Ce que je sais de toi
Chapitre 44
Montréal, 2001
Un ersatz de sapin ouvre péniblement ses bras synthétiques alourdis de
boules achetées au Dollarama. Soignants et malades le contournent comme
un obstacle auquel on ne prête plus attention. La nouvelle année est
pourtant vieille de quelques semaines, mais le temps ne se mesure pas de la
même manière dans un hôpital. Ceux qui savent qu’ils en sortiront
cherchent à le tuer, les autres tentent d’en gagner un peu. Ils se l’injectent
par intraveineuse, le réajustent d’un bilan sanguin à l’autre, se font une
raison ou finissent par la perdre.
Un coursier s’avance d’un pas pressé en direction de l’accueil. Sur la
vitre, les traînées de motifs en fausse neige et un message invitant à
appuyer sur la clochette en cas d’agent absent. L’agent est absent. Le
coursier appuie. Quelques mots finissent par s’échapper de l’hygiaphone.
« Bonjour, comment je peux vous aider ? » Une voix féminine, un ton
indifférent. Il a besoin d’une signature, elle sort de son comptoir par une
porte latérale. Le docteur Seidah est en intervention. Viviane attendra la fin
de la journée pour lui porter son colis.
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