Les dieux du campus Tome 1 - Leander
1 - Leander
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LEANDER
Les murs de ma chambre tremblent au rythme de la musique qui retentit dans la maison. La mâchoire serrée, je tente de me concentrer sur mes cours, en vain. J’aurais dû me tirer ailleurs pour réviser, ou mieux, mettre mon veto sur cette soirée. Mais mes potes mouraient d’envie d’organiser la première fête de l’année scolaire. Et la plupart des étudiants s’attendaient à ce que nous le fassions. Depuis des lustres, la tradition veut que l’équipe de foot s’en charge. Tout le monde savait que l’ambiance serait au rendez-vous. Il n’y a que moi pour préférer bosser un samedi soir. Hors de question que je foire mon année, hors de question que je finisse autre chose que premier de ma promo.
Des cris aigus résonnent à mes oreilles et me hérissent le poil. Je n’ose même pas aller jeter un coup d’œil au rez-de-chaussée, où ce doit être un sacré bordel. Je me frotte les paupières et décide d’abandonner pour ce soir. J’attrape mon portable et découvre un message de Knox.
Les gars m’ont inondé de textos ces dernières heures. Apparemment, beaucoup de monde s’attend à ce que je débarque, estimant que je me suis fait suffisamment désirer. Honnêtement, c’est loin de me déplaire. Je sais ce que je vaux. La plupart des filles sont ici dans l’espoir de m’apercevoir, et j’adore ça, même si je n’en profite plus autant qu’auparavant. Les voir se pavaner en espérant obtenir des miettes de mon attention me fait bander. Celui qui dirait le contraire serait un putain de menteur.
Knox : Mec, deux filles se battent à coups de
griffes à cause de Dante. Il faut que tu viennes voir
ça !
Pourquoi ça ne m’étonne pas ? Ce qui m’étonne, en revanche, c’est d’imaginer Knox se fendre la poire en assistant à cette scène. Les bains de foule, ce n’est pas son truc. Ce gars-là aime avoir la paix, et dans cette coloc, ce n’est pas facile tous les jours.
Leander : Non merci. Je crois que je vais aller me
coucher.
Knox : Tu manques un grand moment. Mais tu
pourras te rattraper demain, j’ai tout filmé.
Je secoue la tête tout en me marrant et quitte ma chambre pour me diriger vers la salle de bains. À peine ai-je ouvert la porte que la musique me fait grimacer. Comment peut-on écouter des merdes pareilles ?
Après m’être rapidement brossé les dents, je suis sur le point de retourner dans le couloir lorsqu’un truc me percute avec une telle violence que j’en ai le souffle coupé.
— Putain ! Fais gaffe où tu…
Je m’arrête en découvrant une fille devant moi. Une fille que je ne connais pas. Une fille qui n’a rien à foutre ici. En effet, en dehors de mes colocs et de quelques privilégiés, personne n’a le droit de mettre un pied à cet étage. Ses joues sont rouges et ses cheveux humides de sueur. Lorsqu’elle lève la tête et que ses yeux croisent les miens, je constate qu’ils sont écarquillés. Ouais, je fais souvent cet effet au commun des mortels ! Elle ne bouge plus, apparemment sous le choc de m’avoir heurté. Alors qu’elle ouvre la bouche, semblant remise de ses émotions et enfin capable d’aligner deux mots, elle laisse échapper un bruit de gorge un peu crade et me vomit dessus. Je recule brusquement, mais il est trop tard. Elle tousse et me pousse sans ménagement pour entrer dans la salle de bains et continuer à gerber dans mes chiottes. Moi, je reste immobile comme un con, la dévisageant, dégoûté, du vomi plein le tee-shirt, tandis que l’odeur nauséabonde m’assaille les narines.
Elle finit par se relever et titube jusqu’au lavabo pour se rincer la bouche. Lorsqu’elle tourne la tête vers moi, ses yeux sont emplis de larmes, et elle n’ose pas croiser mon regard.
— Je suis… Euh…
— Désolée ? tenté-je, puisque c’est la moindre des choses de s’excuser alors qu’elle vient de déverser tout l’alcool qu’elle a ingurgité sur un tee-shirt hors de prix.
— Bourrée ! Mais oui, désolée aussi, je crois.
— Tu crois ? répété-je, ahuri.
Elle se fout de ma gueule ou quoi ? Mon sang ne fait qu’un tour, comme si toute ma frustration et ma colère dues à cette soirée atteignaient un point de non-retour.
— T’as rien à faire ici, tu me gerbes dessus et tu crois que tu es désolée ?
Elle ne me répond pas, mais sa respiration se fait plus haletante. Peut-être qu’elle est vexée de se faire engueuler, mais franchement, elle le mérite. Décidant de ne plus m’occuper d’elle, j’ôte mon tee-shirt avec une grimace de dégoût et le jette dans la poubelle. Hors de question que ce truc touche de nouveau ma peau, même lavé, merci bien !
— Tu es… commence-t-elle.
Je me tourne vers elle et constate qu’elle a le regard rivé sur mon torse nu, qu’elle mate sans se cacher. Ouais, vas-y, profite de la vue, parce que ça ne va pas durer. Apparemment subjuguée par mon physique, elle oublie de finir sa phrase. Je décide de l’aider, n’ayant pas l’intention de passer des heures dans cette salle de bains à l’odeur infecte, avec une fille bourrée et habillée comme si c’était Halloween.
— Je suis… ?
— Un sacré connard, rétorque-t-elle.
Puis, sans me laisser le temps de répliquer, elle me repousse violemment, ouvre la porte et disparaît. Encore une fêlée !
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