouver vos croyances négatives ! À la place, ditesvous
délibérément par exemple : « Cette personne m'a traité avec mépris, cela prouve juste qu'elle est capable de ce comportement. Je me demande ce que j'ai fait pour induire cela chez elle... »
Cessez de vous saboter !
Voilà une deuxième facon de court-circuiter vos scénarios habituels : modifiez les conduites que vous adoptez de manière automatique et répétée.
Maintenant que vous avez pris conscience de ces enchaînements,
trouvez des comportements différents et notez-les dans les tableaux ci-dessous, en regard de vos comportements habituels.
Commencez par recenser vos comportements visibles, observables de
l'extérieur.
Notez maintenant ceux qui sont liés à votre corps (manifestations
extérieures et intérieures).
Enfin, agissez au niveau du mental, grâce à votre imagination. (Quant
aux rêves, vous ne pouvez pas les contrôler, mais vous constaterez probablement que leur thématique va se modifier naturellement pour devenir moins dure.)
Changez vos croyances !
Abordons une troisième facon de court-circuiter votre scénario. Vous allez maintenant tenter de modifier la manière dont vous vous voyez et dont vous vous représentez les autres. Même si certains changements nécessitent un vrai travail de psychothérapie, le fait de remettre en cause vos anciennes croyances et d'en envisager de nouvelles peut vous faire considérablement avancer.
En reprenant les convictions négatives que vous avez trouvées
précédemment, cherchez d'autres définitions, plus optimistes, qui vous semblent crédibles.
Commencez par vous-même.
Puis faites de même pour vos idées sur les autres (hommes et
femmes).
Enfin procédez pareillement concernant vos croyances sur le monde
et sur la vie en général.
Vous voilà équipé pour commencer à transformer le scénario de vie que vous entreteniez au quotidien.
Écrivez l'histoire de votre vie !
Le but de cet exercice est de transformer l'histoire que vous portez inconsciemment depuis des années en une histoire assumée dont vous êtes fier.
Pour vous donner une trame, commencez par un résumé des dates et
événements importants de votre vie (maladies marquantes, mariages, divorces, procès, diplômes, embauches, pertes d'emploi, accidents...).
- 1969: naissance à Perpignan
- 1974 : déménagement à Lille, loin de mes grands-parents
- 1975: début de l'école primaire, difficultés avec un maître sévère
Ensuite, rédigez une histoire en reliant ces différents événements.
Commencez par le faire naturellement, comme cela vous vient.
Enfin, après avoir laissé reposer ce récit pendant quelques jours,
relisez-le. L'histoire vous plaît-elle ? Si oui, n'y touchez plus, c'est parfait ! Sinon, voyez comment vous pouvez changer l'éclairage porté sur les événements, de sorte à les rendre plus valorisants. Si vous avez écrit par exemple : « Comme mes parents divorçaient, je séchais tous les cours. Évidemment, j'ai raté mon bac et pris un job idiot que j'ai détesté », vous pouvez le tourner de façon plus positive et bienveillante : « Mes parents divorçaient, je me cherchais, j'ai beaucoup séché les cours. Avec ce manque de préparation, j'ai raté mon bac. Je n'ai pas voulu refaire une année de terminale, j'avais trop hâte de gagner mon indépendance. J'ai pris un premier emploi qui ne me plaisait guère, mais qui m'a autonomisé. Ensuite... »
Faites le point !
Vous aurez compris qu'il existe de nombreuses façons de consolider l'estime de soi - et autant de manières, hélas ! de la détruire.
En guise de révision, étudiez la situation suivante et diagnostiquez
ce qui ne va pas. _ _ .... ...
Aujourd'hui, le chef d'Annie l'a convoquée dans son bureau pour lui offrir
une promotion. De retour chez elle, elle se rue sur son téléphone pour
annoncer la nouvelle à sa meilleure amie, Laure. Or cette dernière est très
énervée en raison d'une grosse dispute qu'elle vient d'avoir avec son
compagnon. Elle raconte si longuement son conflit qu'Annie renonce
finalement à lui parler de sa grande nouvelle. Après avoir raccroché, elle
se met à faire la cuisine, tout en se raisonnant : « Ce n'est pas grave,
Laure est ainsi. D'ailleurs une promotion, ce n'est pas si important, après
tout. Laure, elle, a un homme dans sa vie, ce qui est autrement plus
intéressant. » Tout de même, Annie a envie d'en parler à quelqu'un. Elle
appelle son amie Joséphine, qui lui conseille doctement « Il va falloir que
tu acceptes de travailler tard, maintenant. Finies, les soirées cinéma ! » Sa
bonne humeur envolée, Annie s'installe devant la télévision pour dîner.
Effectuez votre diagnostic des erreurs commises par Annie.
Solutions
Comparez vos réponses avec celles-ci (si vous en avez trouvé davantage, bravo, vous devenez expert !) :
• Annie ne s'impose pas auprès de son amie Laure pour raconter ce qui lui
arrive d'important : elle ne demande pas l'attention et les signes de
reconnaissance qu'elle souhaite légitimement.
• Elle se met en position « -/+ » en s'effaçant devant son amie, car elle se
considère comme moins importante.
• Après la conversation, Annie écoute le message intérieur « sois fort » en
minimisant ses propres besoins.
