Ce que je sais de toi

Éric Chacour · Chapitre 41 sur 54

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Ce que je sais de toi

Chapitre 42

 

Montréal, 2000

 

« Qui êtes-vous ? »

 

En arabe, la question se suffit de deux mots. Tarek les glisse dans une

enveloppe qu’il ira porter au bureau de poste, à la fin de sa journée de

travail. Il y en a justement un au bas de l’immeuble où sont situés les

locaux de la Société Huntington du Québec. Il doit s’y rendre dans la soirée

pour donner une formation à l’intention des accompagnants et

professionnels de santé. Cela lui laisse le temps de rentrer chez lui pour se

changer.

 

L’ascenseur de son immeuble délivre son habituel hoquet mécanique

au moment d’ouvrir ses portes sur le cinquième étage. Tarek en sort, prend

à gauche, ouvre la seconde porte, dépose ses affaires sur la table de la salle

à manger. Les murs sont blancs, aucun cadre n’y est accroché. Pas de

peinture, pas de photos, pas de plantes, quelques livres de médecine sur les

étagères d’une bibliothèque IKEA. Une baie vitrée laisse entrevoir les

couleurs automnales des arbres. Il allume machinalement la radio, on y

discute la mort de Pierre Elliott Trudeau. Il finit par l’éteindre et lance une cassette de musique qu’il a retrouvée la veille. Quelques notes surgissent du

passé ; il rembobine pour reprendre du début la chanson. Dalida parle d’un

pays qu’il a aussi connu. Il s’enfonce dans les vapeurs d’une douche qui

sera rapide.

 

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