• En pensant « d'ailleurs une promotion, ce n'est pas si important », elle
dévalorise sa réussite. Son Parent interne ne la soutient pas, elle renforce
sa position « - ».
• La deuxième personne qu'elle pense à contacter est très Parentale - et
même un peu Persécutrice : ce n'est pas l'idéal pour partager sa joie ! Il
aurait été préférable qu'elle choisisse une amie capable de se réjouir avec
elle.
• Elle dîne distraitement devant le téléviseur, ce qui l'éloigne encore plus de
sa réussite. Un bon restaurant avec une personne intéressée par son
succès aurait mieux « marqué le coup » !
S'estimer est essentiel pour bien vivre. Comme vous l'aurez constaté à travers les exercices de ce livre, il est possible d'améliorer une opinion de soi défaillante.
Certains des changements proposés ont été plutôt faciles à mettre en oeuvre : ils n'étaient pas « interdits », mais simplement « hors répertoire », comme si vous n'aviez pas pensé à eux. D'autres ont exigé plus de persévérance, voire de courage, car ils vous ont donné l'impression d'enfreindre une règle, implicite ou explicite, de la famille. D'autres enfin ont pu vous paraître impossibles, et ceux-là nécessitent plus de précautions de votre part. L'impression de blocage signifie que vous avez intégré un interdit profond, aussi aurez-vous peut-être besoin d'une aide professionnelle pour le surmonter. En tout cas, il vous faudra de la patience, de la douceur et de l'indulgence ; la force, l'exigence et le mépris ne pourraient qu'aggraver le mal.
Ce sera donc la ligne principale à retenir : SOYEZ GENTIL ET TOLÉRANT AVEC VOUS-MÊME, et vous avancerez dans le délicat domaine de l'estime personnelle.
Pistes bibliographiques
• Pour un abord facile de l'analyse transactionnelle : Le Cours de notre vie,
Laurie Hawkes, Desclée de Brouwer, 2007.
• Pour approfondir différents aspects de la théorie de l'analyse
transactionnelle : Le Grand Livre de l'analyse transactionnelle, France
Brécard et Laurie Hawkes, Eyrolles, 2008.
• De nombreux articles sont disponibles en ligne sur le site des Éditions
d'Analyse Transactionnelle (www.editionsat. fr), qui distribuent également la revue francophone A.A.T. (avec les recueils appelés Classiques) et publient un certain nombre d'ouvrages.
• Pour élever ses enfants « suffisamment bien » : Il n'y a pas de parent
parfait, Isabelle Filliozat, J.-C. Lattès, 2008.
• Et pour gérer leur scolarité : Enseigner : une affaire de personnalités,
Béatrice Bailly, Nathan, 1999.
Ouvrages cités dans le texte
• English F., Qui suis-je face à toi ? Analyse transactionnelle et relations
humaines, Hommes et Groupes, 1987.
• Erskine R. et Zalcman M., « Le circuit du sentiment-parasite, un modèle d'analyse», In Les Classiques de l'analyse transactionnelle, vol. 1, Les Éditions d'Analyse Transactionnelle, 2008. • James M., « L'autoparentage : théorie et processus », In Les Classiques de l'analyse transactionnelle, vol. 4, Les Éditions d'Analyse Transactionnelle, 2008.
• Kahler T. et Capers H., « Le mini-scénario », In Les Classiques de
l'analyse transactionnelle, vol. 2, Les Éditions d'Analyse
Transactionnelle, 2008.
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2. Les majuscules aux mots Victime, Persécuteur et Sauveur indiquent qu'il s'agit des rôles psychologiques tels que les a décrits Karpman (voir Le Grand Livre de l'analyse transactionnelle en bibliographie) et non des termes employés dans leur sens habituel.
3. Expression employée par Fanita English dans son livre Qui suis-je face à toi ? (voir bibliographie). Le « sur-sûr » est « trop » sûr de tout, il ne peut pas se permettre d'avoir tort. Le « sous-sûr » n'est pas assez sûr, il doute de tout et donne systématiquement raison à l'autre en cas de désaccord.
4. À l'origine, le terme employé était drivers, parce que ces messages nous « drivent », nous poussent à notre insu. Taibi Kahler et Paul Ware furent les premiers à décrire le phénomène, dans un article cité en bibliographie.
5. Cf. les rôles psychologiques décrits par Karpman (voir Le Grand Livre de l'analyse transactionnelle en bibliographie).
6. Ibid.
7. Ibid.
8. C'est l'a autoparentage A défini par Muriel James (voir références en bibliographie).
9. En cas de boulimie, cette recette est bien sûr trop simpliste, et il vous faudra plus d'aide que cela. Néanmoins, si vous avez juste tendance à manger trop aux repas, le « Parent-stop peut fonctionner.
10. D'après une idée de France Brécard, avec son aimable autorisation.
11. Cf. les rôles psychologiques décrits par Karpnaan (voir Le Grand Livre de l'analyse transactionnelle en bibliographie).
12. Adapté d'après Erskine et Zalcman, « Le circuit du sentiment-parasite, un modèle d'analyse», In Les Classiques de l'analyse transactionnelle, vol. I.
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Laurie Hawkes
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